LES POPULATIONS DES PROVINCES DANUBIENNES EN
Nous avons ici môme rendu compte du travail si important, au point de vue de 1 art et de l'anthropologie, accompli par X. Th. Valette dans les provinces semi-orientales de k monarchie autrichienne, la Hongrie, la Croatie, les frontières militaires, celles de Bosnie et de Transylvanie. H. V*teno a réuni et filé des types caractéristiques et curieux, des costumes sauvagement pittoresques, qui ne tatderott
pas à disparaître sous le niveau de la civilisation, et dont ses aquarelles seront bientôt le seul témoignage ; aucun peintre ne s'était jusqu'à lui hasardé à travers ces plaines immenses où galopent des bandes de chevaux en liberté ; ces landes de bruyère où le Tsigane joue du violon sur le seuil du cabaret hanté par les bandits ; ces postas que domine le berger rêveur, immobile comme une statue sous son épais manteau imperméable à la pluie, dont les fils grisâtres hachent le ciel brumeux; ces marécages drapés d'herbes aquatiques; ces routes, ornières de boue qui cahotent si durement le chariot de poste attelé de petits chevaux échevelés et maigres. Outre le talent de l'artiste, il faut une véritable vocation de voyageur pour affronter et supporter les fatigues, les privations, les ennuis et même les dangers d'explorations pareilles : ces qualités, M. Yalerio les possède au plus haut point. A peine revenu d'un voyage périlleux pendant lequel sa patience à souffrir eut plus d'une occasion de s'exercer et qui eût dégoûté tout autre, M. Yalerio ne put résister à cette idée que l'armée irréguliére turque devait avoir rassemblé dans les provinces danubiennes le ban et l'arriéreban de l'islam, et qu'il trouverait là une ample moisson à faire de types rares ou inconnus, dont chacun, en dehors de cette circonstance, exigerait, pour être recueilli, un long pèlerinage en des régions d'abord difficiles, sinon impossibles. C'était une belle occasion de continuer le portefeuille ethnographique et anthropologique déjà si riche et d'ajouter à ces races presque inédites de nouvelles variétés de l'espèce humaine.
Chargé d'une mission d'art et de sciences par H. le ministre de l'instruction publique, H. Valerio partit et exécuta son travail pendant la guerre et au milieu de l'épidémie qui dévastait les bords du Danube, exposé aux balles des Busses et aux miasmes du typhus et du choléra, avec ce sang-froid que l'amour de l'art donne aussi bien que l'héroïsme guerrier.
L'attente de M. Valerio ne fut pas trompée. La guerre, soutenue si énergiquement et si courageusement contre la Russie par la Turquie, avait amené sur les bords du Danube une partie des populations mahométanes de l'Asie et de l'Afrique ; si les armées composées de la sorte laissent à désirer sous le rapport de la discipline, elles sont faites pour charmer l'artiste par leur étrangeté pittoresque. Dans ces bandes irrégulières on trouvait pêle-mêle des Àrnautes, des Zebecks, des Anatoliens, des Kurdes, des Arabes de Damas, des Égyptiens, des Nègres de la haute Egypte, du Sennar et du Darfour, des hommes de l'Yémen, et même des Indiens ; toutes les nuances possibles de Tépiderme humain, à partir du blanc olivâtre jusqu'au noir le plus sombre, en passant par le brun, le hâlé, le jaune, le cuivré et leurs décompositions ; toutes les armes sauvages et barbares, depuis le long fusil incrusté de nacre et de corail jusqu'à la zagaie et au bouclier de cuir d'hippopotame : yatagans, kandjiars, kriss, masses d'arme, pistolets à pommeau d'argent, panoplies bizarres dont les amateurs ornent à prix d'or leur cabinet, et qui sont encore en usage parmi ces hordes entièrement étrangères à la carabine Hinié ; toutes les variétés imaginables du vestiaire oriental avant la réforme, turbans,
3*6 LBS WUUX-ÀHTS EN EV1&F&
keffks, chacbias, bornons, oefetana, delmaaa, gandessas, vertes brodées et attachées, utiàiiire* *»**»*«* de caehe* «m, faataneHes, cartonehièf*» 4e mafoqui», casque à pente sairesme, gargerins de œaUks et antres ajustements à élire délirer ira peintre de joie.
Souvent M. Valerio rencontrait dans te campagne des bondes de bacfai-bouisueks. — Le timbalier marchait en tête, tenant entre les dents la bride du cheval et frappant à coups redoublés sur deux petites timbales attachés deebaque eôtés de la selle et ayani an plus la dimension d'une a* »ette ; puis venaient à la file des cavaliers à figure base* née, vêtus de manteaux rang es bordés de fourrures, armés de longues lances de bambou enjolivées, prés delà pointe, d'une bouppe de plumes d'autruche. Leurs petits chevaux à la crinière pendante, à la mine farouche, étaient caparaçonnés de vieilles tapisseries dont les lambeaux effilés et effranges traînaient presque jusqu'à terre, en sorte qu'en voyait à peine les jambes de l'animal. Sur le flanc de la file gain* fcadait et grimaçait le bouffon, chargé d'égayer par ses tam les ennuis de la route. Decamps se croisant avee la patrouille turque dans les étroites mes de Srayrne ne devait pas et» phie heureux que M. Valerio.
D'autres fois, c'était un araba transportant sens escorte le sérail <frrn pacha, — quel heureux motif pour un peintre que ce char à bœufe «barge de femmes voilées et suivi de cavaliers aux costumes étranges l — on bien «n bivae in* stalle avec toute F insouciance orientale: le pHaf ou le café se faisant sur un feu de brenssaîUes on les pieds files des
AQUâMLLES ETILX/Q^ÀP11Q*IES. 907
eadawresœal easomlis swhtant boutoir se réchauffer; ou «wûrc me aerniaelle égyptiatue m tfiimde lustre, ta tète 6oi£K* du kz «I eaveloppée doue tende d'éloffe radéeun «apuehe, veillant, dans sa «pote militaire, près d'une gué» rile formée de roseaux et de bottes de paille, au milieu de plaines marécageuses où les brumes Attisâmes s'étalent sur les eaux plombées.
te camp turc présentait un aspect des plus pittoresques. Cette série de tente» coniques d'un vert pâle usé par le sou ietl» ces buttes de paille entre lesquelles circulaient .ces physionomies bronzées, ces hommesà l'air calme, grave, résolu, mêlant l'accomplissement de leurs devoirs religieux à leurs obligations militaires, donnaient au campement quelque chose de tout particulier. Au milieu de soldats qui manœuvraient, faisaient la cuisine, allaient chercher de l'eau, fendaient du bois, ou préparaient des fours dans le sable pour y faire cuire le pain, on en voyait d'autres se détacher d'un froupe» étendre leur tapis, s'agenouiller, incliner le front jusqu'à terre, invoquer Dieu en chantant lentement d'abord et en accompagnant leur prière d'une oscillation de corps, à la manière des derviches hurleurs, puis s'animer, se balancer et tirer du fond de leur poitrine ces pieux rugissements que nous avons entendus au tekké des derviches de Scutari, sans faire naître un sourire de raillerie ou d'incrédulité sur les lèvres de leurs camarades» dent plusieurs cependant ne suivaient pas le même rite. Le sérieux musulman ne , sourcillait pas à ces pratiques étranges, à ces exercices divers, faits au milieu d'un camp.
Le long du Danube, des spirales de fumée sortant dn sol indiquaient les fours creusés dans le sable et chauffés avec des roseaux, où les Égyptiens frisaient cuire leur pain, à moins qu'ils ne se contentassent de galettes torréfiées sur des plaques de tôle.
Tout eu nous montrant les aquarelles et les croquis de son portefeuille, H. Valerio nous racontait les péripéties de son voyage, entre autres son arrivée à Silistrie. Quand il se présenta devant la ville si héroïquement défendue par Moussa-Pacha, les portes étaient déjà fermées, la nuit tombait, le temps était froid, sombre; le vent s'engouffrait par rafales dans les fossés et prenait en écbarpe le pont-levis conduisant à la porte devant laquelle grelottait le voyageur arrêté. La porte avait été percée de neuf boulets pendant le siège, et les deux trous du bas servaient de guichets pour examiner les gens du dehors ou parlementer avec les gens de l'intérieur. M. Valerio fit expliquer par son compagnon qu'il avait des lettres de recommandation pour le pacha et qu'il désirait qu'on les lui remît pour bâter son entrée dans la ville.
Après vérification des lettres, on fit passer à l'artiste et à son interprète, par les ouvertures des boulets, des pipes et du café, eu les priant de prendre patience, qu'on était allé prévenir le muchir (officier supérieur). Pendant qu'ils se morfondaient sur ce malheureux pont-levis, arriva un aide de camp d'Omer-Pacha, se rendant en courrier de Bucharestà Sébastopol, crotté jusqu'à l'échiné (H venait de traverser, à franc étrier et par une pluie battante, les plaines
de la Valachie), et affublé de la façon la plus bizarre : un keffié arabe jaune et rouge, à longues franges de soie, lui couvrait la tète, retenu autour des tempes par une corde en poil de chameau, tandis que le bas encadrait sa figure, ne laissant passer que le nez et une paire d'énormes moustaches; une grande redingote boutonnée jusqu'au menton, un sabro turc, des pistolets à la ceinture et de longues bottes montant à mi-cuisse complétaient l'accoutrement du courrier, mais le tout tellement couvert de boue, qu'il était impossible d'en discerner la couleur.
L'aide de camp déclina son nom et dut attendre aussi l'ouverture de la porte. On passa de nouveau du café et des pipes par les trous de boulets, et il fallut se contenter de l'éternel refrain des Turcs: P^fci, pékii (Patience, patience!) qui va si bien à leur quiétude fataliste, en attendant l'effet des négociations. Cependant le vent soufflait plus âpre et plus aigre que jamais, et les voyageurs, à demi gelés, s'étaient adossés contre la porte pour s'abriter un peu. Enfin, au bout d'une heure, les clefs arrivèrent; mais, soit maladresse, soit erreur, elles embrouillèrent la serrure, qui se brisa après une demi-heure de résistance, laissant enfin libre l'entrée de Silistrie. Ces manœuvres avaient pris du temps, et il était déjà dix heures et demie.
Précédé d'un pandour nègre armé jusqu'aux dents, et suivi de son interprète, M. Valerio se rendit chez le commandant militaire de Silistrie, qu'il trouva, après avoir monté un escalier vermoulu, au premier étage d'une méchante maison, dans une petite, chambre éclairée par une
3é* LfcS B*JaUX-AàYÏS S» UJM#I»
chandelle vacillante. Le pacha écail un homme d'un physionomie noble, grave et religieuse ; assis les» jambes croisées sur son divan, il égrenait un chapelet d'ambre; il fit apporter des pipes et du «aie, cérémonie i laquelle l'hospitalité turque ne manque jamais.
La chambre habitée par le paeha avait à peu près sept pieds de k»g sar six de large. Les fenêtres garnies de papier livraient en quelques endsatts passage an vent, qui faisait trembloter la flamme de la chandelle; las murailles crevas sées n'avaient pour tout ornement qrfuae giberne, an* paire de pistolet* et un sabre turc arec son ceinturon. Tout le mobilier consistait en ame mauvaise table de bois chargée de quelques livres frugalement mêlés de pommes, «me estrade de planches négligemment roeenverto de quelques beats de tapis et une valise de cuir jetée éaas un coin : par la nsdiié de ce logis, IL Valérie comprît quel gîte pouvait h» échoir, a*ême avec la ieconuttasdatioa du pacha.
Le lendemain, mt jraor, i artiste put juger des désastres que la ville avait eus à supporter etse faire une idée ém courage et du dévouement qui avaient dà animer les défenseurs de SHistrie pour soutenir victorieusement urne latte si inégale; tes maisons en mine, criblées parles boulets, la* toits effondrés, les minarets des mosqnées abattes ou éohoncrés, tenant à peine au corps de l'édifice par quelques assises et que le vent menaçait à chaque instant de jeter bas, témoignaient de l'opiniâtreté de l'attaque et des ravages du siège. Le sol était jonché de boulets, d'éclats de bombes, d'abus, de grenades «I de projectiles de fonte? soties* tes
AQUARELLES ETUeGlAfftlQMBS. 341
avaient fait à l'imprenable Siiistrie un pavé de 1er» — Le typhus sévissait avec violence. De tous côtés, on rencontrait, portée sur des civières, de pauvres diables enveloppés d'un linceul attaché au col et aux pieds par une corde,, que l'on conduisait au cimetière. — Près de l'Àrab-Tabia (fart dominant Siiistrie), le cœur de l'artiste se serra eu veyaut ce terrain jonché de débris, labouré parla mitraille, parsemé 4e fragmente de bombes, hoesué de petits monticules desquels sortaient quelques planches indiquant laeéputaute des héroïques défenseurs de la redoute, heureux du m»» d'être tombés glorieusement sur le champ de bataille, au lieu d'avoir été décimés par la maladie.
La mortalité était grande dans le camp des irréguliers eupesés à toutes les intempéries de 4 air et installés avec une négligence fataliste. l*s malheureux malades qu'où menait à l'bftpitai sur des chevaux, souvent par une pluie torrentielle, y arrivaient à l'état de cadavres ou tombaient sur le bord- du chemin. Ces scènes navrantes étaient contemplées par leurs camarades avec cette profonde indittéreane pour la vie qui distingue les musulmans et qui finit par vous gagner. Leur courage moral* leur exaltation religieuse, n'en recevaient aucune atteinte. — S'ils regardent mourir les attires froidement, ils savent aussi quitter la vie avec le calme le plus storçue. Un jour* M. Valerio, se trouvant au camp des bachi bouroucks, où il auait cherché un abri «outre la pluie à rentrée d'une de ees huttes souterraines que nos teuaves ont imitées devant Séhestapei, aperçut un jeune Arabe, maigre, pâle, soutenu par deux de ses camarades, et telle*
ment marqué du cachet de la mort, que l'artiste s'approcha de lui et fit demander ce qu'il avait par son interprète. On lui dit qu'il était attaqué du typhus, et à l'offre des soins d'un médecin français faite par M. Valerio, l'Arabe répondit : « Le meilleur médecin c'est Dieu ! » Le pauvre diable avait" raison, car une heure après il était guéri de tous ses maux, et une légère éminence de terre fraîchement remuée désignait sa fosse à l'entrée de la cabane, car les bachi- . bouzoucks ne prenaient pas toujours la peine de porter leurs morts au cimetière, et les enfouissaient négligemment au seuil de leurs cahutes, sans souci des miasmes qui s'en exhalaient et redoublaient la violence de l'épidémie.
C'est dans des circonstances pareilles que M. Valerio a fait, d'après nature, trente-cinq grandes aquarelles dont vingt-trois terminées et les autres plus ou moins avancées, «ans compter trente-sept dessins ou croquis représentant non-seulement les types principaux, mais encore toutes les variétés imaginables de races. Bien que ses aquarelles aient «me grande tournure et soient lavées avec une vigueur de ton que Decamps seul pourrait surpasser, if. Valerio n'a pas •cherché exclusivement le côté pittoresque. Sans sacrifier l'effet, il a mis dans ses têtes une exactitude de ressemblance qui leur donne une valeur anthropologique. Le savant, occupé de ces sortes de recherches, y trouvera les détails anatomiques et les particularités de conformation qui séparent les races les unes des autres et permettent d'en suivre la filiation. Le daguerréotype ne serait pas plus juste
et ne reproduirait pas la couleur, si nécessaire et si caractéristique dans de semblables études.
Les bachi-bouzoucks peuvent se ranger dans trois catégories principales : le bacbi-bouzouck albanais, le bachi-bouzouck nègre de la haute Egypte, le bachi-bouzouck kurde, sans préjudice des variétés syriennes ou arabes.
Comme conformation typique, le bachi-bouzouck albanais a la face allongée, le nez en bec d'aigle, l'arc des sourcils très-prononcé, les paupières épaisses et voilant l'œil, les cheveux pendant en mèches plates, l'expression décidée et volontiers féroce. Le costume se compose du fez, de la fustanelle, d'une longue veste blanche, d'un caban de couleur foncé et d'un musée d'artillerie passé dans la ceinture; la plupart du temps les pieds sont nus. — Le bachi-bouzouck nègre, selon la région d'où il arrive, varie du chocolat au noir bleuâtre, se rapproche ou s'éloigne du type caucasique, abaissant ou redressant son angle facial : tel a le museau d'un singe, tel le profil d'un oiseau; d'autres ont des traits purs sous leur masque sombre : nous en avons remarqué un dont la laine frisée en petites boucles ne commence qu'à deux pouces au-dessus des oreilles, et couvre le sommet de la tête comme une petite calotte; rien n'est plus singulier : les vastes grègues turques, la veste soutachée, la ceinture bariolée et hérissée d'armes, forment, avec des caprices individuels, le fond de leur costume. Le bachi-bouzouck kurde a la figure maigre, presque triangulaire; le nez, long, mince à sa racine, s'arrondit et devient charnu par le bout; l'œil est triste, le regard noir, la physionomie cruelle sous une u. 18
514 LIS 1IÀ0X-AKTS £1 ESMK&
apparence entame et apatteqee. ie caleçons de toile, en manteaoxde tuaMÉUoeltô*; t'est apurement le pins sauvage et k» pfamîsriîsaflîBable das trois.— Chez lui, le brigand se méte en et lottes profoctkn&aii soldat.
L'Arabe se distingue paria mHowâe «s ttifgj,k hauteur de son front, la limpidité de son mile* sa» expression d'enthousiasme îeMgîeaK. Le kaffié range el jajmeaweses franges pendantes, la «bacfâa txedée par la carde de peil de chameau, e n ea ri b e n t bwnces bettes tôtesardmtese* pensives, empreinte* des mdtaneoBes do désert et de k fai robuste des premiers tempe 4e Pistant. LeTared*Mcarée,a*ec sa fcee maigre, osema^ ptapiée de tans rougeàices» «es oretttes évasées et bob nez de trama* présente en caractère de résokrâofc geguenarde tout différerai. Le lace des «oies de la méritoire, parr ses peramette» kigpaet sattkates, sas oreilles détachées de la tête, sa minesmiiteeetiienfregjiée» fait pressentir dëjfcfe tyçetatar ,Le Turc bulgare est presque an Russe. — En revaaciie, l'Arabe de Bagdad a h Gère élégance d'an calife dès Mitte et mm nuits, «t sans son ooBt«aae à demi européen, le felfafc d'Egypte a l'attitude ie figures hiéroglyphiques, le teint de granit brtdé, les yens, «blkfees et la meue indéfinissable des sphinx.
Si Fbn veut tenir compte de la répugnant» Efu'oat les musulmane pour çoeer, par suite de lnuas idée* raiigieaees et de leurs piégés superstitieux, le mérite de M. Yaderie s'en accroftraeonmdMraMement, €eux-Ui searis* qui «a* «ejogé en pays mafieméftit savent k patience, la séduction, i'op**
niâtreté et même le courage dont a besoin de s'armer tout dessinateur pour le moindre croquis : le Koran proscrit comme acte d'idolâtrie toute reproduction de la figure humaine, et les Orientaux ne manquent pas de dire aux peintres qu'ils voient travailler : — Que feras-tu au jour du jugement, lorsque tous ces corps te demanderont une âme ? — Ils croient aussi que toute personne tirée en portrait meurt dans Tannée. Il est bien entendu que ces préjugés ne régnent que parmi le peuple ; mais c'est là que se rencontrent les types les plus caractéristiques, les physionomies les plus originales et les costumes conservés dans leur pureté primitive.
Sami-Pacha, le gouverneur de Widdin, a posé com plaisamment pour M. Valerio : c'est une belle tête, intelligente et fine, encadrée par une légère barbe blanche et marquée d'un cachet de suprême distinction ; on voit que la civilisation a passé par là. — Sur le premier plan, des hommes préparent le café près d'un cadavre qu'on devine sous le manteau qui le recouvre; au fond, des Arnautes chargent leurs armes et regardent par les embrasures.
Hais nous n'avons pas besoin de pousser plus loin cette nomenclature incomplète. M. Valerio a fait un choix de ses plus beaux dessins, qui ont figuré à l'Exposition universelle de peinture et de sculpture, où ils ont excité l'intérêt des artistes, des savants et des gens du monde.