‹ Les Beaux-arts et les arts décoratifsChapitre 101 sur 135 · AU UI.AIR UK LINK, PAR M. A WAIIL BERG · texte numérisé non relu

AU UI.AIR UK LINK, PAR M. A WAIIL BERG

le plus souvent, les recherches ne sont pas poussées assez loin, les études ne prennent pas l'aspect définitif du tableau.

A la Suède, M. Zorn, qui est la figure la plus importante de l'école, est du moins brillamment représenté par trois ouvrages, qui le consacrent une fois de plus comme portraitiste et comme peintre de la vie populaire.

L’un est le Portrait du roi Oscar //, assis, en habit, le cordon bleu traversant sa poitrine entre le blanc immaculé du plastron et le gilet noir. Le port est digne avec simplicité ; la physionomie attentive, réfléchie, vivante; un sang vif circule sous ses joues rosées. La peinture est large, souple, brossée vivement et grassement, d'une brosse alerte et hardie.

Les deux autres peintures sont des scènes de la vie locale : une Mère qui berce avec amour, dans les plis de son châle, un bébé coiffé d'un bonnet rouge, dans l'intérieur d’une étable, sous un coup de lumière qui l'éclaire franchement, d'un jour éclatant et calme, et une Nuit du 24 Juin {Mord), où, sous le jour pâle et doux du soleil de minuit, des groupes de paysans et de paysannes tournoient sur l'herbe d'un pré, les jeunes cœurs rapprochés par le rythme de la danse et par la tendresse mystérieuse de l'heure.

A la tête d'une série de portraitistes de talent vient de se placer

s • a , R . LE PRINCE K C U K NE, PAR M . OSCAR lt J (K R C K

M. Bjœrck, avec trois portraits savants et consciencieux : celui de sa femme, s'avançant d'une porte ouverte sur la nuit bleue; le portrait du Prince Eugène , occupé à peindre dans un atelier, et le portrait du Comte W r an gel. Viennent ensuite M. Bergh, M. Thegerstrom, Mn,e Hanna Pauli (Portrait d’Ellen Key) et M. Georg Pauli ( Portrait de Signe P.), M. Aron Gerle ( Portrait de M. Alilgrenson ), etc.

Les représentations locales comprennent d'abord un ensemble assez nombreux de paysagistes. C’est, en tête, M. Wahlberg, avec son nocturne au ciel pommelé, aux eaux miroitantes, aux masses tremblotantes de feuillages, et ses marines de l'Océan et de la Baltique ; c'est le prince hugène de Suède (Nuit d’été), M. Wallander (Vieux Manoir ), MM. Sjoberg, Janssen, Nordstrom et Norrman.

L’EXPOSITION DÉCEN NALE

Dans les peintures de la vie, M. Wilhemson expose deux tableaux d'un esprit sérieux et grave, bien que d'un métier un peu mince, mais sensible aux délicatesses des modelés, à la qualité de la lumière et à la fraîcheur des tons : Femmes de pêcheurs au retour de l'église et Pendant la messe.

M. Hagborg, plus sage, plus voisin de nous, expose un Intérieur daléearlien et un coin de campagne animé : En Dalécarlie , d’un bon esprit consciencieux.

JOUR DE F HT K, [’AII M. O. LARSSON

Enfin, entre autres ouvrages de M. Larsson, on remarquera une curieuse décoration, d'un goût préraphaélite : Jour de fête . aux tonalités vives et fraîches et d'un sentiment qui n'est pas banal.

Ici, de même, peu d'œuvres qui n'aient quelque intérêt : celles, par exemple, de tout un monde de paysagistes, tels que M. Eilif Pettersen [Temps d’orage e t Vers la mer), M. Borgen, avec son paysage montant, A l’automne ; le professeur Gude, avec sa mer déferlant Sur la côte \ M. Johannes Millier et sa ferme qui s'éclaire dans la Nuit ;

EXPOSITION UNIVERSELLE DE igoo

Mlle Marie Tannœs et son Jour d'automne ; MM. Gloërsen et Niels Hansteen et leurs paysages d'hiver; Hjerlow et sa Récolte , Hjalmar Johnsen, Cultures , Bernhard Henna, Otto Hennig ou Kitty Kielland, etc.

C’est un petit groupe intéressant de peintres de la vie norvégienne, tels que M. Jacobsen avec son Soir de samedi , sur une route, au bord des eaux tristes, par un ciel rayonnant reflété par les dernières lueurs du soleil couché, où des paysans dansent au son de l’accordéon; ou que M. Stenersen, avec son Printemps doré , et la Nuit de la Saint Jean , où, toutautour du feu traditionnel, un groupe silencieux écoute un musicien jouant du violon; ou encore, M. Lars Jorde, avec son Repas de Noël , dans une maison aux fenêtres joyeusement allumées dans la nuit, par la neige qui emmitoufle les toits et les champs.

Et c’est aussi un petit nombre de portraitistes, parmi lesquels MM. Heyerdahl. Borghild Arnesen. M. Cari Konow.M1 Kristine Laache, avec quelques bonnes figures simples et attentives, parmi lesquelles on distingue trois portraits du Dr Ibsen. L'un, de M. Werenskiold, vivant, caractéristique, mais à peine frotté sur la toile, représente dans cette salle comme tm symbole éloquent de ce que tout cet art a d’aigu, de séduisant et aussi d'inachevé.

Dans cette petite foule se distinguent cinq ou six personnalités plus marquantes. C'est d’abord notre Thaulow. avec quelques-uns de ces paysages de neige et de dégel, de rivières et de nocturnes, qtù nous donnent le frisson nostalgique des hivers du Nord. Son exposition ne peut rien nous apprendre, après les chefs-d'œuvre plus importants qui ont défilé sous nos yeux chaque année, notamment en 1898. à la salle Petit.

M. Strom a eu comme lui les honneurs du grand prix. Ses paysages, Soir en Norvège et Avril , ne manquent pas d'intérêt poétique, mais sa figure de Jeune mère berçant son marmot dans ses bras, bien que de carnations un peu blafardes, n'est pas sans un vrai charme d'abandon et de tiédeur maternelle.

Avec son portrait d'Ibsen, M. Werenskiold expose un joli pavsage clair montant sous la clarté rosée et douce du couchant. Enfants du village ; M. Eyolf Soof, dans la Bienvenue , se montre un des peintres les plus sobres et les plus émus qu'on remarque dans cette section.

Le même sentiment d'intimité, plus pénétrant encore, s'exhale de

L’EXPOSITION DECENNALE

la charmante toile de M. Eiebakke : La Table est servie. Une jeune femme, debout, met le couvert dans une salle éclairée au fond, sur un jardin, par un jour doux, tamisé, diffus, qui estompe doucement les visages et caresse finement la nappe sur laquelle est servi le déjeuner frugal.

M. Wentzel se distingue par un très curieux épisode de la vie locale, un Enterrement de marin dans la campagne, sur une route ensevelie sous la neige où glissent les traîneaux funèbres chargés de couronnes, avec des drapeaux largement déployés.

Enfin, dans un ordre d'idées tout à fait différent, M. Munthe, dans une évolution nouvelle de son talent, nous montre une série de sujets empruntés aux légendes du Nord, traduits en un style naïf et archaïque de primitif, d’une saveur très Scandinave.

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