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LES ESPAGNOLES, PAR M. CONSTANTIN KOROVINE

des noms que notre public ignorant et oublieux apprendra à connaître et ne perdra plus désormais.

M. Répine est un vigoureux portraitiste, physionomiste expressif, ayant le sens de 1 attitude et du geste, une certaine aisance virile et des harmonies justes et sobres de tons savamment accordés par les accès-

L’EXPOSITION 1) E C E N N A L E

soi res du décor. Ses portraits de C. Cul, de M. E. Paulow et du Comte Tolstoï se recommandent par ces qualités. Ce dernier est conçu

I L L U $T lî A T I O S POl'R « H KSI H R E C T ION» DE T O L S T O V DESSIN DE M . I. É O N I D E PASTERNAK

dans l’enveloppe dune pénombre chaude, avec un art tout à lait consommé.

Le portrait du Grand-duc Paul Alexandrovitch , de M. Sérov, pour être une représentation officielle, n'en est pas moins une peinture fort intelligemment comprise, mais il se distingue surtout dans son

portrait de Mme Botkine , de face, en robe de crêpe et de satin jaune parsemée de roses, et surtout dans la délicieuse figure de MUe Mamontow

Dans l'une des grandes salles se trouvent plusieurs morceaux du peintre Maliavine, qui s'attache de préférence aux sujets populaires. Ce sont des oeuvres pleines de fougue et d'entrain. L’un est une sorte de paysan drapé dans un large manteau comme un spadassin de feuilleton, l'autre une Jeune paysanne russe , vigoureuse, modelée d'une brosse intelligente et hardie; une autre, qu'on remarque particulièrement, est Le Rire , des faunesses d'un nouveau genre qui s'avancent sui un 1 ang, en délire, épanouies comme des coquelicots dans un grand pré montant; l’exécution est d'une audace folle, parfois très aventureuse, mais elle a une vaillance endiablée de vrai peintre.

Un seul petit tableau, Les Espagnoles , nous permet ici de juger du talent de M. Korovine, mais il est charmant de finesse, d'accords sobres et délicats de tons, et aussi d'observation vive et spirituelle. Ce sont les mêmes qualités d analyse délicate qui caractérisent le petit tableau si vivant de M. Pasternac, La Veille de l'examen . Mais cet artiste mérite une mention toute spéciale pour la belle sene de dessins, d une réalité largement vue, qu'il a exécutés pour la dernière grande œuvre de Tolstoï, Résurrection.

Un crêpe orne tristement le coin des cadres de M. Levitan, intelligent paysagiste, sensitif et ému. dont les œuvres. La Nuit . Le Printemps . Le Commencement du printemps , sont faites pour inspirer des regrets.

Il faut signaler encore, dans cette section, le coin de ville aux verts ardents qui se réfléchissent en tons d absinthe dans un bras de mer ( Odde , Norvège) de M. Endogouroff; le Calme du village , de M. Stabrovsky; les petits tableaux minutieux de M. Pokitonow; les Glorieux débris , de M. Hirschfeld, plus français que russe; une scène de M. Kassatkine (Dans le couloir du palais ), d’un art un peu scolaire et un peu théâtral,

mais non sans quelque émotion; enfin, l’exposition abondante et facile de M. Victor Wasnezow.

Dans les dépendances russes, près de la Finlande, la Pologne offre quelques morceaux dignes d'attention. Ce sont les portraits de M. Loevy (Pot ti ait dt M. Montorgueil ), de M. Pankiewicz; les paysages de neige illumines de Mme Gazycz [La Chasse au sanglier ), de M. Weyssenhoff (La Neige)', la Mort d’une vivandière , de M. Ryszkiewicz, et surtout un étrange tableau de M. Piechowski, La Procession.

L’EXPOSITION DECENNALE

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