I. A LEÇON DE L A li O U U A G E , PAR F. - A . YINC IC N T
(Appartient à M. le comte Mimercl.l
Portrait de M"'c la baronne de Crussol (musée de Toulouse) est à peu près contemporain de celui qu’elle lit d'elle-même. « Je tâchais, autant qu’il m’était possible, a-t-elle écrit, de donner aux femmes que je peignais l’attitude et l’expression de leur physionomie; celles qui n'avaient pas de physionomie, je les peignais rêveuses, nonchalamment appuyées. » Et dans ses Conseils pour la peinture de portraits : « avant de commencer, causez avec votre modèle, essayez plusieurs attitudes et choisissez non seulement la plus agréable, mais celle . qui peut ajouter à la ressem¬
blance. Avec les femmes, il faut les flatter, leur dire qu'elles sont belles, qu'elles ont le teint frais . cela les met en belle humeur et les fait tenir
exposition universelle DE iqoo
ec lus de plaisir. » M'”° de Crussol posa avec entrain. Il est question doiseau dans la romance quelle tient à la main; mais cette chanteuse de romances sentimentales serait capable -on le voit bien - d'entonner
un autre air de vaillance et peut-être de guerre.
Duplessis (1725-1803), avec une ébauche largement touchée à la
mode de l'Académie royale; Ant. Yestier (1740-1825), avec une Bacclmnte dont le regard mélancolique semble dirigé vers le passé qui ne reviendra pas, font cortège à Greuze. Et le David vainqueur de Goliath, de Vincent, et Les Origines de la peinture, et iMat s et T enus, de Régnault, que David déclarait atteints du « virus académique » (c'est l’ancienne Académie qu'il voulait dire), témoignent que, sans reconnaître ouvertement la loi de leur redoutable camarade de I ateliet \ ien, ces pcinties étaient, eux aussi, du parti de la contrainte; mais, comme ils n'avaient pas la force impérieuse, ils aboutirent a un compiomis où la giuce du xviuc siècle se ligea sous la discipline rélrigeiantc et le poli d une exécution üSSe et sans accent. David, au cours de son évolution, en somme assez lente, d'avant sa conversion à son apostolat, avait passé par la dans son Hélène et Paris : ils y restèrent, ou à peu près,... et ils attendent encore qu'un historien patient et impartial entreprenne de démêler quelle fut exactement leur influence et celle de leur enseignement, car ils eurent de nombreux élèves... I.a postérité ne leur a peut-être pas fait équitablement leur part.
Une simple esquisse, mais bien documentaire, rappelle aux Champs- Élvsées le grand tableau que Vincent exposa au Salon de 1 an xi : La Leçon de Labourage. Le sujet et l’intention de cette peinture vertueuse et agricole étaient trop dans le goût de la déclamation du temps pour n'ètre pas remarqués. Le succès fut grand et Greuze s en émut. C’est alors qu’il conçut le projet du Cultivateur remettant la charrue à son fils en présence de sa famille, qui parut au Salon en l’an ix.
Avec une nuance en plus de « sensibilité » féminine, Marguerite Gérard (1761-1837 . belle-sœur de Frago, peignait des Jeunes filles effeuillant une marguerite , des Jeunes époux lisant leur correspondance d’amour, et cent autres compositions honnêtes et attendrissantes, dont les critiques ne se lassaient pas de chanter les louanges : « L âme candide et pure de Mlle Gérard a répandu une teinte virginale sur toutes les scènes domestiques auxquelles son pinceau prête tant de charme », et le même commentateur observait délicatement — ou indiscrètement :