I. IC M A H I A G K S A M N I T K , P A U G II A R D I G N V
(Musée de Marseille.)
venir de Londres ces plâtres qui témoignaient, sans contestation possible, de ce qu'était au temps de Phidias l'art athénien. Le plus jeune des Giraud en fut profondément frappé. Il en comprit le caractère, il en dégagea la théorie ; et, associant avec une grâce exquise le principe du bas-relief au style des vases, il conçut et exécuta l'œuvre charmante qui est restée célèbre sous le titre de Phalante et Kthra. Malheureusement, pas plus que son homonyme, il n'a pu travailler à nos monuments.
Les chefs-d’œuvre apparaissent et deviennent un objet d'admiration ; mais souvent il se passe beaucoup de temps avant qu'ils entrent dans le concert de l'enseignement. Ainsi en a-t-il été des bas-reliefs grecs ; ce ne fut guère que vingt ans après qu'on les eut connus qu'on put en
constater l’influence sur les productions des artistes. Gomme nous l'avons remarqué à propos de l'arc de triomphe du Carrousel, terminé en 1810, on s’inspirait alors de l'art romain, et pour ce monument rien n'était plus juste. Mais, pour d'autres grands ouvrages, il eût été possible de viser plus haut. Nous voulons parler du fronton et du motif central qui décorent la façade du Louvre tournée vers Saint-Germain- PAuxerrois. Dans le fronton, Lemot ne nous a montré que des personnages dépourvus de caractère et d'une exécution sans fermeté; Cartellier, avec sa figure de la Gloire et le quadrige qui la porte, a fait une bonne composition, mais il est tombé dans une grande sécheresse.
La statuaire proprement dite n'échappait pas à ce défaut. Mais les attitudes, quoique entachées de raideur, sont correctes; les ajustements
correspondent bien aux mouvements et les accompagnent. Les silhouettes sont irréprochables. Les figures de généraux qui sont au musée de Versailles, le Vergniaud qui était au Sénat, font honneur à Cartellier; le Dugommier par Chaudet, est un très bon ouvrage. Quant aux statues de Napoléon Ier dues au talent de Ramey père, de Cartellier et de Roland, elles sont traitées avec finesse, mais elles manquent de l'ampleur que le costume impérial comportait. Chaudet, l'auteur du Napoléon en chlamyde qui couronnait la colonne de la place \ endôme et du buste officiel de l'empereur, avait une imagination gracieuse, comme en témoignent son Cyparisse et son Amour approchant un papillon d'une rose ; Lemot et Cartellier étaient de tempérament austère : du premier un Lycurgue , et un Aristide du second, sont encore estimés et dans leur temps ont été célèbres. Il n'est pas inutile de dire que, pour la fonte en bronze, ces artistes étaient admirablement servis par Thomire, qui, apres avoir travaillé chez Pajou et chez Houdon, s'était voué à la ciselure, qu'il pratiquait en perfection. Cette école était donc armée de toutes pièces pour tenir sa place dans l'histoire et ses défauts n’étaient pas tels que personne ne put s'en affranchir. Par exception, Rosio y échappait et sa réputation, qui s'est soutenue sous plusieurs règnes, fait oublier qu il appartint d'abord à l’Empire. Comme professeur, il n'avait pas autant d'élèves que Cartellier; mais son atelier était un foyer d'idées. Sans doute, on s'y occupait du modelé, mais aussi de l'anatomie de l'homme et du cheval, de la synthèse anatomique et beaucoup de la théorie de l’art. C'est dans ce milieu que se sont formés Ruret, Barye, Marochetti, Raggi et Dantan. Quant au maître, ses charmantes statues pleines de
L’EXPOSITION CENTENNALE
naturel et de vie, et les bustes animés qui sortaient de ses mains, contrastaient avec les productions de ses rivaux. Son jeune Hyacinthe , son portrait de L‘ Impératrice Joséphine sont encore admirés et forment
V K RG N I AUD, PAR CARTELLIKR (Musée de Versailles.)
une transition naturelle entre le temps auquel ils appartenaient et celui qui devait suivre.
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Un peintre avait dominé pendant tout le commencement du siècle, et ce lut contre son école que se porta l'effort des romantiques.
Ceux-ci voulaient renouveler les arts et en étendre le domaine. Pour arriver à ce résultat, il y avait alors différentes tendances. Depuis le jour où Louis David, à la confusion de la raison, avait, dans son tableau des Sabines , si bien déshabillé à la grecque Sabins et Romains, on parlait beaucoup de la vente historique. {Maintenant, elle a\ait de nombreux adeptes. D’autres appelaient la science au secours de l'art. D'autres invoquaient en leur faveur la liberté, une liberté sans limites. Il est certain que, dans ce débat, la sculpture fut abandonnée à elle-même. Quant à l'architecture, elle attendait encore d'être attaquée au nom du Moyen âge. Sans exagérer l'influence de M. Guizot et à ne le considérer lui-même que comme un écho, les idées dont il était l’interprète ne furent point perdues. Non seulement nos peintres rompirent avec l'étude exclusive du plâtre et se mirent a rechercher la couleur, mais ils s attachèrent à lire les chefs-d'œuvre des littératures étrangères. Chacun y lit un choix. Delacroix s’inspira de Dante, de Shakespeare, de Byron ; Ary Scheffer de Goethe; Paul Delaroche de l'histoire d’Angleterre. En même temps, des événements, comme la guerre de l’indépendance soutenue par les Grecs, passionnaient les esprits. Enfin, le genre historique, un peu effacé sous l’Empire, prenait de 1 autorité.
Cependant, que faisaient les sculpteurs? Certes, ils n’étaient pas oisifs, mais ils suivaient simplement leur voie. A la suite de leurs maîtres, mais non sans accepter les conseils des esprits éclairés, ils étudiaient à la fois l’antique et le modèle vivant. En cela, ils étaient fidèles à cette opinion de Diderot : que l’antique doit aider les artistes â comprendre et à interpréter la nature. Et, en effet, ce que les anciens nous enseignent, c'est â mettre une figure en équilibre, c'est â l'établir dans des proportions normales, c'est à en accuser les principales divisions, non pour réduire le corps humain en une sorte d’architecture, mais pour en faire ressortir la construction. A cela il n'y avait rien à changer.
Mais où les sculpteurs iraient-ils chercher des idées? Rompraient-ils avec le passé ? En un mot, liraient-ils? Peut-être observait-on malicieusement que ce n'est pas dans leurs habitudes. Ce reproche était souverainement injuste. Il faut bien reconnaître que les sculpteurs n’avaient pas grand profit à tirer des poètes modernes. Les héros inquiets et passionnés ne leur apparaissaient pas dans des conditions sculpturales. Ossian, si fort à la mode au commencement du siècle, ne les avait pas
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