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Éloigne l'esprit du mal Qui le trouble encore, Fais que son front virginal Contemple l'aurore.
Purifié, chaste et beau, Et du saint baptême Portant l’humide bandeau Comme un diadème.
Oh ! pour la ranimer celle frôle espérance,
S’il ne faut qu'un départ, comme aux jours de l'enfance, Partons! Déjà le mousse, intrépide marin,
Siffle dans les huniers quelque joyeux refrain ;
S’il rit quand le beaupré laboure la mer grise,
C’est que, dans les huniers où sur la vergue assise, Espérance, du doigt, lui montre en souriant Ce beau port espagnol, là-bas, à l’orient.
Sur la plage où Cadix, sirène de ces ondes,
Chante la sérénade aux marins des deux mondes :
Au Simplon, quand j’allais, sous un ciel assombri, Traînant mousse invalide un pied las et meurtri:
Dans ces îles de Heurs que l’oranger parfume.
Et que d’un lac d’argent lave la blanche écume,
Partout où j’ai souffert, partout où j'ai laissé Des lambeaux de mon cœur, partout où m’ont poussé Les souffles de l’amour, les caprices de l'onde,
Elle a guidé mes pas, joyeuse et vagabonde.
Et m’offrant, quand mon cœur défaillait près du sien,
Son œil bleu pour étoile et son bras pour soutien.
Mais depuis qu’à Paris, ville d’ombre et de fange.
J'ai, sous un ciel de chaux, emprisonné mon ange,
Je vois sa joue, hélas! pâlir et se creuser.
Sa bouche, sur mon front, plus lente à se poser.
Et, s’incliner, chargé de rêves moins candides,
Son front, jadis si lier, et, sous les cils humides, Trembler de son regard le rayon incertain.
Comme en un lac d’azur l’étoile du matin
Eh bien , partons, ma sœur , il nous faut peu de choses A vous, l’air, le soleil et le parfum des roses,
A moi. Gérés, — non pas celle dont les cités Accueillent la mollesse et les lis trop vantés,
Mais la Cérès des champs, glaneuse à la peau bise,
Aux bruns et durs appas que l’air vif poétise. —
Tout est changé, d'ailleurs: l’oubli du lendemain, L’entendez-vous sonner dans le creux de ma main ?
En roule ! et dites-moi, vaillante pèlerine,
Que l’heure est loin encore où le soleil décline;
Qu’on doit toujours aimer et croire, et que l’été Donne aux fruits qu'il prodigue un parfum mieux goûte Et qu’il faut se hâter d’affranchir une vie Au stérile devoir trop longtemps asservie :
Surtout qu’on peut chasser un trop doux souvenir ;
Et qu'à trente ans encore il est un avenir.
Le marquis df. Bblloy
MALAG A.