M. HÉBERT
M. Hébert, qui avait donné lieu, dans ses deux précédents envois, à des reproches graves sur le ton noir et lourd de sa peinture, a évidemment tenu compte des avis de l’Académie, en cherchant à peindre autrement. C’est sans doute une intention louable; mais il est fâcheux qu’elle n’ait pas été suivie d'un meilleur résultat. On voit que M. Hébert cherche à se faire une manière, au lieu de consulter son propre sentiment; c’est surtout en cela qu’il se trompe; et c’est aussi ce qui fait que sa peinture n’offre pas l’étude qu’on voudrait y trouver. Son tableau ne manque pourtant pas d’un certain charme; | la composition en est agréable, et il y a de la grâce dans le dessin. Mais le modelé des figures est tout a fait dépourvu de fermeté, et l’effet général manque «le la vigueur nécessaire. Que M. Hébert se livre Iranchement à ses inspirations, et qu’il apporte à ses travaux toute 1 étude dont il est capable, sans se préoccuper de peindre de telle ou de telle manière; o est le meilleur conseil que puisse lui donner l’Académie.
M. Hébert a envoyé, en outre de ses obligations, une élude de pansage, où l’on aime d’autant plus a louer la qualité et la force du ton, que le défaut contraire a été remarqué dans le tableau. Mais, après ce témoignage de sa satisfaction que l’Académie accorde avec plaisir à M. Hébert, elle lui doit un avertissement nécessaire ; c’est qu’en n’envoyant pas j I esquisse qui lui était prescrite pour son travail de troisième année, et en envoyant un paysage qu’on ne lui demandait pas, il a manqué aux obligations ! qu il avait a remplir. Nous l’avons déjà dit, et nous le répétons à l’occasion de M. Hébert, les pensionnai! es ne sont pas libres de ne prendre dans les règlements que ce qui leur convient, pour ne faire que ce qui leur plaît; et puisqu’ils restent toujours mai- i très de choisir, pour leurs études, les sujets qui s accordent avec la nature de leur talent, c’est une raison de plus pour eux d’exécuter fidèlement les ! travaux que l’Académie leur demande, afin d’être chaque année en état de juger de leurs progrès dans la voie qui leur est tracée.