M. PO LL ET
M. Polio! , qui devait indemniser l'exposition de celte année de l’absence de ses travaux a celle de l’année dernière, et qui a été autorisé à ne faire tirer d’épreuve de sa planche aujourd’hui terminer qu’à son retour à Paris, a cru satisfaire d'une autre manière à ses obligations, en envoyant de nombreux dessins, qui ne lui étaient pas demandes. L'Academie n’a point à apprécier des travaux exécutés dans le seul intérêt de l'artiste, et sans doute avec tout \e talent qu’il possède en ce genre. Mais elle doit nitliger publiquement à M. Pollet le blâme qu’il avait déjà encouru l'année derniere , et dont elle avait contenu l’expression, dans une espérance qui a etc trompée. M. Pollet, tout occupé des dessins qu'il faisait a Florence, n'a pu revenir à Home assez à temps pour y terminer le seul dessin auquel il fût tenu, celui qu'il doit graver dans le cours de scs quatrième et cinquième années de pension. Ainsi. M. Pollet n a rien fait pour l’Academie, quoiqu il ail beaucoup travaillé pour lui-même ; et celle conduite, tout à fait contraire au but de l’institution, mente d'être sévèrement blâmée.
M. Saint- Eve, qui s est trouvé arrête par une cause supérieure a sa volonté dans l’exécution du dessin du portrait qu’il avait choisi d’abord, celui d'André Doria, par Ilolbein, et qui s’est vu oblige de choisir plus tard un autre portrait, celui d'Andrea del Sari», n'a pu terminer ce dessin dont il s’occupe actuellement. Nous ne lui ferons donc pas de reproche de ce legei retard, d autant plus que nous trouvons beaucoup à louer dans le dessin qu’il a exécute d apres la Madone d’Andrea del Sarto, de la galerie de Florence. Ce dessin est fait avec beaucoup de soin et d exactitude, et le caractère du maître y est généralement bien rendu. Les tètes des saints rappellent bien 1 original; les draperies sont traitées avec souplesse ; et, sauf quelques légères imperfections de detail, c est un dessin très-remarquable, et qui fait augurer une belle gravure.