‹ Les Beaux-Arts (volume 2)Chapitre 21 sur 150 · M, VAUT III ER · texte numérisé non relu

M, VAUT III ER

M* N .m i ii ier, qui n avait pas cru pouvoir avancer ns>ez *e ,rav;i*l de sa médaillé pour la soumettre au jugement de i Académie, et qui ne voulait cependant pas laisser passer une année sans donner quelque

preuve de travail, a envoyé une ligure de bas-relief, et plus tard il a l'ait, parvenir à l’Académie sa médaille, non encore terminée.

M Vauthier a eu l'intention de représenter la Douleur pleurant sur la terre. On ne comprend pas trop quelle a été la pensée de l’artiste, et l’on pourrait dire que l'allégorie n’est, pas heureuse, en ce qu’elle manque de sens et de caractère. Mais, sans s'arrêtera cette observation, on ne peut s’empêcher de trouver que la ligure de M. Vauthier manque tout à fait d’étude dans le nu, comme dans la draperie, et que le défaut de plan s’y fait partout sentir.

Quant à la médaille, dont la composition a déjà obtenu, d’après le bas-relief, l’approbation de l’Académie, on regrette qu’elle n’ait pas gagné davantage à l'exécution. Mais il est vrai que cette médaille n’elant pas encore terminée, il y a lieu d’espérer, d’apres le soin apporté dans certaines parties, que les imperfections qui s’y remarquent disparaîtront sous la main de l'auteur.

L’envoi de la musique se compose uniquement, comme celui de l’année dernière, des travaux de MM. Gounod et Bazin. M. Maillard, dont la santé a été gravement altérée dans le courant de cette année, n’a pu encore fournir un premier essai de ses études a Home.

M. Gounod a soumis à l'examen de l’Académie un hymne en français, avec solo et chœurs et avec accompagnement d'orchestre. ( .et t e composition est. originale dans sa marche et dans sa forme; le choix des idées s’accorde avec la couleur mystique des paroles; les voix sont bien disposées, et l’orchestre, bien écrit, renferme de bons effets.

M. Bazin a composé plusieurs morceaux italiens, de caractères différents, qui ne sont pas tous exempts de reproches. Le style en est diffus et empreint d'une certaine banalité de formes, que M. Bazin saura sans doute éviter à l’avenir. Nous eu avons pour garants les fragments de l'ode de Manzzoni , la Pcnlecosla , qui se distinguent par un style réel lement élevé et par une excellente disposition de voix.

En terminant cet examen, dont il n’a pas tenu à l’Académie de rendre l’expression moins sévère, c’est plus que jamais un devoir pour elle de rappeler nos jeunes pensionnaires à l’accomplissement de leurs obligations envers l'Etat et envers eux-mêmes; car jamais l'acquittement de cette dette doublement sacrée ne fut plus nécessaire et plus méritoire. Dans l’état où se trouvent aujourd’hui les arts, livrés à toute l'indépendance des goûts individuels, sans autorité généralement reconnue, sans principes généralement admis, l'école de Home, instituée pour servir d'asile aux études fortes et sérieuses, est la principale ressource qui nous reste pour combattre

cette fâcheuse direction, ou plutôt celle absence de direction, qui se fait sentir dans le domaine des arts. G est a Home, dans cette Villa Métlicis , riche de tant de souvenirs, en présence de tant de beaux monuments de l’antiquité et de chefs-d’œuvre des arts modernes, que des talents, déjà éprouvés par les luttes de l’école et toujours éclairés par les conseils de l’Académie, doivent tendre sans cesse à se perleclionner par l’élude du vrai et du beau; c’est là qu'ils doivent, en s'isolant de toute vue mondaine, de toute pensée mercantile, se fortifier, par la contemplation des grands modèles de l’art , contre la séduction des succès faciles, contre l'exemple des renommées trompeuses; c’est là, enfin, qu’ils doivent conserver ce feu sacré de l’inspiration , qui ne jette, dans le mouvement d’une société dominée par les intérêts matériels, (pie de faibles et passagères lueurs, mais qui, toujours entretenu dans te grand sanctuaire de Home, au sein du recueillement et de l'étude, continuera de briller encore de tout l’éclat qu’il a répandu sur la France.

Et après ces conseils inspirés par l'intérêt que nous portons à nos pensionnaires de Home, qu’il me soit permis d’adresser aux jeunes talents que nous allons couronner des paroles dictées par le même sentiment. Il y a aujourd’hui précisément un siècle que Vieil, le régénérateur de l'école française, obtint, le grand prix de peinture qui le conduisit à Rome. Nous savons, par son tableau qui orne notre galerie, quel était alors l’état de la peinture en France, et nous savons aussi, par les travaux qu’il exécuta durant un séjour de près de sept années à Home, quelles idées nouvelles il en rapporta. Tout le fruit de son expérience se résume dans un élève plus grand que son maître, mais devenu grand lui-même à l’exemple de son maître et à la même école ; car c’est, à Home, où il était arrivé pensionnaire et où il retrouvait Vieil pour directeur, que David acheva de former son talent par les leçons de son maître et par l’étude des chefs-d’œuvre qu’il avait sous les yeux. Jeunes artistes, qui allez bientôt aussi vous trouver dans cette grande école, ayez toujours présents les exemples que je viens de vous rappeler. Marchez d’un pas ferme dans la voie ouverte il y a un siècle par Vieil et illustrée plus tard par David; marchez-y les yeux toujours fixés sur le vrai but de l’art, qui est d’élever lame par de nobles images, et qui ne peut s’atteindre que par l’étude de la nature, choisie avec intelligence et. rendue avec vérité; marchez-y, je le répète, avec une juste confiance en vous-mêmes, avec votre sentiment propre, soutenu et fécondé par toute la puissance du travail; et soyez sûrs d'y trouver, pour vous-mêmes, au terme de vos constants efforts, une gloire nouvelle ajoutée à toutes celles qui vous y ont précédés.

Raoul- Rochette , Secrétaire perpétuel de l’Académie.

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