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COLLECTIONS D’ART DE SAINT-PETERSBOURG

es concours, les grands prix, les envois de Rome. la séance annuelle de l’Académie, les fêtes solennelles des Beaux- Arts à Paris, ne nous ont point fait perdre de vue l’étranger. Noscorrespondants ont parcouru toute la partie septentrionale de l'Europe; ils ont visité les musées de l’Allemagne, de la Suède, du Danemark , de la Russie même, et leurs pérégrinations n'ont pas été sans résultats.

Exposition de Dresde. — Le catalogue de l’exposition annuelle de Dresde comprenait trois cent soixante-neuf œuvres d’art, dont cent soixante-huit appartenaient aux artistes de l’Académie saxonne. Le professeur Schnorr de Carolsfeld, de Munich, y

avait envoyé cinq grands cartons représentant. : l'Entrevue de Barberousse et du pape à Home; la Bataille d'iconium; la Mort de Barberousse , et deux sujets allégoriques, l'Empire et /’ Eglise . Ces vastes compositions, qui se recommandent par l'habile disposition des groupes. par la multiplicité et la variété des figures, gagnent sans doute à n’ètre pas des peintures, car on en peut mieux apprécier le dessin, qu’auraient déparé les Ions pâles et froids de l’école bavaroise.

On a beaucoup admiré l’Empereur Frédtrie III , par le professeur Hübner, tableau destiné à la salle des Empereurs de Franefort-sur-le-Mein ; mais a Dresde, comme ailleurs, le public montre pour les tableaux de genre une prédilection marquée. Il s'est extasié devant le Retour du Joueur , du Mayencais Ruftige ; les Jeunes filles à la fontaine . de Richler, et surtout les Charmes du repos après le travail, d’Erhardt. Le professeur Bégas avait représenté un enfant baigné par une négresse, et essayant de blan-

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Le conseiller Carus, «jui cultive à la lois la médecine, la littérature, la peinture et la musique, avait pris pour sujet la Scène de la terrasse , d ïlamlet , et l'avait traitée avec le talent d’un homme qui manierait exclusivement le pinceau.

Nous avons remarqué, parmi les paysages, les Vues de Sicile, par Alexandre Hermann; de vigoureuses éludes de la nature méridionale, par le jeune peintre Papwitz; YÉijlise de village, par 0. Wagner; une Vue de Dresde au clair de lune , par le professeur Dali] ; le Golfe de Salcrnc , près Positaro, par Goldstein; Y Intérieur de Saint-Marc à Venise, d’autres vues d’églises et des Bandits romains se réfugiant dans un courent de Dominicains, par llausdiild. Nous avons contemplé avec un plaisir mêlé de regrets les tableaux de fleurs de Frédéric, récemment décédé, et lesgracieuses peintures du Norvégien Fearnley.que la mort a frappé inopinément à Munich, ou il était venu achever ses études.

, danl, en jetant les yeux sur leurs productions, on ne peut v méconnaître une originalité qui triomphe de la routine des écoles. A l’exposition de cette année, h-s paysages principalement avaient un incontestable mérite et valaient mieux que les tableaux historiques; nous devons toutefois une mention honorable aux œuvres de M. Wahlboru, jeune artiste qui est allé à Paris pour y apprendre l'architecture, et v est devenu un peintre distingué. Le Belge Wickenbergavait misait salon de Stockholm un Vieillard amu/le entouré de sa famille et des Troupeaux dan s un pâturage. Le capitaine Croustande y avait une précieuse collection de dessins représentant les sites, les monuments, les sculptures et les peintures de l'Egvple. Ces dessins, fruits de plusieurs années de travail, sont également intéressants sous le rapport de la science et sous celui de l’art. Il serait a désirer qu'on en lit l’objet d une publication, mais il est douteux qu’un éditeur suédois puisse subvenir aux frais d’une aussi coûteuse entreprise.

Exposition de Hambourg. — L’activité coin- i merciale de Hambourg, les immenses travaux nécessités par l'incendie de 1812, laissent aux babi- ; tauts peu de loisir pour s’occuper des beaux-arts. Les artistes étrangers ont fait, presque exclusivement les frais de l’exposition de 1843. Constantin Schrœdler, de Munich, va envoyé le baron de Mnnchhansen racontant ses merveilleuses aventures, petit tableau spirituel, humoristique, mais d’un Ion monotone et blafard. On a distingué quelques paysages. Cari, dans son tableau d’un Lac au milieu des montagnes , a rendu d’une touche légère les cimes vaporeuses et les lointains. L’Eau affilée, de Wulff, une Scène en mer, de Morsgenslern, un Orage en mer, de Sander, sont de bonnes éludes de la nature liquide. Le Contrebandier, de ce dernier, composition pleine d’énergie, a captivé tous les suffrages. L’Ecolier , de Zoesclie, a de la vérité; le Coucher du Soleil, de Huhlmnn, et un Paysage italien, de Maria, se distinguent par le coloris. Plusieurs tableaux, qui sont restés inaperçus, auraient eu sans doute plus de succès s ils avaient, été moins ténébreusement places.

Exposition de Copenhague. — Jusqu'à ce jour, les œuvres d’art, importées d’Allemagne et même de France avaient toujours été en majorité dans les expositions danoises. Cette année, sur quatre cents œuvres d’art, deux cent cinquante sont, dues a des artistes indigènes. A la vérité, on n’en peut citer élogieusement qu’un très-petit nombre, comme des portraits par Marstram, des paysages par Dabi, et les sculptures de Mlle Ilerbst.

Exposition de Stockholm. - Les artistes suédois ont, pour la plupart, acquis les premières notions de leur art en France ou en Italie; cepen-

T n av aux d’art a Saint-Pétersbourg. — Il avait été jusqu’à ce jour impossible d’embrasser l'ensemble des nombreuses œuvres d’art entassées pêle-mêle dans les magasins de Saint-Pétersbourg. Le directeur en chef des musées, le conseiller d’Etat Gilles, a contribué à classer ces richesses éparses, a accroître les collections confiées a sa garde, et a les rendre plus accessibles au public. Il a ele seconde dans ses efforts par les conseillers d’Etat de Gracie et de Fraehn et autres savants éclairés, dont un appréciera mieux le mérite quand le nouveau musee sera terminé. L’architecte Klenze a construit n monument, situé entre P Ermitage et h* théâtre de l’Ermitage d'un côte, et de l’autre entre la Neva et la rue des Millions, ainsi appelée a cause de sa splendeur et de sa magnificence. En démolissant i tout ce qui se trouvait sur ce terrain, pour faire place au nouveau palais, on n'a conservé qu'une seule galerie, que Galherine avait fait construire a l’imitation des Loges du Vatican et orner de copies des (resques de llapbaël. Au lieu de suivre ses itt- ! spi rations sans entraves, Klenze devait faire entrer celle longue galerie dans son plan général. La plus grande partie de ce palais est uniquement destinée aux collections darl. On vient d’en former uni* nouvelle des antiquités trouvées dans les fouilles laites aux environs de Kertsch. Elle est provisoirement. exposée a I Ermitage ; elle se compose d’objets d un style bâtard, fabriqués probablement dans le pays meme, et d'autres morceaux d’un beau style, qui paraissent avoir été apportés de Grèce ou exécutés par des artistes grecs au service des rois du Bosphore. Nous remarquons surtout, parmi les objets exposés, un élégant vase d’or de six pouces de hauteur. Sur I une des laces est ciselé un Scythe qui tend son arc; sur I autre, un soldat scvtlie arrache une flèche qui a pénétré dans la bouche d’un de

sos compagnons. Il y a dans cette collection douze couronnes de lauriers en or d’une belle conservation et d’un travail exquis; un grand nombre de bracelets, déchaînés, de boucles d’oreilles; un bouclier d’or orné de feuillages et de masques, et des vases de terre qui, en rappelant ceux d’Etrurie et de Campanie, en diffèrent par des bas-reliefs dont quelques-uns sont dorés.

La collection de pierres gravées, actuellement placée dans le palais de marbre, a été publiée en grande partie par le conseiller d’Etat Kochler. Parmi les monnaies antiques qui sont déjà classées, il y a des suites plus complètes qu’en tout autre cabinet d’Europe, comme les pièces bospboriennes, arsacidiennes et indo-scythiques. Le cabinet des monnaies du musée asiatique s’est enrichi récemment de deux collections importantes. L’une, donnée par le ministre îles finances, se compose de monnaies persannes, turques et indiennes, trouvées en divers endroits du territoire trans-caucasien, et dont la plupart appartiennent au premier quart du dix-huitième siècle ; l’autre, présent du colonel de Buleiiief, est riche en monnaies mahométanes re- ! cueillies sur les bords de l’Oxus, du Jaxardus et de ! rindus. Les plus anciennes remontent au huitième J

siècle. Les deux collections renferment des pièces qui étaient totalement inconnues jusqu’à ce jour.

La galerie de l’Ermitage tient le premier rang parmi celles de Saint-Pétersbourg. Les plus beaux tableaux qu’elle contient ont été gravés et publiés par Labenski. Elle en possède cinq qu’on attribue à Raphaël , et dont deux, la Judith et la Madone de la maison d'Albe , ont tous les caractères de l’authenticité; les trois autres sont douteux. Certaines salles de l’Ermitage sont exclusivement réservées chacune à un maître, l’une à Rembrandt, une autre à Rubens, une troisième à Wouvermans ; mais il est impossible de se former une idée exacte des richesses de cette galerie, tellement étroite, que beaucoup d’excellentes peintures, entre autres des Morille et, des Velasquez, n’ont jamais été exposées.

Outre ces collections, qui vont être réunies dans le nouveau musée, l'Académie impériale possède encore des collections d’ornements en or trouvés en Sibérie, d’antiquités égyptiennes, d’armes orientales, de tableaux et de vases antiques. Nous avons aussi visité avec intérêt plusieurs galeries particulières, les tableaux du vice-chancelier comte de Nesselrode et du ministre Lwarof, et le cabinet de monnaies du conseiller d’Etat Reichel.

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