‹ Les Beaux-Arts (volume 2)Chapitre 40 sur 150 · SMITH · texte numérisé non relu

SMITH

I on ne trouve pas dans ces gravures toute la finesse et la recherche de ses premiers travaux, il sut au moins conserver toute l’expression des dessins originaux. Le Livre des Ballades anglaises, les Fables de la Fontaine, les Chansons de Béranger et la plupart des publications françaises illustrées contiennent des travaux de ce célèbre graveur.

Smith a lait une véritable révolution dans la gravure sur bois, avant lui l’effet était produit panJes tailles régulières, il imagina d’imiter les gravures sur acier, et y parvint avec une si grande perfection, qu il serait difficile de dire, en voyant quelques-unes de ses gravures, si elles sont faites en creux ou en relief. Nous en prendrons pour exemple la vue du Ponte Madalcna dansle Solace of song; les traits noirs sont tellement variés, qu’on a peine à comprendre que l’effet ait été obtenu avec le trait blanc. Les contours, dans ses paysages , sont toujours doux et y répandent une grande suavité, la perspective aérienne est parfaitement entendue, et la dégradation des teintes rendue avec une variété infinie de travaux. Pour obtenir une teinte grise , ses prédécesseurs faisaient un large travail blanc qui donnait. un résultat dur et heurté, Smith, au contraire, varia les tailles en les multipliant, et produisit un effet harmonieux que la gravure sur bois n’avait pas encore trouvé. Sanschanger la couleur indiquée par le dessinateur, il savait donner l’aspect de la perspective, de la transparence et de la légèreté. Ses fonds et ses ciels resteront comme d’inimitables modèles à suivre; malheureusement ses premiers plans laissent souvent à désirer, et en cela il n’a pu surpasser l’habileté de M. J. Thompson.

L’étendue des travaux qui furent confiés à Smith le forcèrent promptement à former un atelier dans lequel il introduisit une méthode qui lui assura une remarquable supériorité sur ses confrères; au lien

LUS BEAUX-ABTS.

de confier âcliaque élève un dessin tout entier, il ne lui laissait faire que quelques parties où il excellait, et par celte répartition intelligente une gravure sortait parfaite des cinq ou six mains qui y avaient travaillé.

[/apprentissage régulièrement organisé en Angleterre favorise de tels progrès. L’élève, forcé sous peine d'une grosse amende, de faire rigoureusement son temps (cinq ou six ans), est instruit dans la science théorique de la gravure, la pratique ma¬

nuelle dépend ensuite de son aptitude. En France, au contraire, quand un élève a passé quelques mois dans un atelier, il se met à travailler pour son compte, et va grossir le nombre des graveurs malhabiles qui empoisonnent de leurs travaux nos publications pittoresques. Honneur donc a ceux qui, a force d’étude et de persévérance, sont parvenus à affranchir la France du tribut qu'elle payait a l'Angleterre, et dont Smith a eu sa large part.

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Physionomie Parisienne.

Les nombreux passagers qui, traversant les ondes S’en vont sur un vaisseau visiter les deux mondes, Que leur voyage soit serein ou désastreux,

S’accordent tous pour vivre en bons frères entre eux; L'immensité des mers, Huilantes solitudes,

L’avenir tout voilé de ses incertitudes,

Les périls de la veille et ceux du lendemain,

'loin leur fait un devoir de se serrer la main ;

Lt timides, groupés dans la même coquille.

Ils forment, en passant, une même famille.

La terre est un navire, un globe aérien,

Couvert de passagers qui ne connaissent rien,

Qui ne sauront jamais, de la France à la Chine,

Quel dessein a lancé leur nouante machine,

Quel rivage infernal ou divin ils verront

Surgir dans l’air immense où leurs yeux plongeront !

Eh bien ! au lieu de faire, avec un calme sage,

Luis cl fraternels, ce terrible passage;

Au lieu de l’accomplir ce ténébreux chemin La lèvre sur la lèvre, et la main sur la main,

Ils voyagent, plongeant sous quelque idée infâme,

Les poignards dans les cœurs, et le poison dans Pâme ; A la moindre raison, déchirant sans pitié Le pacte solennel que signe l’amitié;

Et, comme si la mort, à toutes les frontières,

• engraissait pas assez l’herbe des cimetières Ces pèlerins d’une heure, ici-bas, en passant, Batailleurs éternels, sc nourrissent de sang!

M fi R v.

L automne

LANDSEER

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