‹ Les Beaux-Arts (volume 2)Chapitre 7 sur 150 · LES UE A IJX-AK TS · texte numérisé non relu

LES UE A IJX-AK TS

Ee brave comie de Noriliuniberland Fit voeu à Dieu

I).' prendre scs ébats dans les bois d’Ecosse Pendant trois jours entiers,

Pc tuer et d’emporter Les plus beaux cerfs de Chevy-Cliace.

Ces nouvelles parvinrent nu comte Douglas, En Ecosse où il demeurait.

Il envoya dire au comte Percv Qu'il contrarierait scs plaisirs;

Ee comte anglais, sans s'en inquiéter, S'achemina vers la foret,

Avec quinze cents archers hardis.

Ions vigoureux hommes d’élite.

Qui savaient au besoin Eancer leurs traits droit au but.

Les lévriers alertes s'élancèrent A la poursuite des bêtes fauves ;

Ou commença à chasser un lundi,

Au lever de l’aurore.

El longtemps avant midi,

On avait tué cent gras chevreuils.

On se mit ensuite à table ;

Puis la chasse recommença.

Les archers furent postés sur les collines, Prêts à supporter un choc,

Et grâce à leur vigilance,

La journée se passa sans événement.

Les chiens se précipitèrent à travers les bois Sur les traces des daims agiles,

Qui faisaient retentir de leurs cris Les échos des monts et des vallées.

Oie stout Erle oi Norlliumberland A vow to God did make,

Mis pleasure in the Scott isb woods Tliree sommer days to take;

The cheefest harts in Chevy-Chace To kill and beare away.

I liese tydings to Erle Douglas came, In Scottland whore he lay :

Who sent Erle Percy présent word, He wold preventhis sport,

The English Erle, not-fearing (liât, Did to the woods resort,

Witli tilteen lnindred bow-men bol I ; Ml chosen men of might,

Who knew t'ull well in lime of neede To ayme their sbafts arrigbt.

The gallant greyhonnds swiftly ran,

To Chase the fallow deere :

On Munday the began to bunt,

Wlien day-light did appeare;

And long before high noone they had An bundred fat buckes slaine;

Then liaving dined, the drovyers went To rou/.e the deere againe.

The bow-men mustered on the hills,

Well able lo endure;

And ail their reare, with speciall cave, That day was guarded sure.

The hounds ran swiftly through the woods The nimble deere to take,

That with their m es the hills and (laies An eeeho shrill did make.

Lord Percy vint assister à la curée.

Et voir les daims qu'on avait tues, et Le comte Douglas avait promis, dit-il.

Do me rencontrer ici.

« Mais si je croyais qu’il ne dût pas \cnu Je ne m'arrêterais pas plus longtemps. > Là-dessus un jeune soldat Adressa la parole au comte :

, J’aperçois là-bas le comte Douglas Et ses gens aux armures étincelante*.

Deux mille lances écossaises Sont en marche vers nous.

« Ce sont tous des habitants de Tivydale,

Sur les bords de la rivière de Tiveede.

— Alors suspendez vos jeux, dit le comte Percy . Et hâtez-vous de prendre vos arcs

" Et maintenant, mes compatriotes.

Marchez courageusement avec moi ;

Car jamais, en Ecosse ou eu France,

Lorsque ma bonne étoile

« M'a amené un champion Monté sur son coursier.

Je n’ai refusé de rompre une lance Dans un combat singulier »

Le comte Douglas, sur son cheval hlam Avec la fierté d’un noble baron,

Se détacha de sa troupe.

Dont les casques scintillaient comme l oi

« Qui donc êtes-vous? dit-il.

Vous qui avez l’audace de chasser ici,

Vous qui, sans mon consentement,

\enez tuer mes bêtes fauves. »

Lord Percy to Lite quarry «eut.

Tu view (lie slaughter’d deere;

Qnolh lie, Eric Douglas proniised Tins day tu meet me lieere :

But if I thought lie wold not corne,

Xoe longer wold I stay ?

ith that, a brave younge gentleman riius to tlie Erle did say :

' Eoe, yontlev dotb Erle Douglas corne, His men in armour hright;

F"H twenty hundred Scottish spercs,

Ail marching in onr sight ;

Ml men of pleasant Tivydale,

Fast by lhe river Tweede :

Then cease your sports, 'Eric Percy said, And ta ko your bowes witli speede :

And now witb me, my countrymen,

Your courage forlh advance;

For never was there champion yett,

In Scottland or in France,

That ever did on horsebacke coin»?,

But if my hap il were,

I durst encounler man for man,

With him to break a spore.’

Erle Douglas on bis milke-wbitc stmle,

Most like a baron bold,

Kode forn.jst of bis company,

Whose armour shone like gold.

Show me , sayd hee, 'whose men you bec, That hunt soe boldly heere,

That, without my consent, do chase And kill my fallow-deere.’

LKS 15 K A U X - A H T S.

Le premier qui répondit l ui le comle Percy en personne :

« Nous n’avons pas besoin, dit-il .

De déclarer qui nous sommes.

<t Mais nous verserons tout noire sang.

Pour continuer à chasser dans ces bois. » Alors Douglas (il un serment solennel,

Kl s’écria avec fureur :

« Avant que je sois ainsi bravé,

L’un de nous deux périra :

Je te connais bien , tu es comte;

Je le suis aussi, lord Percy !

Mais, croyez-moi, ce serait dommage.

Ce serait injuste d'exposer La vit1 de nos soldats innocents,

Car ils n'ont fait aucun mal.

‘ Combattons Lun contre l’autre,

Kl laissons en paix nos gens.

— Maudit soit, reprit le comte Percy,

Celui qui s'y refusera. »

Alors s’avança un brave écuyer.

Qu’on appelait Wilherington :

u II serait honteux, dit-il,

Qu'on rapportât au roi Henri,

Que nous avons été simples spectateurs Du combat de notre capitaine.

Vous êies tous deux comtes?

Je ne suis qu’un écuyer ;

« Mais je ferai démon mieux, faut que j'aurai la force de me tenir debout. Je combattrai avec courage,

Jusqu'à ce que l’épée s’échappe de ma main. »

The lir>t man thaï did answer make, Was noble Percy hee;

Who sayd, ’Wee list not to déclaré,

N or show whose men wee bec:

Vol will wee spend our deeresl blood, Thy cheefesi Parts to slay.’

Thon Douglas swore a solemne oathe, And ibus in rage did say, —

'Ere Uni' I will oul-braved bee,

One of ns two shall dye ;

1 kuo'W tliee well, an erle tbou art ; Lord Percy, soe ani 1

But irust me, Percy, piltye il were, And grcat ofience to kill

\ny of tliese our guiltlcsse men,

For they bave doue no ill.

l.el thon and 1 the bat tel I trye.

And sot our men aside.’

’Accnrst bee lie, ’ Erle Percy sayd,

’By whome tins is denyed ’

Tlien slepl a gallant squier fortb, Witberington was bis name,

Wbo said, 'I wold not hâve il told To Henry our king for shame,

Tliat ere my eaptaine fought on foote, And T stood looking on.

Vou two bee erles, ’quo' Witherington.

'And I a squier alone :

lie doe the best tliat doe 1 may,

Wliile I bave power to stand :

Wliile I bave power to weelde my sword. Ile fight with boarl and hand.’

LES IlEAUX-AKTS.

Les archers anglais bandèrent leurs ares, C'étaient des hommes loyaux et éprouvés A la première volée de leurs traits, Quatre-vingts Ecossais mordirent la poussièn

Cependant, en habile commandant.

Le comte Douglas donna le signal, Rangea ses vassaux en bon ordre.

Et soutint bravement le choc.

Exercé dans l'art de la guerre,

Il partagea sa troupe en trois parts.

Et bientôt ses hommes d’armes se ruèrent De tous côtés sur leurs ennemis.

Les rangs des archet s anglais Furent décimés par de cruelles blessures . Pourtant ils demeurèrent inébranlables.

Et ne cédèrent pas le terrain.

Jetant leurs arcs loin d'eux.

Ils saisirent leurs brillantes epées,

El les coups tombèrent comme la grêle Sur les ceus et sur les armels

Aucun ne se montra lâche ;

Les deux partis se serrèrent de près.

Et plus (I un intrépide guerrier Fut couché sur le carreau.

0 Christ! il était triste de voir Chacun se choisir un adversaire.

Et le sang ruisseler des poitrines Comme l'eau claire d’une source !

A la lin les deux comtes se joignirent Comme deux chefs puissants .

Semblables a des lions,

Ils sc chargèrent avec furie.

<)ur Euglish archers beat their bowes, Ti.eir hearts were good and trew; Alt the first flight of arrowes sent, Fuit four-score Scots they slew.

Ut bides Erle Douglas on the bent, As chieftain stout and good;

As valiani captain, ail unmov’d The shock he firmly stood.

His host he parled hand in three,

As leader ware and try’d :

'ntl soo'> bis spearmen on their foes Bare down on every side.

uiuugnoui tlie English arel They dealt full many a \ but still our valiant English AU firmly kept their grc

And throwiog slrait their bowes aw.,\.

1 he\ grasp d their swords so bright : And now sharp blows, a lieavy sliower.

On sliields and lielmels ligiit.

I hev closcd full fast on everye side,

Noe slacknes lliere was fourni:

And many a gallant gentleman Laç gasping on IbogroutuL

O Christ! it was a griefe losee.

Dow eacb «ne chose bis spore.

And how tlie blond oui of their hresls Did gush like water cleere.

At last these two stout erlcs did meel, Like captâmes of gréai mighc Like lyons wode, the lady on Iode.

And made a crueü light :

LES BEAI \ - A K T S.

Ils combattirent avec leurs épées d’acier, Jusqu a ce que tous deux fussent en sueur, Jusqu’à ce qu'ils sentissent le sang Couler sur eux comme des gouttes de pluie.

« Bends-loi, lord Percy, dit Douglas;

•le jure de l’ommcneravcc moi,

El de t'assurer un rang élevé Auprès de Jacques, notre roi d’Ecosse.

« Je t’exempterai de rançon,

Et je publierai de toi,

Que tu es le plus courageux Chevalier que j’aie jamais vu

— Non, Douglas, répliqua Percy,

Je dédaigne les propositions;

Je neveux pas qu’on puisse m’accuser D’avoir cédé à un Ecossais. »

Il disait, quand une flèche acérée,

Parlant de l’arc d'un Anglais, frappa le comte Douglas au cœur

D’un coup profond et mortel.

« Combattez, mes gens, s’écrie-t-il,

Car ma vie va s’éteindre,

Et lord Percy voit ma chute. »

Ce furent ses dernières paroles.

Ee comte Percy s’oubliant lui-même,

Prit le mort par la main.

Et dit ; « Comte Douglas, que ne puis-je Donner mes domaines pour te sauver!

« Par le Christ ! à cause de loi,

Mon cœur saigne de douleur,

Car jamais il n'est arrivé malheur A un chevalier plus redouté. »

(/.« fin à la prochaine livraison.

Tliey fought untill they botli dit! swent, W itb swords of tempered steele ;

I mil lhe blood, like drops of rain,

Tliey trickling downe did feele

‘ Yee,(l thee, lord Percy, 'Douglas sayd;

lu failh I will lliee bringe,

Wlicre thou shalt high advanced bec lty James our Scottish king :

Tliy ransome I will freely give.

Ami tliis report of thee, riiou art tbe most oouragious kniglit, Thaï ever I did sec.’

\oe, Douglas' quoth Eric Percy tlien.

‘ Th y prolTer 1 doe scorne;

I will not yeelde te any Scott,

That ever yctl was borne.’

r. il.

'Vith that, tliere came an arrow keene Ont of an English bow,

Whicli struck Erle Douglas to the heart, A deepe and deadlye blow:

Who never spake more words thon these, ‘ Fight on, my merry men ail;

For why, my life is at an end ;

Lord Percy sees my fa II.’

Tben leaving life, Erle Percy tooke The dead man by the liant! ;

And said, ‘Erle Douglas, for thy life Wold I had lost my land.

O Christ! my verry heart dotli bleed With sorrow forthy sake ;

For sure, a more redoubted kniglit Mischance did never take.’

LES BEMJX-AUTS.

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