JULIEN
n artiste estimable , dont les amateurs recherchent les peintures et qui avait récemment donné des preuves d’un talent élevé, M. Julien Gué est mort au mois de. décembre dernier, à l'âge de cinquante - quatre ans. D’abord peintre de décorations , M. Gué avait graduellement passé du paysage au genre , et du genre aux sujets historiques. 11 laisse un nombre considérable de tableaux, répartis dans diverses collections. Sa facilité était excessive: mais on pouvait lui reprocher avec juste raison trop de négligence, une manière vulgaire, un faire lâché; cependant il dissimulait par l’éclat du coloris les imperfections de son dessin.
En parcourant la France, ITlalie et l'Allemagne, Julien (’.ué avait copié chemin faisant les sites les plus pittoresques. L’Auvergne, leTyrol, les vallées île Dampierre et de Chevreuse, les environs de Paris, les forêts de- Compiegne et de Fontainebleau, les bords du Rhin et de l’Adriatique avaient tour à tour été misa contribution par ce fécond reproducteur de la nature. Vers la fin de sa carrière, il avait renonce au paysage pour entreprendre de plus importantes compositions. En 1858, il exposa le docteur Urbain Fardeau sauvant des naît frayés an camp de Boulogne , et V Arrivée d'Anne d'Autriche cl de
Philippe J 1 dans l' île tics Faisans, tableau commande par la maison du roi. Encourage parles eloges unanimes des critiques. Julien Gué fit paraitreen 1840. le Dentier soupir du Christ . composition que l’on peut opposer à celles de l’Anglais Martin, l/artiste, dans celte toile de peu d étendue, a groupe sans confusion des milliers de personnages, et représente avec énergie les épisodes de celte scène mystérieuse et sublime. Le ciel est sombre, et sillonné d'éclairs; la terre tremble; les rochers se lézardent; les Juifs éperdus se dispersent; les morts soulèvent leurs pierres sépulcrales, et se mêlent aux vivants épouvantés. Ce tableau, largement conçu et vigoureusement exécuté , est le plus beau titre de gloirede Julien Gué, et il serait à désirer qu'il figurât au musée du Louvre.
Comine les tableaux de Julien Gué sont très-répandus dans le commerce, nous croyons devoir indiquer les principaux. Ce sont la Porte de la petite ville de Besse en Auvergne; le lac Pat in; la 1 ne du Puy-de-Dôme; Y Eglise iSotre- Dante du Pag'- des Cabanes au Moni-d'Or ; la Route de Rocheforl ; un Paysage des environs de Paris; le Puy-en-Velay. pris des hauteurs d’Espailly; Sainte-Cécile , cathédrale d’Alby; un Coup de vent ; Vallée de Uievvcusc; 1 Eglise de Lempdes , route d" Issuire ; Inténeur de cour à Royal ; Village de Sen lisse, vallée de Dampierre : Pont du Rialto , à Venise; Place tl' lleilbrun ; Roule du 7 yrot , près d’insprurh ; Village de Plochingen
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(Allemagne); Eglise du village de Sentisse; Village de-Houlti (Tyrol); Forêt du Morcan; Vue des bois de la /loi licite; Montagnes du Tyrol , effet du soir ; Vue prise à Aciers; Vue générale de Limanton ; Cinq vues du château et du pare du Vivier; Vallée de Rayais dans les Grisons; le Puits de Busay ; le Hameau de Gaines; le Clmleau de la Pfaltz. Les meilleurs tableaux de genre de Julien Hué sont des Tyroliens se rendant au marché d'Iuspruck ; L ue jeune mère recommande soti enfant à la Vierge; Enfant mordu par un chien ; Offrande à la Vierge; l ne jeune fille pause son frère blessé par sou camarade; le Panier de cerises; une Mère jouant avec son enfant; un Enfant portant un petit chien; les
quatre Saisons. Parmi ses tableaux d’un genre plus sévère, nous citerons : Dagobert revenant en bateau du Louvre à la Cité ; les trois Maries au tombeau de Jésus-Christ ; Raymond VI se réconciliant avec l'Eglise ; les Protestants attaquant la porte de Panessac au Puy-en-Velay. Julien Gué a produit en outre une multitude d'aquarelles. Sans doute, avec moins d’abondance et plus d’étude, il eut acquis une renommée plus durable ; ses toiles ont une valeur médiocre, et pour ainsi dire meublante; toutefois l’auteur du Dentier soupir du Christ doit être regrette, sinon comme un grand artiste, du moins comme un peintre habile dont les facultés n'avaient pas encore atteint leur apogée.
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La pelile maison du pelit héritage
Où je veux à mon cœur faire un doux ermitage,
Loin des bruits de la foule cl des soucis d’un jour,
Je m'y plais à ne rien désirer davantage,
Pour que ma vie éclose et sourie au retour,
Pour que l'heure y soit douce à mon rêve d’amour.
Blanche, aux contrevents verts, sur la pelouse verte, Elle domine au loin la plaine découverte,
Et voit neiger les (leurs sous de (louants arceaux ;
Tandis qu'à tout zéphyr chaque croisée ouverte Attentive et muette aux chansons des oiseaux. Aspire les parfums et la fraîcheur des eaux,
Dans la nappe où le saule éploré pend ses branches, L’escadre des canards, ouvrant ses voiles blanches, Joue en mille circuits, passe et repasse encor.
Chaque plongeur, effroi des carpes et des tanches, Revient, sa proie au bec, court sur le sable d'or, Met son ventre au soleil, lustre sa plume, et dort.
Par delà le massif odorant où les roses
Aux baisers vagabonds s’offrent, lèvres mi-closes.
Sous le tiède soupir de la jeune saison ;
De grands bœufs bien repus, aux nonchalantes poses, Ruminent gravement, le cou dans le gazon,
Et déjà le soleil se montre à l'horizon.
Et pendant qu’à la droite et sous l'ombre des ormes, Qui tordent hors du sol leurs racines énormes,
La brume se répand comme un voile indécis.
Vers les monts du Ponant, les contours et les formes S'effacent, le réel aux angles adoucis S'éteint confusément sur les fonds obscurcis.
Alors, dans l'infini semé d'étoiles blanches.
Les flocons nuageux roulent par avalanches.
La lune au lent regard sourit en se levant;
De limpides rayons glissent parmi les branches .
Et sous les marronniers qui frissonnent au vent.
Moi, poêle, je vais, écoutant et rêvant.
Cn. C. DK L AF A Y ET TE.