A MADAME
Déjà le long du vert sentier.
J’avais, d'une main enfantine.
Au plus odorant églantier Dérobé la fraîche «ïglanlimv
Déjà, tout en foulant le thym, J'avais, dans la foret prochaine.
Aux charmants rayons du matin Amassé des fleurs sous le chêne;
Fleurs des champs que sème le ciel, Pour le ciel ouvrant leurs calices, Pour l'abeille source de miel,
Pour le pâtre pures délices.
Je cueillais, pensif et muet,
Quand la divine poésie,
Effeuillant mon premier bluel.
Médit . « Esl-ee là l'ambroisie?
« Poète, la fleur à cueillir « S'est épanouie en ton âme,
« Ne va pas la laisser vieillir;
« A chaque heure elle le réclame.
u La fleur des divins sentiments :
« L'Amour et ses roses amères, a Qui par mille chemins charmants.
« Nous égarent vers les chimères ;
« L'Espérance, âme du passant,
« Ce beau lis au parfum sévère ,
« Qu’il arrosa de tout son sang,
■ Celui qui mourut au Calvaire.
< Ell'incll'able Charité,
« Celle violette odorante, u Qui répand son baume em liante « Sur tonte âme faible et souffrante. »
Que d'autres fleurs dignes descieux S’épanouissent dans notre âme!
Celles que sèment de beaux yeux,
Vous le savez trop bien, madame!
La poésie a son jardin
Fait pour égarer tout grand rêve.
Tableau qui rappelle l'Edcn.
L’Eden après le pêche d'Eve !
Mais le plus beau sonnet vaut-il Un bluel embaumant la gerbe?
Le grand poète, c’est avril Bimani un poème dans l'herbe
Que le pâtre est bien inspire !
Lui, poète sans rêverie,
Il s’en va tout droit dans le pre Quand il veut des fleurs pour Marie.
\ a si: n i: H o t ssa v k