K. K ER T! AU LT
A Mme REC A M I K R
Quand vous rêvez, quand dans votre âme.
Vos souvenirs vont se pressant.
Vous devez bénir Dieu, madame,
Des dons qu’il vous fit en naissant.
Cœur, esprit, ineffables grâces,
Il vous donna tout pour charmer;
Tout ce qui fait qu’on suit vos traces.
Et que vous voir c'est vous aimer.
Vous eûtes la double puissance Qui captive l’humanité ;
Le charme de l’intelligence.
Et le charme de la beauté.
Vers vous tous les êtres d’élite,
Tous les grands cœurs sont attirés Vous êtes le céleste mythe De nos poètes inspirés !
Vous êtes la source bénie Où se désaltère le coeur;
La muse fidèle au génie,
La providence du malheur!
Quand vous rêvez, quand dans votre âme,
Vos souvenirs vont se pressant,
Vous devez bénir Dieu, madame.
Des dons qu’il vous lit en naissant
Lot isf. Col et.
Août 1845.
A M mc * * * .
Celait l’été dernier, par un beau soir ; le ciel Étalait à nos yeux son vaste éerin d'étoiles;
La nuit, à l’horizon, laissait flotter ses voiles,
Et descendait vers nous de son pas solennel.
.le ne vous avais point encore ouvert mon âme,
Et déjà cependant vous lisiez dans mes yeux,
.le ne sais quoi de vague et de mystérieux
Qui trahissait mon cœur, n'est-il pas vrai, madame?
Ce soir-lit, nous causions lotis deux, mais plus souvent Vous ne me disiez rien, et ce charmant silence.
Ce silence inquiet était plein d'éloquence Et plus persuasif que le plus doux serment ..
Et je me demandais par quel terrible charme Vous aviez en mon cœur soufflé la passion .
Et brisé sous le poids de mon émotion,
Je voulais dans mes yeux retenir une larme.
Vous, pendant ce temps-là, vous effeuilliez des fleurs. Et votre Ame. gagnée aussi par la tristesse.
Remontait le versant des premières douleurs.
Et de vos cheveux noirs que la brise caresse,
Hélas! j'aurais voulu seulement une tresse Pour essuyer mes pleurs.