LE MOINE
Lieu qu il fait bon vivre à cette heure !
Que j’aime ces petits oiseaux Et ce vent si doux qui m’effleure;
Jamais je ne fus si dispos !
J’ai tout le Paradis dans l’âme !
Je viens de chez le sacristain ,
Et tout en causant du prochain , Sous la tonnelle avec sa femme , Nous avons bu d'excellent vin Oremus ! je suis tout en joie !
In excelsis ! que Dieu m’envoie Souvent de ces aubaines-là !
[Il aperçoit le lar.)
Aurais-je la berlue ? holà !
Voici dix ans à Pentecôte Que j’habite au cloître voisin ,
Et cependant, voyez ma faute, J’ignorais encor ce bassin.
Relie eau, ma foi ! limpide et claire ; Des arbres en fleurs ! du mystère . Des lits de bluets et de thym ;
Je veux ici chaque matin .
Avec Babet la jardinière,
Venir lire mon bréviaire.
En attendant, je vois à flot Une barque, un petit canot ,
Allons, au large ! je soupçonne,
Que de poissons cette eau foisonne.
Et j’en veux prendre plein mon sac,
LA MOUT, paraissant soudain et le saisissant.
En Enfer ! vieux pêcheur qui vogue sur mon lac.
( Elle s'engloutit avec lui dans l'abîme.)
Souvient UN CHASSEUR.