‹ Les Beaux-ArtsChapitre 35 sur 204 · LE MOINE · texte numérisé non relu

LE MOINE

Lieu qu il fait bon vivre à cette heure !

Que j’aime ces petits oiseaux Et ce vent si doux qui m’effleure;

Jamais je ne fus si dispos !

J’ai tout le Paradis dans l’âme !

Je viens de chez le sacristain ,

Et tout en causant du prochain , Sous la tonnelle avec sa femme , Nous avons bu d'excellent vin Oremus ! je suis tout en joie !

In excelsis ! que Dieu m’envoie Souvent de ces aubaines-là !

[Il aperçoit le lar.)

Aurais-je la berlue ? holà !

Voici dix ans à Pentecôte Que j’habite au cloître voisin ,

Et cependant, voyez ma faute, J’ignorais encor ce bassin.

Relie eau, ma foi ! limpide et claire ; Des arbres en fleurs ! du mystère . Des lits de bluets et de thym ;

Je veux ici chaque matin .

Avec Babet la jardinière,

Venir lire mon bréviaire.

En attendant, je vois à flot Une barque, un petit canot ,

Allons, au large ! je soupçonne,

Que de poissons cette eau foisonne.

Et j’en veux prendre plein mon sac,

LA MOUT, paraissant soudain et le saisissant.

En Enfer ! vieux pêcheur qui vogue sur mon lac.

( Elle s'engloutit avec lui dans l'abîme.)

Souvient UN CHASSEUR.

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