LA DUCHESSE
Le sein gonflé de vœux brûlants ,
Je viens débattre la clairière Sur ma cavale ardente et fière Dont l’écume blanchit les flancs ;
Et je n’ai rencontré personne,
Personne au bois des amandiers !
Personne dans les verts sentiers De clématite et d’anémone !
A la citerne , à la colonne ,
A la grotte des forestiers ,
Au rond-point , au rocher, personne !
Personne , hélas ! et pourtant hier Je lui dis après le concert Qu’aujourd’hui , vers l’heure ordinaire ,
Au petit bois, dans la clairière,
Je me rendrais seule. Oh ! regrets!
Ale laisser ainsi désolée ,
Moi qui fais tant pour son succès !
Ah! je me sens plus affolée,
Plus amoureuse que jamais.
J’entends du bruit dans la feuillée ;
Si c’était lui ! Que vois-je , ô Dieu !
Un lac immense , frais et bleu.
Oh ! la divine transparence ,
Le pur cristal , le beau miroir !
Tout n’est ici qu’ombre et silence ,
Nul indiscret ne peut me voir;
Délaçons-nous , là, sous cet arbre :
Le flot glacé de ce bassin Va rendre peut-être à mon sein La blanche fermeté du marbre.
LA MORT, sortant du lac et la saisissant.
'son , mais il éteindra ta luxure sans fin.
Elle s’engloutit entraînant la duchesse dans l'abîme.)
UN VIRTUOSE passe.