‹ Les Beaux-ArtsChapitre 37 sur 204 · LA DUCHESSE · texte numérisé non relu

LA DUCHESSE

Le sein gonflé de vœux brûlants ,

Je viens débattre la clairière Sur ma cavale ardente et fière Dont l’écume blanchit les flancs ;

Et je n’ai rencontré personne,

Personne au bois des amandiers !

Personne dans les verts sentiers De clématite et d’anémone !

A la citerne , à la colonne ,

A la grotte des forestiers ,

Au rond-point , au rocher, personne !

Personne , hélas ! et pourtant hier Je lui dis après le concert Qu’aujourd’hui , vers l’heure ordinaire ,

Au petit bois, dans la clairière,

Je me rendrais seule. Oh ! regrets!

Ale laisser ainsi désolée ,

Moi qui fais tant pour son succès !

Ah! je me sens plus affolée,

Plus amoureuse que jamais.

J’entends du bruit dans la feuillée ;

Si c’était lui ! Que vois-je , ô Dieu !

Un lac immense , frais et bleu.

Oh ! la divine transparence ,

Le pur cristal , le beau miroir !

Tout n’est ici qu’ombre et silence ,

Nul indiscret ne peut me voir;

Délaçons-nous , là, sous cet arbre :

Le flot glacé de ce bassin Va rendre peut-être à mon sein La blanche fermeté du marbre.

LA MORT, sortant du lac et la saisissant.

'son , mais il éteindra ta luxure sans fin.

Elle s’engloutit entraînant la duchesse dans l'abîme.)

UN VIRTUOSE passe.

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