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<1 uatre ligures allégoriques de M. Jean Debay n’ont pas modifié notre opinion.
La Science, par M. Desbœufs, lourde et massive ligure; vêtements beaucoup trop amples et bottants; visage chargé d’ennuis; de grosses mains, le Iront étroit. — Le buste de Lesage, du même artiste, est une chose lourde, massive, inanimée. M. Desbœufs aura choisi le mauvais moment pour nous représenter l’admirable auteur du G// lilas. Lesage, en effet, quand il fut devenu vieux, ne retrouvait l’éclat de son regard et de son esprit que lorsque son noble front était frappé des rayons du soleil. Alors soudain, ce rare et charmant esprit qui a sauvé la comédie, après Molière, reparaissait de nouveau, comme fait un faut (une hien-aimé à l’heure de minuit. A mesure que le soleil se retirait, l'admirable vieillard redevenait triste, morose, abattu, inanimé, sans regard, sans pensée, sans souvenir, tel, en un mot, que le représente M. Desbœufs.
Salut au maréchal Hrune, par M. Lanno. La ville de Brives-la-Gaillarde reconnaissante a
beaucoup applaudi à cette statue, et nous ne voulons pas chagriner une ville estimable qui se fait à elle-même de pareils présents. — M. Lequesne, sans le savoir, a fait le pendant de la fille nu limaçon avec sa fille à la coquille. Cette fille à la coquille, qui a des yeux ronds, et qui s’étonne d'une chose bien simple puisqu’elle est la fille d'un pêcheur, dit le livret, a ramassé un gros animal marin dont elle a mangé toute la chair.
Puis, quand le coquillage est mangé, l’enfant porte la coquille à son oreille. On dirait un petit singe, c’est le même étonnement, c’est à peu près la même grimace. Et encore laissonsnous à part les singes de M. Decamps !
Le Giolto de M. Maggesiest toujours le petit pâtre nu, attentif, aux formes grêles, à l'air souffreteux, qui d’un crayon malhabile dessine son premier mouton sur une pierre blanchâtre. Le mouton est tout à fait achevé, il n’y a plus qu’un seul coup de crayon à donner pour indiquer un brin de toison, et alors nous ne voyons pas pourquoi l’enfant porte une si grande attention au détail le pl us facile de son œuvre. Voilà où cela vous mène d'avoir trop d’esprit ! Si M. Maggesi n’avait pas dessiné sur la pierre ce mouton rouge, nous eussions trouvé qu’en effet le petit pâtre a raison d’y mettre toute cette élude.
En fait de Giotto, en voici un véritable, lin jeune pâtre des campagnes de la Touraine, de M. Régis Breysse. L’art du sculpteur lui es! venu, à lui aussi, à force de regarder, d'aimer, d’étudier la nature. Il s’est élevé lui-même
et sans maitre, il a deviné non pas seulement l’art, mais le métier, et maintenant le voilà qui expose un beau Christ sur la croix. Vous reconnaisse/. dans ce Christ expiré la rude main du pâtre à l'intelligence élevée etferme. — Le chien de M. Maindron a le grand tort d’être un chienloup, car sa quali té de loup jette une ombre peu favorable sur sa qualité de chien. Le berger a été piqué par un serpent, son chien accourt pour lécher la blessure du maitre, le maitre recule avec un certain effroi, alors on ne voit plus que le poil fauve de l’animal, et l’on est tenté décrier: Au loup! au loup! Les moindresdétails sont importants dans les arts.
La jeune fille , de M. Desprez, à force d’être naïve, tombe dans la niaiserie. Elle est seule, agenouillée sur un tertre, et elle joue au jeu de dire : Limaçon montre-moi les cornes ! Le limaçon, bon garçon, montre en effet une horrible paire de cornes, que l’aimable enfant est sur le point de faire rentrer dans leur carapace. Ajoutez que celle belle petite fille a tout à fait la tète d'un petit garçon, et comme la jambe est laide ! Voilà ce que c’est que d’étudier avec tant de soin et tant de zèle les cornes du limaçon.
M. Carie Elshoëct qui a fini par savoir faire un buste, nous a donné deux bustes assez bons : le baron Larrey , mais le sculpteur a lésiné sur les cheveux ; ce n’est pas là cette ample, abondante, ébouriffée chevelure dont M. Larrey était si fier de son vivant et qu'il appelait une chevelure historique. Lebustede feu M. Joulïroy, l’aimable et bienveillant philosophe, bonne et douce nature, ferme courage, abondantesprit, véritable disciple de Platon, mort si jeune, si honoré, si aimé, entouré de si beaux enfants! Ce buste est d une grande ressemblance. Sans nul doute il n’a pas toute la grâce affable du modèle, mais le sculpteur a très-bien rendu la souffrance et la patiente résignation de ce beau visage. C’est un beau travail plein de conscience, dont on doit féliciter M. Elsboèct.
Si vous voulez voir un petit garçon qui montre sa petite poitrine naissante, et qui en montre un peu plus qu’il n’eu doit avoir pour son sexe.
regardez le joueur de billes de M. bamin.Cet
enfant est recoquillé en lui-même; il a peur de
nous montrer son ventre, qui est mal fait, ses jambes, qui sont peu dessinées ; il tait, une horrible grimace à l’instant meme ou d un doigt qui doit être à la torture, il va pousser sa bille. Le buste de feînme de ce même M.Famin est une belle étude, simple et nette, quin a rien de commun avec le petit joueur de billes.
Combien j ’aime mieux les compositions toutes florentines de M. Feuchère, homme d un tait si vrai, d’un goût si pur, artiste intelligent qui sait à merveille son seizième siècle et qui le met en œuvre avec une rare habileté! La statuette de Léonard de Vinci, sérieux, grave, austère, la statuette de la Galatée, vive, légère, charmante, et l’amazone qui dompte ce fougueux cheval, ce sont là deux belles et rares études destinées à parer les plus beaux cabinets des heureux de ce siècle. — Une jolie statue en marbre, c’est la Psyché àeM. Gruyère. Les formes sont juvéniles, l’attitude est chaste et curieuse, la boite est un peu lourde pour les mains qui la portent, oui,