I. F. S RF MX- ARTS
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Marseille, décembre.
Dans la ville du froid ci de la boue immonde.
Dites, que faites-vous, en hiver, (leur du inonde? N'est-ce pas que Paris est beau dans la saison Ou la neige aux jardins remplace le gazon ;
On le ebâtcau royal claie, sous ses arbres,
La glace de l’allée et la glace des marbres;
Où l’on passe la Seine, auprès de ce jardin,
A pied sec. comme un juif traverse le Jourdain :
Où du pont d'Austerlitz jusqu’aux Champs-Elysées, Les ondes des bassins se sont cristallisées;
Où d'un coin de sa vitre on voit d'un seul coup d'œil Paris agonisant sous un immense deuil?
Oh! parlez-moi de vivre alors dans cette zone! Dites, n'allez-vous pas souvent, belle amazone.
En robe à longue queue en loque de velours, Pressant de votre pied un cheval aux pas lourds, Dans le bois de Roulogne. a l'éternelle allée Respirer la fraîcheur d’une belle gelée;
Doux plaisir qui toujours donne le lendemain I n rhume à la poitrine et l'onglée à la main?
Car il e>t doux de prendre un cheval de manège,
Pour ses menus plaisirs de labourer la neige,
De subir un froid rude aux doigts, au nez, au cou,
El de parodier les malheurs de Moscou?
Dites, n 'aimez-vous pas aller aux Tuileries Au fond d’une calèche avec des armoiries,
El sur un trottoir nu que la neige a poli Dans toute la longueur du quartier Rivoli,
Descendre en fin cothurne cl de fort bonne grâce
Goûter quinze degrés de froid sur la terrasse,
Voir passer des Lapons de fourrures couverts.
Avec des chapeaux blancs sur des visages verts . Regarder les héros de Virgile et d’Homère,
Pauvres dieux exilés de la Grèce leur mère.
En costume d'Eden, sur leur blanc piédestal. Frissonnant à Paris, loin du beau ciel natal?
Oh ! que n'êtes-vous donc restée en robe blanche Auprès de votre sœur la frileuse pervenche,
Sur nos bords où l'hiver est splendide et riant 1 Le dernier paquebot venu de l’Orient Dans l’île maternelle on faisant une balte,
A pris pour passager votre soleil de Malte,
Et l’astre paternel, comme un humble vassal.
Est venu réchauffer notre hiver provençal.
Je vous l'ai déjà dit en prose non rimée,
Pour vous, sur notre sol, la neige est supprimée; Point «le feux allumés dans nos salons étroits.
De nos quatre saisons il n’en reste que trois.
0 miracle! Aujourd'hui, jeudi, douze décembre,
Ma croisée est ouverte et j’ai chaud dans ma chambre ; Je vois dans mon jardin le mois de mai charmant Qui prodigue l’insulte à l'almanach qui ment,
Et remplit, sous mes yeux, toutes ses cassolettes De roses, de lilas, d'oeillets, «le violettes,
Et vous fait, en hiver, pour vos pieds adorés.
Un tapis de gazon et de boulons dorés.
Milady, venez donc, le ciel vous le conseille.
Car l’été passera tout l’hiver a Marseille.
Mèry.
LES H E A IX- A R T S
SON N ET
Celle qui, ce jour-là, vers Dieu prit son essor Avait nom Rerlhe, une humble et douce adolescente, Qui travaillait sans bruit, chrétienne diligente,
A changer, dans son cœur, tout le plomb \ il en or.
Quand elle eut au Seigneur donné tout ce trésor D'innocence gardée eide vertu naissante,
Ne sachant plus qu'offrir dans sa ferveur croissante, Elle prit ses quinze ans et les offrit encor.
Au seuil du paradis, sa pieuse patronne
Sur ce front jeune et pur mit la blanche couronne
Qu'au céleste banquet portent les bienheureux,
El les voyant ainsi s'avancer l'une et l’autre,
Les Anges souriaient et se disaient entre eux :