PARTIE DE CAMPAGNE
M. BOL EAU. — C'est plus sage, en effet.
Dépêche-toi.
LUCIE. — Ohl oui, maman, tu vas nous mettre en retard.
MADAME BOLEAu. — Je u'aî pIus que ma robe à enfiler.
M . BOLS AU. — Ta robe 1 Tu es en chemise I Et puis tu n'as pas besoin de te friser pour aller à la campagne? Otetes bigoudis, allons.
MADAME BOLEAu. — Je ne veux pas être non plus à faire peur !
M. BOLEAu, à sa fille. — Ta mère est toujours la même I Je vais me raser.
MADAME BOLEAU. — C'est tou père qui m'ahurit.
M. BOLEAU, qui reparaît sur le seuil. — Cocotte?
MADAME BOLEAU. — MoU loup?
M. BOLEAU. — Et l'eau chaude?
MADAME BOLEAU. — Tu vcux emporter de l'eau chaude ?
M. BOLEAU. — Mais non. C'est pour ma barbe.
38 LES BEAUX DIUANCHES
MADAME BOLEAu. — Ah ! je vais te la donner. (Elle appelle.) Félicie !
M. BOLEAu. — Qu'est-ce qu'elle fait, cette Félicie? Mais qu'est-ce qu'elle fait?
MADAME BOLEAU. — Elle fait sa mayonnaise, celte fille, écoute donc ! pour manger avec le homard.
M. BOLEAU. — C'est différent, je retire. (A Lucie.) Eh bien, l'enfant, es-tu contente, toi? Tu ne dis rien ?
LUCIE, qui s'affaire. — Je suis trop heureuse.
M. BOLEAU, qui repasse son rasoir sur sa paume. — Tu peux! mâtin! Ça va aller avec papa, maman... déjeuner sur l'herbe... à Villejuif, comme une demoiselle du grand monde !
Et dans sa voiture encore! Dans la voiture à son père qu'on étrenne ! Rien que ça de reste! Il n'y a plus d'enfants.
MADAME BOLEAU, portant Une bouillotte bkue. — Voilà ton eau. Méfie-toi! La bouillotte est brûlante.
M. BOLEAU. — Merci, ma grosse. Dépêche* Dépêche. Sue un peu*