PARTIE DE CAMPAGNE
M. BOLEAU. — Ça les fait bisquer.
LUCIE. — César est encore plus beau dans les brancards.
M, BOLEAU. — Oui. Et on ne voit pas qu'il a été couronné.
MADAME BOLEAU, Surprise. — Ahl tu ne nous avais pas dît?...
M. BOLEAU. — Oh! il y a si longtemps 1 Et puis ça n'a aucune importance pour un cheval! D'ailleurs, nous ne sommes pas des nobles du faubourg, nous! On est de bonnes gens. Nous avons un cheval, pour l'usage, parce qu'il le faut, et que nos affaires prennent vraiment une énorme extension! Voilà tout! Le reste on s'en moque!
LDCiE. — Je descends le caresser.
M. BOLEAU. — Attends-moi.
MADAME BOLEAU, à Lucie. — Oui, attends ton père. C'est plus convenable.
M. BOLEAU, à safiUe. — Dans cinq minutes, je suis à toi. (Il passe dans sa chambre. De loin.) Quelle cravate me conseillez ?
MADAME BOLEAU. — Ta vertc à pois.
18 LES BEAUX DIUANCHES
M- BOLEAU, qui parle en allant et venant, de ta pièce voisine. — Et puis*., vous ne savez donc ' pas,., que j'ai acheté, pour conduirej une paire de gants rouges, épatants, en peau, comme les cochers de grande maison 1 et qui m'a coûté six francs*
MADAME BOLEAu, — Six francsl
M, BOLEÂtJ. — J'ai la main forte. Neuf et quart. (Un silence. Et soudain il pousse un grand cri). Ah !
LUCIE, — Père a crié !
MADAME BOLEAU, qui Se précipite. — Qu'astu?
M. BOLEAU, il paraît sur le seuil, bouleversé. — Cocotte!
MADAME BOLEAU, dflïis Valamie. — Mon loup I
M. BOLEAU, dont l'angoisse augmente. — Cocotte 1 Cocotte !
MADAME BOLEAU, Cadjuratit, — Parle! tu me fais peur I
M. BOLEAU, dont la voix se hrise. — Mes enfants! Mes pauvres.».