‹ Les beaux messieurs de Bois-DoréChapitre 12 sur 86 · D’ALVIMAR, GUILLAUME · texte numérisé non relu

D’ALVIMAR, GUILLAUME

d’alvimar.

Décidément, vous ne me reconnaissez plus, n’est-ce pas, Guillaume? Je me suis oublié, c'est vrai, mais voilà que je me retrouve.

GUILLAUME

Oh! oui, redevenez vous-même. Ces pauvres gens ne sont pas loin, l’enfant se soutenait à peine; permettez que je les rappelle.

d’alvimar.

Non ! laissez-les aller. On a ses préjugés, mon ami : je suis Espagnol, et j’ai dans le sang l'horreur instinctive de tous ces bohémiens et zingares.

GUI LLAUM E.

Mais ceux-là n’étaient pas de cette race abjecte. Avez-vous remarqué le langage et l’altitude de ce Jovelin ? Je sentais en lui comme un égal.

d’alvimar.

"Eh bien, justement parce que j’ai peut-être eu tort envers eux, ne me les remettez pas en face.

GUILLAUME

Allonsl comme vous voudrez. Plaise à Dieu seulement que Bois- Doré ne sache pas à quel point nous avons compromis son renom d’hospitalité! — AL! tenez, le voici qui vient vers nous. Vous vous rappelez ce que je vous ai dit, n’est-ce pas? vous respecterez les innocentes manies où l'ont conduit le vide et la tristesse de son

cœur?

d’a L VI MAR.

Soyez tranquille! Quel âgé peut-il avoir, ce don Quichotte de l’amour?

GU ILLAUME.

Eh! eh I quelque soixante-dix ans.

n’ALVIMA R.

Eh bien, donnons-lui en trente : il sera aussi jeune que moi.

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