‹ Les beaux messieurs de Bois-DoréChapitre 14 sur 86 · ACTE PftÊMIEK. ' I · texte numérisé non relu

ACTE PftÊMIEK. ' I

r.ti i tiivüE.

Elle à vou'fù qu'on évitât dè lui fkirè èorté£è. Son pèrè séM la précède avec monsieur de Lucenav. Ils nous suivaient à très-ped de distance.

Dieu merci! nos quelques préparatifs sont à peu près terminés, n esl-Ce pas, Adamas ? ( Arinmns fait un signe affirmatif, et sort peu après. )

D’ AL VI MAR

Ils s’annoncent splendides et conformes k la plus galante bergerie.

Ah! cette maison a eu de belles fêtes. Mais elle est bien déshéritée du bruit et de la joie, depuis la mort de notre roi Henri, de douce mémoire! Il s’est fait successivement trois vides affreux dans ma vie : le premier quand j’âi perdu manière, le second quand j’ai perdu mon grand roi, le troisième quand j’ai perdu mon jeune frère. d’hVISIAR, à part.

Son frère!...

BOIS-DO RÉ

Et il y a surtout cela do douloureux que ces trois chères personnes moururent de mort violente : mon roi assassiné, ma mère d’une chute de cheval, et mon frère... Oh! mais pardon! où ai-je l’esprit de me laisser aller k mes tristes souvenirs? Parlons plutôt de vous, de vos triomphes, monsieur d’Alvimar, de vos espérances, mes amis, des choses qui sont de votre âge. >

D’ ALVIBAR.

Eh! mais notre âge ne me parait pas si éloigné du vôtre.

Bôi S-DORÉ.

Oh! je suis votre aîné, messieurs, je dois être votre aîné! Mais je conviens que le cœur est encore ardefit et jeune.

GUILLAUME

Le bruit court que les nymphes de ces rivages le redisent souvent entre elles.

BOIS — DORÉ , rari.

Chut! pourquoi vous plaisez-vous toujours, mon cher Guillaume,

à me tourmenter à ce sujet? Que savez-vous, voyons, de mes prétendues aventures? (a d’Aivimar.) Je parie qu'il lui serait impossible de dire seulement un nom.

GUILLAUME, & part.

Je le crois, et pour cause!

d’alvimar.

Tout le monde est d’accord qu’en fait de chaste discrétion, Sylvandre lui-mème n’en remontrerait pas à Sylvain de Bois-Doré.

BOIS-DORÉ, avec bonhomie.

Ah! si vous me citez l 'Astrée! on connaît donc toutes mes faiblesses! — Mais vous-mêmes, vous deux qui parlez, n’étes-vous point de véritables héros de désintéressement?

GUILLAUME

En quoi donc?

Vous brûlez d’amour pour la même beauté, pour cette ravissante Lauriane, et, au lieu de vous combattre et de vous ha ïr comme des rivaux vulgaires, vous êtes convenus de vous soumettre respectueusement au choix de votre dame et de rester amis fidèles après comme avant son jugement? Est-ce vrai?

C’est vrai ; mais noûs y avons l’un et l’autre moins de mérite que vous ne pensez.

Comment cela?

GUILLAUME

D’abord, je suis,- moi, l’obligé de d’Alvimar. J’arrivais à Paris et à la cour inconnu et dépaysé. Il in’a présenté, patronné, servi, lui l’ami et le bras droit du maréchal d’ Ancre! Ne serais-je pas bien ingrat d’apporter de la haine dans une lutte dont il n'est pas d’ailleurs la cause?

BOI S-DORÉ

Bien pour vous! mais alors monsieur d’Alvimar n’en est que plus louable...

GUILLAUME, riant.

De ne pas me tenir rancune de sa victoire certaine?

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