‹ Les beaux messieurs de Bois-DoréChapitre 15 sur 86 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

l>’ ALVIMAR.

Oh! de ma victoire certaine!...

GUILLAUME

Eh ! mon ami, il est clair qu’aux fêtes do Bourges vous avez éclipsé tous nos astres de province, et que madame Lauriane l’a su et l’a vu ; il est évident que déjà monsieur de Beuvre ébloui ne jure que par vous. Si donc il ne se présente pas quelque nouvel et plus redoutable adversaire, il faut reconnaître que vous avez pour vous toutes les chances.

b oi s- DORÉ.

Quoi ! Guillaume, vous acceptez ainsi d’avance votre défaite et celle de la province?

GUILLAUME

Il faut bien que je m’y prépare. Et cependant j’y ai quelque vertu, et ce n’est pas sans effort que je m’arra lierai de l’àme le mystérieux charme que Lauriane y a jeté.

BOIS-DOR É

Le charme! vous dites bien, ami... le charme! c’est le mot qui convient à la douce magie de cette fée. Mais ce charme n’est nullement-mystérieux , Guillaume : savez-vous comment il s’appelle? la bonté. Voilà tout le secret, Lauriane est bonne. Et c’est pourquoi sa grâce n’est pas seulement humaine, elle semble céleste. On ne l’a pas plutôt vue qu'on se sent en présence d’une créature angélique et faite pour consoler. En ce triste monde, on a beau paraître heureux ou se dire puissant, chacun a son trouble, son remords ou sa peine. Eh bien, qu’on se rende compte ou non de l’heureuse influence, sa voix, la voix de Lauriane, ramène dans le cœur l’harmonie, son regard la lumière, son sourire l’espérance. On est tenu* de croire qu elle vient à vous de la part de Dieu, pour apaiser, pardonner ou plaindre. Elle est bonne! ne cherchez rien au delà, elle est bonne! Et comme la fleur est deux fois belle quand elle a le parfum, la femme est deux fois charmante quand elle a la bonté.

d' ALVIMAR.

Vive Dieu ! savez-vous, monsieur, que vous en parlez comme un homme épris !

n LES BEAUX MjESSIpURS DE BOIS-DORÉ.

Diantre! prenons-y garde, d'Alvimar! c’est que Iç'marquis serait un formidable rival!

Ah! ah! jeunes gens, la lice est ouverte et la lutte courtoise; usez de vos avantages, (son de cor.) Ah ! déjà monsieur de Beuvre ! Madame Lauriane ne doit pas être loin. — Usez de vos avantages, jeunes gens 1

GUILLAUME , bas à d’Alvimar.

Bonté divine! est-ce qu’en plaisantant j’aurais deviné juste !

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