SCÈNE VIII
Lgs Mêmes. LAURIANE, MARIO, JOVELJN, ADA-MAÇ;
Pages; Valets, Jeunes Filles ^sentant des oep«.
AD AM AS, Annonçant.
Madame Lauriane de Beuvre.
LAURIANE
Oh! mais, cher marquis, j’arrive comme dans uu rêve! Est-ce donc pour moi cette réception royale? Une symphonie, des arcs, des fleurs!
Nous n’y gommes pour rien, divine Lauriane- C’e&t to.ut simplement, à votre approche, l’air qui se fait musique et la terre qui se fait parfum.
LAURIANE, riant.
Oui-da, tout simplomontî (Elle a tendu la main à Bois-Doré, qui la lui baise.) Messieurs, je vous salue. — Eh bien, tenez, pour remercier votre maison de la grâce de son accueil, je lui apporte une bonne action.
Vous voyez, c’est comme la musique !
LAURIANE
Regardez ce pauvre enfant...
D AL VI MA R, bas & Guillaume.
Àh ! c’est donc une fatalité !
L AU RI ANE
Je l’ai trouvé évanoui sur le bord du chemin, évanoui de souffrance, (tmissant la voix) d’inanition peut-être, et je vous donne l’oisillon à réchauffer et h ranimer.
bois-dor É.
Merci! (Appelant.) Vite! Adamas !
MARIO, à Laurlnne.
Oh! ne m’éloignez pas encore de vous, madame! ne m’éloignez pas!
JOVELIN, s'avançant.
C’est vrai, il n’y a plus à se hâter; car madame n’a pas tout dit. Mon petit compagnon venait de défaillir subitement dans mes bras, et, tout éperdu, je courais çà et là, je criais, j’appelais, lorsque, revenant vers l’enfant, j’ai vu, près de lui... ce que j’ai pris d’abord pour la figure de la Charité. La belle jeune dame se penchait sur lui, et, au milieu de femmes s’empressant à ses ordres, lui baignait les tempes, versait un cordial sur ses lèvres, et lui rompait le pain, et lui offrait des fruits, et surtout lui parlait et le regardait. Oh ! l’enfant est revenu à lui tout de suite; le voilà debout et ranimé; et maintenant il n'a plus besoin, madame, que de vous voir et de vous remercier encore.
L A U R 1 A N E , à Mario.
Eh bien, mon enfant, voulez-vous rester près de moi tant que je serai ici ?
MARIO
Si je le veux !
BOIS-DORÉ, à Jovelin.
Est-ce au château que vous veniez tous les deux ?
JOVELIN
Oui, monsieur le marquis (car je vois que je parle au maître) ; je m’appelle Jovelin; j’ai été engagé à mon passage à Lyon par le chef de vos musiciens, maître Guilbert.
En effet, il m’a parlé de vous et de votre talent, et je vousalten-