‹ Les beaux messieurs de Bois-DoréChapitre 19 sur 86 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

dais; mais puisque vous arrivez sous de si favorables auspices, soyez deux fois les bienvenus. — Maintenant, madame et ebâtetelaine, quand il vous plaira monter au château?

DE BEÜVRE.

Eh quoi! mon éloquent ami, est-ce-là toute votre harangue?

Oui, pour le moment, mon malicieux ami.

DE BEUVRE

Oh! oh! vous êtes devenu bien craintif. Mais moi qui n’ai pas de raisons pour l’être, je voudrais, avant d’entrer chez vous, dire en simple prose à ma fille quelques paroles un peu nettes.

LAURIANE, que Bois-Doré conduit s’asseoir au dais de verdure.

Nettes comme votre loyauté, et bonnes toujours comme votre cœur : parlez, cher père.

DE BEÜVRE.

Hum! madame ma fille, je vous ai gâtée, mais vous ne me corromprez point! — Ce que je veux vous rappeler, Lauriane, c’est la dernière volonté de mon frère, le serment que vous lui avez juré à son lit de mort, et le testament qui punirait votre manque de parole par votre ruine et la mienne. Il ne vous reste plus, pour choisir et nommer enfin votre mari, que la semaine de votre séjour dans ce château. C’est pourquoi le jour où vous y arrivez, j’ai tenu à vous faire souvenir que, le jour où vous en partirez, vous devrez être fiancée, et que, de retour au château de Beuvre, vous serez mariée le lendemain.

LAURIANE

Il n’était pas besoin, mon père, dp me rappeler votre volonté et l'ordre suprême de celui qui fut aussi un père pour moi. J’obéirai au mort et au vivant. Ma détermination sera connue le matin de notre départ.

DK BEUVRE.

A la bonne heure! Et pourquoi pas, voyons, le matin de notre arrivée? pourquoi pas tout de suite ?

LAURIANE

Mon père !

DE LÇCENAV.

Nous oserons vous prier, monsieur, de ne pas insister là-dessus.

GUILLAUME

Deux d’entre nous auront gardé du moins un peu plus longtemps l’espérance.

p’ ALVIMAR.

Et l’élu peut bien lui-même endurer la souffrance d’un retard pour épargner à Madame le déplaisir d’un regret.

D’ici à huit jours, d’ailleurs, ne peut-il pas se déclarer quelque nouveau prétendant?

DK BEUVRE, railleur.

Croyez-vous, mon vieil ami, que quelque papillon étourdi vienne encore se brûler les ailes à cette flamme?

Allons, vous voulez donc absolument que je parle tout de suite et devant tous ? Pourquoi, en effet, ne parlerais-je pas selon la franchise et la vérité ?

DE BEUVRE

Eh ! c’est cela, mordi ! que je vous retrouve votre ancienne bravoure!

BOIS-DORE, s’avance vers Lauriane et fléchit le genou.

Reine de bea,uté, rçcevez-moi donc en grâce. J'ose, moi ayssi, mettre à vos genoux mon nom, ma vie, mon çœur, et, da,nf ce cœur, la plus pure adoration qu'un mortel ait jamais vouée à une divinité. J’attends mon arrêt de vie ou de mort à vos pieds, Lauriane.

DE BEUVRE

Vive Dieu! Lauriane, voulez-vous me laisser répondre à vptre place ?

LAURIANE

Mon père !...

DEBEUVRE. ’ •

Vous acceptez donc ce galant ?

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