SCÈNE PREMIÈRE
JOVELIN, assis à la table, écrivant. MARIO.
MARIO, entrant tout agité.
Jovelin ! Jovelin !
JOVELIN
Mario ! qu’as-tu ? qu’est-il arrivé ?
MARIO
Tu sais, on était convenu hier qu’on ferait ce matin un assaut d’armes. L’assaut vient d’avoir lieu on présence de madame Lauriane. J’étais là aussi, moi, près d’elle. Monsieur d’Alvimar a été le plus fort contre monsieur d’Ars, contre monsieur de Lucenay, cela ne m’a rien fait. Mais voilà que monsieur de Bois-Doré a voulu essayer de jouter à son tour, lui ce bon seigneur qui nous traite si bien depuis cinq jours. Alors monsieur d’Alvimar a fait toutes sortes de tours et de voltes, et coup sur coup il touchait le pauvre marquis, et mes mains tremblaient, mon sang se glaçait, et soudainement j’ai cru revoir la vision du meurtrier de mon père. Ah ! Jovelin, je me suis sauvé pour ne pas éclater ! Ah I le cœur me bat encore I
JO VELIN
Calme-toi , petite sensitive I Tu m’avais promis de ne plus te laisser aller à cette illusion qui te fait tant de mal. Ce n’est pas avec une supposition qu’il faut combattre cet homme.