SCÈNE Y
LAURIANE, D’ALVIMAK.
LAURIANE
Eh bien ! monsieur, vous no suivez pas le marquis ?
D’ALVIM A R.
Votre père m’a donné, madame, la permission de rester.
LAURIANE
Mais vous l'ai-je donnée, 'moi ? Et l’on va supposer pourtant que nous étions d’accord.
d’alvimar.
Vous me pardonnerez, Lauriane, d’avoir voulu, si près de l’heure décisive, vous voir et vous parler une minute sans tous ces importuns témoins.
A quoi bon? ne valait-il pas mieux, au contraire, me laisser démêler seule ma pensée ? Quand vous êtes là, je la sens plus inquiète et plus hésitante que jamais.
d’alvimar.
Eh! mais, si je viens l’éclairer et la fixer, celte pensée timide qui se cherche ! Je vous ai dit déjà que je vous aime; si j’arrive à vous persuader que vous devez m’aimer, que vous m'aimez peut-être !... Voyez, vous ne inc dites pas non.
LAURIANE
Mais pourquoi ne saurais-je vous dire oui ?
d’alvimar.
Parce que vous ne vous connaissez pas vous-même.
LAU R I ANE
Pourquoi l’idée de cot amour m’inspire-t-elle plus de crainte que de joie ?
d’alvimar.
Parce que vous ne me connaissez pas non plus; parce que vous ne savez rien de mes projets, de mes chances, du sort brillant qui vous attendrait avec moi. Il faut pourtant que vous soyez édifiée là-dessus, Lauriane, et c’est facile...
MARIO, rentrant ; il porte un gros in-folio.
Ail! que c’est donc lourd, YAstrëe! (U pose le volume sur la table.)