‹ Les beaux messieurs de Bois-DoréChapitre 37 sur 86 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

D’ AL VI M AR, à part.

LAURIANE

... Jo l’ai senti, tenez, hier encore, en écoulant la mélancolie do cette sérénade, et je ne savais pourquoi elle me touchait si profondément, presque jusqu’aux larmes.

jove LIN.

La mélancolie était sans doute en vous-même, madame. La musique est un miroir magique où chacun voit l’imago do son idée: joie, tristesse ou amour.

Gageons que c’est l’amour qu'entendait maître Jovelin dans sa chanson d’hier.

JOVELIN

Elle m’a semblé exprimer seulement l’adoration religieuse e lointaine, le regret d'un dévouement condamné à rester méconnu ou inutile.

d’alvimar.

Autrement dit l’amour timide et honteux d’un vassal; car l’amour fier et fort d’un gentilhomme ose vouloir et peut s’imposer.

JOVELIN

L’amour fier et fort d’un gentilhomme est, pour ce qu’il aime,, plus doux et plus tremblant que le souffle d’un nouveau-né. Mais, vous dites bien, il ose tout et il peut tout contre les menaces et les trahisons do qui le hait.

LÂURTA^ïE, se levant vivement.

Ah! c’est assez parler do cetle mélodie! Nous en avons oublié YAstrée. — Voyons, n’est-ce pas là, Mario, la Fontaine de la Vérité d’Amour? Où ést-il donc l’oracle qui doit m’expliquer à moi-même et me ré\éler le cœur où je serais sincèrement aimée? — Est-ce ta bonne aventure qui me le dira, mon petit devin?

MARIO

Pourquoi pas, madame?

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