‹ Les beaux messieurs de Bois-DoréChapitre 43 sur 86 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

D’ALVIMAR, DE BEÜVRE assis, CLINDOR debout.

D À L V I MA R , à Clindor.

... Ainsi, tu es eortain do ce quo tu dis? bien certain?

CLINDOR

J'ai vu, comme je vous vois, Mario donner le bouquet à maître Jovelin.

d’alvimar.

Va, et ne t’éloigne pas. ( sort cundor.i — Eh bien, vous éprouvez à votre tour jusqu’où va l’insolence do ce Jovelin.

DE BEU VR E

Mordi ! je veux en avoir le cœur net. Lauriane est là, dans le jardin; demeurez ici un instant, mon cher comte, et je l’amène.

D’ ALVIMAB.

Cependant, monsieur,..

DE BEUVRE

Hé! laissez-moi donc faire 1 ceci peut servir votre désir -r- et le

mien. ( Il sort par le fond. )

D ALVIJJAR, seul.

Oui, oui, ceci peut me servir, et il est temps! Demain, demain est le jour suprême où Laurienp doit fjair^e connaître son pépite, et elle n’est nullement décidée encore ! Je §eus <&as cp (loxplin lp soup-

çon et l’obstacle, et je ne peux pas... non, ici, sur ce terrain brûlant, je ne peux pas l'attaquer en face! — Mais ceci va me servir. — Ah! j’ai engagé cette partie terrible, j’ai osé passer le seuil de cette maison, je tiens dans ce mariage l'occasion, l'occasion unique de relever ma fortune, d’anéantir le passé et d’assurer l’avenir, je touche à ce but si ardemment rè\^é, j’y touche! et, au dernier pas, je reculerais! Non, non! il faut qu’avant demain , je n’aie plus rien à redouter, ni de la menace de Jovelin. ni de l’hésitation de Lauriane; il le faut! — Ce Clindor va m’v aider, (n va a u porto a® droite et appelle.) Hé! l’ami, deux mots. (Rentre Clindor. le nez au vent.) Tu me fais l’effet d’un garçon avisé.

CLINDOR

Oh! moi, monsieur le comte, j’ai l’instinct des choses cachées : je n’avais pas eu besoin, allez, de voir les fleurs de madame Lauriane dans les mains de maître Jovelin pour deviner que ce musicien-là n’était qu’un amoureux déguisé. Mais il n’en résultera pas de mal pour lui, n’est-ce pas? D’abôrd je vous ai dit ma découverte, tout uniment parce que j’avais envie de savoir la suite.

d’alvim ar.

Tu as fait ce que tu devais, et je veux d’abord récompenser ton zèle. Prends cette bourse.

CLINDOR

De l’argent! oh! nenni! mon parrain m’a défendu d’accepter de l’argent. Tout ce que je demanderais à monsieur le comte, ça serait de me tenir au courant, parce que je m’intéresse beaucoup à toutes les histoires...

DALVIM A R, il lui-müme, haussant les épaules.

Incorruptible! diantre! oui, mais par bonheur sot et curieux! (Haut.) Il paraît que tu aimes les secrets; tu sais aussi les garder, je suppose...

CLIN DOR

Oh ! là-dessus on peut être tranquille!

d’alvim A R.

Eh bien, — nous n’avons qu’une minute, — écoute et comprends vite. Je pourrai te donner un rôle dans un grand mystère.

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