AC T E TROISIÈME
« qui, sous couleur de zèle religieux, nous persécutait pour s’em- « parer des grands biens de sa sœur... » Et puis, voyez, la lettre a été interrompue. Il n’y avait pas votre nom dessus. .Ma mère, morte de saisissement et de douleur, n’a pu parler dans son délire. Et seul, perdu sur cette terre, il n’est resté que le petit orphelin.
BOIS- DOR É
Orphelin, tu ne l’es plus! enfant de mon frère, tu es mon enfant ! Je l’ai, le voilà, il est retrouvé, mon bien, mon héritier, mon fils, la plus grande joie de ma vie ! Comme il est beau ! comme tu es beau! Moi aussi j’étais seul, Mario, tout seul. Mais à présent j’ai quelqu’un à aimer, à présent quelqu’un m’aimera. Mais embrasse-moi donc! embrasse-moi donc encore! pense que tu as été quatorze ans sans m’embrasser !
MARIO
Allez! vous pouvez m’aimer de toutes vos forces, je vous le rendrai bien ! (les yeux au ciel.) N’ffst-ce pas, tu le veux, mon cher père? Je l’aiinerai comme je t’aime.
Ton père !... ah ! tiens, tu me l’avais fait oublier, tant tu me le rappelles ! Ton père ! il est mort assassiné, Mario ! nous avons donc à trouver et à punir un meurtrier.
MARIO
Oh ! j’ai un indice, — peut-être une preuve.
BOIS-DO RÉ
Qu’est-ce donc ?
MARIO
Je vous ai dit que l’adversaire do mon père s’était enfui laissant son poignard ; et cette arme de mort, je l’ai. Tenez, la voici.
BOIS- 1)0 R É
Ah ! Mario, que cela est cruel à regarder ! Mais, tu as raison, si nous savions à qui appartient cette arme, la preuve serait accablante. Et, je me rappelle, tu soupçonnes quelqu’un I tu as cru reconnaître quelqu’un !
MARIO, hésitant.
Oui, mais...
BOIS-DOR É
Oh ! parle, parle sans crainte I Je ne suis qu’un vieillard et tu n’es qu’un enfant, mais nous sommes forts puisque nous sommes deux.
ma ri o.
Grâce à Dieu, nous sommes trois, mon père! car maintenant Jovelin ne partira pas!