ACTE QUATRIÈME
vous parlez me disait qu’il donnerait sa vie pour me faire connaître le péril que vous me faisiez courir. Oh! prenez garde ! ce péril à présent, je le connais. Je vous connais.
d’alvimar.
Ne me le dites pas trop !
LAURIANE, reculant effrayée.
Non! je n’ai pas l’intention de vous irriter! non! Mais par trois fois je vous ai demandé, je vous ai supplié, je vous ai signifié de sortir; vous n’attendrez pas qu’on vous fasse sortir, je pense!
d’alvimar.
Et moi, Lauriane, je n’ai pas l’intention de vous offenser, soyez sans crainte, mais j’ai voulu vous enchaîner. Et c’est pourquoi, — s’il faut enfin vous le dire, — je me suis introduit chez vous, seul, dans la nuit; c’est pourquoi je ne vous obéis pas; c’est pourquoi je reste, (n s’assied.)
LAURIANE
Mon Dieu! il avoue la trahison et le piège!
d’alvimar.
Ah! au moment où j'ai dépassé cette porte, à cette heure, je me suis dit : je suis au but. — Qui me fera sortir? Clindor? c’est lui qui m’a fait entrer. Vos femmes? elles peuvent tout au plus appeler : quelles appellent. On peut venir à leurs cris : qu’on vienne.
LAURIANE
Malheureux! ohl malheureux! — Mais mon père viendra... le marquis...
Us seront les premiers à vous conseiller de me choisir, pour ne pas vous compromettre plus que de raison.
LAURI ANE
Mais monsieur d’Ars... monsieur de Lucenay...
d’alvimar.
Je vous engage à ne pas les exposer contre moi.
lauriane.
Mais...
D'ALYIMAR, se levant.
Mais penseriez-vous encore à maître Jovelin, par hasard? Ah! contre ce virtuose, — car il ne m'est prouvé gentilhomme, — l’épée me serait inutile, (touchant son styiet) ceci suffirait.
LA U R I ANE
Oh!...
d’alvimar.
Oh! vous avez affaire, Lauriane, à une passion violente et indomptable qui ne reculera devant rien. Je suis l’homme de ma race et de mon vouloir. Je joue avec le fer comme on joue avec l'or.
LAURIANE, se redressant fièrement.
Ah ! c’est ainsi ?... et votre enjeu est l’honneur et la vie d’autrui ! Ah! je ne suis qu’une femme, mais, de par la reine des cieux! je ne me laisserai pas si docilement gagner ou perdre! — Vous attendez de moi, disiez-vous, un mot qui soit un serment? le voici : Je jure de choisir la solitude et la ruine — plutôt que vous.
n ALV1MAR.
Oh! c’est plus que la solitude et plus que la ruine! — Vous allez braver, vous allez subir de mortels soupçons pour cette nuit, maintenant passée: car tenez, voici le jour qui naît! (n étend in
mnin vers les vitraux du fond, blanchis par le soleil levant.)
LAURI ANE
Ciel!... — Eh bien, oui, ma détresse, le danger de ceux qui m’aiment, ma honte peut-être à leurs yeux... — mais non, quand on m’aime, on meurt pour moi, on no doute pas de moi! — bref, le commencement du malheur de toute ma vie , ce jour qui vient pourra l’éclairer, mais il ne verra pas votre triomphe et le succès de Votre lâche surprise! (On entend tout à coup sur la terrasse les premières notes fermement attaquées d’une symphonie. )
d’alvimar.
Qu’est cela?
MARIO, entrant vivement et se trouvant soudain debout près de Laurionc.
On parle de surprise?...