‹ Les beaux messieurs de Bois-DoréChapitre 81 sur 86 · ACTE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME

Sciarra; oui. — On a l’habilude en Espagne de porter plusieurs noms; serait-ce celui de quelqu’un de vos amis ou de vos proches ?

d’alvimar.

Eh! quand cela serait? après?

BOIS-DORÉ, se levant.

Après?... Cet ami ou ce parent, alors, quel est-il?... quel est-il?

d’alvimar.

Mais... mais enfin, pourquoi m’interrogez-vous ainsi? pourquoi?

Je pourrais vous demander pourquoi vous hésitez à me répondre. Mais je vais m’expliquer. Sachez-Ie, monsieur, cette arme maudite est celle qui a tué mon frère.

GUILLAUME

Votre frère!

BOIS-DOnÉ.

Oui, Guillaume. — Et quand j’aurai découvert à qui elle appartient, je connaîtrai le lèche meurtrier, et je vengerai le meurtre infâme !

D’ALVIMAR, se levant, hors de lui.

Lâche I infâme!... Vous en avez menti, monsieur! vous en avez menti 1

MARIO

Ah ! enfin !

BOIS-DORÉ, étendant la main vers le poignard.

Malheureux I c’est donc toi !

GUILLAUME

Marquis !

98 LES BEAUX MESSIEURS DE |JOiS-DORÉ.

BOIS-DORÉ, fc Guillaume.

Ne craignez rien! nous ne sommes point des assassins nous autres.

d’alvimar.

Assassin !... ah! vous me rendrez raison de toutes ces insultes! Voilà assez longlemps que je me tais et que je mo cache! et j'ai coutume de ne reculer devant mes actions ni avant ni après. — Oui, dans un duel, j’ai tué votre frère, mais qui osera dire que je l’ai assassiné ?

MA RIO

Moi! est-ce que je n'étais pas là? Devant moi osez mentir, vous !

d’alvima r.

Non! je ne mentirai pas devant un enfant! devant un muet je ne mentirais pas! Je dirai comme les choses se sont passées.

GUILLAUME

Oui, justifiez-vous! justifiez-vous!

d’alvimar.

D’abord, la cause du duel. — Un huguenot avait épousé, en secret et malgré nous, ma sœur de mère. J’étais le seul homme de la famille, et bon catholique. J'ai provoqué le huguenot.

Ajoutez — que toute la fortune revenait par son père à votre sœur, que votre mère a dû hériter de sa fille, et que vous avez dû hériter de votre mère. Voilà, en elTet, la cause du duel. Poursuivez, monsieur, poursuivez.

1)’ A L V I M A R , frappant du pied.

J'ai provoqué le huguenot, parce qu’il était huguenot! — Je l’ai averti que ce serait un duel à mort. Nous nous sommes battus à l’épée. J’avais mon poignard, et je pense qu’il avait le sien... (Mouvement de Mnrio.) — Oh! vous allez voir que je ne vais rien atténuer! — Son épée s’est brisée, j’ai jeté la mienne. J’ai lire ma dague,

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