‹ Les beaux messieurs de BoisDoré. 1Chapitre 2 sur 25 · I.', lis UKAux UkiaiEuna · texte numérisé non relu

I.', lis UKAux UkiaiEuna

d C'était réduire h muiUâ rbérilogo déjà nasoa miiico du M Sylvain, lequel, comme huguenot, puuvall perdra son droit d'alnesso; car le ehetVnmsttm n'émit pas liiftn riche, et nos terres avaient été maintes fais ravagée* par l«s calvinistes,

p Unie voyer. te boit naturel du jeune homme I Loin de so fâcher ou seulement su plaindre du mariage do ami pùrc ol do ta naissance de l'entant qui lui rognait en doux ses futurs son, il se redressa fièrement on apprenant la nouvelle.

■ — VoyoK-voua, da I lit-il parlant a ses compagnons. IL mon pitre a passe la soixantaine, et le voila qui engendre un beau garçon ! Eh do t c'est bonne nu», dont j'espère tenir I

n II poussa plus loin la dùbomiairoté ; car, sept ans après, son père s'élnnt absenté du Uorry pour aller avec le Balafré contre H. d'Alencon, et notre gentil Sylvain ayant oui que sa belle-mère était merle, ce qui laissait l'enfant sans grande protection au château do Briantes, revint secrètement au pays pour le défendre au besoin, et aussi, disait-il, pour le plaiair de le ioir et de l'embrasser.

» Il passa tout un hiver auprès du marmot, jouant avec lut et le portant sur a« bras, comme eiït fait nourrice ou gouvernante; ce qui fil bien rire les gens d'alentour et penser qu'il était par trop simple et quasi innocent, comme ils disent pour parler d'un homme privé do raison.

■ Quand le mauvais père revint après la paie de Monsieur, malcontent, comme tous penses, de voir les rebelles mieux récompensée que les alliés, il se prit de fureur contre tout le monde, et contre Dieu même, qui avait laissé sa jeune dame mourir de la peste en son ab-

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khi*. Pais, no sachant sur qui se vung>v. Il nrilundil i)itt! sou Hla aîné était iwmiu cIioï lui, ù.wuli'afiiisdu faire périr par la aorauJInrie l'unfant dn ai vioilli-sso.

» Citait une urande noirceur de la pari do ce vimix corsaire, car jamais l'enfant n'avait été mieus portant ni mieux soigné, ni le pauvre Sylvain était aussi incapable d'un mauvais dessein que celui qui vient d» naîiro... »

Guillaume d'Ara un était fa de son récit, qui l'avait conduit jusqu'en vue de Priantes, lorsqu'une espace do demoiselle bourgeoise, vêtue de noir, do rouRu et de cris, portant la roue troussée et le cullct monté, se trouva venir a sa rencontre et approcha do sa boite pour lui faire force révérences.

— Hélas 1 monsieur, dit-elle, vous alliez pcut-tHrc demander a dîner à mon honoré maître, lo marquis de Jlois-Doréî Hais vous ne le trouverez point : il est a la Motte-Seuilly pour la journée, nous ayant donné congé jusqu'à la nuit.

Celte nouvelle contraria beaucoup le jeune d'Ars; mais il était trop bien élevé pour en laisser rien paraître et, prenant son parti tout de suite :

— C'est bien, demoiselle Bellinde, dit-il en se découvrant courtoisement ; nous irons jusqu'à la Motte-Seuilly. Bonne promenade et bonjour I

Puis, pour ravalBr sa contrariété, il dit à d'Alvimar, en l'invitant à tourner bride avec lui:

— N'est-ce pas que voilà une gouvernante trts-ragofttante et dont la bonne mine donne une savoureuse idée du logis de ce cher Bofs-Doréî

Bellinde, qui entendit cette réflexion bile à vofac haute et d'un ton jovial, se rengorgea, sourit, et, appelant un petit valet d'écurie dont elle se faisait escorter comme d\m page, elle tira Oe m larse* manches deux petits

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chiens Waucs qu'elle lui ni poser doucomontaur k gaaon comme pour le» faire promonor, mais, on réalité, peur ae tenir tournée vers loti cavaliers et faire apprécier plus longtemps son ImbUlement de belle sergelle neuve et sa taille rondelette.

Citait une III lu de trente-cinq ans, haute en couleur, et dont les chevaux tiraient sur le rouge, ce qui n'était pas désagréable ii voir ; car elle en avait une quantité et les portait crêpés sous son loquet, au grand déplaisir des dames du paya, qui lui reprochaient de vouloir outrepasser sa condition. Mais olh) avait l'air méchant, infime en faisant l'agréable.

— Pourquoi l'appeuH-vous Bellinde? demanda d'Alvlmar h Guillaume Est-caun nom de ce pays?

— Ohl nullement; son nom est Gulltette Carcat; mais M. de Bois-Doré l'a baptisée, suivant sa coutume : c'est une manie que je vous expliquerai tantôt. J'ai a vous raconter d'abord la suite de son histoire.

— C'est inutile, reprit d'Alvimar en arrêtant son che- ' val ; malgré votre bonne grâce et votre courtoisie, Je vols bien que je vous suis un embarras considérable. Poussons jusqu'à ce château de «riantes, et vous m'y laisserai avec une lettre que vous écrirez a M. de Boîs- Dore pour me recommander a lui. Puisqu'il doit revenir k la nuit, je l'attendrai en me reposant.

— Non pas, non pas! s'écria Guillaume; j'aimerais mieux renoncer aux réjouissances de Bourges, et je l'eusse déjà fait, n'était la parole que j'ai donnée à quelques amis de m'y trouver ce soir. Mais, certes, je os vous quitterai pas sans vous avoir recommandé moimême a un airi agréable et Adèle. La Motte-Seuilly n'est pas a une Lieue d'ici, et il n'est pas besoin de fatiguer nos chevaux. Prenons le temps, j'arriverai à Bourges

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uno heure ou deux plus tard, ni, ou ce marnant du fûtes, je trouverai encore les porius fnrvertes.

Rt il raprit l'histoire dn Huls-liuré, que il'Alvhuar écouta Eirt peu.

Celui-ci était préoccupé do sa sûreté et ne trouvai! pua la pays qu"il parcourait bien propre fi son dessein do sa tenir caché.

C'était un pays plat et ouvert, on, eu cas du tkhouso rencontra, il n'dialt (juero possible de so inttKre h l'abri d'un bols ou seulement d'un bouquet d'arbre». I.n terre fromeutale est trop bonne parla pour qu'un y oit jamais souffert d'ombrage, Fine et rouge, cite s'étend au soleil sur le» tarées ondulations d'une plaino immense, triste à la vue, quoique bornée de belles collines et semée d'élégants castels.

Pourtant Briantes, dont nos voyageurs s'étaient fort approchés, avait présenté a d'Alvimar un aspect plus

A dix minutes de chemin du château, la plaine s'abaisse tout d'un coup et vous conduit, en pentes adoucies, vers un étroit vallon bien ombragé.

Le castet lui-même ne so voit que quand on est dossus, comme on dit dans le pays, et le mot est juste, car le clocheton ardoisé de sa plus haute tour s'élève fort peu au-dessus du plateau, et, quand, de la plaine, on le voit briller au soleil couchant, on dirait d'une mince lanterne dorée posée sur le bord du ravin.

II en est 1 peu près de même du château de ta Ho Lie- Seuilly », situé plus bas que la plaine duChaumois, mais non pas aussi ngréablemenfrque firiantes, car, au lieu

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18 LRS 8E»DX USS81E0B9

d'un joli vallon, U wl tristement planté dmw une région plaie et kun étendue.

Avant d'arriver au olioiuin de traverse qui y conduit, Guillaume avait raconté succinctement a son compagnon les autres vicissilndca (i.i la vit) du M. Sylvain ilu Uuis- Doré : commo quoi sou père avait voulu 1'onfermor dans sa tour pour l'empùclw de retourner aven les hufiueiwtl ; commo quai le juunu homme s'était sauvé par-dessus les murs ut avait été rejoindre son cher Henri de Navarre, avec lequel, après le trépaaseaient du roi Henri III, 11 avait guerroyé neuf ans; comme quoi, en On, ayant de son mieux contribué a lu mettre sur le trône, u était revenu vivre dans ses terres, où son tyran de para avait cessé do vivre et de taire enrager un chacun.

— Kl do son jeune frère, qu'esUl advenu? dit d'Alvimar, qui faisait elTurl pour s'intéresser à ce récit.

— Ce Jeune frère n'est plus, répondit d'Ars. Bois-Doré l'a pou connu, car son père l'avait engagé cte bonne heure au service du duc de Savoie, ou il est mort d'une fanon...

Ici, Guillaume fut encore interrompu par un incident qui parut contrarier beaucoup d'Alvimar, soit qu'il commençât à prendre intérêt aux renseignements de son compagnon, soit qu'il eut, en qualité d'Espagnol, une répugnance marquée pour les interrupteurs.

Célait une bande de bohémiens, qui, concuèjs tout a plat dans un fossé, se releva comme une volée de moi-

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nu aoia-nonit la neaux a l'approcha des cavaliers cl nt fairo un écart au cheval do H. d'Alvimar, Mais c'étaient des muineam trop bien apprivoisés ; car, au lien dn n'envoler au loin, ils so jetèrent presque dans les jambes rins chevaux, Mutant, criant et tendant la main d'une façon pileuse et grimacière.

Guillaume ne songen 1«'à rira de l<«ws manières étranges, et, trèa- généreusement, leur lit l'aumône ; mais d'Alvintar an montra singulièrement bourru et ne lit que leur dire en les menaçant de son fouet :

— Loin, loin 1 loin do moi, canaille !

11 alla même jusqu'à vouloir frapper un garçonnet qui s'attachait a sa bulto avec cet air a la fois moqueur cl suppliant des entants drosses au métier île qufmandeux sur un chemins. Celui-ci évita le fouet, et Guillaume, qui se trouvait en arrière, le vit ramasser une pierre qu'il eût lancée à d'Alvimar, ai un autre gars plus âgé, de la bande, ne l'eut retenu en le grondant et en le menaçant.

Mais l'incident ne finit pas lit : une petite femme assez belle, quoique bien flétrie et mal accoutrée, prit l'enfant et, lui parlant comme si elle eût été sa mûre, le poussa du coté de Guillaume, puis se mit a courir aussi après d'Alvimar, en lui tendant la main, mais en le regardant, comme si elle eût voulu ne jamais oublier sa figura.

D'Alvimar, irrité de plus en plus, poussa son cheval du coté de cette femme, et l'eût renversée si elle ne se fût garée vivement; et même il porta la main sur la crosse d'un de ses pistolets de selle, comme s'il ne lui eût rien coûté de tirer sur ces mauvaises bêles d'idolâtres.

Les bohémiens se regardèrent alors entre eux et so serrèrent comme pour se consulter.

— Avanti f avanti I s'écria Guillaume a d'Alvimar.

SO LES lïàUX umiMIUS

11 aimait a dire des nota italiens pour faire voir qu'il jtait allé k la cour do la reine mère, ou bien peul-aire «Imaginait-il qu'un i a la On des mots suffisait pour les rendre intntelllgiblea à ces égyptiens.

Pourquoi avanti I lui dit rTAivimar sans vouloir presser l'allure de son cheval.

— Parce quo vous avez fâcha" ces oiseaux noirs. Vovea 1 ils se rassemblent comme dei grues en détresse, et, ma foi I ils sont une vingtaine et nous ne sommes que sept,

— Comment donc, mon olier Guillaume, vous craigneE quelque chose de la part de ces animaux bibles et poltrons t

— Je n'ai pas grand'coutame de craindre, répondit le jeune homme un peu piqué ; mais je trouverais bien déplaisant d'avoir a faire feu sur ces pauvres loqueteux, et je suis élonné de l'humeur qu'ils vous ont causée, quand il était si facile de vous en débarrasser avec quelque menue monnaie.

— le ne donne Jamais à ces gens-là, dit Sdarra d'Al vimar d'un Ion sec et bref qui surprit le bienveillant Guillaume.

Celui-ci sentit que son compagnon avait ce qu'on appellerait aujourd'hui mal aux nerfs, et U s'abstint . de le blâmer. Seulement, il insista pour doubler le pas ; car la bande de bohémiens, marchant plus vite que les chevaux ne trottaient, les suivait et tes devançait, distribues en deux bandes qui bordaient tes deux côtes dn chemin.

Ces gène n'avaient pourtant pas l'air hostile, et il était difudle de deviner quelle était leur intention en escortant ainsi nos cavaliers.

lis se parlaient entre eux dans une langue ininteili-

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du buis-doré 31 giblo, ot lia paraissaient occupés ue de la femme qui marchait à leur tèle.

L'eafant que M. d'Alvimar avait voulu frapper de sou fouet aalonail h colé de M. d'Ara, comme s'il ai» compté sur sa protection, et paraissait prendro grand intérêt a celle course extraordinaire. Guillaume remarqua que ce petit garçon était moins sale et moins noir que les autres cl que ses traita agréables et délicats n'avaient aucun rapport de type avec celui des bohémiens.

S'il eût fall la inèmn attention à la femme que d'Atvimar avait offensée et menacée, il eût remarqué aus-i que, sans ressembler lo moins du monde à cet enfant, elle ne ressemblait pas davantage a ses autres compagnons de misère. Elle avait un air plus noble et plus doux. Elle n'était pas non plus de race européenne, bien qu'elle portât le costume montagnard des Pyrénées.

Ce qu'il y avait de surprenant, c'est que, tout en ayant très-bien compris le geste que Sciarra avait fait pour prendre son pistolet, malgré le naturel craintif des mendiants et bateleurs de celte espèce, elle marchait hardiment près de lui, n'essayant plu» de l'importuner, n'ayant point l'air de le menacer, mais- le regardant toujours avec une très- grande attention.

La chose parut véritablement insolente à d'Alvimar, et, pour bien peu, il eut écoulé les suggestions do son humeur fantasque et violente.

Guillaume y prit garde, et, craignant quelque fâcheuse affaire et d'être forcé de prendre parti pour le gentilhomme hautain contre la canaille inoffensive, il poussa son cheval entre Sciarra et la petite femme, fit signe a. celle-ci de s'arrêter, et lui parla ainsi, moitié riant, moitié sérieux:

— Vous plairait-il nous dire, reine des genêts el de»

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1% les bhsux uissmuaS

bruyères, si c'est [mur nous faire liante ou honneur que

vous nuus suive/ if» la sorte, et si umis devons prendra

en gré au un déplaisir ta cérémonie que voua noua

faites?

L'Égyptienne (car on traitait alors todiffërenuueotd't!.gyptiens ou do Bohémiens ces hordes errantes d'origine inconnue) secoua la tête et fit un signa ou jeune gara qui avait été ta pierre des mains do l'enfant.

Il s'approcha, et, d'un ton patelin, avec une mina in- Bnlontu, parlant français sans aucun accent :

— Meroidès, dit-il en désignant la femme silencieuse, n'entend pas la langue, do Vos Seigneuries. C'est moi qui parle pour ceux des nôtres qui ne savent pas s'expliquer.

— Ken, dit Guillaume, tu es l'orateur de la troupe; comment t'appelles-tit, toi, monsieur l'effronté?

— La Fltche, pour vous obéir. J'ai l'honneur d'être Dé Français, dans ta ville dont je porte lo nom.

L'honneur est pour ta France, assurément I Or donc, maître La Flèche, dis h tes camarades de nous laisser aller en paix. le voua ai donné aasM, pour un hommo en voyage, et ce ne serait pas me remercier comme il faut que de nous faire avaler votre poussière. Adieu, et laisses: -noua, ou, si vous avez quelque requête nouvelle à ma présenter, faites vite, nous sommes pressés.

La Flèche traduisit rapidement les paroles de Guillaume à celle qu'il appelait Mercédès, et qui semblait être l'objet d'une déférence particulière de u part et de celle des autres.

Elle lui répondit quelques nuits en espagnol, et La Flèche, s' adressant à d'Ars :

— Cette bonne fille, dit-il, demande humblement les noms de Vos Scipeuries, aûn de prier pour eU<».

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un nors-noai!

(ïnlIlouniD se mit h rire.

— Voilà, illl-ll, une requête plaisante. CoRM)01o,ani la Fieclie, b cette bonne flllo.dnpricr pour nous sans nous nommer. Le ban Dieu nous connaît bien, ut nous ne lui apprendrions rlon de nous qu'il no sache mieux quonons-

mAmes.

La Fiucho salua humblement de son bonnet crasseux, et nos voyageurs, poussant leurs montures, eurent bientôt laissé les bohémiens derrière eux.

— Ah ci! dit d'Alvimar h Guillaume en voyant poindre a riioTiwin bas et court les clochetons da la Motto- Scullly, vous no m'avei point dit on nous allions. Ce château est celui d'un autre de vos amis, u qui je ne serai sans doute pas importun t

— Ce château est celui d'uni; dame jeune et belle qui villa avec son pire, et tous deux vous recevront avec courtoisie. Tous deux vous retiendront jusqu'au soir, nonseulement pour ne pas ètru privés da la compagnie do M. de Bois-Doré, qu'ils estiment beaucoup, mais encore pour vous prouver que nous ne sommes point des sauvages, dans notre pauvre pays de campagne, et que nous savons exercer l'hospitalité a la vieille mode de France.

D'Alvimar répondit qu'il n'en doutait nullement, a sut dire a son compagnon des paroles obligeantes, car nul nomme n'était mieux appris; mais son esprit amer se tourna bien vite vers un autre objet.

— D'après tout ce que vous m'avet conté de ce Bois- Doré, mon futur hùle, c'est, dit-il, un vieux mannequin ilont les vassaux se gaussent à cœur-joie7

— Non pas! répondit M. d'Ara. Ces bohémiens ne m'ont pas laissé finir. Tallais vous dire que, lorsqu'il revint au pays wiriclii et emmarquisé, on fut étonné de

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2S LUS MAUX MMIIIM

voir qu'il étiilt aussi bravo qu'un lion, mnlarû non air Mulu, et que, s'il avait des façons comiques. Il avait nus» dus vertus chrétienne» dont on so pouvait trouver fuit bien.

— Faites-vous entrer lu tempérance et la chasteté dam la complu Je ces vortus chrétiennes )

— Pourquoi non, je von» prie?

— Pareo que cetto (souvornnnto n l'ardente crinière, que nous avons vue îi la porte do son domaine, m'a semblé un peu bien mte pour un lioinmo aussi mûr.

— Honni soit qui mal y pense I dit Guillaume on souriant. Jo ne jurerais pas que notre marquis ait été insonsiHe aux gentillesses de» filles d'honneur de la roine Catherine; mais il y a longtemps do cola I Je crois fort que vous pourriez en conter à la Bclllndu sans lui foire de tort ni de peine. Mais nous voici arrivés. Je n'ai pas besoin de vous dire que de tels propos ne sont pas de saison ici. Notre belle veuve, madame do Oeuvre, n'est point une prude; raais.a son âge et dans sa position...

No» cavaliers passaient sur le pont-levis, qui, en raison de la tranquillité du pays, était baissé tout te jour; la herse était leïea -

Ils entrèrent donc sans obstacle ni cérémonie dans la cour du manoir, où ils mirent pied à terre.

— Un instant! dit Sciarra d'Alvimar à Guillaume, au moment de se présenter; Je vous prie, à cause des valets, de ne point dira mon nom ici.

— Ni Ici ni ailleurs, répondit M. d'Ara. Vous n'avei guère d'accent étranger; il n'est donc pas même besoin, de vous dire Espagnol. Pour lequel de mes amis de Paris voulez-vous que je vous fasse passer?

— Je serais très-gêné de jouer un personnage différent dumien; j'aime mieux rester a peu près mot-même ,

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on loia-DOHÊ 2S et prendre seulement un des noms de ma famille. Je serai, 8l vous le voulez bien, un Vilbuwd, et j'aurai jjuur l-rdluxle u ma fuite rte Paris...

— Vous parluroi vous-même on confidence au marquis et arrangerez les cIiqsbs comme vous l'entendrai, le n'ai rie» autre h faire nue de lui dira combien mus mon omi, <|iw vousfuyoa quelque persécution, et que lu' ht |irio d'avoir soin de voua comme de moi-mume.

U chiteau da U Molte-Seuilly (c'est le nuin qui a provalu), encore debout et à peu près intact aujourd'hui, est un petit manoir composé d'une tour d'entrée hexagone toute féodale, d'un corps de logia tout nu percé, de fenêtres très-espacées, avec deux autres corps en retour, l'un desquels est flanqué d'un donjon. Dana le bâtiment de gaudie, les écuries voûtées à forte» nervures, les cuisines et logements des gena de suite ; dans celui de droite, ia chapelle à fenêtre ogivale, du temps de Louis XII, traverse au-dessus d'une courte galerie à air libre, que soutiennent deux piliera Irapus, entourés de nervures en rebef, comme de gros troncs étreints par des lianes.

Celle galerie conduit a la grande tour ou donjon, qui date, comme la tour d'entrée, du «if siècle. Elle contient dos chambres rondes très-sobrement mais très-joliment ornées de colonnes engagées avec des socles a griffes. L'escalier, qui tourne dans une petite tour accotée à. la grande, aboutit à une de ces antiques charpentes, sa-

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2(1 I.F3 ILH* UX MBSiaiBUIlR

vammont ot hardiment agencées, qui sont encore des oujeta d 'art.

Celle-ci parle, au centre do ses rayons, an ehevat tfe Buwou chevalet, instrument de toriuro dont l'application tut encore froidement réglée par une ordonnance do 1C70, Cette horrilde machina date do la construction do rédilice, car elle fait corps avec la charpente *.

C'est dans co manoir exigu, pauvre ot morne, que la belle Charlotte d'Albrat, femme du sinistre César Dorgia, passa quiiwn ans ot mourut, toute juuue oncoru, après une vio de douleur et de sainteté.

On sait que l'Infime cardinal, le Mtarddu pape, l'incestueux, le débauché, la sanguinaire, l'amant do sa sœur Lucrèce et l'assassin do son propre frère et rival, se débarrassa un jour dos dignités do l'rlgliso pour chercher femme et fortune en France.

Louis Xil voulait rompre son propre mariage avec Jeanne, la fille do Louis XI, pour épouser Anne de Bretagne. 11 lui fallait i'asson liment du pape. Il l'obtint moyennant qu'il donnerait le Valentinois et la main d'une princesse au bâtard, au cardinal condottiere.

Charlotte d'Albrat, belle, crudité ot pure, fut sacrifice; quelques mois après, délaissée et considérée comme

Elle acheta ce triste caste) et vint y élever sa fille ». Son unique plaisir au dehors était d'aller voir a Bourges, sa mystique compagne d'infortune, Jeanne de France, la

t. On en peut voir le dnsiln oiacl, ainsi 41» calot da cMUao, de Vil «t du Oobrf. do la lomt» do Chariolta d'AIbnt, dans In bel •ans* de «M. d* la Tremblais m da la Villcgilla : Ogiriun pUto-

*, Louise Berça, mariée pi un tari à Laai. d* la Tréaonllls, pola t PluUppo do Bonrhon-Buiiel.

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br Bois-nom! 37 reinn répudiée, tlnvenue la bonne duclicsse Uo Iterry ot la fonitatrieo do l'Annonciadc.

Mail ]eaimn inourul, ot Charlotte, alnrs flstte do vingtquatre nus, prit le douil.qu'dlti ne quitta plua, ot noaurtii |ilus lie ta Motte-Seuilly jusqu'à aa propre mort, qui iirrivii neuf ans après, en IfllA.

Sou Corps fut transporté a rtnurgns ot enseveli auprès do celui de Jeanne, pourttro, uii dtiini-siècio \Am tard, exhumé, profané et brnld par les calvinistes, ainsi que celui do l'autre pauvre sainte. Son creur reposa en pain un peu plus longtemps dans la chapelle rustique <le la Molic-Soullly, dans un joli monument quo lui lit élever sa fille.

Mais, de cotte triste destiniio, aucun vestige terrestre nu devait être respecté. En 1703, les paysans, reportant sur cette tombe la lutine qu'ils avaient pour leur seigneur, brisèrent le mausolée, dont les élégants débris gisent épnrs aujourd'hui sur le pavé. I.a statue de Charlotte est dressée contre le mur, rompue en trois morcoaus. L'église, abandonnée, s'affaisse sur elle-même. Le «sur da la victime était sans doute scellé dans quelque précieux coffret d'or ou d'argent : qu'est-il devenu î Vendu peutêtre à vil prix, peut-être bien seulement caché et enfoui par un retour do peur ou de dévotion, ce pauvre coeur S-t peut-être encore dans quelque chaumière de village, a l'insu du nouvel occupant, sous la pierre du foyer ou ao.ua l'épine de la haie.

Aujourd'hui, le castel, restauré, s'égaye un peu au soleil , que la disparition d'un grand pan de mur laies» entrer dans son préau sablé ; l'eau des anciens fossés, qu'alimente, je crois, une source voisine, coule en petilo rivière assez gracieuse dans le Jardin anglais, nouvel- Itijiteut dessiné.

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>fl LES BSSUlt USSSteUSS

L'if monstrueux, qui dn'e du temps de Charlotte d'Al-

soiitaire jettent comme un sourire mélancolique autour du

L'horizon est toujours maussade, le paysage navrant, la tour sinistre, et pourtant notre siècle artiste aime cas demeures sombres, ces vieux nids désolés, fortes constructions d'un p»sd dur nt amer que le peuple, ne sait plus, qu'il no comprenait déjà plus en 1793, puisqu'il brisait la tombe do l'humble Charlotte, et laissait debout le triompliant chevalet de la Motte-SeuMy.

Au temps où se pisse notre récit, ce manoir, fermé de toutes parts, était 'i la fois plus lugubre et plus confortable qu'aujourd'hui. On virait dans l'ombra froide de ces pellies forteresses : donc, on savait s'arranger pour y vivre.

Les grandes cheminées, toutes revêtues de fonte dans l'intérieur do l'ilre, envoyaient une vive chaleur dans les vastes appartements. Les tentures étaient déjà remplacées, sur les murs, par des papiers feutres d'une épaisseur et d'une beauté remarquables; au lieu de nos jolis rideaux de perse qui frissonnent aux vents coulis des fenêtres, on avait les plis pesants des damas, ou, dans les habitations plus modestes, des étoffes de bourre de soie qui duraient cinquante ans. Sur les carreaux de ères des corridors et des salles, on étendait dos tapis de nouvelle fabrique qui étaient mélangés de [aine de coton, fie lin et de chanvre.

On faisait du très-beaux parquets marquetés, et, dans nos provinces du Centre, on mangeait dans la

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i»r ao(»-oo«È 19 liinnt ces bizarres gobelets de verra du couleur qui ne servaient qu'aux jours d'apparat, et qui représentait-ut dus monuments, des plantas, des navires ou des aniinPUK fantastiques.

liane, malgré la médiocro apparence du corna de ktgii réservé aux appartements de maîtres (car déjà les seigneurs n'habitaient plus le fuite de leurs vieux donjons féodaux), M. d'Alvimar trouva un intérieur arable, propre et d'une certaine élégance, qui sentait, sinon la richesse, du moins une aisance véritable,

U Molte-Seuilly était passée, par le mariage de Louis jlorgia, dans la maison de la Trémouillo, h laquelle H. de Rouvre appartenait par sa mère.

Cotait un rade et brave gentilhomme, qui ne se (pV nait point pour dire ses opinions et ses croyances. Sa fille unique, Lauriane 1 , avait épousé a dôme ans, sou cousin llélyon de Oeuvre, ûgé de seiie ans.

On avait tenu ces deux enfants éloignes l'un de l'autre, avec d'autant plus de facilité que la province ressentait un centre-coup d'agitation a laquelle MM. do Dcuvre ne croyaient pouvoir se dispenser de prendre part. Ils quittèrent la Hotte le jour même du mariage, pour aller au secours de la duchesse de Nevers, qui s'était déclarée pour le prince de Condé, et qu'assiégeait, dans sa benne ville, M. de Momigny (François de la Grange).

En essayant de pénétrer hardiment dans Nevers, sous les yeux des catholiques, le jeune Hélyon avait été tué. Au retour de celte campagne, M, do Beuvre eut donc U douleur d'annoncer à sa fille chérie que, de vierge, ella passait sans transition à l'étal de veuve.

Lauriane pleura beaucoup son jeune cousin. Hais

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