I. Sainl Uuu Ml io du utnis lu. fini «léi do r*mi« Bcttj
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30 LR* «MU* UESSIRBR*
peuUn pleurer sans t elfcche a douze ans ï Son père lut donna, d'ailleurs, wna si biiBepoupûol una poupée qui avait un corps de jupe tout on drap d'argent, et du* soulier» en velours rouge découpés an queue d'ecrevisso! Et puis, quand elle eut quatorze mis, il lu) amena do lloiirpes un si Joli petit clioval brandla qui provenait des haras do M. le prince) et puis enfin, Lauriane, i|ui n'était, lors do sou mariage, qu'uno mince et pale filleue, devint, ïi quinze ans, uno petite blonde si fraîche, ai éléganlo, si almablu, c|n"U n'y avait pas grand danger qu'elle restai vouva.
Mai» elle était si tranquille avec son père et si oowplotomeiU maîtresse dans le petit château qui) lui avait constitue en dot, qu'elle ne ae sentait nullement pressée de convoler en secondes noces. No s'appelait-ello pas madame T Et une des grandes raisons qui décident les filles au mariage, n'est-elle pas le désir enfantin d'être appelées ainsi! Et les cadeaux, les fêtes, ta parure de noces î
Lauriane disait naïvement :
— J'ai eu dcjîi tous les plaisirs et toutes les peines du mariage.
Cependant, quoiqu'il aùf une assez bette fortune gouvernée par lui avec prudence, et que sa vie retirée lui permettait désormais d'arrondir, M. de Beuvre ne trouvait pas aisément a nouer pour sa Dlle de nouveaux projets de mariage.
U avait embrassé le parti de la Réforme au moment où la Réforme, épuisée d'hommes et d'argent, n'avail plus, dans nos provinces, qu'à se tenir ooite et 4 se fairt tolérer.
Autour de lui, tout était catholique on faisait semblant de l'être; car, en Lorry, le calvinisme n'eut qu'un
H BOIS-DORË ïl
de puissance, et une vrai place forte. Mais
t'unit rtr-jii loin, ot Saneerro, ta /He/twwfl monlagne, avilit dosormais ses murailles rua'o jnsi/iiVin ItfBMR ifii sol.
1» caructÈro berrichon n'est ni porstieuteur ni fanatique, et, après un moment de surprise et d'excitation, où les passions de dehors avaient enivré le peuple et la bourgeoisie, on était retombé soits l'empire dû la peur des grands, qui est le fond de la politique constante do cette province.
Les grands, de leur enté, avaient, suivant leur coutunin invariable, vendu leur soumission. Coudé élait devenu zélé catholique; M. de Itcuvrc, qui avait d'abord servi le père et ensuite perdu son propre (tendre nu service de la cause du fils, était, comme tic raison, tout ii (ait dans sa disgrâce et ne se montrait plus à Bourges. Des jésuites lui avaient été envoyés par le prince, à l'effet de l'engager a abjurer solennel letncnL
De Meuvre n'était pas exalté en lait de réligion. Il avait cétlé à des passions politiques en embrassant la foi de Luther, et il sentait bien qu'il s'était trompé quant à sa fortune. Il s' y était pris trop tard pour qu'on eût besoin de l'acheter désormais. On se contentait de chercher a l'intimider, et on lui avait adroitement fait entendre qui) ne pourrait pas marier sa fille dans Je pays, s'il persistait dans l'hérésie. Après avoir fiere.nent relevé la tete devant les menaces, il s'était senti euranld
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n Ul uubx niiimi
devant h craints du célibat de Uuriiwo et de son patrimoine tombant en quenouille.
Mais Lauriano l'avait empêche de céder. Èlmée par lui a asm tièdement dons la religion protoutante, elle y était médiocrerae'it instruite, et mêlait volontiers, daim son cœur, les pratiques et les prières des dora cultes.
Klle ne courait pas au prêche par les longs mauvais chemina d'issoudun ou de Llnières, et, quand elle passait près d'une église catholique, elle ne bondissait pas d'indignation au son do la cloche. Mais elle montrait parfois, a travers sa douceur souriante et enfantine, les germes d'une grande fierté ; et quand elle vit son père souffrir à 1-bumiliaoie idée de l'abjuration publique, elle vint li son secours avec une énergie surprenante, disant aux jésuites de Bourges :
— Vous n'avez que faire de me vouloir convertir en vue d'un beau mari catholique; car j'ai juré en mon cœur d'être plus volontiers a un vilain mari de ma
11 y avait peu de semaines que cette visite avait eu lieu a la Motte-Seuilly, lorsque arriva celle de M.Sdarra d'Alvimar, présenté par Guillaume d'Ars.
Ils forent reçus par le père et la fille, H. de Bois- Doré étant allé courre un lièvre avec le garde de H. de
Ce bit une nouvelle contrariété pour Guillaume, qui
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de aoiu-pORC 33 so voyait «tardé d'heure eu heure, et qui commençait à désespérer d'aller a Bourges ce jour-la,
neiarra d'Alvimar se présenta avec grâce, et des Ion premier» mets do sa conversation, do Heuvre, qui s'y emmaissait, non pour avoir beaucoup vu l'aria, mais pour avoir hanté les petites cours de province, où l'on (Huit tout aussi grand seigneur qu'à celle du roi, reconnut qu'il avait affaire a un homme du meilleur
Quant à d'Alvimar, frappé de la gràca et de la jeunesse de Uuriane, i'. !a prenait pour une fille puînée do H. de Beuvre, et il attendait toujours d'Être présenté a la veuve dont M. d'Ara lui avait parlé.
Ce ne fui qu'au bout d'un quart d'heure qu'il comprit que cette belle enfant était la maîtresse de la maison.
On dînait alors a dix heures du matin, et Guillaume, ayant couru dans la prairie à la recherche du marquis, revint prendre congé.
— Le marquis est prévenu, dit-il à Sciarra; il arrive; il m'a juré d'être votre note et votre ami jusqu'à mon retour. Donc, je vous laisse en bonne compagnie, et je vais faire de mon mieux pour regagner le temps perdu.
On voulut en vain le retenir à dîner. Il partit après avoir baisé la main de la belle Lauriane, serré celles de son bon voisin M. de Beuvre et embrassé d'Alvimar, en lui jurant de venir, avant la fin de la semaine, le reprendre à B riantes pour le conduire en son château d'Ara et l'y garder le plus longtemps possible.
— Or donc, dit M. de Beuvre à d'Alvimar, offre* votre tnain à la châtelaine, et mettons-nous a table. Ne soyez pas étonné si nous n'attendons point notre ami Bois- Doré. 11 a coutume, quand il a chassé seulement un quart
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SI lltl BEAUJt MtiSSIKUaS
d'Iteure, de Etire une toiletta d'une heure, el, pour rien m monde, il ne voudrait ko présenter devant uno dama, — même devant colle-ci, qui est îi ses yeux comme ■a fille, car il l'a vu naître, — sans H'etre lave, parfume', rhabille de la tete au* pieds. C'est son plaisir, et il n'y a pas cranu mal. Nous ne nous gênons point avec lui, et nous le gênerions en retardant noire repas pour l'at-
— N'aurais-jo pas dfi, dit d'Alvimar quand on l'eut EUt asseoir an Imul bout de la table, aller présenter mes rcspn.Us ii M. di! Ilois-iioré, dans sa chambre, avant de me mettre a dîner f
— Non ! dit Lauriane en rinnt, vous l'eussiez bien cliagriné en ic surprenant ù sa toilette. No nous demandez pas pourquoi ; vous le comprendrai de vous-même sitôt que vous l'aurex vu.
— Et, d'ailleurs, ajouta M. de fleuvre, vous ne luidovea de prévenances qu'a cause de votre jeune âge; car en qualité d'holc fiiludaire, c'est lui qui vous doit toutes les avances. Or, je me charge de vous présenter a lui, M. d'Ars m'ayant confié ce soin-la.
En parlant du jeune âge de d'Alvimar, M. de Bcuvre partageait l'erreur qu'il faisait naître à première vue.
Quoiqu'il fût alora près de la quarantaine, il paraissait ètreau-dessous de la trentaine, et peut-être M. de Beuvre comparait-il intérieurement le beau visage de son hûte temporaire avec celui de sa chère Lauriane. Sa préoc- :upation constante était de lui trouver, en deliors du ( iays, im mari qui n'exigerait pas l'abjuration solennelle.
11 ignorait, le bon gentilhomme, que les Jésuites régnaient déjà partout, et que le Berry était encore une des provinces les moins travaillées par leur propagande.
11 ignorait aussi que d'Alvimar fût, dans son âme,
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r . il i'-i.i ut r*t uu'illO [Mai riiiVinit, oiinnic la plupart l.s
ji'iines gi'iis du monde, il n'av.iii s sulové, ni m h' présentant au maître il» logis, ni en In rwirnuiaiUnn à H. de Bo^-Dort, lu i[uoition religieuse, îi laqueUc cou jii'raonne» n'attachaient, pas plus que lui, une imjv.rtanee dominante dans leurs relations. Mais il avall ilit à l'iwart, et ezi doux mots, a M. «le Reiivre, que SI. de Villareal (Lo nom convenu d'Alvim.ir) était de bonno famille, le fait Était cerlain, et en belle passa de faire fortune, Guillmme lo croyait, M. d'Alviniar caukuit sa pwrelé dite tout l'orgueil dont un lisirayrwl est capable sur ce point-lâ.
Le premier service fut distribue 1 avec toute la lenteur dos valets berrichons, et dégusté avec la méthodique lenteur des sens bien appris qui ne veulent point passer peur des gloutons.
Celle patiento déglutition, ces longues pauses entre cliaque bouchée, ces récits do l'amphitryon entre chaque plat, sont encore articles de savoir-vivre, chez les vieillards, en Berry. Les paysans de nos jours renchérissent sur ce principe de bonne éducation , ot quand on mange avec eux, on peut être bien sût do rester trois heures durant assis à table, ne fût-ce que devant un morceau de fromage et une bouteille de piquette.
D'Alvimar, dont l'esprit actif et inquiet ne pouvait s'endormir dans les jouissances de la réfection, profita de la majestueuse mastication de M. de Deuvro pour causer avec sa fille, laquelle mangeait vite et peu, «'occupant de son pore et de son hâte plus que d'elle-
3fi LES BEAUX UESSlKtlBB
Il tut surpris do trouver tant d'esprit chez une fille 1)0 campagne, qui, sauf une ou deux courses a Bourses et a Novors, notait jamais sortie dos terres de sou domaine,
Lauriane n'était pas très-cultivée, et pout-otra n'efitelle pas écrit une longue lettre sans y taira quelque faute de français; mais elle parlait bien, et, à force d'entendre parler son père et ses voisins sur tes affaires du temps, elle connaissait et jugeait bien l'histoire , depuis le rogne de Louis XII et las premières guerres da religion.
Pourtant, comme elle se faisait la gloire de descendra de Charlotte d'Albret, et que ce souvenir était vénérable et vénéré par elle, elle n'eut point occasion de laisser voir h d'Alvimar qu'elle était hérétique, et, d'ailleurs, la civilité de ca temps-là voulait qu'on ne s'expliquât jamais inutilement sur ses propres croyances, même entre gens de la même communion, car les nuances étaient nombreuses et la controverse était partout.
En outre de ce tact délicat et ce grand bon sens qu'elle possédait, elle avait dans l'esprit un tour de franchise et de malice, amalgame tout herrfchon.qui fait de l'alliance de deux contraires une manière de voir et de dire assez Originale.
Elle était du pays où l'on dit la vérité en riant, et où chacun sait qu'il est compris sans avoir besoin de se 'àcber.
D'Alvimar , qui était plus despote que goguenard et plus vindicatif que sincère, se sentit un peu intimidé devant cette jeune fllle, et cela, sans trop pouvoir se rendre compte du pourquoi.
Il lui semblait parfois qu'elle devinât son caractère, sa fie ou sa récente aventure, et qu'elle eut l'air de lui dire :
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ME aois-oonê 37 t Après tout, noua n'en sommes pus moins do bonnes gens, prêts à vous obliger. »
Boita, il (Vit question de servir le rit, ot, au milieu d'un grand bruit de portes et da cliquetis d'assiettes. M. de Bois-Doré parut, précédé d'un petit serviteur richement équipé, qu'il traitait tout bas de pago, comme pour justifier ce vers, qui n'avait pas encore accusé le ridicule de ses pareils :
Tu ut marquis «ni nrolr Ja9 pa[0»,
et contrairement aux ordonnanças, qui ne permettaient plus les pages qu'aux princes et grands seigneurs du haut vol.
Malgré sa mélancolie habituelle et son malaise présent, d'Alvimar eut peine à s'empiklior de rire a l'apparition de son hôte fiduciaire.
M. Sylvain de Bois-Doré avait été un des beaux hommes de son temps. Grand, bien fait, noir de cheveui avec la peau blanche, des yeux magnifiques, de beaux traits, robuste et léger de son corps, il avait plu a beaucoup de dames, mais sans inspirer jamais de passion durable ou violente. C'était la faute de sa propre légèreté et de l'économie qu'il faisait de ses propres émotion.
Une bonté sans limites, une loyauté très-grande eu égard à son temps et « son milieu, une prodigalité pripcière dans les chances fortuites de la richesse, une parfaite philosophie aux heures de la débine (c'était son mot), toutes les qualités aimables et faciles des aveniuriers champions du Béarnais, ne suffisaient pas pour faire un héros passionné, comme on les a r mait du temps de sa
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in» ma ix MEsaiEonï
C'était mie époque oxaltu'u et sanjjuinairfl oft lu galanleria avait besoin d'un peu de fc-tuciiû pour s'élever il l'attachement rt>iH!«ies<iue, et Bols-Doré, hors du combat, où il so portait vaillamment, était d'u.ie mansuétude révoltante, II n'avait assassiné aucun mari, aucun frère; il n'avait égorgé aucun lival dans las liras de ses nuHruubainfl'Iuhn ; Jnvotto ou Nanctto le consolaient aisément des trahisons do Diane ou du Manche, [t passait donc alors, malgré son goût pour les romans de pastorale et de chevalerie, pour un petit esprit et un coeur tiède.
11 avait pris d'autant mieux sou parti d'otro joué et berné par les dames, qu'il ne s'en était jamais aperçu. Il so savait beau, liliérui et bravo ; ses aventures étaient courtes mais nombreuses; son imir avait besoin do plus d'amitié que d'emportement, et, par sa discrétion ot sa douceur do mœurs, il avait mérité de rester l'ami do tout le monde. H s'était donc trouve: heureux sans sa tracasser pour Être adoré, et, franchement, il avait aimé un peu toutes les belles sans on adorer aucune.
On l'eût bien accusé d'égoïsme si le reproche eut été facile à concilier avec celui qu'on lui faisait d'être trop bon et trop humain. Il était bien un pou la caricature du bon Henri, que plusieurs traitaient d'ingrat et do traître, et que tous aimaient quand mémo, après l'avoir fréquenté.
Mais le temps avait marché, et c'était encore là une chose dont messire de Bois-Doré n'avait pas daigné s'apercevoir. Son corps souple s'était durci et raidi, sa belle jambe s'était séchée, son noble front s'était dégarni, son grand œil s'était entouré de rides comme le soleil de rayons, et, do toute sa jeunesse envolée, il n'avait conservé que des dents, un peu longues, mais encore blan-
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DR «nis-annS S£ bien ivmKi'1'i, aiva ilalledait di»<assei
Uuu.1 .ions disons que M. de uuis-IUu ne rïM pu a[wr.;n des outrages du temps, cVtt iwa façon d'exprimer lo uontei item ont qu'il avait eueoro do Liii-uiemi( ; C;ir il est certain qu'il se vit vieillir et qu'il en niba liait IV1M dos nus aveu une vaillante uhstitialinn. .lu croi* qm: ht plus lîramle énorme dmit il se siiiiiit capable fut employée h cette balai Ho.
Lorsqu'il vil ses cheveux blanchir et s'en aller, il tit exprès le voyage do Paris pour su commander mie perruque chez le meilleur faiseur. Déjà la iierruquerio devenait un art ; mais les clieruheuis de détails nous eut iiiijjii- L]Ui', piiui" avoir ibis i"Ù!s ilo lo!:: en S'.iiu blanchi! avec chuveux implantés un par un, il fallait dépenser
M. do Huis-Dan! no s'arrêta pas devant colle hajiatelle, lui qui était riclie rtésorniai:; et qui niellai! fort Lien duu/u à (minzeeenfe francs du :n>tre monuaio à un babilietnent do demi-toilette, ciuq il six mille à un babil de gala. 11 courut essayer dos perruques : d'abord il s'éprit d'une bloude crinière qui lui allait merveilleusement bien au dire du perruquier.
bois-Doré, qui ne s'é lait jamais vu blond, commençait à le croire, lorsqu'il en essaya une châtain qui, toujours au dire du vendeur, lui allait tout aussi bien. Les deux ùiaient du même prix ; mais Bois-Doré en essaya une troisième qui coulait dix écus de plus et qui jeta le marchand dans l'enthousiasme : celle-là était véritablement la seule qui fit ressortir tes avantages de M. le
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£0 LES kRAUX MEIIISO**
Bois-Doré sa souvint du temps où los daines disaient qu'il était rare da voir une chevelure aussi noire que la sienne avec une peau aussi blanche,
— Ce perruquier doit avoir raison, penua-t-il.
Et, pourtant, Il s'étonna quelques instants devant la glace, do voir que cette crinière sombre lui donnait l'air dur et violent.
— C'est surprenant, sa dit-il, comme œla nie change! Copendant, c'est ma couleur naturelle. J'avais, dans ma Jeunesse, l'air aussi doux que je l'ai encore. Mes épais cheveux noirs no me donnaient pas cette mine de mau-
II ne Ud vint pas k l'idéa que tout est en parfaite harmonie dans les opérations de la nature, soit qu'elle nous fasse, soit qu'elle nous délasse, et qu'avec ses cheveux gris il avait la mine qu'il devait avoir.
Mais le perruquier lui répéta tant de fois qu'il ne paraissait plus que Venta ans avec cette belle perruque , qu'il la lui acheta et lui en commanda sur-le-champ une seconde, par économie, disait-il, afin de ménager lapre-
Néamnoins, il se ravisa le lendemain. Il se trouvait plus vieux qu'auparavant avec cetto téte de jeune homme, et c'était l'avis de tous ceux qu'il avait consultés.
Le perruquier lui expliqua qu'il fallait mettre d'accord les cheveux, les sourcils et la barbe, et il lui vendit la teinture. Hais alors Bois-Doré se trouva si blême au milieu de ces taches d'encre, qu'il fallut encore lui expliquer que le fard était nécessaire.
— Il parait, dit-il, que quand on commence a user d'artifice, il n'est plus possible de s'arrêter!
— C'est la coutume, répondit le rajeunissetir ; choisissez d'être ou de paraître.
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OS nOIS-DOElfl M
— Mais Je suis donc vieux ?
— Non, puisque vous pouvez encore paraître jeune moyennant mes recettes.
Depuis i-e Jour, Dois-Doi'ô porta porruque; sourcils, Moustaches et barbe peints et cirés; badigeon sur le museau, rouge suc les joues, poudres odorantes dans loin tes plis do ses rides ; en outre, essences cl sachets do senteur sur toute sa personne : si bien fl.uo, quand il ■orbtt de sa chambre, on le sentait jusque dans ta bassecar, et que, s'il passait seulement devant le chenil, tous ses c liions courants été muaient et grimaçaient pendant une heure.
Quand il eut bien réussi a faire, d'un beau vieillard qu'il était, une vieille marionnette burlesque, il s'avisa encore de gâter son port, qui avait la dignité' de sonâge, eu faisant barder de doubles lames d'acier ses pourpoints ei ses haui*de-cliaussea, et en se tenant si droit, que, chaque soir, il se mettait au lit avec une courbature.
Il en serait mort, si, heureusement pour lui, la mode n'eût changé.
Les rigides pourpoints serrés de Henri IV s'élargirent en casaque légère sur la poitrine des jeunes favoris de Louis XIII. Les braies en cerceau firent place à la culotte large et flottante, obéissant a toutes les inflexions du corps,
Bois-Doré eut quelque peine à admettre ces innovations, et a se séparer de ses inflexibles fraises godroniiées, pour se mettre un peu plus h l'aise dans les rotondes légères. Il regretta fort les passements ; mais, peu à peu, tes rubans et les dentelles le séduisirent, et, après un court voyage qu'il fit à Paris, on le vit revenir babillé à ta mode des jeunes gens du bel air, et affecter leur désinvolture nonchalante et brisée, s'étendait sur les bu-
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