‹ Les beaux messieurs de BoisDoré. 1Chapitre 20 sur 25 · PB BOIS-DORÉ · texte numérisé non relu

PB BOIS-DORÉ

ces égyptiens, vous leur demandâtes quand et comment il avait périî

— Oui; je demandais ce que je savais bien, ïouIliiiI éprouver leur science, et, véritablement, ca démon de petite fille aie répandit si fidèlement, que j'eus Heu d'en être étonné. N'avez-vain [ ointreinaïquii, messira, qu'elle me donna un cak-nl qui Harait IVnéutîMieiit ou dixiî'ino jour de niai de l'année IGluï

— Je n'ai point suivi ce calcul, Esl-i.u et' jour-là, en effet, que votre frère fut tuéî

— C'est ce jour-lh. Je vois que vous en êtes Ion surpris î

— Surpris, inoiï... Pourquoi io serais-jc7 J'imaginr que les devins ne révèlent du passé que eu qu'ils en connaissent. Mais dites-moi, Je vuus prie, comment arriva celle tristo affaire. Vous n'en connûtes doue jamais les auteurs 7

— Vous aviez raison de dire les auteurs, cur ils étaient deux... deux que je voudrais bien découvrir, Mais vuus ne m'y aiderez point, je le vois, puisque cette umic accusatrice n'a aucun signe particulier.

— La chose n'eut donc point de témoins 7

— Pardonnez-moi, elle en eut.

— Qui ne purent vous renseigner sur les personnes?

— Elles purent les décrire, et non les nommer. S cette douloureuse histoire vous intéresse, je peux vous la rapporter dans tous ses détails.

— Certes, je prends intérêt à vos peines, et je vous écoute.

— Eh bien, dit le marquis eu repoussant l'échiquier et on rapprochant sa chaise de la table, je vais vous dire tout ce que j'ai recueilli d'une enquête qui me fut communiquée par le curé d'Urdoz.

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23Ï US BRAUX MSSBIKURB

— Urdo*î...où prenez-vous Urdtwï Je do ma sonriens point.,.

— C'est un liou où vous dovoï avtnr passe, et voua ovoi voyagé sur la l onta de Pau î

— Non, je vins en France par celte de Toulouse.

— Alors, vous ne le connaisses point. Je vous le décrirai tout a l'heure. Sache* d'abord que rhon frère, étant simple gentilhomme et médiocrement riche, mais d'honnête famiifo, de noble figure, d'aimable humour et galant liommo s'il en fut, plut, en une ville d'Espagne que je no sais point, a une dame on demoiselle de qualité, dont il devint l'époux par mariage secret, contLaireDient au gré de In famille.

— Qui s'appelait...?

— Je l'ignore. Tout ceci était affaire de cœur dont je ne reçus joint la confidence entière et que je ne pus découvrir par la suite. J'ai su seulement qu'il enleva son amie, et que tous deux, déguisés en pauvre» gena, gagnèrent 1* France, où Us entrèrent par ce chemin d'Urdoz.

La dame étant près de son terme, ils voyageaient dans une petite voiture de pauvre apparence, une manière de chariot de colporteur, traînée par un seul cheval acheté en route, et qui n'allait guère vite au gré de leur impatience.

Pourtant ils parvinrent sans encombre jusqu'à la dernière étape espagnole, où, après avoir passé la nuit en une méchante auberge, mon frère eut fimprudence de vouloir changer de l'or d'Espagne contre de l'or de France, et de demander a une manière de gentilhomme oui se trouvait là avec un vieux valet, et qui lui faisait offre de ses services, s'il lui eu pourrait procurer pour uûiniuierdepisloles.

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pk Boia-DOne (33 Ce personnngo no put lui offrir qu'une petite somme, cl, lorsque mon frère remonta en sa voilure avec su compagne emmanlelée ei voilée, on remarqua, dans l'auberge, que les doux inconnua lui liront politesse en rogardant fort le» deux coffres qu'il chargeait lui-même, l'un contenant ses espèces, et l'autre les bijoux de *a femme, et qu'ils partirent ensuite, se dirigeant sur *>s traces, bleu qu'ils eussent annoncé le dessein du se vouloir rendre d'un coté opposé. Ces mêmes coquins furent signalés de fi» «m a ne pas laisser de doutes lorsque description fut faite des assasins de mon frère.

— Ah 1 dit d'Alvimar, on vous les a décrits !

— Parfaitement. L'un avait la physionomie belle et tellement jeune, qu'il semblait adolescent, il était de taille médiocre, mais bien prise. Il avait la main blanche et menue comme celle d'une femme, la barbe naissante fort noire, la chevelure soyeuse, un grand air do noblesse, un costume de voyageasse: riche, peu ou point de rechange, car sa valise ne pesait rien; un bon cheval andalous, et cet Infime couteau dont il se servait pour manger et pour égorger. L'autre...

— Peu importe, messire. Voire frère... î

— Je vous dois dépeindre l'autre malandrin, tel qu'il me fut dépeint. C'était un homme d'âge, qui avait du moine et du spadassin. Un long nez tombant sur une moustache grise, l'œil vague, la main calleuse, l'humeur taciturne ; une véritable brûla d'Espagne...

— Platt-ii, messlra/

— Uns brute comme il y en a en tons pays oh l'on croit se re théier de l'enfer avec des patenôtres. Ces bandits suivirent mon pauvre frère comma deux loups féroces et couards suivent une proie qu'ils n'osent atta-

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-au dooe, reprit oolul-oi , onri-on une «et»

„p,i, h Marge* Oppolee Urdo«, que »»«™ »

trouve ««I oveo a km* m i» mor de rocl.ere, lo loru d'en prooipico tort profond. I.o cM-nin eerpetueit en une montée .1 redo, que io cl.e.ol rrnonç» " i » 2m, "t mon Mre, cr>i»o.»t qu'il no reaU taie ™ , ..ut» p.r >«'• •* '»""»' " m " m " *""• S*» brL Il «.ta» on gr.od el.oud. ot l»n, nîelle no omiOrlt p*t do .oleil, il loi otootr. devant S£ d. ..pi.., on ollo » «dit M

pendant qu'il l"'**»'' souffler le cheval.

- Cette dame vit donc tuer son mari!

- Nom elle se trouvait avoir tourné va petit massif de la montagne lorsque l'événement arriva Dieu voulut sauver l'enfant qu'elle portait; car, si les assassins l'eussent vue, Us ne lui eussent point fait de grâce.

- Qui donc put savoir comment votre frÈre périt .

- Une autre femme que le hasard avait amenée là «ut près, derrière un quartier de roche, et qm »«l

m: «ois-non* SSà pas le temps d'npjii'Ier « l'ui.lo, tant l'hwrulu meurtro fut vite expédié. Mini friiiii sVïfr.r.;:ul du feiru avaiuvr |o ehoval, lorarma les itssasshs r<iLli^idr.-nl. U» t>|n* jcuuo mil pied ii terre, lui (Usant avec une hypocrite eourlohie :

» — Khi moi) pauvre homme, votre Uitoosl liiiniiiio. Ho vous faut-il point de l'aidut »

Le vieux drùlii qui 1» suivait dusrimdit aussi, it, coin inu s'ils tussi>nl v ou lu jim i - ki- r ticutnui h u l h la rw, tons <lcux M» rapiiriH-hèrenl du uii.n lïiiv, qui nu su m«« ilail point, (il, ait mémo iuaUul, lu téiituiu «jua !o ciel avait mis la !e vit IràbueliiT et tomber de ho» long entr.i les roues, sans qu'un seul cri pilt faim croira qu'il ont nié frapptS. Ca poignard lui avait été plaiHé dans lu cieur jusqu'au manche, par une main qui on coiintiissuit troji bien fexoraiue.

— Alors, vuns no «ive» point qui, du nwhra ou do valet, porta lo coup? Vous dit* quo io maitr.: (Hait fort jeun-; il n'est point a croira quo ce fût lui.

— Peu m'importe, inossiro. Je lus tiens puur au*si vils l'un quu l'autre; car le guittilhotuuui sa conduisit entièrement comme le laquais. 11 s'élan<;a dans la voilure sans se donner le temps reprendra non arme, pressé «t enragé qu'il était de voler les deux coffrets. 11 les jeia a son camarade, qui les mit sous son manteau, el tous doux prirent la fuite, retournant sur leurs yas, aiguillonnés, non point par le remords ou la. honte, sentiments humains qu'ils n'étaient point capables de ressentir, mais par la peur du fouet et de la roue, qui sont la récompense et la fin de telles engeances l

— Vous en avez menti, monsieur I s'écria, en se levant, d'Alvimar hors de lui et pile de rage. Le fouet et

8M M!S BKftUX MKSSHfUB»

la t.m.„ Vous iiii-titoK |>ar 1» t'omet ot voua nie wwlroit

11 M«mba sur s« chaise, stilfo'Uié et comme éMHUjlé ûe lavcu que lui arradiait enlln la colftro.

Lu marquis fut annma foudroyé aussi de celle sortie, n tuinieJfa il ixt s'attendait pas, tant, ju*|ue-K- h) cou- [Kililu avait faiL bonne cooionauce ut donné un air naturel à sas fréquiiiiloa interruptions.

Il sa rouiit le tmafar, comme on peut croire, ot, froissant Je as longue moi" nerveuse tu pois™* convulsif du d'Alviiuer :

— Malheureux) lui dit-il avœ un mépris accablant, vous deve* remercier le ciel qui voub a fait mon hôte ; i*;ir, si je n'eusse donna ma parole de vous protéger, parole qui vous préserve de moi-même, je vous Urinerais contre le mur de celte chambre.

Ladite, cnUnint une lutte, avait saisi le couteau renié sur ta tabte.

D'Alviowr vil n- mouvement et eut peur. Il se dégagea des moins du marquis et saisit la garde de son épéo.

— Tenez-vous donc tranquille, et ne craignes rien ici, lui dit Bois-Doré avec calme. Nous ne sommes point des assassins, nous autres 1

— Ni moi non plus, monsieur, répondit d'Alvimar, qui sembla vaincu par cette dignité de procédés, et, puisque vous ne voulet point déroger aux lois de l'honneur, Je ferai l'effort de me justifier.

— Vous justifier, vous î Allons donc ! vous êtes coa-

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kr mMa-nna* 237 vaincu et condamne" par lu déninnli que vmis m'aw. donné, 'a prouve que jo 1q méprise !

— Gurta vus roépri* pour cou\ .mi suppurant l'on- ; traya on allouai. Si Jo l'eusse lait, v.nis nu nu: soiqit;<muoriei! pu*! J'ai réponse l'injure. Jularopoussuoiicuni!

— Ali t von» prétende* nier, à présent ?

— Non pas I J'ai ocels votre frire... ou tuut autre, lignera lo nom do l'iiumma que j'ai tué,., un laissé t ht t Mais que savoa-voiia dis roisonsqui m'ont cumin il à en uieurlruï tjuu suwtt-wiiiasi je iiVxurnai» |ws une

vengeance légitime T (Jua sovox-vuks si cette frmiii

,iontvuiis ignore* le tiout, u'é'tiit \ m nia su.ur, cl ai, oh vengeant l'iKnmmir do ma faimllu, Je no reprenais |u>im, cotante son propre bien, foret lus U{nux omjnrtlta par un séducteur!

— Taisez-vous, monsieur 1 n'insultez pas la mémoire du mon frire.

— Vous-mÔmo avez confessé qu'il n'était pas riclm : oit eût-il prismillepistolospuur fui niliiBiavue eue femme T

Bois-Doré fut ébranlé. Sou frère, a cause du ki dilléicnco de leurs opinions, n'avait jamais voulu accepter de lui la moindre part d'une fortuno qu'il couii.l< irait avec raison comme provenant do la dépouille do sou propre parti.

Il fut obligé de se rabattre sur cette allégation que la femrau de son frère avait eu le droit d'empoiler ce oui était a elle. Hais d'Alvimar répondit que la famille avait aussi le droit de le considérer comme sien. 11 repoussait donc avec énergie l'accusation de vol.

— Vous n'en êtes pas moins un traître, lui dit le marquis, pour avoir lâchement poignardé un gentilhomme au lieu de lui demander raison.

— Prenez-vous-en au déguisement de voire Itère,

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3SM 1RS nEAHX NRMIjtVM

répundii d'AlvImar met bu. Itfta-vaua que, lo voyant wws lu* habit* d'un vilain, j'ai pu émir» que Je I" p"U. M<a Wfu <uw comme un vilain par rmai dmuu*tir|u.i,

— Uni; nu lu falsio/-vous arrêter tlatia ««« auliwge, d'i viiusiiWoa reeomiiiJire voira somr, au lion <in lu suivi» pour lu saisir ilam un Huot-aim*'

— A|ipiir«iiiui>'i», répondit d'Alvimar, toujours foc et animé, que in nu vtiutm point foire rt'eaelundro ot ton» («■oiiiftlvii ma ilevjiilune popiilneo.

lît tiimuiiuiil, »u fou de "l iri '' s l lllllr 1,1 ri, <" a ' lier a su famille, la tii.^lliw-ïuiiï sur eu eh< min, un elle o=t morte dans les douleurs, une heur» après, sans avoir été ensuite réclamée di! personne f

— Puiivais-jo lu poursuivre, iglIriKtllt qu'elle tftnit lll,

l ml pris du moi î Votre témoin n'a ]>u entendre toutes mus iiarulus; lus questions que jedevnis faire nu ravisscur.ju n'avais jiuinLîi bicrk'rsurleoliituun. Quoaavexvous s'il no ino rO|wudit point que ma sieur .fiait restée ii Urdox, et si ce que l'on pril pour une fuite n'était pas l'einp rcsscuie ut de courir apria elle?

— lit, nu la trouvant point a Union, vous no sales riun de sa mort si déjuorablo f Vous n Voles même point souci du lieu de sa sépulture T

— (Jui vous dit que Jo ne sais pas mieux quo vous, moii'iour, loua les détails de cette fielleuse histoire? A ma place, no pouvant plus remédier a rien, eussiexvous Tait bruit, dana un pays où personne na pouvait rien deviner du nom de voire soJiir et du déshonneur du votre famille?

l.e marquis, accablé de la vraisemblance de ces explications, garda le silence.

il demeurait pensif et tellement absorbé dans ses réflexions, qu'il entendit à peine annoncer une visite.

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Gtinhumn d'An vomit <Vàim Inirodrtt *uw lo Raton

' hrilln vil roi fcrt* du Jute fcri«w An» »'"»* *>. irMi'iniiir, »i»U q'«' I" l' ti,i!,ir '''' ivv " ir ""' (, ' |L i-mwa, swU tpw « Fil «nlwnonl Ftupelr ihiftaMW « uuu sitimiio.i priltaw».

IVMvilÉUit' «Vlan.;» Imrs il» i l lit t'-u-i" l';'t-

tunlo mutin»» «ni rnmml* pnnr nu instant or.lru lui rt

SttS lli»».

I.udlin, voyant Ui uiannùs p<^'.!n 'h^ il- p. i.iWrs r.tlusiona, lo ttwl.it mmiNiii jnur nm. vn^.T.

1;l l, (l H,m M ai -i'^, i'i«ii-''r"""'"^i '»"» «)■

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j'i.i .■ti- (■;uik1i(i; ftiui-i" l'i'i-""^ < l!; 11 i-; 11 '"' 1 1 svouaiii '["<■■ i |! 1111 l't'iitiiiiï™ 1 ^ I ,i: »'"" l;i ( ''

maintenant, (ui'il y :iit m;!:iMi:i;:.' 1 1 J 1 1 1 ; 1 1 "

du meurtrier, je ne nu: trouva plus ni dn.'.i de lin «Mer lavio. Mini l'ti'tH iuoii Si'iLTriirl'ii^n, pa-sibt-; <[iiles honnùles gens soienl mrl.u mu^i à i-\ru jmi s pur k:s sciiliÏKlts, i:i fi"'"" B" i! "' ,î:i t'"nt-('i lltl l' ,l,s

avirfs, i:l, i;n :tiïfi i lïlivcï, lus pliu furls!

En parlant :iiii:o,liMnrtr([iiis, iinli-in'cuniic liii-im>iii(i, frappa au poing sur In table avoe tninrinn; puis il se leva pour aller mcovoir fiuillaumr! il'Ars, dont il eiilundait l'accent joyeux et insouciant dans la pii-ee vhMim.

Mais le muet lui saisit vivontcul le bras avoc une oxdimation inartienléo.

11 tenait un objet sur lequel il appelait son attention par un bégaycmenl de surprise et de joie.

C'était l'anneau que lo marquis avait rais à son petit

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m m BEAUX HMMKOM

doigt, cet anneau mystérieux qu'il n'avait pu ouvrir, et qui, grâce au vigoureux coup de poing appliqué sur la table, venait de so séparer en deux cercles passés l'un, dans l'autre. Il n'y avait aucune espèce de secret dnita celle bagua. Seulement les parties Jeûnaient tris-serré, et il avait fallu une grande secousse pour lus disjoindre.

Lire les noms gravés dans les deux cercles fu'. l'affaire d'un instant. C'éiaiemceuxdeFloriraond cl do sa femme. Comprendre que l'on tenait enfln la vérité fut une certitude spouianéo.

Le marquis donna rapidement un ordre a Lucllio et alla, d'un coeur allégé et d'un visage riant, serrer les ■nains de Guillaume.

D'Alvimar et M. d'Ars n'avaient eu que le temps d'échanger quelques mots sur le bon voyage de l'un et sur l'agréable surprise do l'autre. Cependant, Guillaume avait remarqué quelque altération sur le visage de son ami, lequel avait allégué la migraine de la veille.

Le marquis, après les premières amitiés à son jeune parent, voulut donner des ordres pour son souper.

— Non pas, merci ! dit Guillaume ; j'ai pris quelque chose en route pendant que mes chevaux soufflaient, car Il me faut repartir d'ici a l'instant même. Vous voyez que Je reviens plus tôt que je ne devais. J'ai été averti à Saint-Amand, où j'avais été hier faire, avec partie de la jeunesse du pays, la conduite d'honneur a. monseigneur de Condé, que mon intendant était fort malade en ma maison. Craignant d'en mourir, cet honnête homme me dépêchait un exprès pour m'avenir de revenir au plus vite, afin d'être mis par lui au courant du plus gros de mes affaires, dont j'avoue ne pas savoir le premier mot. Je suis venu cependant ici, d'abord pour savoir s'il convient à M. d'Alvimar de me suivre, ce soir, en mon •>

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or sois-nous 2ftt gis, ou si, enchaîné dans vos jardins d'Astrée, il swilmilo passer ohcom culto null dans les enchaînements,

— Non, répondit vivement d'AIvlmarrj'ai assez alju.sé Je la civilité do M. le marquis. Jo suis mal purlant et deviendrais mauasado. Jo souhaite partir avec, vous ïlicuro mémo et vais commander que l'on prépara mes chevaux en luutc hâte.

— C'est inutile, dil lo marqué ; je vais doclier ; J'aurai bientôt lo plaisir de vous revoir, monsieur du Vitlaraal.

— C'est moi qui viendrai dès «twnain prend™ nu or rites, monsieur lo marquis, ni vous donner luulcs les explications que vous souhaiterez... sur la partie qno nous avons jouée tout a l'heure.

— Quelle partie f. lisiez- vous 7 dit Guillaume.

— Une parlied'échecs fort savante, répondit le marquis. Adamas arriva au coup de clochette.

— Les chevaux et les bagages de M. de Villaroal, dit Bois-Doré.

Pondant que l'on exécutait cet ordre, lu marquis, aveu une tranquillité qui fil espéror à d'Alvimar que tout était apaisé entre eux, rendit compte a Guillaume de remploi du temps à Brianles et a la Mottc-Seuilly durant son absence. Puis il le questionna sur les belles (êtes de Bourges.

Le jeune homme ne demandait qu a en parler : il raconta les émotions du tir, ou plutôt, comme on disait alors, . de l'honorable jeu de l'arquebuse. .

On avait construit les buttes aux prés Fichaux, et un grand pavillon garni de tapisseries et de ramées pour les dames et demoiselles de la ville. Les tireurs étaient placés sur un parquet, à cent cinquante pas du pavois. Six cent cinquante-trois arquebusiers s'étalent présentes.

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ïja ISS IMII MESSIRUBS

Tr&oudel, do Sancerro, avait seul mérité le prix ; mais il avait été obligé do le partager avec Roiron, do rtovera, pour avoir pris un faux nom, afin rie devaneer son four ; da quoi les gons de Sancorre avalent bien crie, car ils cassent tenu ii honneur da prouver que leurs lireurs étaient lo» meilleurs du royaume, et l'on trouvait bien ,lo l'iiijiistiiM dans h division du prix. Celait évidemment pour no point mécontenter ceux de Bourges, que l'on avait ro idu co mauvais jugement.

— En effet, disait Guillaume eu narrant avec le feu de la jeunesse, ou Triboudet a gagné, ou il a perdu. S'il a gagné, il a droit a tout l'honneur et k tout le profit de la chose. J'accorde qu'il est coupable d'avoir pris un faux nom. EU bien, que, pour celte faute, on le punisse de quelque amende ou de quelques jours de prison , mais qu'il n'en soit pas moins le vainqueur du jeu; car l'honneur du taleniest chose sacrée, et, malgré que nous n'aiiuions pas beaucoup les vieux sorciers aancerrois, il n'est pas un gentilhomme qui n'ait protesté contre le pisse-droit fait à Triboudet. Mais, que vouleï-vous ! les grosses villes mangeront toujours les petites, et iea gros robina de Bourges prennent sans façon le haut du pavé sur toute la bourgeoisie de la province. Ils le prendraient bien volontiers sur la noblesse, si on les laissait faire 1 Je m'étonne qu'lssoudun ait concouru. Argeotons'en est abs'-enu, disant que le prix était donné d'avance, et que rien ne valait devant les juges de Bourges, sinon les champions de Bourges.

Et aB pensez-vous pas que le prince se soit mêlé de cette injustice! demanda le marquis.

— Je n'en répondrais pasl 11 fait grandement la cour au peuple de sa bonne ville; k telles enseignes qu'il s'est mis dans des frais, malgré qu'il n'aime guère à dé-

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iiK BOIS-BOlli

pensor son urgent pour l'amusement des autres. Il entretient en ce nicmeot deux troupe* de comédie, Itaiu française, l'autre italienne, < |ui miné sentent dans d-^ï jeu : de paume très-bien décorés.

— (Joui I dit Buis-Doré, vûus avez revu ks /rtfi/fynY!. historiens de M. Je Bellcroia? llssout ennuyeux comme quarante jours de pluie i

— Non, iio.l; coite fois, la troupe s'appelle les Comédiens français du sieur de tambour, et il y a la do* guns fort habiles. Nais le temps se pusse, PI foici le jitlèle Adamus qui vient nous dira quo les chevaux sont prêts, n'est-co pasî Partons dune, mou chur Villaroal, et, puisque vous avez promis au marquis de venir demain te rewarcîor, je m'invite avec vous.

— J'y compte bien, reprit Huis-Doré.

— Et vous pouvez compter aussi, monsieur, lui dit J'Alviimr eu le saluant [l'ofoiidi'mmr.i. que je vdi.ih fournirai toutes les prouves de ce que j'ai avancé.

Bois-Doré ne répondit que par un salut Guillaume, pressé de se mettre en mule, neremarifU! pas quo le marq'iis, malgré son apparente courtoisie, s'ahBliut uo tendre la main ù l'Espagnol, et que celui-ci u'oaa lui demander de touclter la sienne.

A pains furent-ils en selle, que le marquis, n'adressant à Adamas, lui dit d'une voix émue:

— Vite , mon hausse - col, ma bourtuignote , mes armes, mon cheval et deux huinmesl

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3U m BEUUK UIIIIIVR*

— Tout cela est prêt, monsieur, répondit Adamas. Maître Jovelin noua a tout commandé, disant, de votre part, que, ai M. d'Are reparlait ca soir, vous lui ferie* escorte... Hais a quelles flnsr...

— Tu le sauras quand je serai revenu, dit le niarqui3 m. remontant* sa chambre pour s'éjuiper. A-t-oo eu soin d'apprêter les chevaux dans la petite écurio, de manière que les gens qui me doivent escorter fassent seuls dans lu secret 7

— Oui, monsieur; j'y ai eu l'œil en personne.

— Est-ce que tu vas bien loinî s'écria Mario, qui venait de souper avec Mercédôs et qui rentrait dans la chambre a coucher.

— Non, mon 81s, je ne vais pas loin. Je serai ici dans deux petites heures. Vous deves dormir tranquille; et vite, embrasses-moi I

— Obi comme tu te fais beau! dit ingénument Mario ; est-ce que tu vas encore à la MoUe-SeuMy î

— Non, non. Je vais danser dans un bal, répondit en souriant le marquis.

— Emmene-moi, que je te voie danser, dit l'enfant.

— le ne puis ; mais patientez, mon Cupidon; car, A partir de demain, Je ne ferai plus un pas sans vous.

Quand le vieux gentilhomme fut coiffé de son petit casque de cuir jaune rayé d'argent, doublé d'une coiffe ou secrète de fer, et orné de longs panaches tombant sur l'épaule; quand U eut endossé son court manteau militaire, attaché sa longue épée, et bouclé, sous sa fraise de dentelle, le ha'isse-col d'acier brillant, Adainaa put jurer sans trop de flatterie qu'il avait un grand air, d'autant plus que, les émotions de la soirée ayant fait tomber son fard, il avait à peu près sa figure naturelle, qui n'était point celle d'un dament.

m ■ois-oond 34a

— Vous voila prêt, monsieur, dit Adanias. Mais n'irai-je point aveu vouar

— Non, mon ami; tu vaa fermer toutes les portos de mon pavillon, et passer la soirée avec mon fila. S'il s'endort, tu lui feras un lit de campagne avec des cousins. Ja le vin» trouver là quand je rentrerai ; et, maintenant, éclaire-moi, Je veux causer au salon avec mailre JoveUn.

il embrassa Mario a plusieurs reprises avec attendrissèment, et descendit un étage.

— Où allez-vous, et qu'avez-vnus résolu? lui dirent les yeux expressifs de Lucilio.

— Je vais a Ara pour achever l'enquête... Kl puis après, n'est-ce pas? Après, s'il y a lieu, je me concerterai avec Guillaume pour que le traître ne se puisse échapper, et je reviendrai me consulter avec voua pour le reste. Au revoir donc bientôt, mon grand ami.

Lucilio soupira en regardant partir le marquis. 11 lui semblait occupé de projets plus sérieux qu'il n'en avouait dans son programme.

Pendant que, sans se presser, le marquis so disposait a sortir, Guillaume et d'Alvimar, celui-ci suivi de Sanche, l'autre de ses quatre hommes d'escorte, se dirigeaient assez lentement vers le château d'Ars par le chemin d'en bas, c'est-a-dire par celui qui laisse les plateaux du Chaumois sur la droi te et qui passe assez près de La Châtre.

La lune n'étant pas levée -jt les chevaux de Guillaume étant très-fatigués, ou ne pouvait aller plus vite.

D'Alvimar profila de cette circonstance pour prendre, comme malgré lui, un peu d'avance avec son écuyer.

Alors, ralentissant sa monture :

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j[Jti LES BEAUX NESSIEUaS

— Sonoiw.W iill-U, u'avei-vous riouMibuoiltadca de oo qui w'anparltatf

— Je n'oubliu jamais rien, Antonio!

— Si fuit, vous oulilios vos poignards dans le corps des gens nue vous défaites.

— Encore ce reproche?

— J'ul mus raison* pour le faire aujourd'hui. Iiilusmoi, mon clieval ue Iwito plus, mais le croyea-voua ou élut de fournir mm longue cuurse, celte nuitî

— Oui. Qu'v a-t-il île nouveau 1 !

— Écoule* Mon, et lachw du comprendra vite. Le colporteur étiit un gentilhomme, le frère du marquis An li^-Muré. l-o couteau dont vous vous servîtes est dans les mains de ce vieillard, qui a juré vengeance, et qui nous accuse par la bouche do Je ne sais quoi

— Pourquoi laMortequoï

— Parce que ces maudits portent toujours malheur.

— Si vous u'ave* pas d'autre raison.,.

— J'en ai d'autres, je vous les dirai.

— Oui, plus lard. Sougeans à quitter ce pays sans d'autre explication avec le vieux fou. Je lui en ai dit assez pour lui faire prendre patience. Il m'attend de-

— Pour un duelt

— Non; il est trop vieux!

— Mais il est fort rusé; avez-vous envie de pourrir on ■ quelque oubliette de son manoirî N'importe, j'irai avec vous, ai vous y allez.

— Je n'irai pas. Certaine prédiction me rend fort prudent. Quand nous serons auprès de celte petite ville dont vous voyez les feux la-oas, écartoï-vous de l'es-

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M boib-hoh* Wfl corlo, disparaisse*, cl, un quari d'heure nprf», met** nie joindre en disant loin haut qui! quelqu'un de la ville vous h romiauua lettre pour mot. J'irai jusqu'au oliillean d'Ara comma pour la lire, et, nussiiùl que j'aurai fui celte feinta. Je dirai k M. d'Ara qu'il me fiul parlir ;i l'iiiaianl même. F.st-cn entendu?

— C'est entendu.

— Alors, attendons M. d'Ai'B ci ne mont mm tmrnue hâte.

Quand le bon M. du Hois-limé, armé jusqu'au); tloms et bien assis eu Bulle sur le beau Rnsidnr, eut franelii l'enceinte du village de lirîantos, il vit Adamas, monté aur une bonne petite haquende fort paisible, se faufiler 1 son cote.

— Voirai c'est vous, Monsieur la robflinî dit le inar-, quia d'un ter. qui ne réussit pas ii litre couivoncé; nu voue avais-jo point défendu do rue suivre et ordonne' de garder mon héritkirî

— Votre héritier est bien rjardd, monsieur î mallra Jovelin m'a donné ai parok de ne le point quitter, eî, d'ailleurs, Je no aaclie pas qu'en votre cliateau il coure maintenant aucun risqua, puisque l'ennemi estdaliors et que nous ivri allons sus,

— le sais que le danger est peur nous maintenant, Adamas, et c'est pourquoi je ne voulais pas de toi qui est vieux ot cassé, et qui, d'ailleurs, ne fus jamais u^ grand homme de guerre.

11 est vr.ii, uunisifiur, que j.in'iniiW più'c ii u\--y,,:[

des coups, mais j'aime bien b en donner quand je peux. Je ne suis plus un Jeune homme ; mais, si je n'ai pas bon pied, j'ai bon œil, et jo prétends veiller à ce qun vous ne tombiez pas dans quelque embûche. C'est pourquoi j'ai pris avec moi deux hommes de plus, qui nous

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3ttt LES BRftUX MISSIEUHS

rejoindront dans trois minute». D'ailleurs, je aorais dovenu fou S voua attendra sans rien savoir et sans rien faire. Ah cM mon mettre, nû allons-nous, et teiptOe j f««m allons-nous donner!

~ Tu vas voir, mon ami, tu vas voirl Mais hàlonsdous 11 n'y a plus grand toraps à perdro pour les rejoindra a mi-chemin d'Ara.

On prit te galop, *> «« m™"* 4'uu l I uart d1ieuro > on so trouva en vua do Guillaume ot de son escorta, qui continuaient d'aller un tros-pelit train.

Laluna se levait et faisait briller les armes dos cavaliers.

C'était à U" endroit que l'on appela» et qu'on appelle oneore La Rocbaiile, endroit anses voisin des habitations aujourd'hui, mais, on ce temps-», très-aride at complètement désert.

Le chemin passait a mi-côte entre un petit ravin et une colline semée de grosses roches grises, parmi lesquelles poussaient d'asseî maigres châtaigniers. Le lieu était mal 'famé; les paysans de tous les temps ont attaché auxgrosses pierres des Idées superstitieuses, soit qu'ils les attribuent toujours indistinctement au travail des démons de l'ancienne Gaule, soit qu'ils les croient tombées du ciel, à l'effet d'exterminer le culte de ces mauvais diables.

Le marquis lit faire halte h sa petite troupe avant qu'elle eût été signalée par celle de Guillaume, et, piquant des deux, il alla ae mettre en travers du chemin de son jeune parent.

En entendant approcher ce galop, Guillaume et d'Alvimar s'étaient retournés, le premier tort tranquille, pensant que c'était quelque voyageur épeuré, le second trèa-inquiet. et songeant toujours a la prédiction que

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Bl aois-nonl 2*9

semblaient confirmer M hâter les événements i<> cetiu soirée.

Lorsque Bois-Doré passa sur la flanc gauche de iwuts escorte, Guillaume ne le reconnut pas sous lo costuma militaire; mai» d'Alvitnar le reconnut aus battement* de sort cœur troublé, et lo vieux Sancho, averti par une émotion analofiue, sa rapprocha du lui.

Leurs anxiétés ne dissipèrent lorsque Rois-Uurù lus devança sans leur parler. Ils pansère nt alors qua eu n'était pas lui. Mais quand il se fui arrêta eu présentant la tfile de son cheval aux naseaux dos leurs, ils so regardèrent et se serrèrent instinctivement l'un contre l'autre.

— Qu'est-ce donc monsieur! dît Guillaume en prenant un de gog pistolets dans la fonte de sa selle. Qui etes-vous et que demandez- vous!

Hais, avant que Dois-Dure ont en le temps de lui répondre, un coup de pistolet partait entre eux, et la balle coupait la bourguignon du marquis, lequel, voyant le mouvement de Sanclie pour l'assassiner, s'était rapidement baissé eu criant :

— Guillaume 1 c'est moi I

— Mille tonnerres du diable ! s'écria Guillaume effrayé ; qui a tiré sur le marquis î Au nom du ciel, marquis, ètes-voua touché 1

— Nullement, répondit Bois- Doré ; mais je dois dire qu3 voua avez, en votre compagnie, de sales poltrons, qui tirent sur un homme seul avant de savoir si c'est un ennemi 1

— Oui, cert's, et sur l'heure j'en ferai justice, reprit le jeune homme indigné. Misérables drôles, lequel de vous a tiré sur le meilleur homme du royaume !

— Pas moi I... Ni moi ! ... Ni moi ! s'écrièrent a la fois les quatre valets de M. d'ire.

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2»0 IBS DRAUX URSSISUlli

toli M Ul pareill» stoe. 1 * " «*» «"'*'•'" "

Tm.Vi.m «Ira, Boi.-CorS, M »ue MMté, »«« ,1, Jr«»,»ptomplll««. *««.*,... nmilleur» ou.,

aïrimulii p«uii i»> ~i™ * ■» >"""' * » >"""" colla M, IMtkM *> » «»»», H l«p»»«» 1 1 M "° « MM »«' «>»»'■ 1"' « *'»"" *■"* '*

direction du llcwiitas.

Au mène instant, les quatre hoowiei *i forçant la cosigne qu'il luur avilit d année d'atieuàre ses ordre*, WrWafcnt bride avalée, avec Adamas, que ta bruit du coup *> piolet et celui do dwnl « t"" 0 avaient jeu! dans l'iiu]iiiiHuile la plus vive.

— Ah I vous voilà ! dit la marquis h ses gens. Eh hien, ramasse*-rwû o» cavalier démonté, il m'appartient, vu quejtd le ira» d'épave sur cette roule. 11 est mon prisonnier. LiM-lc ; U y a à se méfier do ses mu».

Tandis que le colossal et

mains de Sanche étourdi de sa chute, elle dépouillé de ws armes, d'Alvimar sortait enfin de la stupeur où. cette scène rapide l'avait jelé.

Un instant Q avait songé k abandonner son tod wmplice à la colère de Bois-Doré ; mais en voyant trailer si rudement celui qui venait encore dose dévouer pour lui, un reste de pudeur et d'orgueil le força i

— Mesure, dit-il, je comprends que vi

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08 aois-minÈ JRI centra U stupidité .la en vieillard, qui dormait sur si>n cliowl, «t qui, réveillé on frcwiiuf, s'est cru nilaqué par une bun.de da voleurs. Certes, il mérite nu nliùtimuiit, mata non pas d'film traité en prisonnlor relevant de voira droit selu,neurial ; car il est a moi, rt c'est ii moi saul qu'il appartient da lo punir da l'injure qu'il vous a faite.

— Va» appâtez Oeta uuo injure, monsieur du Vil larealî dit le marquis d'un ton da miiprla. Mais eu n'est pas encore a vous que j'ai affaire, c'est a mon parmi et ami Cuillaume d'Ars.

— Jo ne souffrirai aucune explication, reprit d'Alvimaravecune rage calculée, avant quo mon serviteur nw soit rendu, et, si c'est un combat quo vous voulu/...

— Guillaume, écoutez-moi, dit llois-Doro.

— Non, personne ne vous Écoutera I s'écria d'AIvimar en essayant de dégager son cheval, quo Guillaumo, placé entre lui et Bois-Doré, retenait, pour ompéchr-r un conflit. Monsieur d'Ars, je suis votre ami ot votre hôte, vous m'avez Invité, vous m'aveï accueilli ; vous m'avez promis assistance et loyauté en toute rencontre ; vous no me laisserez pas outrager, mime par une personne du votre famille- Dans un cas pareil, c'est à moi que vous devez secours et Justice, fût-ce contre votre propre frère ?

— Je le sais, répondit Guillaume, et il en sera ainsi. s Mais tranquillisez-vous d'abord et laissez parler H. da Rois-Doré. Je le connais assez pour être sur do sa courtoisie envers vous et do sa générosité envers votre valet. Laisse! passer un moment do colère; c'est la première fois que je le vois si courroucé, et, bien qu'il eu ait sujet,

je suis assuré de l'en foire revenir. Allons, «lions, tenezvous en repos, mon cher! Vous êtes en colère aussi; mais vous êtes le plus jeune, et mon cousin est l'offensé. Je

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S52 us anaux Hiaittuns

vous confesse que, s'il eut reçu ><■ moindre Mrssure, J'eus» tué voire valet sur h pince, eussé-ja dft vous tri rendra raison après.

— Mais, que diable 1 monsieur, a'écria d'Alvimar espérant toujours empêcher l'explication par une querelle et au besoin, par une rixe, où est la faute de mon serviteur, s'il vous plaît? Quelle était la fantaisie de M. le marquis, de courir sur notro flanc sans se faire reconnaître, et do venir nous barrer la route, ou risque d'être pris pour un fol ï N'avet-vous pas, vous-même, empoigné votre pistolet pour lui crier qul-vive î

— Sans doute; mais je n'eusse pas tiré sans attendre la réponse, ni vous non plus, j'imagine, et vous ne sauriez, défendre la sotte ou méchante action de voire valet. Allons, s oyez calme. Si vous voulez que je puisse arranger '.'affaire à votre honneur et satisfaction, ne m'en otez pas les moyens par votre violence.

Pendant que d'Alvimar continuait a discuter avec «prêté, et que le marquis attendait avec beaucoup de calme. Adamas, inquiet de l'Issue de l'affaire et agissant à sa tâte, avait parlé aux gens de Guillaume. Il leur avait appris tout ce qu'il savait, et ils lui avaient juré que, dans le cas. ou H. d'Ars se verrait forcé de ■Riir donner l'ordre de défendre d'Alvimar contre les gens de Bois-Doré, il n'y aurait qu'un engagement simulé, pendant lequel on laisserait h qui de droit le soin de faire justice des assassins.

Tous ces valets des deux camps étaient parents ou amis, et ne se souciaient nullement d'échanger des horions pour l'amour d'un étranger coupable ou suspect

Le temps que d'Alvimar espérait gagner par sa résistance était donc une circonstance qui tournait fatalement contre lui, et quand Guillaume, impatienté et révolté de

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dr BOts-Donft £93

son obstination, lui tourna le dos pour aller, a deux pus do lui, s'expliquer avec le marquis, d'Alvimar se vit entouré par les gens da ca damier, sans nue ceux de Guillaume y lissent la moindre opposition.

Son Inquiétude devint alors des plus sérieuses, et n regarda autour de lui, calculant la pan de chances qu'il avait de s'enfuir, à moins de laisser dans celle tentative L'honneur ou la ma.

Mais l'espoir lui revint en amendant Guillaume, à qui fiais-Doré venait de dire en peu de mots ses griefs, se refuser à croira qu'il ne fut pas dupe de fausses apparences.

— M. de YiliarealT répondait-ll au marquis. Voila une chose Impossible, et qu'il mo faudrait avoir vue de mes propres yeux pour y croire. Or, comme vous ne l'ara point vue et que voue devez être abusé par de faux rapports, permettes-moi do dérendre l'honneur de ce gentilhomme, et ne comptes pas, monsieur et fonn cousin, que, malgré le respect que Je vous porte, je laisse insulter et maltraiter, sans preuves, un ami qui s'est confié a ma garde. D'ailleurs, vous n'avei point ce droit, et c'est de la justice royale que relève tout gentilhomme. Calmez donc vos esprits exaltés, je vous en conjure, et mo laissez rentrer chez moi, où vous savez que j'ai hate de me rendre.

— aies esprits ne sont point exaltés, reprit Bois- Doré en élevant la voix avec une dignité que Guillaume ne lut avait jamais vue, et je m'attendais à votre réponse, mon cher cousin et ami. Elle est telle que je la ferais en votre place, et je n'y blâme rien. Ayant auguré que votre conduite serait ce qu'elle est, j'ai résolu de cos> former la mienne aux égards que je vous dois, et c'est pourquoi vous me voyez ici, a mi-chemin de. nos res-

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"ï/i ISS US»UÏ MB3SISUB9

pcctives demeures, et sur un terrain neutre et cornm uns!.

» J'ai bien quelques droits sur cette route ; mais, îi trois pas delà l^rge, dans ce* vieilles roehesjn ne suis ni c\fî voui ni choï moi. Dnno, saches que j'ai résolu do m'y battre a outrance, seul à seul, contre ce traître, lequel no me peut refuser le combat, vu que je l'ai, h dessein, molesté et provoqué en la personne de son valet, et que je le provoque et Insulte a celte lieuro, le traitant devant Dieu, devant vous et (lovant les honnêtes gens qui noua accompagnant, de tache et infâme meurtrier.

s Sa no crois pas que vous me piiissio* savoir mauvais gré de ce que je fais; car ]e vous prie de remarquer que, tant que vous et lui avei été en mon logis, je me suis abstenu do toute injure et de tout dépit, en quoi je vous ai tenu ma parole dv lui être un hote fidèle; et je vous prie de remarquer aussi que jo nie suis mis en mesure de la rencontrer en pleins champs, afin de n'avoir pointa violer votre domicile, ne voulant, pour rien au monde, vous mettre en la nécessité de porter secours à ce misérable.

■ Enfin, mon cousin, je vous prie de regarder A ceci, qui est le plus grand sacrifice qne je vous puisse faire : c'est qu'au lieu du le Taire périr sous le balon de mes gens, comme il le mérite, je descends, moi, gentilbommr et digne do l'ûtre, à mn mesurer nveoun assassin de la plu s vi Ile espÈce. Sans f a mi I ié d on t vou s l'honorez, je l'eusse Eait jeler dans un cul do hnsso-fbsse, mais voulant vous respecter jusque dans l'erreur oïl vous êtes sur son compte, je déroge a tout privilège d'honneurpour te eombattro, lui, l'infâme et dégradé, avec les armes de l'honneur.

» J'ai dit, et vous ne pouvez pins mo rien objecter.

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DR BQIS-DOafi 255

k Soyea sou témoin, Uiul indigne- qu'il est de vos bontés; Adamas sera la mien, Je me entaillerai ilo l'assistance do cet lioiuiéta homme, puisque an puiville affaira il ne peut ttre question d'un engagement avec lai seconds.

— Certes, s'écria Guillaume ému do la nolilosse d'aine du vieillard, il ne so pen( voir une cooduite plus loyale que la vôtre, mon cousin, ot, avec les soupçons que vous avez, vous montra* uao générosité puu cuniraune, Huis cas soupçons u'ëlant pas fondés...

— Il n'est pins questinn do soupçons, reprit le marquis, puisque vous n'ait voul.'it pus entendre paik;r ; jo provoqua un do vos .unis, et je pense que vous no tiendi'ioï point pour tel un homme capable do reculer.

— Non, ccitesl s'écria Guillaume; niais, moi, Je no souffrirai pns ce duol, qui ne convient pas k voire fige, mon cousin! Je me battrais plutôt on votre place. Tenon, voulez-vous recevoir ma paroteî Jo vous la donne de venger en personne la mort de votre frère, si vous venez h bout de démontrer invinciblement que M. d'Alvimar en a été lacliemantet méchamment l'auteur. Attendez 0 demain, cl je tne porte justicier du notre famille, comme c'uôt mon devoir envers vous.

Le mouvement de Guillaume était digne de la générosité du marquis ; mais Guillaume, délaissant échapper une allusion a son Age , l'avait singulièrement mortifié.

— Mon cousin, dit-il, revenant à ceLie puérilité d'esprit qui contrastait ai étrangement avec la magnanimité de ses instincts, vous me prenez pour quelque vieux signer Pnnlalmiw , à Vcpés rouilléa et k la main tremblante. Avant de me renvoyer à la béquille, ayez,

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2j6 LUS BBAUt MBBSIKOHB

Je vous pria, souvenance des égards queja voua montre, lesquels ne méritant point l'injure que vous me faites en me proposant du venger, en ma place, l'odieuse mort do mon frère chéri. Allons, je crois que voilà assez de paroles, et je suis u bout de patience. Votre H. de Villareal an a plus que moi, lui qui écoule tout ceci sans trouver un mot à dire 1

Guillaume vit que les choses étaient gâtées au point que tout accommodement devenait impossible, et, trouvant, pour son compte, que la patience était beaucoup trop revenue a. d'Alvimar , il sa retourna vers lui et lui dit avec vivacité :

— Voyons, mon cher, réponde* donc; je ne dis point à ce défi, qui n'est ps fondé, mois a une accusation que vous ne pouvez pas mériter.

D'Alvimar avait réfléchi pendant le débat. U affecta dès lors un calme dédaigneux et ironique.

— J'accepte le défi, monsieur, répondit-il, et je ne pense pas avoir grand mérite à le foire, étant, comme voua savez, de première force à toutes les armes. Quant à l'accusation, elle est ai ridicule et si injuste, que j'attends pour la repousser que vous me l'expliquiez vousmême; car je ne sais point encore ce que le marquis vous a dit de moi, vous pariant à l'oreille, et je souhaite qu'il le répète tout haut.

je le veux bien, et ce ne sera pas long, répliqua

Bois-Doré. J'ai dit que vous étiez bandit, assassin et larron. Vous en voulez davantage, mais, moi, je ne puis rien trouver de pis contre vous que la vériié.

vous me ditus-la d'étranges douceurs, monsieur le marquis I reprit l'Espagnol froidement. Vous m'avez déjà régalé, en votre logis, d'une lugubre histoire où il vous a p!u-de faire tuer par moi monsieur votre frère.

as7

C'est & une chose que j'ignore, je tous l'ai dit; je sais seulement que j'ai fait tuer par mon domestique un homme vêtu en marchand colporteur, lequel emmenait de force une danjs dont je vous ai dit avoir pria la défense et vengé, l'honneur.

— Ahl ahl s'écria le marquis, c'est là votre thèse, h présent î Celle qui fuyait avec mon frère était emmenée malgré elle, et vous ne vous souvenez plus de m'avoir dit qu'elle était votre...

— Plus bas, monsieur, je vous prie... Si M. d'Ara veut bien m'entendra à deux pas d'ici, je lui dirai qui était cette femme, h moins qu'il ne vous plaise outrager et salir son nom devant vos laquais.

— Mes laquais valent mieux que voua et les vitres, monsieur! N'importe! je rem très-tort que vous disiez votre secret à H. d'Ara, mais devant moi, à qui vous l'avez dit a votre mode.

Ils s'éloignèrent du groupa tous les trois, et le marquis, parlant le premier :

— Allons, dit-il, expliquez-vous I Vous alléguez pour votre défense que celte femme était votre sœur I

— Et vous, monsieur, reprit d'Alvimar, vous prétendez maintenant soulager votre fureur fantasque en me donnant un nouveau démenti!

— Nullement, monsieur. Je vous demande le nom de votre sœur; cav "ous ne vous appelez point Villareal, apparemmentî

— Et pourquoi non, monsieur.

— Parce que je le sais maintenant. Osez dire le contraire devant M. d'Ars, que vous trompez aussi par un nom supposé 1

— Nullement I dit Guillaume; monsieur se cache sous

258 LES su: aux HKsaiKtrM

un des noms de sa famille, et celui qu'il porte, Je le sais fort bien.

— Alors, mon cousin, qu'il le dise, ot je jure que, si c'est le véritable oom de ma défaille belle-sœur, je me retira 4'ici en vous faisant a tous les doux des excuses.

— Et moi, dit d'Alvimar, je refuse de le dire. Je crojfjr qu'entre gentilshommes une simple parole devait suffire ; mais vous m'insultez sans Ireve ot sans prudence. C'est un duel quBVOus voulez, et il doit être lait selon votre désir.

— Non I cent fois non! s'écria Guillaume. Finissonsen; et, puisqu'il ne faut au marquis que de savoir votre nom pour se retirer on paix, je...

— N'oubliez pas, je vous prie, reprit d'Alvimar, que vous m'exposez...

— Point ! Mon cousin est un trop galant nomme pour vous livrer à vos ennemis. Sachez donc, marquis, et je mets ceci sous la sauvegarda de votre honneur, que monsieur s'appelle Sciarra d'Alvimar.

— Oui-dal répondit le marquis avec ironie. Alors monsieur a pour chiffre les propn» initiales de la marque de fabrique de Salamanque!

— Que voulez-vous direî

— Rien! C'est un mensonge de monsieur que je signale au passage; mais celui-là est si petit au prix des autres...

— Quels autres T Voyons, marquis, vous êtes trop obstinél

— Laissée, Guillaume 1 dit d'Alvimar affichant toulours le dédain, li faut que tout ceci Guisso par un coup d'épée. Nous en serons plus tût débarrassés.

— Eh bien, moi, dit tBmarquis.jonesuisptossihâtél le tiens a savoir le nom de baptême et le nom de famille

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D5 BOia-OORB 250

île la sœur de M. da Villarenl, ila Seiarra et d'Alvïmar. Je suis que les Espagnols ont beaucoup de noms; mais, s'il ma dit seuleniani lu véritable et i rindpal i[uo portait coite dame...

— Si vous la savez, répondit d'Alvïmar, votre insistance pour ma la faire dira est un outiagede plus.

— Eh I d'Alvitnar, no la prenez pas ainsi ! s 'écria Guillaume impatienta'. Mettez-y dn votre, a mains que vaut ne vouliez nous faire passer la nuit ici!

— Laisse);, mon o>nsin, dit lu usai-quia; c'est moi qui dirai ce nom mystérieux. La prétendue sceur do M. do Villareal s'appelait Julia de SondovaL

— Eh bien, pourquoi pas, monsieur! dit d'Alvitnar relevant avec vivacité ce qu'il crut être encore uua lu signa maladresse du vieilkird. Je ne vnulais pus la dire ce nom. Il ne ma convenait pas de le ti unir, m je pensai» que vous l'ignoriez. Puisque, vous aussi, en affirmant ce dernier point, vous m'avez fait un de ces mei:songot v-jUiivous rqiiviw/ si aiijroiiiiîsil du:/, lus jut^a , sa-;!i.ii que Julie de Sandoval était la fille de ma mère et née d'un premier lit.

— Alors, monsieur, répliqua Bois-Doré se découvrant, me voilà prél à me retirer, et même à me repentir doina violence, si vous voulez bien me jurer sur l'honneur que veus aviiix reconnu votre sœur de roëre, Julie de Sandoval, sous son voile, dans la voiture de mon frère, à l'auberge da...

— Je vous le jure, pour vous satisfaire. Je l'avais même aperçue sans voile dans cette auberge.

— Et pour la troisième fois... Pardonnez mon insistance , je dois ceci à la mémoire de mon frère 1 Pour la troisième fois, c'était bien votre sœur, Julie de Sandoval? L'anneau qu'elle portait au doigt, qui est maintenant bu

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!l>0 LES BRàUX HKSSIBSBS

mien, et qui porta ce nom on toutes teitrea, ne pouvait dira que son anneau* Vous la juroa!

— Je la jure! Êtes-vous contenir

— Attendez? il y a un blason dans le chaton de cette bagua; un ôousson d'airar aueliefd'or.Sont-coiesarmes des Sandoval da votre famiilaî

— Oui, monsieur, précisément.

— Alors, monsieur, dit Bois-Doré remettant son couvre-chef, je déclare, une fois de plus, que vous avez menti comme un impudent et un tâche que vous êtes ; car je viens de me moquer da vous : l'anneau de votre prétendue sœur porte le nom de Maria de Mérida, ot ses armes sont de sinopto à la croix d'argent, le puis en fournir la preuve.

Guillaume fut fortement ébranlé; mais d'AMmat réfléchissait vite.

La lune, eût-elle éclaira beaucoup, n'eût, pas encore permis de voir les petits caractères et les écussons microscopiques cachés dans une bague, et, dans ce tempsla, on n'avait pas, comme aujourd'hui, du feu tout prêt dans sa poche.

11 fallait donc nécessairement reraottre à un autre moment l'eïamen de cette preuve. I! ne s'agissait pas, pour le criminel, d'éviter, mais, au contraire, de chercher un duel. Ce qu'il redoutait, c'est qu'on ne lui refusât l'honneur de cette chance de salut, et qu'on ne le fit prisonnier du marquis ou de la prévoie.

Il attira précipitamment Guillaume a part, et, se mettant a rire :

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DR hots-dorS 361

— Je sala pris, dit-il. J'td voulu être complaisant cuiimm vous l'usiniez, pour on finir et vjus dibarrasssr de ce vieux lunatique J'ai dit tout ea qu'il a voulu me taire dire, et maintenant sa fantaisie proud uit Mitra vol, où je ne puis la suivre. Tout ceci est de ma tante; j'aurais dû vous raconter, en sortant de chez lui, qu'il Était depuis deux jours en démence , à preuve qu'il a été luer, on pourra vous le dire, demander la main de madame de Beuvre, et que, tout aujourd'hui, il a fait sur la mort de son frère les plus étranges romans, prenant pour des assassins tantôt moi, tantôt son muet, lantût sou petit chien. Je n'ai pu éviter de mo prendre a la gorge avec lui qu'en lui faisant des contes qui étaient la monnaie de sa pièce ; mais il ne s'est calmé qu'en vous voyant arriver.

— Que ne disiez-vous tout cela* s'écria Guillaume.

— Je n'ai pas voulu me plaindre des ennuis que j'ai essuyés en sa compagnie ; vous eussiez cru que je vous faisais un reproche de m'y avoir laissé. A présent, il ne me reste qu'un moyen d'en finir. Laissez-moi me battre avec lui.

— Avec un vieillard en démeuoeT Je ne le puis

— Allons, Guillaume, s'écria Bois-Doré impatienté, voulez-vous, maintenant, me laisser venger mon injure, et faudra-t-il que, pour réveiller M. d'Alvimar, j'aille lui faire l'honneur de le souffleter 7

— Nous sommes à vous, monsieur, répondit d'Alvimar en haussant les épaules. Allons, mon citer, dit-il tout bas a Guillaume, vous voyez qu'il le faut i N'ayez peur I J'aurai vite raison de cette vieille marionnette, et vous promets de lui faire sauter son épéc autant de fois iu'il voua plaira. Je uut charge delà fatiguer assez pour

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262 r.Ba BS«DX nussiëuhs

qu'il ail besoin da s'aller vilement coucher, «t demain

nous rirons de l'aventure.

GuMaunn se rassura en le voyant si gai.

— Je suis aise de vous voir dans !e vrai, lui dit-il tout bas, et je vous avertis qu'en prenant l'escrime à cœur avec ce vieillard, vous no feriez pns acte da vaillance et ma causeriez une grande peine. J3 le crois fou ; mais c'est une raison de plus pour ménager vos forces et le reuvover avec une courbature pour tout mai.

Guillaume savait pourtant que» Bols-Doré était fort à l'escrime. Mais c'était une vieille m ïhedo que de daignaient les jeunes gens, et il savait aussi quu si le marquis avàt encore le poignet souple, il n'avait plus le jarret assez ferme pour tenir plus da doux ou trois minutes. D'ailleurs, d'Alvimar Était do première force, et il ne cessa de l'exhorter à la généroâltd.

Les champions ayant mis pied a terre, les valets restèrent pour garder les chevaux et le prisonnier Sanche, que Guillaume donna l'ordre de ne pas remettre en liberté avant l'issue ilu combat, afin do ne pas voir compliquer, par quelque intervention imprévue, la difficulté do la situation.

Sanche eut fort désiré d'être libre ; il sentait, lui qnl ne reculait devant aucune résolution extrême, qu'il eut été eneoro utile a son maître; mais il avait trop d'orgueil pour se plaindre et pour réclamer; il resta, sioîque et impassible, sous la garde dfi3 gens de Boie-Doré.

Pendant que Guillaume cherchait, avec les deux champions, un emplacement convenable entre la roule et les rochers, Adamas et A ristandre s'entretenaient avec feu dans l'oreille l'un de l'autre. Aristandre était désespéré, Adaeias avait la fièvre; tuais l'idée que son

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»r soia-nont

maître put être victime da sa magnanimité, 110 pouvait lui entrer dans I» lèie. Il se wthmii dans aa confiance un l'Imbileté ei la force du marquis.

— Qu"as-!u à trembler commo un enfa'tt ï ilisait-il au carressaux. % sais-tu pas inw monsieur en munserait trenle-sit comme ce freluquet d'Uspaynol î 11 n'y aurait qu'une trahison pour nvoir raison il'unsl vaillant hoinmo ; mais le coquin do Sunelio «si bien (cnrdé, et nous avons l'œil sur toutes choses, M. Uuillauimi et mol. Ne suis-jo pas témoin? Monnieur l'a dit. Tu l'as entendu, Sous sommes deux bons témoins, et tinus ne laisserons pas faire un muuvement ni une passe qui ne soient dans les règles.

— Mois tu ne les suis pas plus que moi, le* règles du combat des gentilshommes î Tiens, j'ai envie do grimper 1 S- haut sans qu'on mo veto, et si ['Faunguolu trop-de chances, de lui faire rouler sur le corps un do ces grosses pierres.

— Pour coin, si je pouvais compter que tu n'écraserais pas monsieur nvao son ennemi, jn ne t'en détournerais pas, non plus que je ne me ferais un crime de lu: envoyer deux halles dans la tète, si je n'étais témoin. Mais mon maître m'appelle, et tu peux être tranquille, tout ira bien I

Cependant le terrain était choisi, assez espacé, et bien éclairé par la lune.

Les épées furent mesurées, Guillaume faisant les fonctions de témoin impartial pour les deux champions, qui avalent juré de s'en rapporter à lui; car «.dinus ne pouvait être là que pour la forme.

Le combat commença.

Alors, malgré sa foi et son enthousiasme, Adamas seulil uu frisson daus lous ses irauibres ; il deviut

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20?) LES BEAUX MESSIBURS

muet ; la bouche ouverte, les yeux hors de la tAte, Il no sentait pas la suput et los larmes qui coulaient sur sa figura attendrissante et burlesque.

Guillaume s'était battu les flancs, lui aussi, pour se persuader que rien de funeste ne devait résulter de colla étrange affaira. Mais, quand les armes furent engagées, il sentit tomber sa confiance, et se reprocha de n'avoir pas réussi à empêcher, à quelque prix que ce fût, uno rencontre qui, dès le début, menaçait du devenir sérieuse.

U'Alvunar avait promis de se rendre maître de la vie de son adversaire et de lui faire grâce ; mais, autant que la clarté de la lune pouvait faire distinguer l'expression de ses traits, 11 semblait à Guillaume que la colère et la haine s'y montraient avec une énergie croissante, et son jeu sec et serré n'annonçait pas la moindre intention prudente ou généreuse. Heureusement, le marquis était encore calme et tenait pied avec plu» de vigueur et de souplesse qu'on n'en eut attendu de sa part.

Guillaume ne pouvait rien dire, et il se contenta de tousser deux ou trois fois pour avertir d'AIvitnar de se modérer , sans éveiller la susceptibilité du marquis , lequel eût pu perdre la tête, s'il eut craint de n'être pas pris au sérieux.

Mais le combat était sérieux. D'Alvimar sentait qu'il avait un adversaire moins fort que lui en théorie; mais il se sentait troublé et préoccupé, et inférieur à luimême, cette fois, dans la pratique. Sa partie était difficile h jouer. H voulait tuer le marquis et paraître le tuer malgré lui.

11 cherchait donc à le faire enferrer en jouant à la défensive ; et le marquis semblait s'apercevoir de sa ruse. C se ménageait.

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dr aois-DOn£ SOI Le combat se prolongeait sans résultai. Guillaume comptait sur la fatigue dit marquis, ne croyant pas que d'Alvimar le frapperait a terra. D'Alvimar gardait que le marquis ne faiblissait pas ; il cherchait a l'irriter par des feintes, espérant qu'un mouvement d'impatience le forait sortir de l'étonnante prudence de son jeu.

Tout à coup la lune fut voilée par un gros nuage, et Guillaume voulut intervenir pour suspendre la lutte; il n'en eut pua le temps : les dous adversaires veuillent de rouler l'un sur l'autre.

Un troisième champion sa précipita vers eux, au hasard de se faire embrocher ; c'était Adantas, qui perdait la téteet qui, ne sachant où était l'avantage, se jetait sans armes, a corps perdu, dans la bataille. Guillaume le repoussa vivement et vil le marquis à genoux, sur le ventre de d'Alvimar.

— Grâce, mou cousin! s'écria-t-il; grâce pour celui qui vous eût épargné!

— 11 est trop tard , mon cousin , répondit le marquis on se relevant. Justice est faite.

D'Alvimar était cloué en terre par la grande rapière du marquis : il avait cessé de vivre,

Marnas était évanoui.

Au cri de grâce, les valets de Bois-Doré étaient accourus.

• Le marquis, essoufflé et brisé de fatigue, s'appuya contre le rocher. Hais il ne faiblit pas, et, k lune s'étant dégagée du nuage, il se remit sur ses jambes Dour regarder et toucher le cadavre.

— Il est bien mort! lui dit Guillaume d'un ton de ïeproebe. Vous m'avez tué un ami , monsieur , et je ne saurais vous en faire mon compliment ; car vos soupçons iui pouvaient être qu'injustes.

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240 Lia beaux hessieu&i

— Je voua prouverai qu'ils 119 l'étaient point, Guillaume, répondit Bois-Doré avec une dignité qui l'ébranla de nouveau; jusque-là, suspende» voira ressentiment contre moi, et vos regret» pour ce méchant nomme. Quand voua saurez la vérité, voua voua reprocherez peul-elre de (n'avoir forcé à exposer ma vie pour avoir la sienne.

— Et que ferons-nous maintenant do ce malheureux corps? dit Guillaume, abattu et «Materné.

— Je ne vous laisserai point dans des embarras pour mon compte, répondit bois-Doré. Mes gens vont le porter au couvent des carmes de La Châtre, lesquels lui donneront la sépulture comme ils l'entendront. Je na prétends cacher a personne l'action que j'ai faite, d'autant qu'il me reste à punir l'autre assassin. Maïs je ne saurais faire de sang-froid celte laide besogne, et je compte le livrer au lieutenant de la prévùté , pour que Bon châtiment soit exemplaire. Adimas, tu vas le conduire. Mais où donc est mon fidèle Adamas*

— Helas! monsieur, répondit Adamas d'une voix caverneuse , je suis la , à vos genoux , et bien malade de cette affaire. Un instant j'ai cm que vous étiez mort, et je crois que j'ai été mort moi-même pendant un bon quart d'heure. No m'envoyez nulle part; je n'ai plus de xambes, et j'ai comme une roue de moulin dans la téte.

— Or donc, mon pauvre ami, si tu n'es plus bon à rien, nous enverrons quelque autre. Je te l'avais bien dit que tu n'étais plus d'âge à supporter les émulions I

Le marquis retourna vers les chevaux, tandis que ses gens et ceux de Guillaume eolevaiéut le cadavre et le roulaient dans un manteau; mais, lorsqu'on chercha le prisonnier, ce fut eu vain.

On n'avait pas eu la précaution de lui lier lus jambe?.

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M iOis-Doai 207 ['rolUanl d'un motusut de troublo et de confusion, où les valets, iiiquieia de l'issue du combat , avaient abandonné las chevaux a doux d'enirj eux qui avaient eu beaucoup de paine il les contenir, il avait pris la fuite, ou plutôt il s'était glissé et caché quelque pari dans le raviu.

— Sovez tr.mquillo, mon sieur le marquis, dit M'istandra ii Eloia-Horé. Un liumiue qui a les mains Iki.s ue peut ni courir bien vito ni se cacher bien mlroitement; je voua réponds de le rattraper. Je m'en charge. Rentrez chez vous et vous reposez ; vous l'aveu bien gagné!

— Non pas, dit le marquis; il ma faut revoir cet assassin. Que deux de vous le cherchent, tandis qu'avec les deux autres j'accompagnerai H. d'Ars au courait des carmes.

On coucha d'Alvimar en travers de son cheval, el les domestiques de Guillaume aidèrent ceux do " ■is-DorC a le transporter.

Bois-Doré prit les devants avec Guillaume pour aller faire ouvrir les portes de la ville, en cas do besoin; cur il était près de dis heures.

Chemin faisant, Bois-Doré donna à son jeûna parent des détails si précis sur la mort de son frère, sur la recouvrance de son neveu, sur h drconstanci du cuuteou catalan , sur i'aveu que la colère avait arraché au coupable, enfin sur la circonstance do la bague ouverte, que Guillaume no put persister à défendre l'honneur da son ami.

Il avoua qu'en somme il le connaissait fort peu, s'étanl lié avec lui à la légère, et qu'à Bourges il lui était revenu, sur le duel pour lequel ce gentilhomme était forcé de ce cacher, des détails peu honorables, s'ils

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étaient vrais. M. Sojarre-Martioeneo aurait été frappé, contre toutes les lois de l'honneur, dans un montent où il demandait à suspendre le combat, son épée s'étant rompue.

GuiSaume n'avait pas voulu croire a cette accusation; mais les révélations de Bois-Doré commençaient a la lui faire regarder comme sérieuse, at il promit de se rendre à Briantes des le lendemain, pour voir les preuves et pour faire connaissance avec le beau Mario.

A mesure que la conviction entrait dans son esprit, Guillaume redevenait expansif et amical avec le marquis, autant par un sentiment d'équité naturelle que par sa facilité innée à se livrer tout entier a sa dernière im-

PK ~ Par ma foi I lui disait-*! lorsqu'ils furent proches de la ville, vous avea agi en vaillant homme, et le coup que vous lui avez porté de part en part Jusqu'à le clouer au gazon, est un des plus beaux coups d'épée dont j'aie oui parler. Je n'avais Jamais vule pareil, et, quand vous m'aurez prouvé que ce pauvre Sciarra était une aussi grande canaille que vous la dites, Je ne serai point Scté d'avoir vu ceci. Si j'eusse été moins peiné, Ju voua en eusse fait compliment Hais quelque regret ou contentomettt que Je puisse avoir de cette mort, j'arawqne vous êtes une belle lame, etqueja voudrais être de votre force a cejeoJa.

Nos deux cavaliers étaient déjà sur le pont des Sca binais (aujourd'hui des CaMgnats), se dirigeant vers la

de aoia-noaf 260 porta du ravolin, lorsque Adamas, qui avait recouvré ses esprits et fait ses réflexions, vînt los rejoindra ut prier qu'on l'écoutat

—Ne pensez-vous point, messireg, leur dit-il, que l'entrée de ce cadavre va faire grand bruit dans la ville t

— Eh bien, dit le marquis, penses-tu que je ma veuille cacher d'avoir vengé mon honneur et la mort de mon frère f

— Oui, monsieur, vous devez vous en vanter comme d'une belle action, mais seulement quand le corps aura été rendu à la tarre; car il se fait da grandes rumeurs pour peu de chose, en ces petits endroils, et le spectacle d'un gentilhomme apporté ainsi en travers de son cheval va faire ouvrir de grands yeux a ces bourgeois de U Châtra. Vous avez des ennemis, monsieur, et, a l'heure qu'il est, monseigneur de Condé est bien chaud catholique. Si l'on apprend que cet Espagnol était couvert de reliques et de chapelets, qu'il s'était confessé à H. Poulain, dont la gouvernante le prenait déjà dans le bourg de Briantes comme un parfait chrétien...

— Voyons! où veux-tu en venir, avec tes histoires de commères, mou cher Adamas T dit le marquis impatienté.

Guillaume prit la parole.

— Mon cousin, dit-il, Adamas a raison. Les lois contre le duel ne sont respectées de personne ; mais des gens mal intentionnés les peuvent toujours invoquer. Ce d'Alvimar avait quelques amis puissants à Paris; et de méchants rapports peuvent, en un temps ou en l'autre, faire tourner ceci contre vous et contre moi, contre vous surtout, qui ne passez point pour un bien franc catholique. Croyez-m'en donc, n'entrons point eu la villa et avisons a nous débarrasser de ce mort. Vous

X70 L1H UBAUÏ HKSSIKUBS

êtes bût de vos gens, et je réponds des miens. N'ayons point de confidents parmi des gens d'Eglisa et des bourgeois do petite ville, toutes langue» bien mauvaises, en ce pays, contre ceux qui ont combattu la Ligua et servi le feu roi

— Il y a du vrai dans ce que vous dites, répondit Bois-Doré ; mais il me répugne de metire une pierre au cou d'un mort et de le Jeter a la rivière comme un chien.

— Khi si, monsieur, dit Adamas; cet nomme-la ne valait pas tant 1

— Il est vrai, mon ami : je pensais ainsi il y a une heure ; mais je n'ai plus de haine contre un cadavre 1

— Eh bien, monsieur, dit Adamas, i\ m'est venu une idée qui arrange tout pour le mieux : si nous rebroussons chemin, nous trouverons, à cent pas d'ici, le long du pré Ch.-imbon, la maison de la jardinière.

— Qui? Marie la Caille-baUée î

— Elle est fort dévouée à monsieur, et l'on dit qu'elle n'a pas toujours été laide et grêlée.

— Allons, allons, Adamas, ce n'est pas l'heure de plaisanter I

— Je ne plaisante pas, monsieur, et je dis que coite vieille fille gardera hien le secret.

— Et tu lui veux donner l'embarras de recevoir un mort î Elle en mourra de peur !

— Non, monsieur, vu qu'elle n'est point seule en sf petite maison écartée. Je jurerais que nous y trouverons un bon canne, lequel enterrera tres-chréliennsruent M. l'Espagnol dans quelque fossé du clos de la

— Vous êtes trop Huguenot, Adamas, dit M. d'Ars. Les carmes ne sont pas aussi débauchés que vous Je dUei.

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DR BOIS-nOUs 271

— Je ne dis point do mal d'eux, inessiro ; je parle d'un seul qun jo connais, ai qui n'a du moine qua l'habit ot tai patenôtres, C'est Jean le Clope, qui a servi M. le marquis à la guerre, et que M. le marquis a fait entrer aucouveuten qualité de frère oblai,

— Ehl par mafoi, l'avis estboni dit le marquis; Jean le Clope est un homme snr et qui a vu trop de faces blêmes peiicliées on terre sur las champs de bataille, pour s'effrayer du soin que nous allons lui confier.

— Alors, liàtons-nous, dit M. il'Ars ; car vous save* que mon intendant se meurt, et que je voudrais le voir, s'il on est temps encore.

— Partez, mon cousin, dit le marquis ; songez à vos affaires; celles d'ici ne regardent plus que muil

Ils se serrèrent la main.

Guillaume rejoignit sas gens et prit avec eux la route de son manoir : la marquis et Adamas s'arrêtèrent ches la Caille-bottéo, où Jean le Clope était effectivement, et reçut avec effusion son protecteur, qu'il appelait son capitaine.

On sait que le frère oblat était un militaire estropie au service du roi ou du seigneur de la province, et dont le courent était forcé de prendre soin.

La. plupart des communautés religieuses étaient obligées, par contrat, de recevoir et entretenir ces débris des malheurs de la guerre, parfois trop bon vivant pour de pieux solitaires, parfois beaucoup moins corrompu que les moines eux-mêmes.

Quoi qu'il on soit des carmes de La Châtre, dont nouj n'avons pas à rechereber ici l'histoire , le frère sécoliel Jean le dope s'astreignait fort peu à la règle de la maison, et s'il ne manquait pas les heures de la pitance, il manquait celles de la retraita.

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873 lis beaux usa si Eau.»

Pendant que la marquis lui expliquait ce qu'il attendait de son dévoament et de sa discrétion, Adamas faisait entrer le corps dans la maisonnette isolée, et, ua quart d'heure après, Bois-Doré et ses gens repassaient sur Ib chemin de la Rocbaillc.

[la y trouvèrent Aristandre et ses camarades, bien désappJuitea de n'avoir pu découvrir ce que Sancbe était

— Eh bien, monsieur, dit Adamas, c'est peut-être Dieu qui le veut ainsi ! Ce crirninel se gardera bien de paraître jamais dans un pays où il se sait démasqué, et il eût été pour vous un nouvel embarras.

J'avoue que je n'ai pas le goût des exécutions h tâlo reposée, répondit le marquis, et que j'eusse éloigné celle-ci de ma vue. En le livrant à la prévôté, il m'eût Mu dire de quelle façon J'avais agi avec le maître, et, puisque nous devons, pour le moment, nous taire sur ce point, tout va mieux ainsi. Je crois la mort de mon cher Florimond suffisamment vengée, bien que la Morïsque n'ait point vu qui, du maître ou du valet, avait porté le coup qui a tranché sa pauvre vie; mais, en ces sortes d'affaires, Adamas, le plus coupable et peut-être 1e seul vrai coupable, est celui qui dirige. Le valet croit quelquefois de son devoir d'obéir à on méchant commandement, et celui-ci n'avait point agi pourson compte ni profité de la dépouille de mon frère, puisqu'il était resté valet comme au paravant.

Adamas ne partageait pas le besoin d'indulgence qu'après sou acte de vigueur éprouvait le marquis. Il haïssait Saoche encore plus que d'Alvimar, à cause de ses aîrs de hauteur avec ses pareils et à cause de sa prudence, dont il n'avait pu trouver le défaut U le crevait très-capable d'avoir conseillé et exécute

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DK bois-dorS: 213 le crime; mais ce qu'il redoutait la plus, c'était de voir le marquis persécuté, et il l'aida a so faire illusion sur le peu d'importance de la capture à laquelle il fallait

Quand on fut à la porto du manoir de Brianles, on entendit les bonds irraguHers d'un cheval en liberté.

C'était celui de Sanche, qui était revenu a son dernier gtia, et qui échangea avec celui de d'Alvimar, que l'on ramenait par la bride, un hennissement plaintif, presque lugubre.

— Ces pauvres animaux sentent, a ce que l'on assure, les malheurs arrivés à leurs maîtres, dit le marquis a Adamas : ce sont des bêtes intelligentes et qui virent en l'état d'innocence. Je ne ferai donc point tuer cellesci; mais, comme Je ne veux, en ma maison, rien qui ait appartenu h ce d'Alvhnar, et que le profit de ses dépouilles souillerait nos mains, je veux que, dès la nuit prochaîne, on conduise ses chevaux à dix ou douze lieues d'ici, et qu'on les y mette en liberté. En profitera qui voudra.

— Et de cette façon, répondit Adamas, nul ne saura d'où elles viennent Vous pouvez confier ce soin à Aristandre, monsieur, line se laissera point tenter par l'envie de les vendre a son profit, et, si vous m'en croyez, il se mettra en route sur l'heure, sans leur faire franchir la porte. D est fort inutile que l'on voie demain ces chevaux en voire écurie.

— Fais ce que tu veux, Adamas, répondit le marquis. Cela me bit penser que ce malheureux coquin devait avoir de l'argent sur lui, et que j'eusse dù songer à le prendre pour le faire donner aux pauvres.

~ Laissez-en profiter le frère oblat, monsieur, dit le sage Adamas : plus il en trouvera dans les poches de

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!1S KES BE»UK «RSSIKUUS

son mort, plis voua seres assure do son silence.

Il était onze heures du Hoir quand lo marquis rentra dans son salon.

Jovclin accourut se jeter dans ses bras. Sa figure expressive disait assez quelles angoisses d'inquiétude il avait Éprouvées.

— Mon grand ami, lui dit Buis-Doré, jo vous avais irurapé; niais réjouissez-vous, cet homme n'est plus; et jo rentre citez moi le cœur léger. Mon entant dort sans doute a celte heure; ne l'éveillons pas. le vais vous

— L'enfant ne dort pas, répondit te muet arec son crayon. Il a deviné mes craintes : il pleure, il prie et s'agite dans son lit.

— Allons rassurer ce pauvre cœur! s'écria Bois-Doré; mais d'abord, mon ami, regardez si je n'ai point sur mes habits quelque souillure de ce traître sang. Je ne veux pas que cet enfant connaisse la peur ou la naine, dans l'âge où l'on n'a point encore le calme de la force.

LuciUo débarrassa le marquis de son manteau, de son casque et de ses armes, et, lorsqu'un eurent monté un étage, ils trouvèrent Mario, pieds nus, sur la porte de la chambre.

— Ah t s'écria l'enfant en s'attachant passionnément aux grandes jambes de son oncle, et en lui parlant avec nette familiarité qu'il se savait pas encore contraire aux usages de la noblesse, te voilà revenu î Tu n'as pas de mal, mon ami chéri! Dis, on ne t'a pas fait oc malî Je croyais que ce méchant voudrait te tuer, et je voulais qu'on me laissât courir après toi! J'ai eu bien du chagrin, val Une autre fois, quand lu iras te battre, il me faut emmener, puisque je suis ton neveu.

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— Mon neveu I m

le marquis en ton pire. Kst-< Et! ii projios, caresses du pe

liait avoir compris et du Mario, vu il à un Ton t., Mono, mis

partagé les angoisses c petit aiui qui ru lu'appa

en aviez ai grande envie ! Je vous le ilonue pour vous consoler de votre cliayrin de ce soi:.

— Oui, dit Mario en niellant Flcuiial dans son nrciller, je le veux Lien, à condition qu'il sera à nous doux etqu'il nous aimera autant l'un que l'autre... Mais dlamoi donc, pere : est-ce que le méchant homme est parti pour tout à fait?...

— Oui, mon fils, pour tout à fait.

— Et le roi ie punira pour avoir tué ton frère î

— Oui, mon fils, il sera puni.

— Qu'est-ce qu'on lui fera? demanda Mario rêveur

— le vous le dirai plus tard, moi) fils. Ne songez qu'i'U bonheur que nous avons d'èlra ensemble.

— On ne tn'otera jamais d'avec toi?

— Jamais!

Puis, s'adressanl au muet:

— Maître Jovolin, n'est-ce pas une triste cltose de penser a changer le doux parier de cet enfant, qui me sonne si mélodieusement dans l'oreille 1 Tenez, nous le laisserons me dire la dans le particulier, puisque en sa bouche celte familiarité est celle de l'amour.

— Est-ce qu'il faudra que je te dise vous î reprit Mario étonné.

— Oui, mon enfant, à tout le moins devant lemonde. C'est la coutume.

— m oui, comme je disais k M. l'abbé Anjor-

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£78 IBS BBAUX UE3SIGDAS

rontt Mais c'est que ja t'aime encore plus que lui...

— Tu m'aimes donc déjà, Mario î J'en suis coulent I filais d'où vient ? Tu ne me connais pas encore.

— C'est égal , je l'aime.

— Et tu ne sais pas pourquoi î

— Sifait! je t'aime, parce que je t'aime.

— Mon ami, dit le marquis h Lucilio, it n'y a rien de beau et d'aimable comme l'enrancol Elle parle comme les anges se doivent parler entre eux, et ses raisons, qui n'en sont pas, valent mieux que toute ta sagesse des vieilles tètes. Vous m'instruirai ce chérubin-la. Vous lui fera* un bel et boncerveau comme le votre; car je ne suis qu'un ignorant, et je veux qu'il en sache plus long que moi. Les temps ne sont plus tant a la guerre civile comme dans ma première jeunesse, et je crois que les gentilshommes doivent se porter vers les lumières de l'esprit Mais tachez de lui laisser ces simples gentillesses que la vie des bergers lui a données. En vérité, il me représente au naturel les beaux enfants qui devaient courir, parmi les fleurs, sur tes rives enchantées du Lignon aux claires ondes.

Le marquis, ayant pris des mains d'Adamas un cordial, pour se remettre des fatigues de la soirée, se coucha et s'endormit, le plus heureux des hommes.

En un temps où l'on se faisait Justice soi-même, à défaut de légalité régulière, et où la notion du pardon eut été considérée comme une faiblesse coupable et làcho, te marquis, bien qu'exceptionnellement enclin à une grande douceur, pensait avoir accompli le plus sacrédes devoirs, et, en cela, il suivait les idées et coutumes de la plus saine chevalerie.

Certes, à cette époque, on n'eût pas rencontré un gentilhomme sur mille qui ne se ffu regardé comme in-

dr bois-hobJ

vosli du droit do faire expirer dans les tourments, ou tout su motos pendre bous ses yeux, un coupable tel que d'Alvlmar, et gui n'enl blâmé ou raillé l'excès de loyauté romanosc.ua dont Bols-Doré avait fait preuve dans son dual.

Bois-Doré le savait bien et ne s'en souciait pas. "avait trois motifs pour être ce qu'il était: son instinct d'abord, pois les exemples d'humanité d'Henri IV, qui, un dos premiers de son temps, eut le dégoût du sang versé sans péril. Henri 111, mortellement frappé par Jacques dément, avait été soutenu par la colère et la vengeance su point de frapper lui-même son assassin et de le voir, avec joie, jeté par les fenêtres ; Henri IV, blesse à la figure par Chastel, avait eu pour premier mouvement de dira: < Laisses allez cet homme! ■ Enfin, Bois-Doré avait pour code religieux tes faits et gestes des héros de VAstrie.

M était hors d'exemple, dans ce poème idéal, qu'un digne chevalier eût vengé l'amour, l'honneur ou l'amitié, sans s'exposer en personne aux derniers périls. U ne faut donc pas trop se moquer de l'Agrée, et même il faut voir avec intérêt la vogue de ce livre. Ceat, au milieu des turpitudes sanguinaires des discordes civiles, un cri d'humanité, un chant d'innocence, un rave de vertu qui montent vers le ciel.

La première pensée du marquis à son réveil fut pour son héritier, que, pour nous conformer au titre qui prévalut, nous appellerons son fils.

Il se rappelait encore assez confusément les graves événements de cotte nui' agitée ; mais déjà il so représentait a™ lucidité les grandes questions de parure soulevées la veille à propos de sou cher Mario. 11 l'appela pour reprendre avec lui l'entretien commencé dans le n-éxw. Mais il n'en rc^ut pas de réponse, cl déjà il s'iu- (jniélail, lorsque l'enfant , éveillé et levé avant le jour, vint, tout imprégné de la fraîche odeur du matin, sejmer h son cou.

— Et d'ofi venez-vous sitôt, mon excellent ami? lui dit !e vieillard.

— PÈre, répondit gaiement Mario, je viens de chez Adamas, qui m'a défendu de te dire un secret que nous avons tous les deux. Ne nie le demande donc pas, c'est une surprise que nous vojtons te faire.

— Alabonne lieure, mon fils, Je ne demande rien. Je veux être surpris I Mais n'allons-nous point déjeuner ensemble, là, sur cette petite tahle, auprès de mon lit ?

— Oii! je n'ai pas le temps, mon petit pérelllmefaut retourner vers Adamas, lequel te prie de dormir encore uno heure, si tu ne veux faire tout manquer.

Le marquis fit tout son possible pour se rendormir, mais en vain. II se tourmenta de beaucoup de choses. Madame de Beuvre devait venir ce jour-ia de bonneheure avec son père; Guillaume aussi, dans le cas où son intendant irai: mieux. Le dîner était-il convenablement ordonné? Et pourrait-on présenter Mario à une dame, sous ses habits de berger des montagnes? Et ce pauvre enfant, qui ne savait pas seulement saluer, baiser la main et dire trois mots de compliment 1 Tout so charme, toutes ses grâces n'ailaient-iïs pas être tournes en dérision et pris en mépris par des personnes que la voix du sang ne rendrait pas aveugles?

Dï BOÏS-ÛOKÉ 279

D'ailleurs, rien n'était pre|ura comme il convenait pour la chassa. On avait ou trop d'émotion* et du aiuicis pour s'en occuper.

— Si Adamaa était la, lui qui ne resle jamais court, il me consolerait, pensait le marquis.

Mais telle était sa cotideswmdance pour son JiilMe valet, qu'il mit feint do dormir tout le jour, si Adamaa l"eôl exigé de lui.

Il resta au lit jusqu'à neuf lieurea, sans que l'on vint à son secours, et alors la faim et l'inquiétude le gantant aérieusement

— Aquoi pense Adamasî se dit-il en se résolvant ii se lever lui-même. Mes convives vont arriver. Veut-il que l'on me surprenne eu robBdo chambre et avec cotte face blême T

Enfin, Adamas entra.

— Eh! monsieur, rassurez-vous ! s'écria-t-it. Me croyez-vous capable de vous oublier? Rien ne presse. Vous n'aurez point de compagnie avant deux heures après midi, madame de lieuvre vient de ma le faire dire.

— A toi, Adamasî

— Oui, monsieur, à moi, qui me suis ingénié de lui envoyer un exprès pour lui faire savoir que vous aviez une grande surprise à lui faire, mais que rien n'était prêt; j'ai pris sur moi la faute, et l'ai humblement fait supplier de ne point arriver avant l'heure que je vous dis, ajoutant que vous la voulies garder chez vous, cette nuit, avec monsieur son père, et lui donner seulement demaii, le régal do la chasse,

— Qa'as-tu fait la, malheureux I Elle va me croire insensé ou Incivil.

— Point, monsieur : eue a très-bien pris la chose,

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280 LES BKAUÏ MKSSIKUU3

disant que, de votre part, tout devait être prouva do sagesse ou da galanterie.

— Alors, mon ami, il faut noua inquiéter...

— De rien, monsieur, de rien du tout, Je roua en conjure, fous avez assez lait de votre cervelle at de votre épée la nuit dernière ; à quelles (fins Dieu eût-il mis le pauvre Adamas sur la terre, si ce n'est pour vous épargner le détail des cnoses faciles ï

— [Hélasr mon ami, il ne sera point facile, môme point possible, en si peu de temps, de rendra mon héritier présentable I

— Vous croyez, monsieur î dit Adamas avec un indescriptible sourire de satisfaction. le voudrais bien voir qu'une chose que vous souhaitez ne fût point possible ! Oui, vraiment, là I je le voudrais voir I Mais permettez, monsieur, que je vous demande comment je dois faire annoncer votre héritier, lorsqu'il fera son entrée au salon de compagnie.

— Voilà qui est fort grave, mon ami; j'avais déjà songé au nom et au titra que doit porter ce cher enfant. Son père, pas plus que le mien, n'était de qualité; mais, comme je veus, par un acte, et, s'il le faut, avec la per mission du roi, le faire succéder à mon titre, ainsi qu'à mes biens, je crois bien pouvoir, par anticipation, le qualifier de la manière que le serait mon propre fils. Ainsi on doit l'appeler, en ma maison, monsieur 1p comte.

— Ceci n'est pas douteux, monsieur I Hais le nom Voulez-vous traiter de simple Bouron ce pauvre enfant qui mérite si bien de porter un nom plus illustre î

— Sachez, Adamas, que je ne rougis pas du nom dr mon père, et que ce nom, porté par mon frère, me sera •oujoure cher. Mais, comme jo liens encore plus à celui

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Dl SOI S- DOUÉ 281

que me donna mon roi, Je veux que Mario le porte également et soit Ronron de Bois-Doré; te qui, par coutume et abréviation, deviendra Bois-Doré tout court

— C'est bien ainsi que je l'entendais! Allons, monsieur, habite-vous, manger, la, en votre chambre, avec l'enfant; car la salle d'en bas est dans les mains de mes décorateurs; et puis je voua ferai votre toileuo. Seulement, il faudra aujourd'hui prendre les habite que je vous demanderai de mettre.

— Fais ce que tu veuï, Adamas, puisque tu réponds de tout!

Tout en riant, mangeant et devisant avec son héritier, le boa Sylvain fut pris tout à coup d'une grande mélancolie. Il réussit a la lui cacher. Mais, quand Adamas, déclarant que tout allait bien, vint pour l'accommoder, il lui ouvrit son cœur, tandis que l'enfant jouait et courait par la maison.

— Mon pauvre ami, lut dît-il, je m'étonne de ce que les numes célestes qui ont si paternellement veillé sur moi dans ces derniers jours, m'aient pourtant laissé mettre dans un terrible embarras.

— Quel embarras, monsieur 1

— Ne ta souvient-il déjà plus, Adamas, que j'ai offert mon cœur et ma vie a une belle enchanleresse, justement le matin du jour no je retrouvais Mario? Or, comme elle n'avait pas repoussé, mais seulement ajourné mon dessein, il résulte de ceci que je risque... selon toi I d'avoir d'autres héritiers que cet enfant, auquel je voudrais consacrer mes jours et laisser mes biens

— Diantre 1 monsieur, Je n'y songeais pas ! Mais ne vous affligez point [ Gomme c'est moi que vous ai mis ce fatal projet en l'esprit, c'est a moi de vous trouver une issue pour sortir d'iulrigue. J'y songerai, monsieur, j'y

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£32 LES BSAUX msaitons

songerai! Na pensez qu'à voua embellir et fa vous rejouir aujourd'hui.

— Je le veut bien. Mais quel habit me donnes-tu la, mon ami !

— Voire habit a la paysanne, monsieur; c'est un des plu» galants que vous ayez.

— C'est mémo, je croia, le plus galant; et il m'en coûte de nie faire si brave, quand mon pauvre Mario...

— Monsieur, monsieur! laissez-moi (aire; noireMario sera fort convenable.

L'habit à la paysanne du marquis élait tout en velours et satin blanc, avec une profusion de galons d'argent et de dentelles magnifie] ues.

Le blanc étant alors la couleur qcs paysans, qui, en toute saison, Fiaient vêtus do toile ou de grosse fut aine, dès qu'on se mettait tout en blanc, on se disait babillé à la paysanne, et c'était une mode des plus recherchées.

Le marquis était certes fort plaisant en cet équipage; mais on était si habitué à le voir déguisé en jeune homme, il était de la tète aux pieds, orné du si belles choses et de si curieux joyaux, ses parfums étaient si exquis, et, malgré tout, il y avait tant de noblesse dans ses vieilles grâces et de bonté aimable dans ses façons, que, si on l'eût vu tout a coup sérieux et arrangé selon son âge, on eût regretté l'amusement qu'il donnait aux yeux et le contentement qu'il savait donner à l'esprit.

Vers deux heures, un galopia babillé à l'ancienne mode Kodale pour te. circonstance, et placédansi'échauguetie do la tour d'entrée, sonna d'un «eux olifant pour annoncer l'approche d'une cavalcade.

Le marquia, accompagné de Lucilio, se rendit à celte tour pour recevoir la dama de ses pensées : il eût bien voulu voir son héritier avec lui ; mais Mario était dans

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PE BOIS-DOUÎ 2S3

las mains d'Adainaa, cl, d'ailleurs, il résultait d'un plan finalement proposa 1 par ce dernier, ut adopli avec quelques mo Llifleatious par son maitra, que rapparlt'm de l'enfant serait retardée jusqu'à la Bu d'une explication délicate avec madame do ISeuvre.

Lauriane arriva, montée anr un rJnrm.mt iietitcfioval blanc que son pire avait dressé pour elle, et qu'elle gouvernait avec une gentillesse remarquable.

Grâce à son deuil, qu'elle pouvait porter désormais eu blanc, elle était habillée aussi îi la paysanne, avec une amazone de fiu drap blanc, un corps de (aille tout rayé rte galons de soie, et un léger mouchoir do dentello pardessus son itisi'p.iiMLih' ch;ipen:.[] do veuve.

— Oui-dà ! s'écria le gros de Beuvre en voyant la toiielte du marquis, vous portez déjà les couleurs de votre dame, monsieur mou gendre?

Sa fille réussit à le faire taire devant les valets ; mais, quand on fut au salon, malgré les promesses qu'il lui avait faites de se priver .do toute moquerie sur ce sujet, il n'y put tenir et demanda vivement a quand la noce.

Au lieu d'être piqui: ou rsiïibaiT.isflë, la marquis fut fort aise de cette ouverture, et demanda à être entendu secrètement pour une affaire sérieuse.

On renvoya les valets, on ferma les portes, et Dois- Dard, mettant un genou eu terre devant la belld petite Lauriane, parla en ces ténors :

— Dame de jeunesse et ds beauté, vous voyez à vos çieds un serviteur fidèle qu'un grand événement a rem-

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ns BOia-DOnl 285

hien, êeoutex, nies amis, dit-il en so relovant aveu un peu d'effort. Vous entendîtes, avant-hier, cette prédiction u moi faite par des gens qu i notaient pas bien sorciers : « Avant trois jours, trois semaines ou trois mois, vous serea père? »

— Eh tien, dit de Beuvre revenant a son humour narquoise, vous croyeî, mon brava homme, que la prédiction se réalisera î

— Elle est réalisée, mon voisin. Je suis père, et ce n'est plus pour moi que je demande, a vous et a la divine Lauriane, sept ans d'espérance et de sincérité : c'est pour mon héritier, c'est pour mou Gis unique, c'est pour...

Ici, la porte s'ouvrit a deux battants, et Ademas, en grande tenue, annonça d'une voix claire et avec un air de triompha :

— M. le comte Mario de Bois-Dorél

La surprise fut pour tout le mondo ; car le marquis n'attendait pas si vite l'apparition de son entant, et il ne savait encore en quel équipage on réussirait à le prenuire.

QubIIo fut sa Joie lorsqu'il vit entrer Mario vêtu à la paysanne, c'est-a-dire d'un habit exactement semblable déforme et de tissus à celui qu'il portait lui-même; le pourpoint de satin à mille petits crevés sur les bras; le collefin sans ailerons (pourpoint de dessus à épaulettes, mats sans manches pendantes), en velours blanc crevé d'argent; les chausses flottantes, de quatre aunes de large, froncées jusqu'au-dessous du genou, garnies de boutons de perles et un peu ouvertes de coté pour laisser sortir fa rose de la jarretière; les bas de soie, arec les souliers à pmt-levis fermés de roses; la fraise 4 «oa/tatott, c'est-à-dire ù plusieurs rangs inégaux avec

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Purmaitek que je Mao mit» al mflto fois vos telles mplnsteana pouvoir, par loi nombre, égaler celui des mûris que te refus do eoue supplication me donne™,.. > ; Ici, Mario AntM. Il svuttapprItiirès-vllQ,sunBcom. prendra et sans réfléchir. U sons des mois qu'il ttisntl lui parut tout a coup tvèR-comftjua ; car 11 nVlait nullement disposé a tant souffrir, ni Laurluno lut refusait les mille et mille boiw™ qu'il no tenait pas A co peint a lui donner. Il oui envia de rira « regarda la jour» damo, nul avait envie do rira aussi, ut qui, d'un air ayinpalhlqtio el enjoué, lut tendait les doux mains.

II mit rdUquotlo do cdtd, ot, obdlaaant fi sa confiance naUtrolte, a lui jota lus deux bras autour du cou et l'embrassa sur h» dawc Joues, en lui disant do son cro :

— Bonjour, madame j je vous prie de me vouloir du bien, car voua me «ombles bonne personne et Je vous aime déjà beaucoup.

— Pardonnez-lui, dit le marquis, c'est un enfant de la nature...

— C'est pour cela qu'il me plaît, répondit Uuriano, et Je le dispense de toute ctfrémonie.

— VoywiB, voyonal dit de Beuvra, qu'esUe que cola signale, mon volera, ce beau «arçon-la ? S'il est à voiw, je voue an fais mon compliment; mais je no vous aurais pas cru,..

On annonça Guillaume d'An avec Louis de Villemort et un des jeunes Chabannes, qui étalent venus chez lui le matin, et a qui 11 atait conté la merveilleux recouvrancedu/ilsdeFlorimond.: ' V:

— ReVce luiï s'écris-t-il en entrant et en regardant Matfe. Oui, c'est mon petit bohémien. Hais comme il est Jofti présent, mon Weul et comme vous devez èt

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388 IB8 BBàUlC MBMISVD9

h l'entant, que vous avù?. donc lit utiu toile dpee ot uns vaillante toilettai Vous vaulos fuira houle a vos voisins et amisl Vous nous écrasez, Ja te vota, ol m no parait plus rkn oujnts de vous. Ça, dUea-R«A voira polit nom al faisons «wnatssam»; car mus sommas parents, s'il vous plaît, el Ja pourrai peut-être vous servir ï. quelque ohoae.nofût-oaqu'o vous apprendre a montera cbevnli

— Oh 1 Je aria, dU Mario. J'ai monté sur Squiltodre / —Sur h gros cheval de carrosse I ftt» «"Haï-moi, mon

mutité, lui trouvaïcs-vou» le trot doux!

-Paa trop, dit Mario en riant.

Et H aa mit h Jouor al a babiller avee Guillaume et ses

^— ^jXjàhBldi Beuvraou prenant Bols-Doré a Mort, racitez-mol donc dans te secret, car Je n'y Mb pas. Vous noua en donnes a garder, mon voisin ! voua n'avas point procréé ce beau petit I H est trop ^utki pour cala. C'est quoique entant d'adoption?

— Ces! mon propre neveu, répondit Bois-Doré ; c'est le fils de mon Florimond, que vous avezatmé aussi, mon voisin t

Et II raconta devant tous, avec prouves a l'appui, l'histoire de Mario, sans toutefois prononcer le nom de d'AMmar ou de VlUaresl, et eans taire entendre qu'il avait découvert et puni les assassins de son frère.

Devant le» (étires, l'an pas moyen de traiter de rc

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M aeia-noua 889 Tout la monte Ht ftto au gentil Mario, qui, jar aun bon naturel, «un air affectueux et son beau regard, gaytalt spantanoioBniût Irrésiailntemmrt tous les cœurs.

— Alnr», dit de Benvro a sa Bile «it la prenant !i par), fou» voltt, non plus flancéa fi notre vieux voisin, mais ft son marmot; car 11 ma semble quo c'est ainsi qu'il lui plail de tourner lu chose a présent.

— Dieu le veuille, mon père 1 répondit Uuriane, et, s'il y revient, Jo vous pria do feindre, comme mut, da musarko o cet arrangement, que la bonhomme oai enjw- Hb da prendre au aârieux.

— méprenait bien au sérieux quand il s'agissait da lui! nprltdeDeuvro. La différence d'âge unlio vous et ta petit garçon ee compta par années, tondis qu'entre le marquis •* vous, elle te peut bien compter par quai ta de siècle. N'importe, je vois que le char liommo o perdu la notion du temps pour les antres aussi bien que pour lui-môme; mais le voici qui vient a nous t Je le veog foira enrager un peu 1

Bols-Doré, sommé par de Beurre de s'expliquer, déclara fort gravement qu'il n'avait qu'une parole, et qu'avant engagé ta liberté et sa fol à Lauiinne, il ae regardait comme son esclave, à moins qu'elle ne lui rendit sa promesse.^ ^ rendSj ^ cè^u f tfeoria Ltu

-'unis son para l'interrompit. Il voulait la taquiner

— Mon pas, non pas, ma fille; ceci regarde l'honneur de la famille, et votre père ne se laisse point berner ! Jo vois bien que votre capricieux et fantasque Céladon s'est pris de tendresse paternelle pour en beau neveu, et qu'il aime autant désormais *

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m IBS WMI HBSatKgH»

pris Is peine d'être époux. D'ailleurs, je «rte Mon misai qu'il u an ta tète do lui Mfluer ses bien, asm égard pour sus enfante à venir; e'oat ce que Je ne aûiuTriwl polnl « ce que vous devoi ompnehor, en le sommant do In foi qu'il vous a jurée.

H. Je Bourre parlait si sérieusement qu'un Instant le marquis y fut pris.

— Il foui croire, usiiM-l-H, que n«i fortune me rajeunit beaucoup, et que mon voisin, qui me rflllkut tant, ne mo trouve pluB si vieux. Ou diable iVdiimnan-t.il pris l'J. Mo de me foire foire cette dénwrehe 1

■.nuriano vK ses porplesllés sur ea figure, et vint généreusement h son secours.

— Monsieur n»D pfere, <Ht-ello, ceci ne vous retorde point, vu qoe notre marquis m m'a point demande mu motn sans mon cœur; or, tant que mon cœur ne m'a point parle", 1e uiarquiBesl Bore.

— Ta, ta, ta I aVcrfa de Beuvre, voira «mu* vous parle ires-haut, ma «le, et U est ajal de voir, a votre Indulgence pour le marquis, que o'eat de lui qu'il vous parle I

—Sarail-i! vrai ï dit Dois-Bord àbranW; si J'avais ce bonheur, a a neveu qui (faute, et, par ma fol I...

— Non, marquis, non I dit Laurlane décidée a en unir avec les rêveries de son vteu* Céladon. Mon cour parle, « est vrai, mais depuis Un instant seulement : depuis que J'ai vu votre «ent» neveu. Le destinée te voulait ainsi, k cause de la grande amitié que j'ai pour vous, laoïttllenei pouvait me permettre d'avoir des yens que

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du noia-non* 991

itoiWïfliwdaiicn]uiiqa'ii caque Mario mit au agadMprouwr qiietqria affection pour mol, a cet heureux Jour ♦tait ok.Iïot. En attendant, Jo tacherai de prendra patient», at noua restera™ ami».

Bote-Dons, enchanta da cette conclusion, bâtait avec uffuslon In main de l'aimable l.aurianu, lorsqu'une effmia- Mo pétarade fit trembler les vitres at tremmter tous les botes du manoir.

On courut au* fenêtre» C'ëlalt Adnmaa qui faisait rage do tous les fauconiioang, arquehuses et pistolets do son polit arsenal.

En même temps on vil entrer dans lo préau tous las habitants du bourg et tous las vassaux du marquis, criant à sa fendra h mâchoire, de conçoit avec tous les employés et serviteurs do la maison :

— Vivo M. le marquis I vivo M. lo comte 1 Ces bonnes sens obéissaient, da confiance à un mot d'ordre donné par Aristandro, sans savoir do quoi il était question; mute ce qu'us savaient bien, c'eut qu'ils n'étaient jamais mandés au cfiàienu sans qu'il retournât de quelque largesse ou régal, et Us y venaient sans so faire prier.

On ouvrit les fenêtres du salon de compagnie nol]r entendra la discours, en forme de' proclamation, que débitait Adamaa a cette nombreuse assistance.

Debout sur le puits, qu'il avait fait couvrir, afin de se livrer sans danger a une pantomime animée, l'heureux Adamas improvisait le morceau d'éloquence la plus éiourdiasant qu'eût Jamais produit sa faconde gasconne et lancé aux échos sa vols claire, aux indexions toutes méridionales. Sa gesticulation n'était pas moins étrange que sa diction.

Quant à la rédaction de ce chef-d'œuvre, H est a rth

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398 IIS B»Ok tt

gratter que la ehronUiiie ne no» Tait notai conaervée ; eUe eut lu sort des choses d'Inspiration : et» s'envola ;.ïu, ht souffle qui 1';. feu lai» uottre.

Quoi qu'il en soit, elle produisît un grand clic t. Le récit de la mort tragique du pauvre H. Florlmond fit »; et, commo Adamua avait la pleur

Ou no s'égaya qu aux transports de Joie pathétique avec lesquels 11 proclama la recouvrance de Mario ; mais l'auditoire rustique n'y trouva rien de trop,

La paysan comprend la geste et non k» moto, qu'il ne sa donne pas la peine d'entendre; ce aérait un travail, et le travail de l'esprit lui semble une chose contre nature. Il écoute avec lea yens.

On lut donc enchanté de la pér

héritier et sa compagnie, et Mario charma et conquit aussi les paysans par ses manières accories et son doux parler. /

Chargé par son para aamtertouttohourga un grand festin pour le dimanche suivant, il le ÛtrtfrtureUenwDt en des termes d'une si parfaite égalité, que Guillaume et ses amis, et même le républicain M. de Beuvre, eurent besoin do an rappeler que l'enfant sortait lui-roeme de h bergerie, pour n'en être pats un peu choqués. . ./.

Lh marquis, s'apercevant de leur blâme, se demanda ait ne devait pas rappeler Mario, qtri s'en allait de groupe

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Hnia une vieille femme» lu doyoana du village, vint h lui, appuyde but su héqullle, al lui dit d'una vote chevrotante:

— Monseigneur, yûub Atea béni du boa Dieu peur uvuii été doux et humain mu pauvres ahamtkns. Voua aveu f«il oublier votre père, qui était un nomma rude a vous comme aux antres. Voici un entenlqui tiendra de voua et qui empteheraqu'onne vous oubliai

La marquis «orra les mains de la viotllo et laissa Mario serrer les mains de tout le monde.

U lit boire a la santé de son fils, et but lui-même h celle de la paroisse, pendant qu'Adamas faisait encore tonner son artillerie.

Comme lu foule a'éloignalt, le marquis aperçut M. Poulain, qui observait toutescuosessana sortir d'un petit hangar, oit il s'émit placé comme dans une loge de spectacle. Il lai coupa la retraite en allant le saluer cl l'inviter a souper et en lui reprochant de ne venir Jamais.

Le recteur le remercia avec une politesse énigmatique, disant, avec un feint embarras, que ses principes ne lui permettaient pas da manjsr avec des prétend»).

On disait dans ce temps-u, selon l'opinion ù laquelle on appartenait, Us réformés ou fea prétendus réformés. Quand on disait le» prétendus tout court, c'était l'expression d'une orthodoxie qui n'admettait même pas l'idée d'une réformation possible.

Cette expression dénigrante blessa le marquis, ci, louant sur le mot, il répondit n'avoir point de fiancés en sa maison.

Je croyais M. et madame de Beuvre fiancés avec l'erreur de Genève, reprit le recteur avec un sourire perv flde; amaient-ila «vorcé, & l'exemple de M. le marquis!

— Monsieur le recteur, dit Bois-Doré, ce n'est point

Vi moment do parlât théologie, et je confesse n'y rien eiHowlro. Uno foi3, deux foin, voulez-vous être dm noires, avec ou amis parpcdllolsî

— Avec, Jo vous Pul dit, monsieur h nuwqute, cela m'est irnpossiblo.

— Eh Wn, monsieur, reprit Bols-Bord aveen ne vivaclt-j dont II no fut pas le motlre, en sera quand voua »* itar. ; mais, les Jours où voua no me jugerez pas digne de voua recevoir en ma maison, voua km psut-eiro nusai bion de no pu venir en ma maison pour ma le dire; car ja mo demanda ço que, iiq voulaut pouit y entier, voua venez y Hn, 3» moins q«e ce ne soit de dénigrer, ceux qui me fout l'honneur do l'y trouver bien.

in rociour cherchait co qu'il appelait la persécution, c'est-à-dire qull ddslrolt Irriter la marquis, pour le mettre dans son tort vis-a-vis do lui.

— M. le marquis admettant tous les habitants de ma paroisse h une réjouissance de famille, J'ai cru, dit-il, y duo appelé comme les autres. In m'étais même imaginé que cet aimable enfant, dont on célèbre la recouvrance, aurait besoin do mon ministero pour aire riltitégte dans le sein do Valise, cérémonie par laquelle il eût fallu peut-être commencer les réjouissances.

— Mon enfant 3 éto élevé par un véi table chrétien et par un véritable pnatro, monsieur I II n'a. besoin, d'aucune réconciliation avec Dieu ; et quant à cette Mcrisque sur le compte de laquelle vous croyez être si bien InHrall, sachez qu'fllle «si meilleure chrétienne que bien des gêna qui s'en piquent Soyez donc en pal», et venei chez moi h visage découvert et «ans arrière-pensée, je vous en prie, m n'y venez point dn'tout, jo voua le conseille.

.. ; ftattchlse m dans mon million, monsieur le

Miqula, répondit le recteur en élevant la wfr ; et la

OH MM-MWl ■ ■ SOS'

Piwito, o'esl que je vous demanda sans détour où est M. de Villaronl et d'on vient que Je M Le vais point on votre compagnie.

Colle Inaidiuusa brnaqueriu faillit ddmonlor Bois-Doril.

llourowomenl Guillaume d'An , qui ao ranpruchail do lui on ta moment, avait entondu In question, et il hg ohorjwn d'y répondre.

— Voua déniante M. do YMarual, dit-il on saluant M. Poulain. Il est parti do ce chtau avec mol lilor nu

— Excu^ex-moi, reprit lo recteur on saluant Guil- Inwmo nvoo plus dMsiinljt qu'il n'en montrait 1 Buis- Bord. Alors c'est cita* voua, monsieur lu comte, que je puis lui adresser une tottro?

— Non, monsieur, répondit Guillaume ddpKc de cette instance. Il n'eut point chez moi aujourd'hui.. .

— Mais, s'il a uld faire unu promenade, vous nltetidm son retour, ce aair'ou demain au plus tard. Je suppose?

— le no sais puiut quoi jour II rentrera, monsieur : je n'ai pas coutume de questionner les «eus. Mais venez donc, marquis; on vous réclame au rnlon.

Il entraîna Bols-UorS vers les de Buuvre, pour couper court aux investigations du recteur, qui se retira aveu un cirangn sourire et une humilité menaçante.

— Vous parlioi do M. ie Villareal, dit de Beuvra au marquU; je vous el entendu prononcer son nom. D'eu vient donc que nous ne te loyons point céans T Eat-il malade?

— U est parti, dit Guillaume, que cos Interrogation» devant de nombreux témoins :■■■>■■»•■>• et Inquiétaient beaucoup.

— Paru pour ne plus revenir? dit Ufriane.

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206 LB« ee»u» HaaaiBuaa

— Pour m plus revenir, répond U Bols-Doré avec formaté.

— Kh bien, dit-elle aprea un» petite pause, J'en suis

— Voua ne l'aimiez ponuf dit le marquis en lui offrant son bras, tendit que Guillaume marchait auprès «Telle.

— Tous ailes me trouver folle, répondit U Jeune dame; eh bien, Je me confessent quand même. Je tous en demande pardon, monsieur d'Are, mais votre ami me faisait peur.

— Peur?... C'est singulier, d'autres personnes m'ont dit de lut la même chose I D'où vient, madame, qu'il vota faisait peurî

— Il ressemble décidément a un portrait qui est chez nous, et que vous n'avez peut-être jamais vu... dans notre petite chapelle 1 L'aveî-voua vu?

— Onll s'écria Guillaume frappé; Je sua ce que vous voulez dire. 11 lu] ressemblait, sur ma parole!

— II lui ressemblait! Vous parles de votre ami comme s'il était défunt 1

Mario vint énler rompre celte causerie, Leuriane, qui l'avait déjà pris eo grande amitié, voulut lui donner le bms pour reutrer.

— Guillaume» Bob-lXré restèrent un frétant seuls, en arrière de la société.

— Ah I mon cousin, dit te Jeune nom (ne an vieillard, n'eat-oa point une chose bien déplaisante que d'avoir a cacher mort d'homme, comme ai l'on avait a rougir de quelque laobeté, quand, au contraire...

— pour moi, J'eusse aimé mieux la franchise, répondit le marquis. Cest vous qui m'aves condamné à ceue teinte ; mais et elle vou* r>ee...

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os noi s -Doit 8 397

— Km, iront Votre recteur semble avoir des soupeana. Mon d'Alvimar faisait fort le dévot, l.n soutane serait pour lui, t't c'est jouer trop gros Jeu dans le pays ou nous sommes, 'faisons nous encore jusqu'il uo nus h mariera dont votre frire a dlfi lâchement occis soit bien répandue, et montrez-en la prouve a tout le mondt sans nommer les coupables. Quand vous tes nommerez, on sera tout disposé à les condamner. Mais, dites-moi, marquis, savez-roussi le corps do co malheureux?...

— Oui, Aristandre s'en est enquis. Le frère ublat a foH son office.

— Mais compraneï-vous quelque chose b ce d'Alvimar, non cousin? Un homme à bien né, cl qui montrait de st bonnes manières 1

— L'ambition de cour etla misère d'Espagne! répondit Bols-Doré. Et pute, tenez, mon cousin, il m'est venu souvent en la pensée un paradoxe philosophique ; c'est que nous sommes tous égaux dovant Dieu, et qu'il ne mit pas plus de cas de l'âme d'un noble que de celle d'un vilain. Voila le point ou le populaire calviniste ne ae trompe peut-être point trop?

— EH! ehl reprit Guillaume, h propos de calvinistes, mon cousin, savoï-vous que les affaires du roi vont mal, la-bas, et que l'on ne prend pas du tout Nontauban î l'ai su a Bourges, de gens bien Informés, qu'au premier jour on lèverait le siège, et ceci pourrait bien changer encore une fois toute la politique. Tenez, vous voue eu» peut-être un peu trop pressé d'abjurer, tous!

— Abjurer, abjurer, dit Bois-Doré en hochant la tète. Je n'ai jamais rien abjuré, moi Me réftécbis. Je discute avec moi-même, et, selon qu'il me vient de bonnes raisons, j'admets, une forme mi l'autre. Au fond...

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Mil les maux «rsa Bisons

— Au tond, voua êtes comme mol, dit

— Le souper, quotqw tris-Intime, fat servi nvtc un luxa inouï. U su] le était iltaréo do feuillages et do fleura enlacés de rabane d'or et d'argent; les ptas fines pièces d'orfèvrerie et do fafencerla furent exhibés; la» meta et lea vins les plus exquia lurent offerts.

Cinq ou six des rosllieura amis ou voisins étaient arrivés au damier cgup de cloche; c'était encore une surprise pour le marquis, Adamas avait dépêcha des Gounieu dans tons les environs.

H n'y eut point de musique durant le repas; on voulait parler, on avait tant île choses à se dire I On se contenta d'annoncer chaque service pur une fanfare dans te préau.

Lauriane prit place en tace du marquis avec Mario li ssdruilo.

Lucuw fut de la fête; on ne redoutait ta malveillance' d'aucun convive.

Une demi-heure après fja'on fat sorti de table, Ada- * i

mas pria son maître de monter, « avec sa compagnie, < en la salle des YeroureS, » où une nouvelle surprit» était

préparée, ■ . " t

C'était un divertissement dans le août de l'Époque, !-!

maia tel qu'on avafe pu l'e^utêt Ma n6to dans un petit f local. ■ '- :■' • ■

fond de 1» salle éla» arrangé' «n «tanière .rto •

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de nois-noaS 290

théâtre arec de riches tapis sur quelques tréteaux, îles étoffai pour cadre et des feuillages naturels pour coulisses.

Quand on eut pria place, l.ucilio joua un beau miwcaau d'ouverture, et Je page Clhidur parut sur la sebue, en costume de berger de fantaisie. Il chanta dos couplets rustiques assez Jolis, vu qu'Us étaient de la r içoa du maître lovettn; puis il se mit h prder ses moutons, do véritables aynenux enrubanes et bien lavés, qui so ceinportèrent ossea décemment sur la scène. Ftourial, la chien du berger, Joua aussi tres-convenablement son lû!e.

La BOtirdoline lit entendre une musique somnolente et douce, au son do laquelle le berger s'endormit.

Alors un vénérable vieillard s'avança, cherchant avec angoissa jusque dans les poches du dormeur et dans la laine des moutons. 11 avait une si plantureuse barbe, dot chBvoux et des sourcils blancs tellement touffus, qu'on ne te reconnut pas d'abord; mais, quand U eut a déclamer quelques vers de sa façon pour exprimer le sujet de sa peine, en partit d'un joyeux rire en retrouvant Tac- I cent 'gascon d'Adamns.

fie vieillard eptoré courait après fe flwiin, qui Un avait ravi sou Jeune maître, l't'afant adoré de son sei- , eneur.

Le berger, éveiue en sursaut, lui demanda ce qu'il souhaitait. Il y eut entre eux un dialogua libre, oh l'on répéta bien des fois la même chose, ce qui, selon Adamas, . avait l'avantage de faire saisir Oint spectateur* ce qu'il lui luaisait d'appeler le nmd de la p&e.

U berger aida le vieillard dons ses recherches, et ira étaient attaquer, un petit fort placé 1 dans les tranches, aufooidu ti^treet cfflfcé dei» tejdntafo, lequel fort

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300 les bbaux nasal bous

n'était autre que celui apporté jadis an croupe du clti-

tsau de Sanay par le marquis, lorsqu'un épouvantable

géant, ImWllé d'une mariera lanlasUqua, s'opposa a leur

dessein.

Co géant, représenté par Aristandre, s'exprima dV bord dans une langue Inconnue, Comme 11 s'était déclaré incapable de retenir trois paroles apprises, Ludlio, qui avait btao voulu aider Adamas dam la misa en scène de as composition, avait autorisé le carrossa», en sa qualité de géant, a articuler, au hasard, das syllabes sans suite et dépourvues de sens; Il suffisait qu'il eût l'air tea rible et la voix formidable.

m (•Insultait et le provoquait delà façon la plus vivo, le traitent d'ogre, d'enchanteur et de monstre, le bon géant, voulant ne pas rester court, laissa échapper, en franc Berrichon, des Jurements si épouvantables que l'on dut se hâter de le tuer pour l'empêcher de scandaliser (assistance. s

Celte scène déplut à Fleurial, qui n'était pus brave, et qui sauta par-dessus la rampe de bougies pour venir se réfugier dans les jambes de son mettre.

Quand ce monstre de carrossetri fut étendu de son long sous la vaillante épée de bob aTAdamas, le peiitfort s'écroula comme par enchantement, et l'on vit apparaître I sa place une sibylle. . !

C'était la Morisque, a qui l'on avait confié de baltes étoffes d'Orient, et qui a'en était arrangée avec beaucoup da «ont et de poésie. , EUe était fort belle ainsi et fat sablée de grands ap-

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e t du plus humble travail aous la protection d'un pauvre praire, c'était la première fols do sa, vlo qu'elle su voyait richement vétuo, accurilKe avec affection par des Rom riches, ci applaudie pour su rtScc et sa beauté, sans arrière-pensée outrageante.

Elle ne comprit pas d'abord; elle eut peur, elle voulut s'enfuir. Hab Adaraas se servit h propos dos cinq ou six mois d'espagnol qu'il savait, pour la rassurer tout bas et lui faire comprendre qu'elle plaisait.

Mercedes chercha dos yeux 1s personne qui limé rossait le plus dans raudlloiro, et vit près d'elle dans lacouliase,1edireriteurLuciibqui l'epplaudlssait

Une flamme Jaillit de aea yeux noirs; puis, effrayée du cet éclair de bonheur, dont elle ne se rendait pas compte, elle abaissa tes longues paupières, qui dessinèrent leurs ombres veloutées but ses joues brûlantes. Elle parut encore plus belle sans que l'on sût pourquoi, et on l'applaudit de nouveau.

Quand elle eut repris courage, elle chanta en arabe; après quoi, elle fit, aux questions du vieillard Adamps, des réponses dont il eut l'air de ne se polntpayer.

Aptes un débat en pantomime accompagnée de musique, elle lui promit l'enfant qu'il cherchait, a la condition qu'à subirait encore l'épreuve de combattre une affreuse tarasquede papier doré, qui arriva sur le théâtre en rampant et en vomissant des flammes.

"L'intrépide Adamas, résolu s. tout pour ramener au t 'rcail foctant de son martre, s'élança au-devant du dragon, et 11 allait le percer de son glaive Invincible, braque la tarasque se déchira comme un vieux gant, et le beau Mario sortit de ses flancs, babillé en Cupidon, c'eat-à-dive en satin, rose et or brodé de fleurs, la tête

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db aoia-noiifl S03 iluviia, quo Ton pourrait iradiilra ainsi : * Kov.nu ce bras, II n'eal point d'ennemi qui ne montra un euiur .Je poule. »

Le divertissement fui opplaudl avec acalorantlun.

Le raarquU pleura d'ntso de voir la geiuillesaQ de son fils et le noie d'Adonias.

On mangea des friandises, on so 'lîsputa lus caressa* de Mario, et l'on ae sépara a mm fcaures, ce qui élait fort tard dans les habitudes campagnardes de ce

Le kndequun, il y eut clmusn h l'nlwimi. Lnuriauo voulut absolument que Mario (fit do I» parlio; elle lui prêta son cheval blanc, qui était doux et sago, et monta bravement Hosidur. Le marquis ns manquait pas de palefrois de rechange.

La chasse fut anodine, comme il convenait aux personnages qui en étaient les héros.

Mario y prit tant de plaisir que Luallio craignait que ce ne fat trop d'enivrement subit pour cette Jeune Wto, et qu'en ne la rendit malade ou insensé. Mais l'enfant montra qu'il avait une excellente organisation : il s'amusait vivement de toutes ces choses nouvelles, cl cependant il ne s'en grisait pas trop ; au moindre appel h sa raison, il reprenait ses esprits et obéissait avec une douceur d'ange. Ses nerfs ne furent point surexcités, et il entra dans le bonheur -comme dans un paradis d'amont et de liberté dont il se sentait digue.

Le souper de ce second jour de U s Briantes d'autres amis; le lendemain, ce fut la Rie offerte aux vassaux, un repas pantagruélique et des danses cm les vieux noyers da l'endos.

On organisa même, soua d'Are, un tir i. l'arquebuse.

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'SU 1KB SBAUK tlli j3l(iUHS

Mario proposa «n gamins du bourg un tonoouia i la coursa « a la fronda, et obtint la pamriBsion da reprendra, pour eoUe tatte, m habits nwnlognarta, oit tl sa etmudt beaucoup plus a l'aise.

Il montra uneasiliuS et une tlmea «ul mnpHrairt m concurrent? MpMIdb, Aucun ne nul songer un instant a lui disputer te prix; aussi sa relir»-t-il modestement du concours, afin da donner équUsblement te prix

Une cérémonie & la fois Ingénue et prétentieuse, mm touchante au fond , termina tes fêtes.

Au contra do labyrinthe du jardin, s'élevait una petite fabriqua couverte en paille et simulant une chaumière.

Umarrjub appelait catte fabrique te patoi* fAstrée.

On y porta les pauvres habita grossiers et rapiécés que Morio avait but le corps lorsqu'il lit sa première entrée dans te manoir de ses pires. On en composa une sorte de trophée rustique avec l'humble guitare qui lui avait servi rte gagne-pain en voyage, et l'on suspendit te tout dans l'Intérieur de la cabane, avec des guirlandes da feuillage et un cartel où on Usait, sous la date de ce mémorable Jour, ces simples paroles, choisies et calligraphiées par Lucillo : Souviens-toi d'avoir été pauvre.

En même temps on présenta à îlario une grande corheUte contenant douze faabiltements neufs qu'il eut le plaisir de distribuer i doiue pauvres groupés sur le petit perron de la chaumière. ' ••> ■ ■' ' " : .

Enfin te marquis commanda, pour être placé dans te chapelle de l'église paroissiale , un petit mausolée en marbre, dédié a 1s mémoire du bon et saint abbé kajonanL Ludlio eu prcsonta le plan et eu composa no-

OUBOia-DOBB 898

On ae sépara des conviés, et le cattaa m fit en manoir tteBtfantes,

Le marquis ne rott alors h songer aortauaoment a l'éducation de un fils. Hais, ail eût été livré a lui-même, an milieu des préoccupations d'habillement qui prenaieni Uni de plana dans sa vie, son Mrttler eût fort Un pu oublier eo que l'abbé Anjorrant lui avait appris, pour n'acquérir quo des notions es-sclences de tailleur, de bottier, d'armurier et de tapissier. Heureusement Lucilto était 15, et 11 eut arracher chaque jour quelques ht lires a cas frivoles iiulueuccs.

Lui aussi, ce tendre cœur, il m mita chérir ardemment l'enfant de son uni, et non-seulement a causa de l'ami, mais aussi à causa de l'enfant lui-même, qui, par sa tendre docilité et la clarté de son intelligence, rendait attrayante la tache, d'ordinaire si fâcheuse et ai maussade, de l'instituteur.

Cette tache de Lucflm n'était cependant pas facile. 11 sentait qu'il avait charge d'âme , et précisément celle d'une âme Infiniment précieuse et pure. II voulait, avant tout, faire « cette Jeune conscience une 'forteresse de croyances et de convictions contre les orages de l'avenir. On vivait dus un temps si troublé!

Certes on ne manquait ni de lumières acquises ni d'excellentes notions de progrès. C'était l'époque des nouveautés, disait-on : nouveautés détestables selon las uns, providentielles selon les autres. La discussion était partout et cher tous et alors comme aujourd'hui, comme hier, comme toujours, le vulgaire des intelligences croyait tenir des vérités ïnMUUes.

Mais le monde de l'intelligence avait perdu son unité. Les esprits calmes et désintéressés cherchaient désormais ta justice, tantôt dans un camp, tantôt dans l'autre; et,

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DH MU-BOB i 807

pure la melllonro vérité Boeïale de mon temps. ■ Il fallait donc no pas trop sa préoccuper dos bits, et, qomd on était instruit ot totrltlflfnit, croira î> une vêrtK. quand mémo, au-dessus do toutes eelto» qui ae pre>cbafent par la monda, puisque le (doive, la corde, lo bûcher, tt meurtre, le viol et lo pillage étalent le» moyen» de conversion des parte vis-li-vis les une des «lires.

Lueilio GloveWuo rdflecl.W 6 toutes ew enosea et wsokt d'aller selon rSrangllfl, eonwusntâ par son propre cour; ear il voyait trop bien que ce divin livre, entre les mains de certains catholiques et de certains pro testants, pouvaient devenir et devenait chaque jour un code de fatalisme, une doctrine d'abrutissement et de

fi se mit aune i. enseigner h Mario ta philosophie, nnatolre, tes langues et las sciences naturelles tout ensemble, tlchant de faire rassortir de toutes choses U logique et la bonté de Dieu. Sa méthode fui claire et ses explications concises.

Jadis éloquent, le pauvre Ludtto avait eu d'abord bien du dégoût pour la parole écrite, et môme encore parfois u souffrait d'être obligé de resserrer en peu de mots sa pansée; main a- quelque chose malheur eae toujours bon pour les esprits d'élite. U lui arriva que la paresse d'écrire longtemps et l'impatience de se révéler le forcèrent et l'habituèrent à se résumer avec une clarté et une énergie transcendantes, et que l'enfant fut nourri des choses, sans détails Inutiles et sans redites fali-

8 ^teço B 9iureM d'une étonnante brièveté, et portèrent a^eHeedan» wjem» «éprit la certitude, aime en en temps*, et penr cause.

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Ds son eoté, Bole-Horé, tout en occupant »on ffla h puérilités et de fadaises, te conserva pur « bon, grâce h cette myalcriause InanBlatton qui d'une benne «aturo . MGOQunuIqiwAuna «H», saoa y songer et sans h

Tous le» enfin» sont portés fi réagir contre l'enseignement trop formulé; l» suivent plus volontiers un Instinct qui le ; mena, sans savoir lui-raèuw où il w>.

tonqui», au milieu de ses lut** préoccupations, te

adonner, U n'en ifc.K4fi.iJt Jamais d! dépit ni Usaltude. Il M levait, écouta», questionnait, consolait et agissait.

Naturallemeat fianeur et débonnaire, U ne s'ennuyait d'aucune plainte et,ne ^Impatientait contre aucunbnvardage de pauvre comrnere. ainsi, tout en ayant l'air de consacrer sa >le à des rions, il ne peeseit guère de moment» dan nette vie teclto et bénévole esnsquH fit du plaisir ou du bien a quelqu'un.

Aussi aa Journée, toujours commencée ereo de beauj projeta de travail pour son ois [il appelait travail le eau de le toilette et renseignement des belles manières), se passait a ne ae décider sur rien, a ne rien entreprendre, et a laisser

Cependaot, eu bout de quelques semaines, grâce a ractfviie d'Adamaa ett rbtteBfgence de la Horisque, on *veltiéu«Maén^Maifo«ngeittmoinrne de qualité,

PS BOtB-BOHH

et maint te morqub était venu >• da lu) donner quelques notions de manège et dVai rima.

Il T avait, en outre, tous les matins, de (dnlsantea séances entra te vieillard et l'enranlpourlaieçon do«rtcw.

La marquis faisait entrer et sortir dix fais de tudle son élève, pour lui apprendra la façon de s'introduire avec élégance et courtoisie dans un salon, et celle de se retirer avec modestie et politesse.

—Voyez- vous, mon oher comte, lui disait-il (n'était l'heure où il fallait <e parler avec da graciantes cérémonies), loM^u'un gentilhomme apasté le soull de In porto et fait trois pai dans en appartement, 11 est déjà fngé par les personnel de mérite ou de qualltt qui l'y trou von 1. 11 faut donc que toutson mérite & lui et toute sa qualité s'annoncent dans l'attitude do son corps et dans Pair de son visage. Jusqu'à ce jour, on voua a accueilli avee desoensses et de tendres familiarités, voua dispensant des convenance* que tous no poovles point aavoir; mais cette indulgence cessera vite, et, si l'on vous voyait Barder des manières rustiques sous les habits que volla, on s'en prendrait a votre naturel ou a mon In différence. Travaillons donc, mon char comte; travaillons sérieusement : recommençons celte révérence qui manque da brûlant, et refaisons cette entrée qui a été molle et sans noblesse.

Mario s'amusait de cet enseignement, qui était une occasion de ne carrer dans ses plus beaux habits, de se voir dans tes glaces et de se remuer énergiquement par la chambre. 11 était ai adroit et si souple, qu'il ne lui en coulait presque riea d'étudier cette sorte do ballet majas-

Mil LUS DBftOX MKSSJtiUllS

Citait un cours complot de pantomime, oh to mar> quls, malgré son «go, était encore ejtCûBent comAlion.

— Voyea, mon fus, disait-il en aa coURhuoI m m ftnpant d'oue certaine façon, voici les manières d'un matamore; regard» Won ce que ]e vais faire pour ne te taira Jamais , alno» par Juki, et voua en abstenir on benne compagnie.

Alors il repr^enialtiMcapHBnJwawcbirwtnatMrcl, al Mario riait a bo rouler par terre.

On lu) per weUaif. , pour s'amuser, do filtre la oapltan tr «en tour, si c'était le tour du marquis «le rua à tomber dons son fauteuil : tant le lutin était un singe "droit et gentil I

niais H fallait revenir a la leçon.

Leawrquls toi montrait alors te personnage d'un rustre tuurd, troacodnl et importun, ou celui d'un pédant amer et désagréable, ou celui d'un niais décontenancé; et, comme il fallait des acteurs pour rendre la scène parlante , en faisait venir las gens de la maison. Heureux quand on pouvait retenir Adaman et Mercédes , qui s'y prêtaient avec beaucoup de gaieté ou d'esprlf . Mais AdaruBs était actif et la Storlsque laborieuse : ils demandaient toujours à s'en aller travailler pour Mario. " .

On se rabattait sur Qindor, qui était de lionne volonté, mais bâti comme un pantin, et sur h Beilîmfe, qui aimait bien a représenter iiw fonde mais qui faisait ce rote de la manière Ta plus ridicule et la plus absurde, te marquis l'en reprenait grôement, et relevait ses balourdises au profit de l'enseignement de Mario, qui était passablement moqueur, et qui s'en réjouissait .de manière a mortifier singufièremenHa gouvernante.

Bile ae piqoaiten s'en «Kafft, et Mario, te ses «-«Bte rires, oubliant que c'était l'heure de la tenue, sautait sur

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les genoux du marquis et l'embrauasU on le tutoyant, ce que la vieillard n'avait pas ta courage d'onipeulien car lui Mi&tl s'amusait pour soit compte, cl ne trouvait rien du plus doux que do voir son enfant s'tunufwr avao lu! comme un bon camarade.

Après la dinar, on montait n clioval. La marquis n'était procura, puur son héritier, tes plu» Jolis gênais du monde, et 11 était un excellent professeur. Ainsi do l'escrime; maia cas exercices fatiguaient beaucoup to vieillard, ot il ovnit dos Mippldauts qu'il sa iioritait !■ «rtjn ■ "

Il ; avait aussi un mettra de blason, qui venait deux fais par semaine. Co dernier ennuyait considérablement Mario; mais il prenait sur lui-mema, avea un courage bien rare chea un entant , puur ne rien repousser de co que son para lui imposait n wc tant do douceur.

■ Il so consolait de In science héraldique avec ses bons petits chevaux, sca belles petiloa arquebuses et les leçons de Luciiio, qui rattachaient et l'émouvaient vivement.

II avait pour ce muet un respect dont il ne sq rendait

■ pas compte , soit que sa belle Ame sentit la supériorité d'une grande âme j soit qim la vénération enthousiaste de Mercddès pour Luciiio exerçât sur lui son magnétisme; car il restait dans son cœur la 01s de la Moriaque, et, sentant qu'il y avait entre elle et le marquis une tendre jalousie a cause de lut, il avait l'adroite délicatesse d'ètr» tout a l'un et a l'autre, sans éveiller l'inquiéttidede ces deux coeurs d'enfants, a la fois généreux et susceptibles.

il assit déjà fait cet apprentissage de déllcrtesee avec sa mère adoptive , lorsqu'ils vivaient auprès de l'abbé AnjorasQt; U ne lui était pas dilflcilo de continuer.

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L'étude qui lui plaisait le rdue était celle de la mu-

l.uciUo, «a celii encore, était m admirable maître. Son délicieux talent charmait l'enfant et le jetait dans des rêveries extatiques. Mais ce goot, qui eût absorbé tous les »utte», était un peu contrarie parte msrquis, lequel trouvait qu'un gentilhomme ne devait pont étudier un art au point de devenir on artiste, mate savoir a fond d'abord coque Ton appelait le métier des armes, ensuite un peu de tout, » le mieux passible, disait-il, nuis rien do trop; car un homme très-savant en uns chose dédaigne les autres, et n'est plus aimable dans le

Mario devenait le plot joli garçon de la terre. Sa peau, naturellement blanche, prenait, sous le ttede soleil d'automne de nos provinces, un ton fin comme celui d'une fleur. Ses petites mains, rudes et couvertes d'égratignures, maintenant gantées et soignées, devenaient aussi douées que celles de Laurisne. Sa magnifique chevelure châtain faisait l'admiration et l'orgueil de l'ex-percuquier Adamas.

Le marqua avait eu beau lui démontrer la grâce par principes, Q avait conservé sa grâce naturelle, et, quant

à çeQe du gentilhonane, il l'avait rencontrée dès le premier jour, eu endossant le justaucorps de satin,

Les savantes études chorégraphiques qu'on lui faisait (aire ne servaient donc qu'à le développer dans le sens de son organisation, qui était de celles ope l'on ne faussa pas. . ■

Des qu'il fui nippé, le marquis le mena rendra des visites ife lieues* la ronde.

Ce fut l'événement du pays que l'apparition decet en-

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'WMU-Mftf 313

faut , dont tes Jaloux et les comratra s'étaient moqués d'abord comme d'une cmmera etd"un fantôme, mais qui, ofasajm jour, prenait consbtiance et réalité.

Quand on le vil passer leatenmut eut- son petit cheval, escorte de CUndor et d'Ariataodre, à travers les rues de La Châtre, on commença a écarquiUer les veux et s se dire:

— C'était donc vrai?

On demanda comment 1] s'appelait et comment il s'appellerait. Le marquis, homme de qualité, se résignerait-Il à avoir pour héritier un simple petit gentQUlre ï Hais avait il te droit de léguer son titra et ses trois gelines diadémées d'argent h un Bouronr Le roi actuel permettrait-il cela? n'était-ce pus contraire aux lois et aux usages de la noblesse î

Grave question I

On en psrla.qutnie jours durant, et pois on n'en parla plus; car on se lasse vite des choses ardues, et, quand on voyait la vieux marquis et son petit comté aller dîner chez quelque voisin, tous deux habillés Identiquement de même, soit en blanc a la paysanne , soft en bleu de ciel cannetillé d'argent, ou en satin abricot avec les plumes blanches, on en vert gai, ou en rose de péeke, avec des rubans tissus d'argent et d'or, et tous deux gracieusement étendus sur les coussins cramoisis de la belle carroche, traînés par leurs beaux grands chevaux aussi empanaches qu'eux-mêmes, et, suivis d'une escorte de laquais qu'on eût pris pour des seigneurs, tant ils étaient bien montés, bien armés « reluisants de dorure? , Il n'était, soit dans la ville, toit dans les villages, soit dans les châteaux, noble, bourgeois ou vilain qui ne se levât

- Suai sus ! J -entends venir la grande Carrod» ni

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8ta lue beau s amiitii

mEwnttalCoiiroi» vilement voir passer les beaux nnaaleura As Bota-Tiuri 1

Pendant que oaa choses sa passaient dans rheurawt pava de Barry, Ifi midi do la Franco croissait en effer-

Vera la 15 novembre, On avait appris d'une maniera certaine, a Bourgee, que la roi avait été forcé de lavor lu siège de Montauban.

Lo jeune roi était brave ; Il avait pleuré en se retirant.

Luynea, qui avait prétendu réduira le parti par la corruption des chuta , avait échoué auprès de Bolian, général de la province et défenseur de la ville. IL était malheureusement prouvé que ce noble seigneur était au nombre des rares exceptions, et que le système de Luynes était efficace avec la plupart des nobles révoltée; maie ce système à'aohètemnl ruinait la France et dégradait la royauté.

Louis XilZ ie sentait par moments et voyait ses efforts paralysés par l'incapacité et l'indignité de son favori.

L'armée était mal tenue et mal payée. Le désordre était scandaleux ; le roi soldait trente mille combattants, et n'en avait pas donna mille effectifs pour Unir la campagne. Le» officiera étalent découragés. Mayenne venait d'être tué. Le carme espagnol Domingo de Jesu-Maria, a la sainteté et à l'ont lionsiasmo duquel les dévots allemands attribuaient la Victoire do Prague, avait prophétisé en vain bous les nuire de Hontauban.

Les faux miracles sont plus difficiles en France qu'ailleurs. Les calvinistes relevaient donc la téta, et, dans les premiers jours de décembre, H. de Bois- Doré vit arriver chez lui M. de Ifeuviu, très-animé, lequel lui dit en confidence ;

— Mou voisin, je viens vous Consulter eut «ne affaire

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on m>is-«on(! 3|8 d'importance. Voua savez qu'allié *h près nu duc do Thouara.cliefdo In maison dû la Trèmouillo, dont j'ui l'honneur d'être, |M mmgfi, lo printemps dermor, A me Joindre aux gens do La «oeholle. Voua n'iMi retenu, m'assuram que le duc fondrait comme neige dnvnnlto roi, ce qui est arrivé ranima vous me PaononctM. Mais de ce que le duc mon parent a fait tua faute, il ne résulta point que J'aie eu raison do h faite aussi, et je oie reproche d'abandonner mu cause, surtout au montent où elle reprend viguour.

— Sans doute quo la langue voua fourche, mon voisin, répondit Bais-Doré naïvement : voua vont™ dim que la causa a grand besoin da vous ; car, si vous coures a son secoure parce qu'elle a lo dessus, ]o ne vois pas où est le mérite.

— Mon cher marquis, reprit de Beuvre, vous vous êtes toujours piqué de chevalerie. Je le sais ; mais, moi, (e soiB un homme positif, et Je dis les choses comme elles sont. Vous êtes riclio ; votre fortuue est faite, votre carrière est finie, vous pouvez philosopher. Moi, sans être pauvre, J'ai perdu beaucoup du mien pour avoir mal joué ma partie dans ces derniers temps. Je me sens encore dispos, et l'inaction m'ennuie. Et puis je ne peux souffrir les airs de supériorité que prennent, en notre pays, les vieux ligueurs. Les tracasseries des ;éauites m'enragem. Si Je veux vivre en paix comme tous, il Ta* doue que j'abjure î

— Comme moit dit le marquis en souriant.

j c sa i s bien que votre abjuration n'a pas fait

sonner grand'cloc'hes, reprit do Beurra; nuis, si peu que ce Boit, C'est encore trop tfit pour mol : J'aime mieux me battre, et J'ai encore cinq ou eixaw d'activité et de saalô pour le faire-

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110 fcUB UHADJi H

— Ebl tous êtes bien gros, mon voisin t

— Vous croyez me voir grosasir, parce qua voua na wwa voyes peint mandrer, non «natal Cest vous qui dovenea plus oraux, <rt sou moi qui deitans plus rebondi.

— Sûttl J'entende bien vos raisons pour felre encore cette campagne. Vous croye» qu'elle sera boni is ; mais

ganta at tes pasteurs, tout oela combat bravement a un Jour donné; mais, la lendemain, on se divise; on se déleste, on aïnjuria, al chacun tire do son coté. La partis est perdue depuis In Saint-BWhétany, et la roi des huguenots ne l'a regagnée qu'en abandonnant la cause. 1 voulut être Français avant tout ; et ce que voua voulea faire na profilera ni a la France, ni a vousmême.

De Rouvre ne souffrait pas la contradiction. 11 s'obstina et querella le marquis sur son absence de principes religieux, lui, le plus sceptique des hommes.

En le laissant causer, Bols-Doré vit bien qu'il était alléché par les bonnes conditions que la royauté était ■ pa fois

a se vendre, comme tant d'autres, mais à se bien battre, et a profiter, sans scrupule, de la victoire* pour se mon-

s décidé, lui dit le marquis avec douceur, Ù fallait donc n» le dire tome suite, et ne pas me demander mon avis. le n'ai plus qu'une chose h voua représenter. Vons aller voua équiper et emmener

i ïxwuvais parti que Km peut feins a votre nue,

s'il passa par la léte des jésuites de signaler votre

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db uoia noné 317 absence. & M. de Comté? Etraoyea qu'ils n'ymanqoaront point, quo te château da la Motte-SeuiUy sera exposé à qaalqm occupation au nom du roi, exécutée, comme il arriva toujours, par da mauvaises gens; vWe Alla en danger de recevoir quelque Insulte...

— Je ne crains point cela, dit de Beurra. Je serai censé à Orléans, où l'on sait que J'ai un procès. Je me dirigerai de la, sans bruit, vers la Guyenne, où je prendra) quelque vieux nom de guerre, comme c'est l'usage, pour couvrir mes Mena et ma famille en mon nbsanco; je serai te capitaine Chandelle, ou le capitaine La Paille, ou le capiiaiuo... n'Importe quoi.

— Tout cela se lait, je le sais, reprit Bois-Doré, mois ne réussit point toujours t je vous promats da défendre votre manoir autant qu'il dépendra da mol et de mon monde; mais, si je ne craignais de vous proposer une chose inconvenante, je vous offrirais de prendre en mon logis votre Lauriane pendant cette absent».

— Offrez, offrai, mon voisin; car j'accepte et ne vois point où aérait l'inconvenance. Il n'y a inconvenance pour une femme que là où il y a danger pour sa vertu ou pour sa renommés, et Je ne vois nullement qu'entre vous qui seriez son grand-père, votre petit qui n'est qu'un écolier, votre philosophe a qui la langue ne saurait repousser, et votre page qui a la mine d'un singe, ma fille risque de perdre son cœur ou sa raison. Donc je vous l'amène dès demain et vous la laissa jusqu'à mon retour, certain qu'elle sera heureuse et en sûreté cbei voua, et que vous serez pour elle, comme pour moi, le meilleur des amla et des voisins.

—Tous y pouvez compter, répondit Bois-Doré. J'irai la chercher moi-même. Ma carroche est assez grande; ■ elle 1 pourra mettre ses effets les plus précieux, RtM

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31» tBB BBAUÏ NBBBIHHM

qua Vau eaclia trop vila *u pays qu'elle fait mrtia chose qu'une da m promenades accoutunrios.

En effet, dos ta lendemain, Uuriane était Instaura a Rrtantes, dans la aatle des Verdun», que llngéniaux Adamaa convertit rapidement en nppanument luxueux ot confortable.

r,;i Jtorisque demanda a servir ta Jeune dame, qui lui inspirait confiance et sympathie, et Louriane, qui avait aussi beaucoup d'estime et d'atlratl pour elle, la pria de coucher dans le cabinet auprès de sa vaste chambra.

LaUrlane se sépara de son père avec beaucoup do courage,

La généreuse enfant ne soupçonnait en lui aucun calcul, elle qui vivait de foi et d'enthousiasme. Elle ent difficilement compris ce que c'était que raisonner, douter

e un lion, et le voyait franc par vivacité d'humeur et fierté de gentilhomme : c'en était asses pour qu'elle se fil de lui un héros.

Il sentait, lui, la candeur et la grandeur des Instincts de cette Jeune tête, et n'eût osé se diminuer devant elle, en montrant combien il était, plus qu'elle ne te pensait, ¥ honnête homme de son leraps, c'est-à-dire celai qui faisait le. moins de mal possible, tout en songeant bien atnwsonépintfedujeu.

Ce n'était plus le temps de l'idéal : on était entré ' a af&eux jtvn» sifcele; grandiose » morale et matérielle, va taris-

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as BOM-oorÎ 919 mat, où la nature llnlt par i» plus nourrir l'homme, oh I» terre épuisée manque sous lui (1).» Ce n'étufcnl pas les hoiruras vieillis dima tes luîtes du siècle précédent qui pouvaient rajeunir le siècle nouveau; mais les enfanta avaient du cteur ; «s eu ont toujours quand on les laissa faire I

Inurlane, enthousiasmée de la telle conduite des ttobtin et des La Force à Monlouban, poussait donc sou pèro au départ, croyant qu'il ne songeait qu'îi relever l'honneur de la cause, et qu'il ne voyait dans tout cela, comme elle, que la dignité et la liberté de la conscience, octroyées par Henri IV, a conserver nu prix de la fortune, de la vie, s'il le fallait.

Elle ne versa pas une larme en lui donnant le dernier baiser; elle le suivit des yeux sur le chemin, tant qu'elle put le voir; et, quand slle ne le vit plus, elle rentra dans sa chambre et se mit a sangloter.

Meroédes, qui travaillait dans le cabinet, l'entendit, vint sur le seuil, et n'osa approcher. Elle regrettait de ne pas savoir sa langue pouf essayer de la consoler.

Cette fille aux instincts maternels ne pouvait voir souffrir un jeune cœur sans souffrir elle-même et sans avoir besoin de le secourir. Elle imagina d'aller chercher Mario ; il loi semblait qu'aucune douleur ne pouvait résister a la vue et aux caresses de son bieu-aiiué.

Mario vint doucement sur la pointe du pied, et se trouva tout près de Lautiaoe, sans qu'elle l'eut entendu venir. Uuiiane était déjà sa sœur chérie. Elle était si bonne pour lui, al enjouée à l'ordinaire, al soigneuse de le faire amuser, quand il postait la journée chei elle t

ho la voyant pleurer , (1 fut intimidé : il erojait,

(l)aucbd*(,kuf.u>un< l .

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3W . ' "tu jîm'ï Hiiasisuna

comme tout la rxn.de, qua M. de Beum n'était abaent

quo puai quelques joura.

O resta* h genou» sur la bord du couuin où cite avait posa sas pteda, « il la regardait, tout interdit; entlu il se hasarda a lui prendre le* mains.

EUe tressaillit et vit devant eue cette figure d'ange, qui loi souriait a travers des y eus humides. Touché» de h sensibilité de cet enfant, elle la près» avec effusion sur son cœur en baisant ses beaux cheveux.

— Qu'eat-to que vous avez doue, ma Laurianeî lui demanda- t-il enhardi par cette effusion.

— Eht mon pauvre mignon, lui leramdlt-eBe, ta Lauriaoe a du chagrin comme lu en aurais ai tu voyais partir ton bon père le marquis.

— Mais U reviendra Mentoi, votre papa; 11 vous l'a dit en s'en allant.

— Hélaal mon Mario, qui sait ait reviendrai Tu gala bien que quand on voyage...

— Est-ce qu'U va bien loin r

— Non, mais... Allons, allons, je ne veux pas te foira de peine. le veux aller prendre l'air. Veux-tu venir retrouver avec moi ton bon père?

— Oui, dit Mario, il est dans le Jardin. Allons-y. Voulez-vous que faille chercher ma chèvre blanche pour vous amuser de ses gambades f

— Roua irons la chercher ensemble ; viens 1

Elle sortit en lui donnant le bras, non pas eominn une dama a'appnyant but celai d'un cavalier, mais; tout au contraire, comme une parité maman, passant celui du garçonnet sous lè sien.

En descendant l'escalier, ils trouvèrent MeroSdès, dont les beaux yeux doux les caressaient en passant. Lawiane, qui se faisait entendre d'elle par signes, n'a-

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DB BOIS .aoiiû 331 volt besoin quo de la regarder pour la comprendra, Elle devina sa tend» aolBcHude, et lui tendit sa main, que MwoMôs voulut baiser. Mais Lauriane ne la souffrit pas et l'embrassa sur lu deux Joues.

Jamais une chrétienne n'avait embrassé le Morisque, toute chrétienne qu'elle était elle-même. Beliinde se fat crue déshonorée de lui faire h moindre caresse, et, la tenant pour païenne, elle répugnait même a manger en sa compagnie.

L'effusion toute ch*nnante de la noble petite dame fut donc une des grandes joies de la vie de celte pauvre mie. et, dès ce moment, elle partagea presque son amour entre elle et Marie.

Elle s'était toujours refusée II essayer d'apprendre un mot de français, s'eUbrcant même d'oublier le peu d'espagnol qu'elle savait, dans la crainte exagérée d'oublier la langue de ses pères, comme elle l'avait vue se perdra dans le* habitude* et dan» la mémoire de quelques Moriaques isolés a l'étranger, dont elle n'avait pu se faire comprendre. H lui avait suffi, -jusqu'à ce jour, de pouvoir parler avea le savant abbé Anjorrant, aveo Mario, et maintenant avec Lucliio. Hais le désir de parler avec Laurtaneet la bon marqua lui fit surmonter sa répugnance. Elle ternit même qu'elle devait accepter la langue de ces êtres affectueux, qui la traitaient comme un membre de leur race et de leur famille.

Lsorlane se chargea d'être son institutrice, et, en peu de temps, elles purent se faire entendre l'une de l'autre.

Lauriane ne tarda pas a sa trouver fort heureuse a Briantes, et, si ce n'eût été l'absence de son père, dont, an reste, elle reçut vite de bonnes nouvelles, elle s"v fat même sentie plus heureuse quelle no. l'avait été de

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333 Lss asmit «braisurs

Ou tîmli presque toujours saule a ta Motte-Seuflty, la robuste de Bauvre chassant par tous les temps, aimnnt a aa fntlguar, at n'ayant pas, maigri non affection pouf elle, k» mille petits soins, les délicates prévenances, Icg gâteries Ingénieuses que la marquis savait mettre au sartrien des femmes et des enfants,

Élevée avec un peu do rudesse, elle avait dasWorcer d'être un peu rude fi elle-même, surtout depuis que la pensés d'un long veuvage s'était présenté à, alla comme une éventualité du mita et des ctoonstaorn ou elle se trouvait. 11 y avait eu des monuats oh, sans désirer encore de s'appuyer aur un «sur assorti & l'âge du sien, elle avait senti que son propre courage la froissait, comme une armure trop lourde pour ses me oh bras délicats. Elle s'était endurcie par de» «sas de piété et de velouté ; elle s'était déjà presque imposé l'habitude de rire quand elle se sentait envie de pleurer ; nuls la nature reprenait ses droits.

Seule, elle pleurait souvent malgré elle, appelant malgré elle une société, une affection, nue mert, une sœur, un frère, quelque sourire, quelque coudas tendance qui l'aidât a respirer et li s'épanouir dans un air plus suavo que l'ombre frnida de eon vieiw manoir, le lugubre souvenir de» Borate et les récriminations politiques de son père moqueur et froissé. ,

Il se fit donc un lapide changement en elle a Brtantes. Elle y redevint ce qu'elle avait besoin d'être, ce qu'elle né pouvait casser d'être que par une tetiatm pénurie da se volonté, ce que la, nature voulait encore qu'eue' fltt:Une enfant. : .

■Iema%f*, aa>afraas4 avec joie delà pensée d'en Êdio sa fùnime. en fit résolument sa fille, se plaisant m&neel-fdéeqn'eBe était si Jeune, qull pouvait bien.

dr aoia-nonS 333 MB te uop vieillir, la regarder comme la sœur atoéo ae Mario.

WaWeura su Naarre coquetterie, arriva a tfaccommotler de deux enfanta encore anaux que d'un seul. Ces Jeunes compagiwus, dont il aimait à paru» le» couleurs tondre» et à partager le» amusements naïfs, le rajeunirent (tau son estime, ou point qu'il sa parauadail parfois être M-mâmo un adolescent.

— ta vois, disait-il a Adamas, il y n des gens qui «Jaillissent; moi, jo ne saurais leur ressembler, puisque •a no ma plais qu'uwc la Jeunesse innocente, je lo Jure, mon ami, que je suis revenu à ima âge d'or, et que j'ai las idées aussi pures et aussi riantes que cette mignonne et ce eltémbin.

Laurier*, Mario et le marquis devinrent donc inséparables, et leur vie s'écoulait dans une continuité d'amusements entremêlés de bonnes étuta et de bonnes action*.

Lnuriane n'avait pas été élevée du tout. Elle ne savait rien. Elle voulut assister aux leçons que Jovelin donnait à Mario dans le grand salon. Elle écoutait, en brodant m liège .de tapisserie aux armes du marquis, et, quand Mario avait lu ou récité sa leçon, il malliit sur ses genoux les démonstrations écrites de Lueilio. pour les lire avec elle, Lnuriane s'étonnait de comprendre aisément des choses qu'elle avait cru être au-dessus de l'intelligence d'une femme.

Elle se plaisait beaucoup à la leçon de musique et faisait quelquefois sa partie de téorba avec agrément, tandis que la Morisque Chantait ses douces complaintes.

Le roirquis, étendu sur sa grande chaise, regardait, pendant ces petits concerts, les personnages delà tapisserie ÏÀatrée, et. croyant les voir agir ou les entendre

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SHi MB BEAUX Mt'SSItlUKS

chanter aus-mémes, il a'aaaouptBsait dans ai» héattaita délicieuse.

Lucilio preii:.ii aussi m part de ce bonheur do famille, quil ai toisait oublier un peu la aoKtudo de non emt et l'eftroi de son avenir.

l/austara et naïf philosophe était enoom en fige d'Aimer ; mais H croyait ne devoir plus aspirer à l'amour, et, après en avoir connu plus d'une foie lea nobles flummes, il redoutait de tomber dans quelque liaison sensuelle, où son ame ne serait point comprise. 11 se résignait donc a vivre de dévouement aux autres et d'oubli définitif et absolu da toute illusion.

Loi qui avait supporté la prison, l'exil, la misère et subi le martyre, il s'exhortait à vaincre le désir du bonheur comme H avait vaincu tout le reste, et sortait toujours de ces méditations apaisé et triomphant , main triomphant comme on l'est après la question ; un mélange de fièvre et d'anéantissement, l'Ame d'un coté, le corps da l'autre, mie via dont l'équilibre est rompu et où l'esprit rie sait plus bien dans quel monda il se trouva.

Ucluo s'exagérait pourtant son mamenr. Il était auné, non par une ilWellfgence, — c'est la ce quil hii eût fallu, du moins il le croyait, pour se récondUer avec as tragique destinée, — maie par un cœur.

Mereedàs était, devant a science « son génie, comme une rose devant le BofeO. Elle en buvait Ire rayons sans les comprendre ; ma» alla était éprise de aa douceur, de son courage et de «a vertu, et son ame tendre était prosternée devant lui. Elle ne s'en défendait pas, car elle s'en misait une rtfigioa et un devoir; seulement, elle ne disait rien, parce qu'elle avait pKm de crainte

dr BOis-Dûafl SIS

Nous ne devons pas oublier de meiiUonner m son Ben une petite rérotution domestique qui arriva ou eliatim da BrianUa. quoique Jours après h départ de H. de Beurre; car l'importance de ce mince événement de famille bb fit sentir gravement plus tard aux trop heureux habitants du manoir.

Ken que, des beau* messieurs de Boia-Doré, la plus Jeune ne fut pas toujours le plus enfant, Mario avait bien quelquefois ses accès d'espièglerie, surtout quand, selon l'expression dTAdamaa, t il se monialt la téte avec la mignonne madame. » il était trop bon et trop aimant pour molester jamais bâtes oi gens; jamais 11 n'eut à se reprocher d'avoir tiré l'oreille b Fleurial, ni adressé vu mot désagréable* Clindor; mais les choses inanimées ne lui inspiraient pas toujours te respect que certaines J'entre eues inspiraient au marquis. De oe nomnre étaient les petites statues du roman d'Astrée, qui décoraient les jardins à'isaurc et le fameux labyrinthe, et l'antre de la vieille Mandrague, dont il s'était beaucoup amusé dans les premiers Jours, mais qui, peu à peu, l'ennuyèrent comme des Joue» trop immobiles. ■

Un jour qu'il esssysit un assez grand sabre de bois qit'Arlatandre avait taillé pour loi, il Bt mine d'en menacer un personnage de stuc, qui représentait le dissimulé Filandre, c'est-à-dire le feint Filandre, parce que, ressemblant à/y méprendre * sa sobut Callirée, il prit, comme l'on sait, ses Habits de femme pour s'introduire dans l'intimité de la nympliequ'il aimait.

Le berger était représenté sous oe déguisement féminin, et l'artiste chargé delà création des personnages, se fiant à la ressemblance bien avérée du frère et de la

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320 LIS BS40X MESSIEURS

placés en feco l'un de l'autre, avec ceux d'Amidor, de Dgubni», De, dana la pxoads de verdure, dite bosquet ikivtéprtses f amour.

Aussi, pour distinguer le frère de ta sœur, le marquis avait-il durit an crayon, aur le ni&toetal du frère, un fragment de ce long monologue qui commence ainsi : <iO omreeuiiM Filandre, qui pourra jamais excuser ta fauteîelc.«

La Saura de ce malin personnage était si stupide, que Mario, sans le haïr précisément, aimait à le railler et a le menacer. Il lui avait bien appliqué déjà quelques soufflets umffenaifs; mais, m Jonr-ii, voyant que lu défi qu'il loi portait faisait rire taurlane, il mi lança un coup de sabre plus fort qu'il ne rayait prévu, et fit voler dans les gazons le nés du pauvre Filandre.

A peine cet exploit fut-il accompli, que l'enfant en eut regret. Son père aimait Filandre tout autant que les autres bergers.

Lauriana, après beaucoup de recherches, retrouva ce malheureux nez dans l'herbe, et Mario, grimpant sur le piédestal, le recolla da son mieux avec de la terre glaise-, atafs au était aux premières gelées, et, dès le lendemain, le nez était par terre ! On le recolla encore; m n!s le dissimulé Filandre était si bêlé, qu'il ne put jamais garder sonnez, et que le marquis vint enfin à passer dans un moment où il ne l'avait pas. .

Mario s'accusa; le bon Sylvain fit ses remords et ne gronda point Mal*,. le lendemain, ce ne fut pas seulement Filandre qui manquait de nez, c'était sa avur

paraWellUbeeUc-roÈine ! l*» 0 »- CetM» fois, Bois-Bore teaérieuaeroent ém*«o*esia de douteux reproches a wri enfant, qui se mit ïplcu-

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rer a grosses lames, jurant aveo sincérité qu'an'avait de ta vie, cassé d'autre nez que celui de l'otUrceuftH Filandre. Landau* aussi protestait de finnoeence do son Jaune ami.

— te tous crois, mes enfants, je vous crois, dit la marquis, tout bouleversé dea pleurs de Mario. Hais pourquoi ce chagrin, mon fils, puisque voua n'êtes point coupable ï La 1 voyons, ne pleurai plus ; Je vous ai Maine trop vite : ne m'en punissez point par vos larmes.

On s'embrassa, avec effusion, mais on s'étonna de, ce massacre de nez, et Laurlane observa au marquis que quelque méchante et sournoise personne avait dû la faire à dessein d'en rendre Mario coupable a eos veux.

— Cela est certain, répondit le marquis tout pensif. L'action est desphw noires, «J'en voudrais bien tenir l'aûttur pour le condamner & perdre son propre uea f Je lui enterais la peur, snr ma parole I

Cependant on essaya encore de ne voir la qu'un enfantillage, et les soupçons tombèrent sur le plus jeune commensal du manoir après Mario. Mais CUndor montra une ai vertueuse indignation, que lemarqulB dut ht

Le jour suivant, il manqua encore deux ou trois nés, otAdamas, indigné, Et monter la garde jour et nuit dans les jardins.

Le dommage cessa, etle bon Lucuio, touché du souci de Bois-Doré, composa une pâte italienne ai

Hais qui pouvait être l'auteur du crime f Adamas te ■soupçonnait ; mais le marquis, ac refusant a croire quo quelqu'un de sa maison fût capable d'une pareille infamie, ht rejetait sur quelque suppôt de M. poulain.

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3ÏM US MA»X HBIIUUM 1

— Os cagol, dlasft-fl, puisqu'il noua tient pour palans etldrièu^saaMaimagiiii que nous rawHona on cul ta Àeesslatues I Ht pourtant, Adamas, tUes sont lotîtes pudiques et décemment vêtues, cornu» û" convient qu'elles «dont on un lieu où se promènent nos entants I

— - Je dirais avec tous que c'est quelque bigot qui a bien plus clairement l'envie scélérate do faire gronder H. le comte. Or, tout le monde ici se ferait tuer pour lui, tonton l'aime, hormis une personne détestable...

— Mon, non, Àdamaal reprenait le généreux marquis. C'est impossible I Ce seralt trop odieux de la part d'une

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