‹ Les beaux messieurs de BoisDoré. 1Chapitre 19 sur 25 · IV, LUS BEAUX MKSSIKVUS · texte numérisé non relu

IV, LUS BEAUX MKSSIKVUS

« — Celle que vous suppose* I » — Nommez-la, repris-jeconnaissantbienquac'était la Betlinde, mats voulant éprouver la science do cet habile

compère.

* — Les astres me le défendent, répondit-il ; mais je t ous puif dire ce que fait, au moment où nous parlons, la personne quo ma» n'aimez point. Elle est cbes le recteur, OÙ elle se gausse do vous, disant que vous avez mis en tùle nu châtelain de oo mauoir d'épouser la Jeune madame...

— Taisez-vous, Ad amas, taisez-vous I s'écria pudiquemeut le marquis ; vous ne deve* point répéter les billevesées...

— Non, monsieur, non! je no dis rien; mais, voulant savoir si le sorcier disait vrai, des qu'il tut parti, jem'en allai, comme en mo promenant, le long du presbytère, on je vis la Bellinde a une croisée, avec la gouvernante, lesquelles toutes deux se mirent à rire et à me bafouer en se cachant.

Jovelin demanda si ce bohémien était entré dans le château.

— il l'eût fort souhaité, dit Àdarnas ; mais Mercédès, qui le regardait de la cuisine sans se montrer à lui, me pria de ne point le recevoir, disant qu'il était sujet à dérober, et je ne le laissai point entrer dans le préau. lien regardait !a porte avec beaucoup d'émotion, et, comme je lui demandai ce qu'il y voyait, il me répondit :

i — Je vois de grands événement» près de s'accomplir dans cette maison ; si grands et si surprenants que je les dois annoncer à votre maître. Failes-moi parler à lui.

s Vous ne pouves, lui dis-je, il n'est point céans, i — Je le sais, repriHl. II est à la Motte-Seuilly, où

DR nois-nOHiî US

J'essayerai do le voir ; mais, si Je no poux lui parler ta sans témoins, je reviendrai ici, etvéritablenieni, si vous me refuaeg encnre l'entrée, vous en aurez regret un jour, car bien des destinées sont en mes mains,

—■ Tout cela est fort remarquable, dit naïvement le marquis Le fait est qu'il m'a prédit tout cequim'arrive, et jo regrette maintenant de ne l'avoir pas Interroge davantage. S'il revient, Adamas, il me le faut amener. — Ne m'avez-vous pas dit, mon cher Mario, que c'était un garçon d'esprit î

— Il est ires-amusant, répondit Mario ; mais ma Mercédés ne l'aime pas. Elle croit quo c'est lui qui nous a voie le cacliet de mon père. Moi, je no le crois pas, car il nous a aidés a la chercher et a le réclamer aux aulros bohémiens. Il paraissait nous aimer beaucoup, et il faisait tout ce que nous lui demandions.

— Et qu'est-ce qu'il v avait sur ce cachet, mon cher eufaotî

—Des armoiries. Attende! 1 M. l'abbé Anjorrant les avaît regardéesavec uuverra qui faisait voir gros, car c'était si Un, si Ou qu'on ne distinguait pas bien, et il m'avait dit

■ — Retiens ceci ; D'argent à l'arbre des'mople. i

— C'est bien cela, dit le marquis ; ce sont les armes de mon père I Ce seraient les miennes si le roi Henri ne m'en avait composé d'autres â sa guise.

— Les unes et les autre?, écrivit I.ucilio, sont sculptées sur la porte du préau. Demandez à l'enfant s'ilne les avait pas vues en arrivant ici.

— Et comment les eût-U vuesl dit Adantas, qui lisait les paroles de Lucllio en même temps que son maître. Les maçons qui réparaient l'arcade avaient leur échafaud dessus!

— Et ce matin, reprit Lncilio avec son crayon,

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lift LES BKitVK MESSIEURS

lorsque le bohémien regardait celle porto, pouvalt-j) voirie* ëcussunsT

— Oui, répondit Adamas, les (Scliafauds étalent enlevés, et les maçons occupés ailleurs, Les écusaons remis a «eut,.- Mais j'y songe, maître Jovelln, ce La Flécha devait savoir quelque chose de l'histoire de notre cher enfant puisqu'ils ont voyagé ensemble?

— je ne crois pas, répondit Mario ; nous n'en parlions jamais a personne.

— Mais vous en parliez avec Mereôdcsî écrivit ï.ucilà). La Flèche comprend-il l'arabe î

— Non, il comprend l'espagnol i mais je parlais toujours arabe avec Mercedes ,

— Et, dans la bande do ces bohémiens, n'y avait-il pas d'autres Morisquasï

— Il y avait la petite Klar, qui comprend l'arabe parce qu'elle est fille d'un Morisque et d'une gitana.

— Alors, écrivit Lucilio au marquis, renonce:: a la croyance au merveilleux. La Flèche a voulu exploiter la circonstanco. U savait jusqu'à un certain point l'histoire de Mario ; il a appris 1a votre dans le pays, celle de votre frère disparu il y a dix ans. 1] avait volé le cachet. Il a reconnu les armoiries sur l'écusson de la porte. Il avait retenu les dates. Il a deviné, pressenti ou supposé la vérité entière. Il a couru a la Motte pour vous (aire sa prédiction, qu'il a apprise par cœur à la petite gitanelle. Ce soir ou demain, il vous apportera le cachet, pensant débrouiller à lui seul le mystère que vous savez maintenant, et recevoir une grosse récompense. Cest un filou et un intrigant, rien de plus.

H en coûtait au marquis d'admettre des explications si naturelles et si vraisemblables; pourtant «s'y rendit Adamnslutta encore.

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h g aoitt-nont i\~

— Comment, dit-il a Lucilio, exiiljqwnw-vous co qu'il m'a révélé de la BcUimlu et du presbyUVoî

LucHi» répondit que cela ôUil bien aisé, iielliiirte avait écouté, la veilla, aux portes do l'JippnrKimoiu du marquis; La Flèche avait écouté, le matin, a l.i porto ou noua los fenêtres do la cure.

— Vous dites sensément les choses, s'éerin le marquis, et Je vuis bien qu'il n'y a pas lit d'autre magie ipw celle de la sainte Providence, qui a amené, avec cet enfant, la vérité Bi la joie dans ma maison. Allons souper ! nous aurons ensuite l'esprit plus lucide.

Celle fois, le marquis soupa vite « sans plaisir.

Usa soutint espionné par IteUîitde, qui n'avait plus l'espoir d'écouter dans le passage secret, vu qu'AdomuH, pendant qu'il tenait les maçons, l'avait fait murer dans la journée; niais la curieuse et malveillante fille remarquait les longues conférences du marquis et de Jovclin avec Mercédès et l'enfant, te* portes formées pendant ces entretiens, et surtout les airs importants et triomphants d'Adamas dont chaque regard semblait lui dire : « Vous ne oaure* rien t »

Elle n'était pas assez intelligente pour deviner quoi q.ie ce fût. file pensait que le marquis, donnant suite à ses espérances de mariage, préparait avec ■ les égyptiens s un divertissement pour la petite veuve.

11 n'y avait rien la dont elle pût tirer parti contre Adamas, son ennemi personnel; mais elle ressentait, contre lui et contre la Morisque, une jalousie qui ne cherchait que l'occasion d'une vengeance.

Lorsque Bois-Doré fut seul avec Jovelin, ils concertèrent et arrêtèrent un plan de conduite pour le lendemain vis-à-vis de d'Alvimar.

La lettre de U. Anjorrant fut attentivement relue et

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?1B NKSHRAI'K MBSSIliUitS

tBMimUi, Puis lo bon Sylvain, qui n'aininU pasa s'nbsorbur dans les affaires sérieuses ai tristes, fa revenir Rua Iwritier ut passa la «airtta a causer et h Jouer avec lui. Eu cela, il tenait bleu réellement de ton cïiermallre Henri IV, sans penser a le eiirgur.

Il adorait les graci-sde l'enfance, et, sanslo défont da snitplosrti de ses reins, Il eut Tait volontiers le clieval autour de la chambre.

— Ça, dit-il a Marnas quand il vit le sommeil alourdir 1rs paupières soyeuses du Mario, il finit le rendra

I la Moiisque, peur que, cette nuit encore, elle prenne soin de lui. Mais, demain, quand nous aurons tirtf au clair l'affaire du ce Vitlareal, it ne sera plus question de cacher la vérité, ot je veux que mm héritier ait son lit dans le boudoir de nia propre chambre. Venon, mon entant, dit-il a Mario, regarde!! ce petit nu 1 , tout or et strie, qui n'attendait qu'un gentil seigneur tel que vous I Aimeis-Yous celle tenture du lampas rose vif eleos |*rtits meubles incrustés de nacra! Ne semble-l-il pas qu'ils aient été destin™ a un personnage île votre taille ?

II s'agira, Ai lamas, de lui arranger un lit qui soit un chef-d'œuvre. Que dirais-tu d'un carré a colonnes torses d'ivoire avec un gros bouquet de plumes roses à chaque coin ï

— Monsieur, dit Ada mas , des que nous serons trsnûuilles, je mettrai mon esprit à la question pour vous contenter, car rien n'est trop beau pour votre héritier. Et nous songerons aussi à ses habillements, qui doivent être appropriés à sa qualité.

—l'y songe, Adamas, j'y songe I s'écria h marquis, et je veux que sa garde-robe soit toute semblable a la mienne. Tu me feras venir ici les meilleurs tailleurs, tes lingère», les cordonniers, chapeliers et plumassiers les

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pliw habiles an j-jjs, et, un nain durait, j» «su qui', sons mes yeux, jour M nuit, s'il la but, (ni travailla A l'équipement île mon neveu,

-- Kl ma Hercules, tlil .Mario autant rte jiiiu, osHti qu'on lu) ilimiiiira aussi île belles piln-s cauiiiiu U Iti Iliudu en a?

— I.a MorcùdÈs aura de lu-Iles rôties, îles robes i\\>t et d'arijent, hi C'est sa fantaisiu... lil cln iwt f;iil )<nisor,., licoutoî.niou cher Jiivuliii.il me semlilu une ci'Wr femme est bel tu et ci tuera jeune. Ne seriez-v<ms pi-i.it d'avis de lui laisser reprendre feï le costume uiorisiiue, qui est fort filant, sauf le voile, qui est pur trop islamitû? l'uisquo cette bonne créeturu est franehe cliré- Ueitne a l'Iioiire qu'il est, et que nous vivons dans un pays oit le populalvo. n'a jamais vu de Numu.ua, eo i:usturae ne choquera les niants de personne et réjouira les nùtrcs. Qu'en pense votre sagesse?

La sagesse île l.ucilio avait fort h faire pour concilier la tendra iiflectùm que miiritaitlemarquis avec le Nullement que sa puérilil'i faisait nmiiu. Mais, n'espérant pas corriger un ai viril i-nfntit, on somme, la raison lui eoiumandait d'an prendre son parti et de l'aimer tel qu'il était.

Le philosophe eût désire que, pjur commencer la nouvelle destinée de Mario, on ne l affiliât puint tant de parures et de luxe, mais ({n'en lui dit plutôt quelque chose des devoirs nouveaux qu'il av;iilà pratiquer.

Il se consola en remarquant que l'enfant était moins enivré, de la possession île ces choses que réjoui el attendri des amitiés et caresses dont il se voyait l'objet.

Le lendemain, d'Uvimar, qui n'avait pas dormi de la nuit, fit demander par Bellinde, qui le soignait avec

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230 LIS BEAUX MKSBIKURB

complaisance, la permission do u« pua paraître :iv;nit l'après-midi,

Le nstnxfufa lui fll encore «nu cunria visite, et fut frappa do l'altération do ses traita. Sous lo coup doi sinistres prédictions qui lui avalant éW faites, (I avait nu oVs revea affreux.

Enfin, la clarté du jour avait fait entrer l'espoir dans a.ui line, oi il sommeilla «ne partie du la Jourwlo.

te marquis profila de ce répit pour revenir a sas projets d« parures.

Il monta avec Mario et Adamas a la sa lia vacante, qui était au quatrième étage, c'est-k-dire au-dessus de la chambre des Verdures.

Celle salle, inachevée, offrait on pole-mèlo de coffrets et d'armoires ofi Mario, des que les cadenas el couvercles furent levas, et les battants ouverts, crut entrer dans un conte de fdes. Ce n'étaient que tissus magnifiques, galons éblouissants, rubans, dentelles, plumes et bijoux, riches tentures, cuirs de Cordoue, meubles en pièces tout neufs et prêts à être montés, reliquaires chargés de pierreries, excellentes peintures sur verre qui n'attendaient que l'assemblage, belles mosaïques d'émail numérotées en piles, pièces de toile fine, immenses rideaux de guipure, treillis d'or el d'argent; enfin un butin complet qui sentait son partisan d'une lieue, et que le marquis regardait comme très-légiumeraent acquis à la pointe de son épée.

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nu nom-nonÉ 221 i.'ut muas de dépouilles oplmes s'appelait, dans la maison, le magasin, lo fourre-lout. Il était constf rontenir lo Iran-plein des objets d'ameublement, la rebut, km rognures.

Allumas seul était initia* au contenu dacea coffres merveilleux, et il appelait tout bas cette salle le (ri'sur ou Fibkoge,

Il y avait la, non pus des colifichets 4 In mode, en nu un dans les appartement* du marquis, mais des objels d'art ou d'industrie d'une grands valeuretd'unBHrandoueauti, quelques-tins tort aneions et d'autant plus précieux : des étoffes dont les procédas de fabrication étaient déjà perdus, des armes de toute dimension et de tous pays, quelques bons tableaux et manuscrits précieux, etc.

Tout cela voyait rarement le jour, le marquis craignnnt d'éveiller la cupidité de certains voNns, et no faisant sortir ses richesses du magasin que pou à peu et avec vraisemblance de récente acquisition.

Il était cependant fort rare que lus lieras pillards do ce tem|» fussent condamnés a restitution : mais il arrivait fort bien que quelque puissant personnage, survenant pour son compte et prétendant agir au nom do l'Eglise ou de l'Étal, s'appropiiàl tranquillement l'objet en litige.

C'est ainsi que Catherine de Médicis, pour remercier Jean de Hangest (dit le capitaine d'ïvoi) de lui avoir rendu Bourges par trahison, s'était emparée du magnifique calice orné de perreries, pillé par lui dans le trésor de la Sainte-Chapelle de cette ville, et qu'il avait mis de coté comme sa part de butin.

Au milieu de toutes ces merveilles, le marquis choisissait tout ce qu'il fallait pour l'équipement de Mario, qui était appelé i dire son goût quant aux couleurs

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■>U tKS DRAHII IIKSÎIKIIKS

On so repttfMMi'i-uii mal tes (wNuult.s docului enntjiio. si l'on pensait qu'il fût n»eessi"'ru d'aller, conimenujnurd'hui.à rVriï ut*u' prunih-n le ion 01 iruuvordos miniers liauites dan» l'art .te ta mllniio et de la iWcoratloa.

Ce »» f«> h» 1 * 11 I 110 3JU! ' '■" ui * XIV < l" e 10 "a" 11 ™ 1 ' 8 '*" lion iln Non et do In modo Ht do Purin l'école du sont ei l'arlnïro do tYlonanco. Mcliulieu commença l'œuvre de celte centralisation en doïreisant lo pouvoir des princes-, *vant lui, on avait la cour dans le» grands contres dtt nriivlnco, ollcs artisans*:* moindres tocnliiés servaient In luxa ilw Migtam uvou uni' habileiti tnaiUoiuwUô, Un riclio châtelain avait de* artisans parmi sus vassaux; et, mémo dans le* maisons bourgeoises, on faisait faire a domicile 1rs meubles , les habits, le» souliers et |{'H bottes.

Bote-Doré' n'eut donc qu'il clioisir les matériaux ot h commander à Adamas les objets que celui-ci devait foire i.Mt]f(!i:tionnor!n.us ses yeux.

Suus le rapport île la toilotic. Marnas «liait une capacité. On pouvait so lier !i lui, el, au besoin, ii motUUt la main ÎI roauvre avec succès.

Les colonnes et cowiclies d'ivoire, destinées au lit do l'enfant, furent trouvées après quelques recherches,

—Je savais bien qu'il y avait iciquelipiochosecommo cela, dit en souriant le marquis. C'est là un excellent travail qui provient d'un dais de parade enlevé en la chapelle de l'abbaye de Fontgombaud, dont je fus abbé, c'est-a-dirt seigneur par droit de conquête, quinze jours dorant. Lorsque je m'en emparai, je me souviens d'avoir dit en moi-même: * Si le nouvel abbé do Fontgombaud pouvait bientôt devenir père, ce serait là un baldaquin digne de son premier-nél » Mais,héUsl mon ami, je n'héritai point de moles les vérins des moines, et il

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m'a fallu, pour «voir un lits. lu Irouw par miracle on mon tga mflr. N'imparte! il no raYn wra mit»

«lier, cl H -l'on dormira pas moins son snrmneil d'aiitfu sous lu pn vois i|n madame In View do h'niLiK"'iil>;uid,

La marquis fut interrompu dans sus sinu't-nirn jnr l'arrivée ilo /.a Fleclio, qui liemamt.iit !, lui parler.

On reforma nvtiu soin lus «offivs it | t w pum-* du inisor, cl on ïei;nt In drille dans lii Itune-wir,

Il faisait beau tninps, ut Jnvoliu fut d'avis uV nu pas introduiru dans la maison un intri^iint du Ortta iwpiv.',

(ii qu'il avilit prnvu arriva, l.a l'ifcdio rap|nnïuit If cicIm», qu'il prétendait avoir surpris dans lus mains du lu pulilo Pilar ; il prulon liait aussi révéler lu mysloiv <b la naissance do Marin cit l'assassinai du l'Iorimmid i«r M.dnVillarual.

On le laissa dira, et, quand il ont liui, »n )<' roinnya, ou lui donnant un toi pour la peine qu'il avali prisu do rap|»rtor lu enduit; maison foi||nit du ne rii-n comprendre à sou histoire, du n'y ajouter aiiiimo foi, cl de trouver fort mauvais qu'il &e permit li'sccwor M. du Villurcal, contre lequel il n'avait olloctiveiuwit rt'auliv preuve que l'émotion et rexelamation rie la Moriapm, lorsqu'elle avait cru le reconnaître sur la limera do nhimplllé.

lin ceci, le marquiB, conseille par I.iwiliu, agissait sagement. Dans le oas oh il eut accueilli l'accusation, l.a l'Icône ont été fort capablt; d'en ilomier avis a l'Espagnol, afin du tirer du même aac deux mouture».

l.a Ficelle, fort mécontent de son jîûseu, su relirait l'oreille basse, lorsqu'au suivant le mur extérieur du jardin de Galatktk, il s'entendit appeler par une voix douce.

C'éta't Mario, que !e marquis n'avait pas voulu ad-

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9U anaux MssRieuaa

mettre a eet entretien, désirant qtio tout rapport entre son héritier ol la boliemo »t briaé sans retour. Mais, comme il ne s'était pas expliqué a cet égard, l'enfant ne crut pas lui désobéir on se glissant dan* le labyrinllie ol on guotianl, par une petite meurlrlèra donnant sur le village» la sortie du bohémien.

— Qui m'appelle! dit celui-ci en cherchant des yeux autour de lui.

— C'est moi, dit Mario. Je veux que tu me donnes dos nouvelles de Pilar.

— Etqu'ost-cu que tu donneras pour ça î

— Je ne peux rien ie donner. Jo n'ai rien'

— Imbécile ! vole quoique chose !

— Non, Jamais. Veux-tu me répondre î

— Toute Plieure; rtponds-tuoi d'abord. Quefaie-w dans ce château!

— De la musique.

— Après?... Ahl ahl tu ne veux pas parler! C'est bon. Adieu!

— EL tu ne mo diras pas où est Pilar!

— Elle est morte, répondit brutalement le bohémien, qui s'éloigna en sif liant.

Mario le rappela en vain. Quand il ne l'entendit plus il se mit a courir et a jouer dans la labyrinthe, essayant de se persuader que La Flèche s'était moqué de lui. Mais l'idée de la mort de sa petite compagne se dressait affreuse dans sa vive imagination.

— Elle disait que La Flèche la battait, pensa- t-U; mais Je ne le croyais pas. U ne la battait pas devant noua. Mais peut être qu'elle ne mentait pas; peut-être qu'en la luttant, il l'a tuée.

Et, en songeant ainsi, l'enfant versa quelques larmes. Pilar n'était pas une créature bien aimable ; mais il y

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DR ttoia-ïiûnf; Sf*

avait déjii du Hois-Uoro clwjt le bon MarlJ; il diuil particulièrement seusiblu il la pille, ei, d'ailluurs, l'abbé Anjorranl l'avait flUwé dans l'horreur do lii violence et do la enroulé. Maw il wha ses pleurs, craignant dit foire do la peine ii «on onclo, qu'il aimait diijli passionnément.

U'Atvioi.ir sorlit enfin de sa chambre.

Le ropos qu'il avait pria, un beau soleil couchant, In joyeuse chanson îles grivoa, clmsafiront las noirs presstaUmiHiladoiit il était assiège depuis quelques jours.

Habillé et jtarfum il so rendit auprès du marquis et le remercia do l'intérêt qu'il lui avait montré H des soins dont il avait été l'objet. Huis-Doré ne pouvait se résoudre o accuser intérieurement cet homme encore si jeuno, d'un maintien si distingue et d'une physionomie dont l'habituelle mélancolie lui semblait véritablement intéressante; nuis, quand ils furent il table pour In souper, Lucilio étant 14, comme de coutume, pour faire de la musique, Bois-Doré se rappela ce qui était convenu entre eux, et résuma ce qu'il ap[»lait sas engins de siège, pnur livrer un assaut formidable a la conscience de son bote.

11 avait trop guerroyé et traversé trop d'aventures périlleuses pour ne pas savoir se composer un maintien et une figure, sans avoir besoin, comme Adamas, de faire des études préalables devant une glace. Bien que depuis longtemps il vécut assez tranquille pour n'être plus forcé de déroger à sa candeur naturelle, il était trop l'homme de son temps pour ne pas savoir laire ■lire à son regard, et au besoin vingt fois par jour :

« Vive le roi ! Vive la Ligue I »

Les généreux chants de la sourdeline le dispensèrent

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ïM iks «su* MBaaiButis

do smUeiiiï une conversation bannie uni lui ehl semble

bien luiiiiuu.

Ces chauls, qui lu disposaient au ualmo dont il avait besoin, produisirent cette fuis sur d'Alvimur uneexcilu

lion fiévreuse.

Il baissait .faiilûmeui I.iicilio, Il savait son p.éuon., écuappâ devant lui ou marquis, ol d'après cette l'&vùlali>n, M. l'oubli», i|ul dtnit ton au courant des birèsiea cuiiiemporaiuos, avail dovitij, presque «vos cerliludu, que /wH* uloit la tr,.iliicllan libre de fliovelliuo. I.» circujislitikra do la mutilation le confirmait dans au soupçon, ol déjîi j| s'occupait du moyen do s'en assurer et du lui susciter quelque persécution nouvelle.

D'Alvimar l'y eut «balurs niilÉ, s'il n'eût été forcé do s'effacer pour quelque temps, ol lu pauvre philosophe lui était d'outaul plus mu ij iiiLji 10, qu'il 110 pouvait rien contre lui Jusqu'à nouvel unira. Sa belle musique, dont il avait été eharnuS, le premier jour, lui semblait maintenant une bravade insupportable, etl'buniourqul s'emparait de lui ne lu disposait pas à subir patiemment le» investigations quon lui préiiarait.

Après le souper, io marquis lui proposa une partie d'échecs dans le boudoir de son salon.

— Je la venu bien, répotidil-il, a la condilion que nous n'aurons point là de musique. Je ne saurais Jouer arec celte distraction.

— Ni moi non plus, certes, dit le marquis. — Serrea voire douce voix daus son étui, mon brave maître Jovelin, et venez voir cotte tranquille bataille, Je sais que vous prenez intérêt à une partie bien menée.

On passa dans le boudoir, et l'on y trouva un rnagnt tique échiquier eu cristal monté en or, d'excellents Hiégra et beaucoup de bougies allumées.

IfAMiinr iiViati pas miA.ii> eutrv itam Mttto petite pieeo, m 10 dos plus luMton:ei ilu b </i<i>n(')iiMis..ji, il di.iniu lui rofïir.l disirait m rai&le an* l.abi.des itml etki était ■witabrAj, puis on s'nssii, ni lu jinrlio s'eiifîtwna.

XXVIM

!a marquis, fort calme ot poli, smulihiit doiuinr toute son nllontion à sou jaa.

lïnbonl derrière lui, l.ucilin pouvait oh.ififvor lu m.iiuilro inouvomenl, in nmiii'lra e\pivssi<m il,! lymvlc r>-spa^nal, pincé en pleine lumière.

li'Mviiunr jouait avec assez (te promptitude et .In résolution.

Bois-Doré, plus tent, faisait d'assez longues pauses, pendant lesquelles l'Iîspatîiiol, un pmi impatienté, regardait les objets environnants, ses youx se porteront naturel Icmwit b diverses reprises sur une étagère phvA: il sa gaucho et tout pris do lui, eontre lu mur, l'eu à puu l'ubjot le plus en vue, pnrmi les Mbelvtx .lent m pelit meuble était couvert, attira et (ha son attention, et l.ucilïo remarqua elien lui un soutire d'ironie et de dé| lit chaque fois que sou regard s 1 attachait sur eot objet.

C'était un couteau nu et lu i I but, posé sur un coussinet de veluurs noir à franges d'or, et protégé par une cloche de verra,

— Qu'est-ce?luidiien(in le marquis. Vous me sommes distrait! Vous êtes an prise, messiro, al je ne veux point avoir si bon marché de vous, Quelque chose vous nuit ou vous gène. Sommes-nous trop près de co meubla, et voukb-voiw en éloigner la table î

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22« ut* W*« «sssieutis

— Ni», ripons d'Alvirnar, Je suis tort bien; mata je confessa que es beau meubla porta quelque chose qui me préoccupa. Voua plaIWi repondre a une question, si voua na la trouvez point indiscrète f

— Vous ne pouvez faire question qui le soit, messiro. Pariai, de grèce.

— Eh bien, je vous demande, mon cher marquis, comment il sa bit que vous ayez 1k, sous verre, et triomphante sur un coussinet, l'arme de voyage de votre

— Ohl pour cela, vous voua abusai, mon bote! Ce couteau ne me vient pas de vous I

— Je sais que Je nu vous l'ai point donné ; mais je sais qu'il vous a été" donné venant de moi, et c'est un basant que vous n'ignores peut-être pas. Je comprends que tout cadeau d'une belle main vous soit précieux ; mais je vous trouve bien dur pour le pauvre monde, d'exhiber ainsi ce tropliée de votre victoire aux yeux d'un rival cconduit,

— Ce sont énigmes pour moi que vos paroles 1

— Eh! si;je n'ai point la berlue! Me voulez-vous permettre de lever ce verre et de regarder de près î

— Regardez et touchez, mesaire ; après quoi. Je vous dirai, si vous le souhaitez, pourquoi celte relique d'amour et de tristesse est là parmi tant d'autres souvenirs

ou tt?mps passe.

D'Alvirnar prit le couteau, le regarda attentivement, le mania, et, ie reposant tout à coup où il l'avait pris :

— Je me suis trompa, dit-il, et je tous eu demande excusa. Ceci n'est point ce que je croyais.

Lucilio, qui l'observait attentivement, avait cru voh ou frémissement de terreur ou de surprise relever le coin de sa narine mobile et délicate. Mais cette légère

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D* HOia-OÛBl 23:»

contraction Faciale sa produisait cliw lui pour In moindre cause ot mémo parfois sans cause.

Il se remit à jouer,

Mais Bols-Doré l'arrêta.

— Pardonnes-moi, lui dit-il j mais voua aveu paru reconnaître cet objet, et c'est un devoir pour moi do vous interroger : vous pourrez peut-être me fournir quelque lumière sur un fait mystérieux dont, depuis longtemps, ma rie est tourmentée et troublée, Veuille* donc me dire, monsieur de Villaroal, si vous connaissez la devise et les lettres initiales qui sont gravées sur cuite lame. Voulez-vous la regarder encore î

— Cest inutile, monsieur le marquis, je ne connais pas l'objet ; il ne m'a jamais appartenu.

— Éprouveriez- vous de la répugnance à vous en assurer?

— De la répugnanccT Pourquoi cette question, messire?

— Je vais m'eapliquer. Peut-être avez-vous reconnu cette arme pour avoir appartenu à quelqu'un dont vous rougisses d'être le compatriote, et dont vous me diriez pourtant le nom ai j'invoquais votre loyauté.

— Si vous faites de ceci une grave affaire, répondit d'Alvimar, bien qu'à mon tour je ne vous entende point.

Il reprit le couteau, le regarda avec un grand calme, tt dit:

— Ceci est de fabrique espagnole, arme trés-usilre chez nous. Il n'est personne de noble, ou seulement de libre condition, qui n'en porte une semblable en sa ceinture ou en sa manche. La devise est une des plus banales et des plus répa.idues : Je sa-» Dieu, ou Je sers mon maitiv, ou Je sers l'honneur; voilà ce qu'on lit

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sur la plupart de nos armes, quoce soient rapières, pistolets mi coutelas.

— Fort bien; mais ces deux lettres S. A. qui semblent un chiffre particulier î

— Vous pourrie* les trouver sur mrs propres armes aussi bien que cane devise; ce sonl marquas da la fabrique de Salamanqw.

nois-Dore sentit nés soupçons s'évanouir devant une explication si naturelle.

I.ucllio sentait, an contraire, augmenter les siens, 11 trouvait d'Alvimar trop empressé de provenir l'explicalion qu'on eût pu lui demander sur sa propre devise et sur ses propres chiffras, que l'on était censé ne point connaître.

H loucha lo genou du marquis en feignant de caresser Flourial, et l'avertit ainsi do ne pas renoncer a son enquête.

D'AWimar sembla l'y aider loi-même en demandant avec un certain sir de fierté blessée la raison de cet interrogatoire.

— Vous pourriez aussi me demander, répondit Bois- Doré, pour quelle raison un objet qui m'est horrible a voir, se trouve là sous mes yeux à toute heure. Sacliezle, monsieur, cette arme maudite est celle qui a tué mon frire; et j'ai tenu à ne mêla point cacher, à seules fins do me rappeler sans cesse que j'ai à découvrir son assassin et à venger sa mort.

La figure de d'Alvimar exprima une vive émotion; mais ce pouvait être uneémotion sympathique et généreuse.

— Vous aviei raison de l'appeler une relique de douleur, dit a en éloignant le couteau. Était-ce de votve frère que vous parties hier malin, lorsque, consultant

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