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Les beaux messieurs de BoisDoré. 2

Depuis que la Morisque avait enacigni I Adama» divers sec rots orientaux pour la confection des mixture* cosmétiques, le teint, la barbe et les sourcil* du marquis s'étalent sensiblement améliorés. Ils é latent a l'épreuve du vent, de I* pluie et des folies cirasses de Mario, outre que les parfums en étalent plus suaves et l'application plus prompte.

Le vieux Céladon se faisait d'abord adonis» en grand swret, a l'heure où son entant sortait de sa chambre poui prendre sas premiers ébats. Mais, comme celui-ci ne se montrait ni questionneur importun ni ewieux incivil, on to relâcha peu a peu de ces grandes précautions, ei l'on procéda au rajeunissement quotidien avec des détoura fort ingénus.

Les cosmétiques furent baptisés parfums rafraîchissants, ai l'enluminure s'appela entretien du la peau. h. 11*

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1 1.BS BRAUK NKHSlfllllia

Mario ne parut pas y entendre malice. Mata toa enfants volent loul, otcelul-cl 110 lut lias la dupa d'Adamaa; seulement 11 n'y vit pas matière k raillerie. Son bon para ne pouvait rfon faire do ridicule. U e'iniatfua que ces artltea faisaient partie de la toiletta de toutes lus personnes do qualité.

Comme il était assez coquet lui-même, il lui prit donc une grande envie do s'arranger aussi la figure oit gentildomine; il en ni la demande, et, comme il lui tut répondu simplement qu'a son âge an n'avait paa besoin œ ces recliarahoa, il un crut pas à un refila positif. Si bien qu'un soir, étant un moment seul dans la chambre de son libre adeptlf et voyant les flacons épara sur la toiletta , il se passa In fantaisie de se parfumer on blanc et en rose, connue 11 avait vu Ademna parfumer le marquis. Cela fait, il crut devoir foncer et élargir ses sourcils, al, ae trouvant alors une mine martiale qui lui revenait fort, il ne put résister au désir do se dessinai- doux jolis petits crocs noirs au-dessus des livres et une belle royale au-

Comme il n'était éclairé que d'une seule bougie oubliée sur Ut table, il usa largement de la couleur et n'en tut estomper finement les contours.

Le souper sonnait ; il courut se mettre a table, for» satisfait de la mine de mauvais garçon qu'il avait, « tenant son sérieux le mieux du monde.

Le marquis n'y fit pas attention tout de sulie; mais Uuriane étant partie d'un grand éclat de rire, il leva les yeux et vit celte petite Ule douta si singulièrement travestie qu'il ne put ae tenir d'en rire aussi.

Cependant le bon marquis se sentit contrarié et même peine au tond du ccaur. Mario n'avait certes pas songé à le ramer; mais lamaniern large et voyante dont S

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n'était peinlnccuaniUin ptM lr«p, durant Lauriiino, l'oxiaxoace et remploi il» eiîlto pab'lln «la Iniimlii i|iril cmyait leair ni bien cacliée dans sa toiletta et sur non propre viHntjo. Il n'osa mime pu» demander ï l'olifant où il avuit pria «Ho anlumluuru; il «ai craint mm réponaf, trop iiiedniic. U h commit» do lui dira qu'il a'ùUiit dilliHUra ut qu'a ont a aller se débarbouiller.

Lauriano comprill'ambarrasw rinrpiirttuiluJusunvlBU uni, M rentra nu fiainlé; i.iufci l'idée du Mariu un lui un parât qua plus bouffonne, et, durant tout In souper, elle eut ce lou tira da jeuno lillc quu la contrainte duuitninu

L'affût an fut magique sur Mario ; si bien qua lu marquis leur dit avec douceur :

— Allons, entant*, riet dune tout voire soi», puis<|iio tous en avea tant d'envie!

Maie 11 ne rit point lui-mémo, ot, te soir, il gronda ilin-lo, qui N repentit et promit de ne Jamais recommander.

Cette espièglerie avait beaucoup diverti K. Cllndor, qui avait cassé une belle pièce da faïence an pouffant de rire. Grondé par le marquis, Il avait perdu la late et marché aur la patte de Fleuri»], Adamas n'avait pu résister à U drôlerie de Mario, et, lui aussi, Il Mail cil La liel littde fut U seule qui tint son sérieux, elle marquis lui an sut gré.

- Cet enfant est bien espiègle, dit-il le soir a Adalu as, et tout ce qu'il fait marque un esprit badin et fort plaisant. U ne faudrait pourtant pas le trop gâter, Adamas I

Le lendemain, autre affaire; un des flacons de carmin de la toiletta sa trouva cassé, st la balte toiletta de guipure tachée, on accusa Flcurial; mais ces mêmes lâches

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furent HignaJéee sur le pourpuint blanc do Mario, qui

— Je voua crois, mon lik , dit le marquia en soupirant. SI Ja voua jugeais capable de mmHr.Je swais-trap chagriné.

Mais, la Jour suivant, on trouva lea mixtures mélangea, lo rougo avec le noir et le noir avec le blanc.

— Ouais! dit lo marquis, celle diablerie continue! En soru-Ml comme des pauvres nez de mes statue» 1

U examina Mario sus rien dira; Mario avait du noir aux manchettes de aa chemise. C'était peut-être de l'encra; mais te marquis avait horreur dea taches, et le pria d'aller changer de linge.

— Adamas, dit-il a son confident, cet en tant est espiègle, c'eat fort bien fait; mais, s'il est menteur et abuse delà toi que J'ai en aa parole, voici qui me causera de grosses peines, mon ami] Je le croyais d'une essence supérieure ; mais Dieu r* veut pas que j'en sois trop fier. Il laisse ta diable (aire de lui un entent comme les autres.

Adamas prit la parti de Mario, qui venait de rentrer dans le boudoir voisin.

En ce moment, on entendit Bellinde qui discutait vivement avec l'enfant. H la tirait par sa jupe, et elle ae défendait en disant qu'A prenait avec elle dea privautés au-dessus de ton âge.

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dr Bors-oanfl 5 rabat en me disant qu'il est taché, et c'est ellnqul y mot en taeliea ; t'est elle qui veut ta causer do lu poine et lïinipfclierdeui'aimer. Ellepriullo des sottises que je fais pour m'en mettre d'autres plus vilaines sur le dos. rfcre, cette femme-la. ne vaut rien ; elle me tait puiser puur menteur, et, si tu ta. croie...

— Non, non, mon nia, Je ne la crois point I s'écria le

MaUAdaJMs n'était plus la; Q avait couni après la BelHnde ; il la saisit sur l'escalier, voulut la ramener <te ton», et reçut pour sa peine un beau soufflet qui lui fit lâcher prise.

Au bruit de cette escarmouche, la marquis s'élança aussi sur l'escalier. T.o soufflet avait été rude ; le pauvre Adamaa, tout étourdi, se tenait la Joue.

— Cette coquine a donc joué des griffes? dit-il, je me sens h ligure... Eh I non, monsieur, a'ccria-t-il tout a coup joyeux , ce n'est point du sang) Voyeit c'est du beau rouge de vos flacons I C'est la pièce de conviction 1 Ob I otuVda I void une affaire tirée au clair. A présent j'espère que vous ne douteras plus de ta malice de cette Aile rousse I

— Monsieur te comte, dit le marquis a son enfant avec une gravité admirable, je confesse avoir, par deux bis, douté de votre parais. SI je n'étais votre meilleur ami, vous auriez a m'en demander raison ; mais j'espère que vous voudras bien accepter les excuses de votre pire.

Mario lui sauta au cou, et, le soir mime, Belliode, payée et congédiée sans explication, quitta l'oasis de Briaotes et son beau nom de bergère pour rentrer dans les réalites de h vie soua son nom véritable de GuiDette Caroat, en attendant qu'elle en prit un plus sonore et plus mythologique, comme on le verra parla suite.

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h Ul BEAU* ".liMMW

Pendant quo ces événement* tragiques a'elfnïolent de la mémoire de nos personnages, H, Poulain ne s'endormait pus dans aon sole.

On était au 1B au 19 décembre, et l'abbé, la ne* et les pieds froids, mats In «le échangée par l'ospuir d'un succès longtemps tlrniilo, arrivait Il Saint-Arnaud, jolie ville du lU'iry, sitiiêa dans uns fraîche valU'o, ontro deux rivliroï, ni i|uo dominait kt gigantesque el merveilleux eliAtoau de Montrond, résidence du prince de Condé.

I.'abbé descendit do eboval au couvent des capucins, dont le- vaste enclos, coupA en croix, s'abritait sous In protection du manoir princier. Il évita do voir la prieur, dont il rudi.Ml.iit l'obligeance et les liens offices ; il voulait fuira sa Ixisiifinp lui-mémo et son chemin tout seul.

Il se contenta d'accepter d'un dos religieux, son parent, un fntgnl repus, secoua le givre dont il était couvert, et so présenta à un don «urchMs du château en montrant on lalsscu-passer en bonne ferme.

o Grâce nia travaux de Sully et surtout aux embellissements de M. le Prince, o qui avait acheté coite résidence au ministre disgracie, « le château de Montrond, qui eut plus tard tant d'importance dans les événements de la Frondî, était devenu un lieu de délices, en mente temps qu'une foiterosso imprenable. Son enceinte avait plus d'une lieue de tour : elle comprenait de nombreuses constructions, un vaste et magnifique rhiteau a trois étages, une grosso tour ou donjon de cent vingt pieds de haut, dont les murs étaient crénelés, et qui se terminait par une plate-forme au sommet de laquelle on voyait une statue de Mercure'.»

« Quant aux fortifications, elles étolent en si grande

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