M UES H BAUX MESSIEURS
de d'ÀJvinw, et, a cet effet, le marquis se rendit chei lui, le lendemain dans l'après-midi.
Guillaume était absent et ne devait rentrer que le
que l'on ne lut point Inquiet s'il rentrait lard, et 9 alla rendre visite à M. Robin de Coulogne, qui ee trouvait alors de passage an sa terre du Caudray, jelie capitainerie sur les humeurs de Verneuil, a une lieue environ du château d'Are.
Robin, vicomte de Coulogne, recoveuT-génaral des finances en Berry et fermier-général des gabelles, était 00 des ennemis naturels de l'an fam-s minier Bois-Doré; et «pendant ils étaient liés d'une étroite amitié depuis l'affaire de Florimond Dupuy, seigneur de Valan.
Ceux qui connaissent l'histoire du Berry se souviendront qu'en 1611, ce Florimond Dupuy, grand huguenot et grand contrebandier, avait, en haine de la gabelle, enlevé un des enfants de H. Bobin. Le marquis s'employa généreusement de sa peisonne pour ramener l'enfant a son pere, au risque de se brouiller avec Florimond, qui était, an dire de ses smis et de ses ennemis, ■ un fort EBHTBto coucheur, *
Après celle aventure, In rébellion prit des proportions si graves, que, pour réduire H. Dupuy dans son château, Ufclluty
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en place de Grève. Le jeune Hobin fut par la suite abbé de Sorrèse. M. Robin pire resta l'obligé reconnaissant et dévoué de M. de Bois-Doré, et l'on peut croire que c'est grâce a cette) '"
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eh A pour ses vieux MM de complicité dans le* délit» de fuu-saulnage.
Buis-Doré s'ouvrit donc à cet ami fidèle d'une parts dos embarras dont l'avait menacé la visita du prince, et !ui avoua qui! était particulièrement inquiet pour le bon Ludlbi, que les gèles cagols du paya voyaient cfaez lui da mauvais œil.
— Vos craintes me paraissent exagérées, lui dit le vicomte. M. de Groot, que les savants appellent Grotius, et qui était condamné en bob pays* la prison perpétuelle, ne vieut-il pas de s'évader, caché en un coffre, grâce ait grand «bot et génie da sa femme, et ne a'est-i! point réfugié à Paria, où. il n'est tourmenté ni molesté de personne? Pourquoi voire Italien no jouirait-il pas en Francedes mêmes privilèges I
— Parce que le gouvernement de France, qui ae souda fort peu da déplaire aux gomaristes de Hollande et à Maurice de Nassau, su montrera jaloux de plaire au papa en persécutant une de ses victimes. 11 y a vingt ans que Campanella est en prison, et, bien qu'on le plaigne et l'estime en France, on ne fait rien pour le tirer des maina de ses bourreaux ; Dieu sait si, en ce moment, on lui donnerait asile, a leur barbe I
— Vous avet peut-être raison, reprit M. da Coulogne. Eh bien, j'approuve votre idée de faire évader votre ami, au moindre danger qui menacerait votre château ; mais Je pense que vous lui devriez chercher un asile où il se pourrait rendre en caa d'alerte. ï ovei-vous songé?
— Oui bien, répondit le marquis, et je voua vécu consulter sur ce point. Vous possédez ici près un vient manoir inhabité qui m'a para encore fort logeable, taen que je n'y sois jamaia entré. L'endroit est assex voisin da chm mm pour qu'an une heure de marche un nomma
pressé s'y paisso réfugier. Cnilu ruine psi proche d'unn petite fermoquiost !i vous, el,si vous donnieï (tes ordre* aux métayers, ils seraient prêt a, à tout événement, n cacher 61 a nourrir mon pauvro fuyard. Me vouImb-ïous rendre ce bon office?
— Marquis, répondit le vicomte, demande n-rnoi ma vie, ai vous voulez : elle est h voua. A meilleures enseignas, nies biens, mes gena, mes maisons sont-Ils à voira service. I.aiasez-me-l pourtant réfjéchir i la convenance du lieu que voua avez an vue, car c'est de mon vieux manoir de Drilbault qu'il est question!
— Jugement!
— Eb bien, voyons, li oulfort isolé dans les terres, et les chemin» y sont détestables ; c'est bien. 11 n'est sur le passage d'aucune ville ou bourgade; - o'eat encore bien, '-e lieu m'appartient, al la prévôté no se permeUra.il point, d'an violer le seuil. De pins, la masure passe pour être hantée par les plus turbulents et plaintifs esprits qu'il y ait, ce qui est cause qu'aucun paysan maraudeur n'est curieux d'y entrer, aucun passant de s'y arrêter. C'est de mieux en mieux. Allons, je vols que vous choisisses bien, et Je veuï, dès ce soir, m'y rendre avec vous pour donner au métayer les ordres nécessaires.
Boia-Boré ayant réfléchi de son coté, jugea qu'il ferait mieux- d'y aller seul pour ne pas éveiller de soupçons,
— Voa métayers ne ma sont point inconnus, dit-il. Ils ont été de ma rJientèla autrefois pour... ce que vous (trait
— Oui, oui, méchant homme! dit en riant le vicomte; îto ont eu par vous le sel à boa compte 1 Eb bien; prenez, c» chemin pour voua en, retourner ; la» eaux ne sont pas eneore grandes, et voub pouvez passer sans risque. Voua diiw* comme par occasion, a Iein Faraudet, la
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mrtiijrer, Cs wo venir trouver demain de grand matin ; nous donnerez un coup à la masure al regarderai uiufi les alentours, «Ou dû pouvoir rtinseinuur voira ami; al même il /ara bien d'y venir secrètement ta nuit prochaine pour eonuiittre et les uhumlnsetlosentmnees.Du celle manièru, a'il venait a «ira oblige de a'y réfugier, Il la pourrait faire suas s'égarer ni se méprendre,
- Voila qui eM convenu, dit le marquis, et recevez titille sriiwî pour le repos que voua donru» a. mou
l,c vicomte retint le marquis à souper; après quoi, celui-ci, remontant dans son carrosse, reprit, i la nuit tombte, le chemin d'Ars, qui ne valait guère mieux que celui dB Brilbault; la raison de cette direction, c'estqu'il ne vuulait paa montrer son carrosse, qui faisait toujours Événement, aux environs de est te ruine- Plus avisé que M. Hobin ne lui avait conseillé de l'être, il mit pied à terre a un quart de lieue de rendrait qu'il voulait visiter, ordonna a ses gens de se rendre doucement a Ars, et, l'engageant dans un de ces mille petits sentiers où H. de-Coulogne n'avait peut-être jamais mis les pieds, mais qui étaient aussi familiers au vieux contrebandier que les allées de sa garenne, a disparut seul dans les prés humides, après avoir relevé ses grandes boites jusqu'au-dessus du genou.
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ruait ut iwit d'un coup pjmr no rouvrir a «no autre
Ou dit que 1101 aïeux garni I si tommea ou bourgeois étaient certainement plus robustes que noua ne le surnmos g& iiaraleinent aujourd'hui, lundis qu'au nïbours, nos etaux ouvriers et paysans l'étaient moins.
C'est lu croyance des anciens de non pays, et oilu me parait fondée : les gens aisés avaient des habitudes de grand air et d'activité dont la vie modems nous dispense ou noua prive. Les classes pauvres étaient plus nul logées et plus mal nourries que de nos jours, sans parler de l'immense quantité de malheureux qui n'étalent pas nourris et pu logés du tout. Le Gentilhomme, avec son régime de guerre ou de coasse, conservait sa force et sa santé Jusque dans un âge très-avancé,
Bois-Doré, malgré ses soixante -neuf a us et la mollesse relative de sas habitudes, avaitdonc encore la vue bonne, la poitrine a l'abri d'un rhume et le pied assez ferme sur la terre nue ou sur les gâtons mouillés.
Il ut bien quelques glissades le long des buissons, mais il se retint aux branches, en homme qui sait se diriger dans une localité dont les accidents sont homo- Stnes sur une grande étendue de terrain.
Grâce a h petite coursier* qu'il avait prl», a fut rendu, en dix minutes de marche, a la ferme de firilbsnÉt.
Sachant le naturel craintif et superstitieux des paysans, il toussa et parla d'avance avant de frapper ; puis 1 se nomma en frappant, et fut reçu, sinon sans surprise, du moins sans effroi.
Bien que 1b sort des cultivateurs fût encore très misérable, il l'était beaucoup moins, moralement parlant, eu B«tï. qui, d'ancienne date, était pays de franc-alieu.
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