‹ Les béguines de Paris [microform]Chapitre 1 sur 42 · I.rox LE GRAND · texte numérisé non relu

I.rox LE GRAND

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Or

Origine des béguines.

il nVsi personne .jui ne connai-sc. au moins de répuiation, les ciablsscnient^ v]u'(M1 trouve encore aujourd'luii dans quelques villes de Iklgique sou- le nom de béguinages : sortes de petites cites ou de sa n lies nlles vivent dans le calme et la retraite et se livrent en commun a quelques exercices de pieté, sans toutetois aliéner leur indépendaiice, sans prononcer de vœux ni s'astreindre aux rigueurs dune véritable re^le religieuse. Tout le monde sait quelle est la d.esii nation de ces associations, et il suffit de la rappeler ici en quelques mots, d'après une requête de la régence de Gand présentée au roi de Hollande en 1824^ : « Le but des béguinages n'est autre que de réunir les personnes du sexe, soit veuves soit jeunes filles. n'a\ani aucun attrait pour les liens du mariage, qui veulent s'assurer dans la retraite une vie tranquille... ïl n existe entre elles aucune communauté de biens, chaque béguin.e retient son patrimoine, vu de ses rentes ou du produit de son travail, et ce qu'elle possède au lour de son décès passe aux heî-!îiers légitimes, conformément aux lois existantes. Elles ne sont pas asireintCN a ..les V(Laix perpétuels; elles s'obligent seulement par-devant leurs supérieures, sans Fintervention d'aucune personne ecclebîastique. à se conduire selon les constitutions de leur cour, c'est-à-dire de la maison oia elles habitent, tout le temps qu'elles v resteront, et ce temps n'est pas déterminé. »

Mais si les béguines belges sont connue^ de tous, on sait moins généralement qu'au moven âge la plupart des villes du nord de

Citée pnr Henri Vcrhcvucn [Le Béguinage, Tcnnonde, i83^, iii-8',

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i'E3 éÉGOlNES DE PARIS.

la Fr.i nte, ; et .Àot^inn^enf. Paris, renfermaient des institutions analogues. /'.."••' :•••••••

A une époque où de fréquentes guerres privées faisaient courir de nombreux dangers aux femmes veuves et aux filles que la mort ou l'indifférence de leurs proches laissaient isolées; sous Tempire d'une législation qui annihilait presque complètement la liberté de la femme par rapport au mariage, surtout dans les familles nobles, où le suzerain mariait ses vassales à son gré, au mieux du service de ses fiefs, il est naturel que beaucoup de jeunes tilles ou de jeunes femmes aient embrassé un genre de vie qui leur procurait tous les bienfaits de l'état religieux, sans leur en imposer les charges*.

Dans les béguinages, elles trouvaient la sécurité, la paix et la considération, elles gardaient leur indépendance, tout en jouissant des avantages de Tassociation; si elles étaient riches, elles vivaient tranquillement de leurs revenus; si elles étaient pauvres, elles profitaient des nombreuses libéralités que le bon renom des béguines et le désir d'être associé à leurs prières inspiraient à de nombreux donateurs. Dans le cas où cette vie venait à leur peser, elles étaient toujours libres de rentrer dans le monde, sinon elles se voyaient assurées d'une vieillesse tranquille, auprès de compagnes connues et estimées, dont elles pouvaient goûter la société sans s'astreindre à ce que l'existence en communauté a de pénible.

On sait d'ailleurs combien à cette époque la vie civile et la vie reli^eusÊ se mêlaient, se pénétraient l'une raiiirc Des corpora-~ tions qui, comme cciic des béguines, « occupent i a lisière qui sépare le monde de la vie religieuse =» » devaient naturellement I jouir d'une grande faveur en des temps où la ligne de démarca- Ition entre la société religieuse et la société laïque était souvent si ditlicile à tracer.

On a beaucoup écrit sur Torigine de Tordre des bc-uincs et sur répoque de sa fondation. Il n'est pas, en effet, surprenant que les historiens modernes aient eu delà peine a faire la lumicre sur ce point, puisque, dès le xnf siècle, un auteur i,^encralenient

1. Voyez ce que dit à ce sujet Laurentius a Mosheim dans son De beghardis et beguinabus commentarius, Lipsiae, 1790, in-8% p. i35-i37.

2. Le P. Terwecoren, Opinion sur l'origine des béguinages belges, Bruxelles, i852, in-i2, p. g.

bien informé, comme Hathjeu Patis^-déclare ignorer absolument quel est le fondateur de leur ordre et Fétymologie de leur nom. a Beguinos sive beguinas sese fecerunt appellari, ratione nominis incognita et auctore penitus ignoto » : tels sont les termes dans lesquels ce chroniqueur mentionne la diffusion rapide des béguines dans la première moitié du xiii« siècle*.

On a voulu faire remonter beaucoup pTusITaut les origines de cette institution et les reporter jusqu'à sainni Begghe, fille de Pépin .le Landen, q^ui vivait au vu^ siècle. Nous ne nous arrêterons pas à discuter cette opinion qui évidemment a son fondement principal dans un rapprochement entre le nom de béguines et celui de sainte Begghe. Plusieurs critiques ont fait justice de cette légende^, et les diplômes du \r et du commencement du xir« siècle, qu'on avait invoqués pour établir l'existence d'un béguinage à Wilworde bien antérieurement à la date où des documents sérieux permettent de placer la fondation des béguines^, n'ont pas résisté à l'examen minutieux du D' Halmann^

Bien que les chroniques qui ont signalé l'apparition des béguinages ne s'accordent pas sur le lieu où ils ont pris naissance, toutes s'accordent pour placer cette apparition à la fin du xii® ou y au commencement du xiii® siècle. Si l'on s'en rapportait au témoignage de Mathieu Paris, dont nous invoquions l'autorité tout à l'heure, ce serait seulement vers 1240 que se serait produite la diffusion des béguinages'^; mais on reconnaît d'après le

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