Historia Anglorum, éd. Madden, t. II, p
2. On trouve un très bon résumé de ces discussions historiques dans l'ouvrage de Klemens Wytsman, intitulé Des béguinages en Belgique, Gand, 1862, in-8', p. 5 et ss.
3. Laurent de Mosheim, qui a donné un exposé critique des textes historiques qu'on possède sur cette question de l'origine des béguines (De beghardis et beguinabus, Lipsiae, 1790, in-8*), a été induit en erreur par ces textes apocryphes.
4. Die Geschichte des Ursprungs der belgischen Beghinen, Berlin, 1844, in-8«. Cf. Bibl. de V École des chartes, 2" série, t. II, p. 285.
5. Chronica majora, éd. H. Richards Luard, t. IV, p. 278 : (Ann. 1243 ) ]€ De beguinorum multiplicatione. Eisdemque temporibus quidam, in Sviemannia praecipue, se asserentes religiosos, in utroque sexu, sed maxime
inmuliebri, habitiim religionis, scd levem, susceperunt, continentiam et vilae simplicitatcni privato voto protitentes, sub nullius tamen sancti régula coarctatiE, nec adhuc ullo claustro contenti. Earumque numerus in brevi adco muîtiplicnhatur ut in civitate Coloniae et partibus adjaccntibus duo mili i mvcriirentur. \ La Gestorum abbatum Trudonensium
contexte qu'il a eu surtout en vue les béguines d'Allemagne, et d'autres documents permettent de reculer notablement la date de fondation de cette noavelle famille religieuse.
Voici d'abord Thomas de Cantimpré qui raconte un miracle arrivé en 1226 a Nivelle, a Plusieurs de nos contemporains, dit-il au début de son récit, se rappellent avoir vu naître dans cette ville l'ordre des béguines, qui est aujourd'hui répandu dans le monde entier'. » Thomas est mort en i263; on peut donc estimer que Tinstallation du béguinage de Nivelle avait eu lieu dans les premières diinées du xiii^ siècle^.
Mais il est possible de remonter un peu plus bain ei Ac considérer comme le véritable berceau des béguines la ville de Liège, ou elles durent leur naissance à un prêtre nommé Lambert le Bègue.
Le texte le plus important qu'on ait apporté jusqu'à présent à Tappui de cette opinion est un passage écrit au xiii* siècle par Gilles, moine de labbaye J Urval : « Suscitavit Dcus sriritum sanct: cuju^Jdiu sacerdotis , viri religiosi, qui Lauibcrtus {{ Beges, quij balbiis vrat^ de Sancfn Chri^tnphoro J:Cii\uur\ a cujus copi'}minL' miilwrcs v! pacii,' .jnc cjsi:' vivert' propinunt Keguines gallicc c^fiumiinantur, quia ipse primus exstitit , qui cis proiuuni cdstitdîis verbo et exemplo predicavit^. »
continuatio tertia donne à peu prés la même date : c Anno Domini 1241, Robertus primus, Lingonensis episcopus, per translationem Leodiensis episcopus efticitur. Tempore hujus episcopi incepit statua beginarum. • [Monumenta Germaniœ, Scriptores, t. X, p. 3gb.)
1. Bonum unwersale de apibus. Duaci, 1627, lib. II, cap. 3i, p. 478 : t Circa annum incarnationis Dominicœ MCCXXVI, res mirabilis accidit in oppido Nivellensi. In hac urbe, ut pluribus adhuc viventibus notum est, mulierum devotarum, quae beghinae dicuatur, nunc late diffusa per orbem religiositas incohavit. »
2. Foppens, dans le Supplementum ad opéra diplomatica Auberti M.'-j ., t. IV, publie, d'après Rychel ab Orbeec, un acte suivant lequel, si la date est exacte, un béguinage aurait existé à Tirlemont {apud Thenas), en 1202.
3. Gesta episcovo'-u^>i I eodiensium [Monumenta Germaniœ , .Vnptores, t. XXV, p. 110). D'aprj> l m (Hiapeaville, prenne: éditeur des GestA •Hi'-' toria sacra et profana ;'.i2-i6i8, in-4% t. il, p si* -128), Gilles .!> 1 emprunta ces détails sur Lambert !l ik-nuc a ta ;>■: de >ainte Odile, veuve de Liège : t Historiam hujus sacerdotis hausil auctor ex vna nd ' e. > Cette vie est aujourd'hui perdue (J. Daris, Fxamen critique ./< la vie d'Odile, dans le Bulletin de l'Institut archéolo^nque liégeois, t. XI. 1872,
p. 134). Il est probable 4uc ^ c>i à la même source
l li'^toria
Bien que l'affirmation de Gilles d'Orval se retrouvât plus tard dans la Chronique d Aubri de Trois-Fontaines^ on ne pouvait s'empêcher de la le-aiier comme uii peu suspecte et de craindre qu'il n'cui, lui, ou son contemporain, k biographe de sainte Odile qu'il semble avoir mis à contribution, cherché à expliquer par une sorte de jeu de mots le sens inconnu du nom de béguines. Mais un curieux document du xiii* siècle découvert récemment par M. Paul Meyer^, qui a bien voulu nous le communiquer, est venu conhrmcr le dire du moine d'Orval, et ce double témoignage permet de considérer comme authentique Tattribution de la fondation des béguines à Lambert de Saint-Chrisiophe. Cette intéressante pièce consiste dans une miniature qui est placée en tête d'un manuscrit du xiii« siècle^ et que M. Mcver a fait reproduire par la photographie. Elle représente un personnage debout, vu de face, vêtu d'une robe et tenant les bras écartés. Au-dessus, on lit ces mots :
Gis prudom fist prumiers l'ordoe de beginage. Les epistres sain Poul mist en nostre langage, Sires Lambers.
Sur le milieu du corps de ce personnage passe une banderole où on lit ces deux vers :
Ge suis ichis Lambers, ne Ttenez pas à fable, Ki fundai sain Cristophle, ki enscri ceste table*.
Nous n'oserions pas nous flatter de retrouver dans cette figure les traits bien exacts de Lambert, mais il nous suffit de recueillir
monmterii S. Laurentii Leodiensis, qui donne un texte presque semblable à celui des Gesta episcoporum : « Sacerdos quidam de Sancto Christophoro, qui Lambertus Bcgg dicebatur, a cujus nomine adhuc beguinae vocantur... • (Martène, Ampliss. collect., t. IV, col. logS.)
1. Monumenta Germaniœ, t. XXllI, p. 855 : € 1177. Magister Lambertus Leodiensis de Sancto Christophoro obiit, nove religionis que fervet in Leodio et circa partes illas ferventissimus predicator. Iste antigraphum scripsit et tabulam que Lambcrti intitulatur edidit, sed et multos libros et maxiîiie vitas sanctorum et Actus apostolorum de latino vertit in romanum. »