‹ Les béguines de Paris [microform]Chapitre 35 sur 42 · Voir le texte à V Appendice, n* III · texte numérisé non relu

Voir le texte à V Appendice, n* III

2. Du Breul {Théâtre des antiqvite:^, p. 975) dit la même chose des Haudriettes: « Mangent en communauté et, durant leur repas, repaissent aussi leur esprit de la méditation qu'ils peuvent tirer de la lecture de quelque chapitre de l'Escriture saincte, qu'une d'entre elles est obligée de lire. »

3. Ce droit leur fut plusieurs fois disputé. En 1547 notamment, Loys Marguerite, s'étant opposé à l'exécution d'un arrêt qui confirmait aux cheveciers le gouvernement de Sainte-Avoye, fut débouté par un arrêt du Parlement, rendu à la suite d'une plaidoirie où l'on constatait que « la maison et oratoire de Saincte-Avoye en ceste ville de Paris a esté aumosnée par ung nommé Séquence, pour l'ebergement des povres vefves, et a voulu le fondateur que l'administration de ceste maison appartiendroit perpétuellement aux cheveciers de Sainct-Mederic. » (Arch. nat., Xia 8358, fol. 47.)

maîent une mère ou maîtresse, révocable à leur volonté, et chargée du gouvernement intérieur et de la gestion financière. Une « secrétaire, » choisie également par eux, avait dans ses attributions l'entretien de la chapelle; c'était elle aussi qui sonnait la cloche pour marquer le commencement des différents exercices de la communauté.

Enfin, les veuves de la rue du Temple pouvaient, en cas de nécessité et moyennant Tautorisation des administrateurs, prendre une servante pour les assister.

T. 'hôtel Sainte- A voye et la fondation d'Etienne Haudri eurent le même son ; i: ie béguinage et se transformèrent en monastère ^ Après avoir été sur le point de voir leur maison transformée en hôpital pour les filles vagabondes^, les Bonnes femmes Sainte-Avoye, en 1621, passèrent avec les Ursulines de la rue Saint-Jacques un contrat, par lequel elles embrassaient les cons-

1. Nous devons signaler ici l'existence à Paris de trois autres « veuves, » comme on disait dans les villes du Nord. L'une de ces communautés, appelée les « bonnes pauvres femmes de la rue des Arsis, • fut fondée, dit l'abbé Vilain, par Agnès de Dampmartin dans sa maison, vers le commencement du XV* siècle, pour y réunir un certain nombre de femmes veuves et dénuées de ressources (Leroux de Lincy, Paris et ses historiens, p. 33o); la seconde fut instituée, rue Saint-Sauveur, par Jean Chénart, garde de la monnaie de Paris, pour huit pauvres femmes veuves de la paroisse Saint-Sauveur; la dernière fut établie, rue de Grcnelle-Saint- Honoré, en vertu du testament de Catherine du Homme, femme de Guillaume Barthélémy, maître des requêtes (27 mars 1497-1498). Cet hôpital était destiné à huit pauvres veuves ou vieilles filles, sur le modèle de celui de Jean Chénart (cf. Bournon, Rectifications à Lebeuf^ 1, 33 et 41). On n'a pas de renseignements sur l'organisation intérieure de ces établissements. — La maison des Filles-ûieu, établie primitivement afin de donner asile à des filles repenties, paraît s'être transformée au xiv" siècle en une communauté qui devait offrir certaines ressemblances avec celle des béguines, mais les textes qu'on possède sur ce sujet ne sont pas assez précis pour déterminer exactement quel était le caractère de cette congrégation avant sa réunion à l'ordre de Fontevraud.

2. Arch. nat., Xia 4936, fol. 28, 5 février 1549 (n. st.) : Protestation des cheveciers de Saint-Merry contre une requête du procureur général demandant c un grand lieu vague et inutile et sans proufit estant au lieu de Saincte-Avoye, rue Saincte-Avoye, pour loger et héberger pauvres filles mandians, au-dessoubz de l'aage de douze ans, avec les vefves qui y sont, et seront mises selon la fondation. » La cour déclara qu'elle n'entendait pas, en accueillant celte requête, préjudicier aux veuves; mais le projet ne semble pas avoir été mis à exécution.

titutions de ces religieuses et leur faisaient don de l'immeuble de la rue du Temple'.

Les Haudriettes, presque à la même époque, en 1620, avaient reçu du cardinal François de la Rochefoucauld des constitutions fondées sur la règle de saint Augustin, et elles prirent dès lors le nom de religieuses de TAssomption^.

De nos jours, les béguinages, au moins dans la véritable acception du mot, ont entièrement disparu de France.

Il existe bien, dans certaines villes du Nord, à Saint-Quentin, à Cambrai, par exemple, des établissements qui ont conservé ce nom , mais ce sont de simples maisons de retraite destinées à abriter dans leur vieillesse des femmes peu aisées, d'anciennes domestiques, etc.; on n'y retrouve pas le caractère semi-religieux des anciens béguinages*.

Une tentative a été faite, en i855, par Pabbé de Soubeiran, pour fonder à Castelnaudary un béguinage organisé sur le modèle de ceux de Belgique^; mais Pœuvre a échoué et son souvenir paraît à peu près oublié, même dans cette ville ^.

Cest donc en Belgique, le pays d^origine des béguinages, qu'il faut aller aujourd'hui pour retrouver les restes de cette curieuse institution qui fut naguères si florissante en France*.

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