‹ Les beignets a la cour comedie en deux actes meles de chantsChapitre 32 sur 37 · LA MARQUISE, LE DUC · texte numérisé non relu

LA MARQUISE, LE DUC

LE DUC. Ah , vous voilà madame la marquise! que j’ai donc été bien inpiré de poussercncore une fois jusqu’au ihâtcau...

je tremblais que vous ne fussiez repartie pour Paris, avant que j’aie eu l’honneur de faire ma cour à votre gracieuse nièce.

LA MARQUISE. Plus moyen de s’en débarrasser.

LE DUC. OA est-elle donc, mademniselte d’Huniiêrcs, que je ne la vois pas auprès de vous. ?

LA MARQUISE. Dès que je suis ici , vous devez croire qu’elle n’est pas loin.

LE DUC. Oh I je le pense... {/Aspirant l'air.) Tiens ! c’est singulier cumme ça sent un drôle de goût, dans l’appartement du roi, aujourd’hui, une odeur d’office, vous ne trouvez pas ?

Digilized by GoogI

LT.S BAIGNüTS

LA MARQUISE. Non.

LE DUC. Eh bien , ça m'a saisi tout de

LA MARQUISE. Vous êtes fou !

LE DUC, riant. Non, mais, je vais vous conter une bonne folie et qui va vous faire rire un moment.

LA M.ARQUISE. Tant mieux! que vous est il donc arrivé ?

LE DUC. Ah 1 marquise, une chose in- . croyable inouie et prodigieusement drôle ; regardes...

Il tire Qoe guirlande de fleurs de sa poche.

L.A M.ARQUISE , il part. La garniture de robe de ma nièce, qu’cst-ce que cela veut dire ?

LE DUC. Vous ne comprend pas , cette guirlande tenait à une robe.

LA MARQUISE. Saurait-il...

LE DUC. Cette robe, (// la voit.) eh, pardieu, tenez, elle est encore li...

LA MARQUISE, d part. Il me fait mourir!

(Haut.) Enfin, cette garniture, comment se trouve-t-elle entre vos mains? qu'est-ce que vous avez fait?

LE DUC. Ce que j'ai fait! il me semble que c’est pourtant bien clair.

LA MARQUISE, d part. Il me donne mal au nerfs.

LEDUC. Dès qu'il y a une robe sans femme, il doity avoir une femme sans... pas vrai que c’est clair ? eh bien, après mon audience, je me disposais à prendre congé de de sa majesté, lorsqu'en m'inclinant profondément, avec tout le respect dô ù la personne du monarque, un de mes éperons s'embarrasse dans la garniture de robe d'une charmante personne qui, sansdoule, était cachée derrière ce meuble.

LA MARQUISE, Et VOUS avez vu ?

LEDUC, i'auraisbien voulu voir, jen'aurais pas emporté avec mes éperons... (// montre ta guirlande. ) jusqu'à la grande salle... etilyavait foule... mevoyez-vous, traînant étoffe et fleurs qui se déroulaient derrière mes talons comme un serpent à sonnettes.

LA MARQUISE, d part. Ah, mon Dieu!

mon Dieu! (0anl.) Quelbesoin aviez- vous d'aller vous jeter à travers tout ce monde.

LE DUC. Ce n'est pas ma faute. Quand j’ai remarqué aux éclats de rire ce dont il s'agissait, j'ai voulu me dérober aux quolibets. sans dire gare; en mettant le tout dans ma poche... ah bien oui! tous couraient après moi... monsieur le duc, une fleur, mon cher duc, donnez-moi donc une petite fleur.

LA MARQUISE. Ah!., c’est épouvantable!

LE DUC. Enfin, l’aventure a fait ce qui s’appelle rumeur à l’œil-de-bœuf.

Page 1