CHAPITRE XXIII
Le docteur Nilis. — Le transport du Stanley. — Mort du capitaine Hanssens. — Mort de Stevart. — L'acclimatement des Européens au Congo.
^ N se dirigeant sur Vivi d'où il devait regagner la Belgique,
•JL ce point de l'Europe auquel il ne pouvait penser sans
^^l^'-s^ émotion, Hanssens s'arrêta à Manyanga-Nord vers le
<^M^'^i"Mi commencement de novembre 1884. Il retrouvait là un
compatriote dévoué, un ami bien cher, le docteur Nilis, frère du lieutenant de ce nom qui figure si honorablement dans les premiers chapitres de ce livre.
Le docteur Nilis fut le premier médecin de l'armée belge qui s'enrôla
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volontairement sous le drapeau de l'Association, pour donner indistinctement ses soins aux serviteurs blancs et noirs de l'œuvre africaine.
Né à Brilow (Westphalie) en 1849, Nilis, après avoir terminé ses études médicales à l'Université de Bruxelles; fut attaché, en qualité de médecin militaire, aux troupes chargées de la construction des casernes d'Etterbeek. En 1877, il s'embarquait comme chef du service sanitaire à bord du troismàts Mathilde, navire du gouvernement en surveillance dans la mer du Nord; puis il était successivement attaché au service des hôpitaux militaires de Bruxelles, de Louvain, de Bruges, au 2"" régiment de ligne et enfin au 6™= de ligne caserne à Anvers, d'où il partait en mai 1884 pour le Congo.
Arrivé à Banana la 27 juin, avec M. Georges Steleman, comptable belge qui fut adjoint au chef de la station d'Issanghila, le docteur Nilis se rendit à Vivi, où il séjourna jusqu'au 11 juillet. C'est à cette époque que, n'ayant pas encore eu le temps de s'acclimater, il fut choisi pour assurer le service sanitaire de Léopoldville où il arrivait atteint d'une grave fièvre bilieuse.
A peine convalescent, le docteur quitta Léopoldville le 23 octobre pour rejoindre l'expédition qui, sous les ordres du lieutenant 'Valcke, était chargée d'effectuer le transport du Stanley.
Le transfert de ce steamer qu'attendaient des milliers d'obstacles naturels à surmonter, était une opération non moins importante que laborieuse; aussi fut-eUe confiée sans hésitation à cet intrépide officier du génie qui fut dans le bas Congo le droit de l'agent supérieur de l'Association, et qui concourut si activement à la fondation de Léopoldville.
Nous n'avons pas l'intention de redire l'histoire du chef de la division du bas Congo; ce n'est plus un nouveau venu pour les lecteurs, ils le connaissent depuis longtemps, ils savent les services signalés qu'il a rendus àl' Association pendant une campagne de près de cinq années en Afrique; mais lorsque le nom de Valcke se trouve sous notre plume, nous éprouvons un sentiment d'admiration que nous contenons a grand'peine. Revenons à l'odyssée du Stanley et décrivons en détail cette opération presque surhumaine : ce sera là le plus bel éloge qui puisse être fait d'un officier que la Belgique est fière de compter parmi ses enfants les plus illustres.
Ce petit bâtiment destiné a naviguer sur le haut Congo et ses affluents, fut construit, d'après les ordres de S. M. Léopold II, par MM. Yarrow, de Poplar (.Angleterre), sur des plans tout à fait nouveaux.
Le Stanley, navire à très faible tirant d'eau, a pour propulseur une roue unique placée à l'arrière. La coque est aménagée de telle façon qu'elle peut être subdivisée et sectionnée en six compartiments étanches, flottables
séparément, ou que l'on transforme à volonté en caisses de chariots auxquelles s'adaptent de grandes roues ordinaires.
Ces roues, mises en place lorsque le bateau est à flot, permettent de se servir de chacune des sections, en guise de voitures pourle service de terre.
Ce curieux échantillon de l'art naval servira donc de moyen de locomotion sur le haut Congo tant que la profondeur de l'eau le permettra. Dès qu'on