‹ Les Belges et les Alsaciens-Lorrains au Canada [microforme]Chapitre 9 sur 22 · PH · texte numérisé non relu

PH

DE — Orphélinats.

À nia connaissance, on manifeste en haut lieu et aussi

parmi les populations rurales du Canada, le désir de voir

arriver au pays des orphelins qui, soit par suite de la dernière guerre, soit de la misere publique, sont devenus une charge trop considérable pour les gouvernements ou les villes du continent Européen. Il est cependant à remarquer, que la population est telléèmént morale, qu'en aueune raison elle ne voudrait voir introduire chez clie un élément, qui tôt où lard pourrait devenir nuisible. D'un autre coté, elle est si *haritable, qu'elle acéeptcrait avec empressement des milliers d'orphelins recommañndables, venant de la Belgique ou des pays limitrophes. Ces enfants, qui y seraient adoptés dans des familles respectables et comparativement aisécs, seraient élévés parmi les enfants de la maison et ne seraient point traités différemment.

Il me semble que les orphelinats de Belgique et de France, pourraient peut être trouver au Canada un secours ‘inespéré

ct un placemént avantageux pour leurs nombreux orphelins, qui y trouveraient un avenir assuré. sans être exposés aux

dangers de la corruption de nos grands centres, Si des propositions nous étaient fuites dans ce sens, nous

nous empresserions de ies négocier avec le Gouvernement

Canadien, avant notre retour dans le pays.

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Richesses forestières.

Le Canada cest sans contredit le p&ys le plus boisé qui existe. J'ai voyagé pendant des semaines entières à travers de vastes forêts, des bois les plus remarquables, qui auraient une immense valeur s'ils se trouvaient en Europe. Ces forêts sont sillonnées de cours d'eau considérables, qui facilitent leur exploitation. Ensuite, de noribreuses voies ferrées sont en construction, à l'heure présente, dans différentes parties du pays, pour permettre à lexploitateur de diriger ses produits vers les marchés étrangers.

L'exploitation des richesses forestières, à l'exception de celle du sapin, (pin du Canada), a été jusqu'ici complètement négligée. Pour l'exploitateur intelligent, qui commande à un

certain capital, il y a dans ces forêts de véritables fortunes

à réaïiser. On y trouve entre antres le chène blanc et rouge,

le noyer noir et ordinaire, l'érable piqué et ondé, l’orme, le

mérisier rouge ct blanc, le frêne, cte.

J'ai déposé au Bureau de Mr Richard Berns, à Anvers, des échantillons des principaux bois qui ont été admirés à la dernière exposition universelle de Paris, avec le coût, de chaque espèce sur le marché de Montréal, pour ceux qui s'intéressent à ectte branche importante du commerce. Les douves et douvelles pour tonneliers trouveraient un débouché important

en France ct en Belgique.

Les vastes chanticrs des Provinces de Québec, du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Ecosse sont renommés pour la beauté ct pour la solidité des nombreux navires qu'on y cons'ruit. Cette industric fournit au cultivateur un débouché facile pour Ics bois de construelion dont les terres sont

COUVCTCS.

su 08 où XIIT.

Petite Cuiture.

J'ai été bien serpris de voir qu’en Canada on néglige trop souvent les détails de la eulture : l'horticullure et la sylviculture sont peu connues, ci il n'y existe que de rares pépinièristes qui connaissent l'art de tailler les arbres fruitiers. Chaque cultivateur tient à être propriétaire d’une étendue si considérable, qu’elle suffirait vour un domaine seigneurial en Europe. Les fermes sont en moyenne de 50 à 400 hectares ; les plus petites n’ont pas moins de 30 hectares. « À la suite des premiers défrichements, » dit Mr Edw. Barnard, délégué du Gouvernement Canadien, (1) « nos terres étaient tellement riches, qu'elles produisirent des récoltes successives de froment, sars aucun intervalle, pendant un grand uombre d'années, notamment penuant pius d’une généralion. li est prouvé que ces récoltes, sur un seul labour, donnaient très-souvent 40 et 50 minots de grain par arpent. Cette ."vabondanec de richesses, rendit nos ancêtres négl'gents ct dépensiers. On vivait dans le luxe et on ne faisait aucun cas ni des fumiers ni des règles ordinaires l’une bonne culture. 11 y à une vingtaine d'années, les lerres, fatiguées par cette spoliation constante, se refusèrent {out-à-coup à la production du froment. II fut difficile de faire comprendre à nos cultivateurs, que c'était le résultat inévitable de leur système de culture, et il reste encore beauoup à faire sous ce rapport. Ainsi, on estime que les pertes d'engrais de toute sorte, dans notre Province, se montent au moins aux trois quarts de leur production. Il n'y a guère de village où l’on ne pourrait pas acheter tous les engrais des bestiax, à raison de 20 à 50 centimes la voiture.

(4) Circulaire du 30 Mai 1871.

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On peut dire que partout les purins se perdent presqu’entièrement. Quant aux matières fécales, on paie très-cher pour s’en débarasser, et ce que les rivières n’emportent point, est profondément enfoui. Dans quelques unes de nos villes, cette besogne ne coûte pas moins de cent mille francs par année. Dans la plupart de nos campagnes, la jachère nue et la culture des légumes, pour nettoyer le sol, sont encore presqu'inconnues. Malgré tout cela, même nos petits fermiers vivent encore dans une aisance bien étonnante pour un Européen. J'en conclus qu’un habile cultivateur émigrant, habitué à l’économie, qui connait parfaitement ia valeur des engrais, et qui aurait un certain capital, ne serait-ce que mille ou deux mille francs, ne pourrait pas manquer de sc faire: dans quelques années, pour lui et sa famille, une position d'aisance qu'il ne pourrait jamais espérer en Europe. Je dois ajouter que toutes les semences du printemps qui réussissent en Belgique, conviennent très-bien à notre Province. » .

Il en ressort à toute évidence que les jardiniers, les maraichers et les petits cullivateurs, qui savent faire rendre au sol-tout ce dont il est capable, et qui s'occupent pendant l'hiver comme pendant l'élé, trouveront un immense avantage à s'établir à proximité des villes ct des villages où les malières fécales se perdent, où les cugrais de toute esnèce abondent.

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Commerce et industrie,

Les arts industriels ont fait depuis vingt ans de grands progrès au Canada ; leur développement a été aussi rapide qu'aux Etats-Unis.

Cela est dû à l'abe-dance des cours d’eau, qui offrent par tout de puissants moteurs économiques.

Les principaux produits industricls du Canada sont :

Tissus de laine. Savons.

» » lin. Chaussures.

» » coton. Machines à vapeur.

Lin crû. Locomotives.

Meubles. Articles en bois de tout.

Cuirs. sorte | Charpentes et planches de | Outils et instruments d’abois sciées. gricullure.

Fer. | Navires en bois.

Cuivre. Produits chimiques.

Quincaillerie. » des pécherics.

Papier. » » forèts.

Perlasse. » » minces.

Potasse. | |

Les produits fabriqués sufisent à peine. por> la ‘ronsom: mation du’rays ; les industriels à la têle. d'un petit capital, : trouveront à l'employer dans différentes industries non encore cssayées, ct qui réussiraient cependant à merveille.

La valeur des marchandises importées en 1870 s'élève à la somme de 375,000,000 de francs ; celle des exportations à 369,000,000 de francs.

Transports économiques.

Le transport par chemins à rails en bois, est un système de locomotion emprunté à la Norwège ; il est avantageux à cause de sa construction rapide et économique, et très-usité dans la Province de Québec ; il est d’une utilité incontestable pour meltre les districts éloignés en communication avec les marchés de consommation et. d'exportation, tandis qu'il fournit un élément de travail aux populations ouvrières éparses sur leur parcours. |

- H y a possibilité de construire des chemins, de moins d’un mètre de largeur, au prix de neuf à dix mille francs la fieue, sur lesquels on peut employer avantageusement des engins à vapeur.

. Les chemins de fers en exploitation au Canada, ont 1000 licues d'élendue ; il y en a d'autres en construction sur 400 licues de parcours, et des Compagnies se sont formées pour 1000 autres lieues additionnelles. | Le fleuve S. Laurent est naviguable sur une étendue de

800 lieues : différentes rivières viennent s'y jeter et permettent la navigation sur des distances à peu près égales,

Le nombre des navires entrés de la mer dans les ports de la Province de Québec en 1869 est de 1384, jaugeant 831,293 tonneaux ; le nombre des navires sortis à !a mer est de 1553 jaugeant 925,171 tonneaux ; pour les autres Provinecs les données exactes me font défaut.

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Colonisation,

En 1868, le Parlement de la Province de Québec a vote une loi autorisant la formation de Sociétés de Colonisation, pour venir en aide aux colons courageux qui s'établissent dans les forêts, pour défricher ies terrains octroyés par le Gouvernement.

Trente-cinq de ces sociétés fonctionnent aujourd'hui régulièrement, à la satisfaction des colons, qui se trouvent guidés par l'expérience intelligente d'hommes spéciaux, leur prétant un concours assidu.

Ces pionniers, avant-coureurs des colons plus aisés, sont protégés par des lois toutes spéciales qui leur garantissent la poseanIon de leurs meubles, immeubles, approvisionnements,

tail, voitures et instruments d'agriculture, jusqu’à concurrence d’une cerlaine somme. (i)

Le Gouvernement a réserve pour les colons 3,500,000 hectares de terrain, qu’il cède à des prix variant de 2 à 6 francs l’hectare, par lots de 40 à 100 hectares.

On pent acheter moins, mais pas plus de 100 hectares ; un père de famille, cependant, peut acquérir des lots en plus pour chacun de ses fils ayant atteint l’âge de dix-huit ans.

Tout acquéreur d’un lot de 100 hectares est tenu d'en dé-

fricher et d'en cultiver dix dans l’espace de quatre ans et

de construire sur sa ferme une maison d'habitation mesurant au moins trois mètres et demi sur sept.

Ces conditions une fois remplies, l'agent du Gouvernement lui délivre gratuitement un titre de propriété qui le constitue

ropriétaire absolu du terrain. — Dans les autres Provinces.

es lois sont aussi très-favorables.

(4) L. Hon. 3. H. Pope, représente dans la Législature fédérale le.

camté de Compton (Prov. de Québec), où esr établie la colonie des Zouaves Pontificaux. Ce ministre, distingué par son caractère loyal et éminemment pratique, déploie une activité digne d'éloges, pour assurer aux immigrants les meilleures conditions de sécurité et d'avenir. Gracieusement invité par lui dans son département, à Ottawa, j'ai appris avec bonheur de sa bouche, les mesures qu'il compte prendre pour donner un emploi rémunératif aux émigrants qui ne pourraient exploiter pour leur propre compte dès leur arrivée.

Culture du lin.

Le lin ctie chanvre réussissent sunérieurement bien au Canada. Il est vraiment surprenant de les voir cultiver partout avec succès, sans les soins considérés indispensables en Belgique. Ainsi, personne n'y songe à sarcler le lin, et pourtant on le récolte fort net et fort beau, et cela, peut être, sur un terrain qui n'a jamais reçu d'engrais. Ce qui fait défaut, ce sont les connaissanres nécessaires pour tirer le plus grand parti possible &u lin, après qu'il est récolté. Le rouissage à l’eau est inconnu, et nulle part je n’ai trouvé de bons méticrs pour le tisser, ni une main habile parmi les rares tisserands.

Pendant la saison d'hiver, qui ne dure pas moins de cinq mois, le colon trouverait dans cette branche une occupation rémunérative ; l'industrie linière lui donnerait sur la population indigène un avantage très-remarquable, vu qu'il trouverait toujours, sur le marché, un prix plus considérable pour ses produits que n’en obtiennent les habitants du pays. La graine de lin se vend très-bien en toute saison, à un prix élevé, puisque la production est loin de suffire à la fabrication des huiles nécessaires aux différentes industries du pays. Ensuite le tourteau onstituerait là, comme ici, une nourriture de première qualité pour le bétail.

Je suis informé que là fabrication des toiles se fera bientôt sur une vaste échelle dans la Province de Québec ; mais si uné quantité plus grande de lin était cultivée dans le pays, ce serait encore là un excellent article pour l'exportation. Le lin roui à l’eau se vend aujourd'hui sur les marchés de la Belgique comme suit :

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ar qualité . . . frs. 3,0C le kilogramme.

Qe » A AN Re »

ge » Lo à 8 000 »

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