A. QUETELET
monde : Ciovis, qui fonda la monarcbie tranke ; Charlemagne. ce Napoléon du neuvième siècle, qui étendit son empire sur l'Europe^ Godefroid de Bouillon, qui porta le sceptre de
Le chanoiDe Triest
THE NL^" ••'.PK PUBLIC LU- RARY
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Jérusalem ; BaudoDÎD de Flandre^ qui ceignit la couronne de Constantinople ; Charles -Quint, qui reconstitua une partie de l'empire de Charlemagne. Là ^ nous avons rencontré des savants qui ont élargi le champ de la pensée et contribué à sonder le grand abime de la nature : Vésale, qui fut le créateur de Tanatomie; Mercator, de qui date la géographie moderne: Simon Stevin. qui fut, au seizième siècle, une des lumières de la science des nombres. IMos artistes ne sont pas moins célèbres : Van Eyck, Hemling, Rubens, Van Dyck, Teniers, sont des peintres dont il sufQt de citer les noms i Roland de Lattre et Grétry occupent une des plus belles pages dans l'histoire musicale de TEurope ; Ëdelinck n a pas été surpassé dans Tart de la gravure; Gérard de Saint-Trond a laissé dans la cathédrale de Cologne un monument qui confond, depuis le treizième siècle, 1 admiration des architectes.
Mais ce ne sont pas seulement les hommes de guerre et de conseil , les artistes et les savants , qui peuplent cette galerie toute nationale. Les vertus chrétiennes ont eu aussi leurs héros en Belgique, comme pour ne nous laisser envier aucune espèce de gloire à 1 étranger. Si la France eut au dix-septième siècle son saint Vincent de Paul, nous avons eu, au dix-neuvième , le prêtre, si modeste par son cœur, mais si sublime par ses actions , dont nous avons écrit le nom en tête de cet article.
Pierre-Joseph Triest naquit à Bruxelles le 31 août i760. 11 appartenait à une de ces familles respectables et pieuses qui font leur premier culte du culte du bien et de la vertu. Nourri, dès bon enfance, de tous les édifiants exemples quil avait constamment devant les yeux autour de Thumble foyer paternel, il
façonna de bonne heure son âme à ces fructueuses et douces leçons. Entré, fort jeune encore, au collège des Pères Jésuites, il y poursuivit ses études latines jusqu à la suppression de cet ordre en Belgique, et alla terminer son cours d'humanités à Gheel, bourg de la province d'Anvers, dont le gymnase jouissait alors de quelque réputation dans nos provinces. Il fit sa philosophie à luniversité de Louvain, et sa théologie au séminaire de Malines. Promu aux ordres sacrés le 10 juin i786, il fut nommé, deux années après, coadjuteur à I église de Notre- Dame en cette ville. £n i789, il fut attaché dans la même qualité à réglise d Assche, entre Bruxelles et Alost, et en 1791 il reçut le titre de desservant au même endroit. Mais cette position il loccupa quelques mois à peine. Car, dans le cours de la même année, il fut appelé à Malines et devint vicaire de Icglise de Notre-Dame d'Hansv^^yck.
Ici commence cette série d'œuvres de dévouement chrétien et de charité évangélique qui composent la vie du vénérable prêtre auquel nous consacrons cette notice. Au moment où Pierre-Joseph Triest venait de prendre possession de son vicariat, une maladie contagieuse sévissait dans Thôpital militaire de Malines. Le typhus y régnait avec un incroyable acharnement. Chaque jour il augmentait ses ravages et faisait de nouvelles victimes. Les plus courageux commençaient à se retirer de ce séjour de désolation et de mort. Ceux-là mêmes que leur devoir aurait dû y retenir cédaient à la peur et reculaient devant cette effrayante épidémie. Triest est le seul qui ne s'en effraye point. Nouveau Beizunce, il brave la terrible contagion ; il ne craint point ces souffles mortels qui portent
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le poison, il passe le jour et la nuit au chevet des malades, il les soutient, il les exhorte, il verse dans leurs âmes des consolations célestes, et les aide à mourir en leur parlant de Dieu et en leur montrant le ciel. Cependant bientôt ses forces succombent à son zèle; il tombe lui-même atteint du mal. Mais Dieu ne voulait pas qu'il mourût. Triest était destiné à subir d'autres épreuves et à donner d'autres exemples à ses frères.
Il fut nommé, en 4797, curé et chanoine de leglise collégiale de Saint-Pierre, à Renaix, dans la Flandre orientale. C'était une époque pleine de troubles et de périls, mais où le clergé beige trouva plus d'une occasion de se signaler par son courage et par son dévouement. A peine Triest fut-il arrivé à Renaix, qu'il fut sommé par le commissaire de la république française de prêter le serment prescrit par la loi du 7 vendémiaire de l'an vu. 11 s'y refusa, et ses vicaires suivirent son exemple. Son église fut fermée aussitôt, et une série d'odieuses persécutions commença contre ces dignes ecclésiastiques. Triest et ses nobles compagnons ne purent s'y soustraire qu'en se cachant. Mais, malgré les périls qui le menaçaient de toute part, il ne penonça pas à remplir les devoirs de son ministère. Il céle'^lt chaque jour le saint office dans quelque retraite c^nue des seuls fidèles; il les encourageait et leur promettait ^des jours meilleurs; il visitait les malades et les fortifiait par d'onctueuses exhortations pour ce voyage de l'éternité d'où l'on ne revient pas. Cependant les gendarmes républicains le cherchaient de tous côtés. Le danger qu'il courait était devenu d'autant plus imminent que son zèle grandissait au
milieu des perquisitions mêmes dont il était Tobjet. Une nuit il apprend, au fond de sa retraite^ que la femme du brigadier de la gendarmerie se trouve à Tagonie. Il n'hésite pas. Il n écoute que la voix de sa mission^ et se rend droit à la maison de la mourante pour lui apporter les derniers secours de la religion. Mais au moment même où Triest est là qui remplit le devoir que sa sainte fonction lui impose, la porte s'ouvre, et le mari de la malade aperçoit au chevet de sa femme le ministre de Dieu qui n'a pas craint d exposer sa liberté, sa vie peut-être, pour donner à une âme les derniers secours de rÉglise. Le soldat, vaincu par tant de générosité et de dévouement chrétien, tombe aux pieds du prêtre, en maudissant la charge impie qu'il était appelé à remplir.
Le iS mars 1802, après la conclusion du concordat, Triest put reprendre publiquement possession de son église; mais elle fut convertie, peu de temps après, en simple oratoire, et il fut attaché en qualité de desservant à l'église de Saint- Martin, à Renaix.
A cette époque de sa vie il commença à exécuter ce vaste plan d'institutions utiles, auxquelles son nom restera attaché, et qui, développées et fécondées par son esprit, portent de si grands fruits. Ouvrir des écoles gratuites pour les enfants pauvres , pour les sourds-muets et pour les aveugles, établir des hospices pour les malades, pour les aUénés, pour les incurables et pour les vieillards, telle est maintenant l'œuvre à laquelle Triest va consacrer tous les instants de sa vie. Pour réaliser ce plan il fallait , à défaut de vastes ressources matérielles que Triest ne possédait pas, tout l'esprit de charité qui
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ranimait et toute léoergie d'un cœur qui espère eu Dieu et qui ne de'sespère pas des hommes.
Il soccupa d'abord de linstruction des enfants, et établit à Renaix une école pour les orphelines pauvres., qui existe encore aujourd'hui.
Appelé en i805 à la cure de Lovendeghem, près de Gand^ il y jeta les fondements d'une institution qui a pousse', depuis, de si vastes ramiGcations dans nos provinces, et qui fait plus de bien chaque jour, celle des Sceurs de la Charité de Jésus et de Marie. Les commencements de cette œuvre furent on ne peut plus humbles; mais Triest savait que les plus petites sources forment souvent les plus grands ileuves. Il loua une petite chambre, et, s'étant associé deux filles pieuses, il ouvrit une école pour les enfants pauvres. Quelques personnes charitables vinrent à son secours, et bientôt le nombre des sœurs seleva à six. Alors il songea à organiser cette petite communauté, destinée aussi à soigner les malades. Il avait eu un moment l'idée de 1 affilier à la congrégaiion française des Filles de la Charité de saint Fincetit de Paul; mais, plusieurs obstacles Fayant empêché de réaliser ce projet, il forma son institution en congrégation particulière. Il avait fait une profonde étude des règlements des différents ordres. Il en prit ce qu'ils ont de meilleur, et y ajouta de nouvelles dispositions, qui frappent par leur prudence et par leur sagesse, et qui prouvent une grande expérience du cœur humain et de la vie intérieure des couvents. Il se levait tous les jours à trois heures, quelquefois plus tôt, pour enseigner les règlements aux sœurs et pour les soutenir par son exemple.
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L œuvre de cet homme charilable ne tarda pas à être apprc'cice à toute sa valeur. Monseigneur Failot de Beauraont, évcque de Gand , et le preïet du département de i Escaut, furent les premiers à en reconnaître la haute utilité'. Ce sage prélat, voyant le chef-lieu de son diocèse privé de tous ses établissements pieux et de bienfaisance, par suite de la révolution française, conçut le projet de transférer à Gand llnstitut de Lovendeghem. Cette translation eut lieu le 30 juillet 1805. Les Sœurs de la Charité de Jésus et de Marie s établirent dans lancienne abbaye de Terhaegen, qui est aujourdhui la maison-mère de toutes les maisons de ce genre qui se sont depuis cette époque fondées en Belgique. Cependant, les ressources furent dans Torigine tellement restreintes, que Triest et ses charitables compagnes furent obliges de coucher, pendant quelque temps, sur des chaises ou sur des paillassons, et quune des sœurs étant devenue malade, à force de fatigues et de travaux, un voisin généreux lui apporta un lit où elle put se reposer et se réiablir.
Le courage de Triest ne se rebuta devant aucun obstacle. Le but était tout pour lui, et rien ne lui coûtait pour latteindre. Pour qu'il piit donner à son œuvre le développement nécessaire, il lui fallait deux choses : l'approbation du gouvernement, et la propriété de l'abbaye. Au printemps de 1806 il se rendit à Paris, muni de lettres de levêque de Gand, et il réussit tellement qu un décret impérial du 25 juin approuva Tinstitution des Sœurs de la Charité^ et qu'un autre décret du 18 septembre suivant fit à cette communauté la concession gratuite du couvent de Terhaegen.
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Dès ce moment Triest put se consacrer tout entier au développement intérieur de son établissement. Il ordonnait et surveillait tout; il dirigeait et formait les sœurs; il était toujours auprès des malades, et non-seulement il leur offrait des consolations religieuses^ mais il les soignait lui-même, faisant leur lit et pansant leurs plaies. Même il avait pris son logement près de l'hôpital des incurables, et, la nuit, au moindre bruit, à la moindre plainte des patients, il se levait, interrompant ainsi le court repos qu'il goûtait, et volait au secours de ces malheureux.
Beaucoup d autres eussent succombé cent fois sous les difficultés sans cesse renaissantes qui se présentaient pour entraver le développement de cette institution. Triest grandissait en énergie et en activité en raison même de ces obstacles. Les bâtiments du couvent de Terhaegen étaient délabrés; on manquait du mobilier nécessaire. Mais Triest parvint à pourvoir à tout, grâce à la persévérance qu il mettait à intéresser la charité publique à son œuvre, et grâce aux sacrifices qu il ne cessait de faire et aux privations qu'il s'imposait pour la faire prospérer.
Bientôt Triest sentit le besoin détendre ses bienfaits aux deux sexes et à tous les âges, et il conçut l'idée d'instituer, sous linvocation de Saint Vincent de Paul, les Frères de la Charité, destinés à servir les malades, à soigner les aliénés, à instruire les sourds-muets, les pauvres et les orphelins.
Vers la fin de i807 il tenta d organiser cette communauté nouvelle qu'il établit dans les bâtiments de la Byloque à Gand. Mais elle ne réussit point. Il renouvela son essai en 1810, et
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cette fois le succès répondit à son atlenie. Le règlement de cet institut fut. saufquelques modifications^ le même que celui qu il avait donné aux sœurs.
Ces deux établissements ne tardèrent pas à prospérer^ et il ne leur manquait plus que detre sanctionnés par le Saint- Siège. Triest se rendit à Rome en i8i6, et il eut le bonheur de voir approuver les constitutions de la communauté gantoise par le souverain pontife, dont il reçut Taccueil dû à ses vertus et à son infatigable charité.
Encouragé par le succès de ses instituts, Triest, qui croyait que rien n était fait aussi longtemps qui! restait encore quelque chose à faire, organisa à Gand, en i822, la congrégation des Dames de la Charité maternelle pour avoir soin des femmes en couches, appartenant à la classe pauvre.
En 1825. il institua à Gand les Frères de Saint Jean de Dieu^ destinés à servir de garde-malades aux particuliers de la ville.
En 1835, il fonda Tinstitution des Sœurs de l'enfance de Jésus, pour soigner les enfants trouvés et les enfants malades au-dessous de dix ans.
Enfin, pour compléter le vaste cadre qu'il s'était prescrit, il songeait à établir une maison de refuge pour les vieux prêtres pauvres et sans ressources. Mais ce projet, la mort ne lui laissa pas le temps de le réaliser.
Il mourut le 24 juin 1836 aussi chrétiennement qu il avait vécu.
Il avait été nommé en 1807 chanoine honoraire de Saint- Bavon à Gand; il devint chanoine titulaire en 1830. En 1818.
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le roi des Pays-Bas, Guillaume I®"^, d'ailleurs si peu sympathique au elergé belge, conféra au vëueVable chef de tant d'utiles institutions le titre de chevalier de Tordre du Lion belgique, et lui fit présent, peu de temps après, dune Bible de Sacy. En 1834, le roi des Belges lui remit de ses propres mains les insignes de Tordre Léopold. Enfin, vers la même époque, la société de Monthyon et de Franklin lui décerna une médaille d'honneur et lui consacra une notice dans la Biographie des hommes utiles de tous les pays, A ce monument sa patrie se dispose à en joindre un plus durable , dont le marbre sera taillé par le sculpteur Simonis.
Triest a laissé un nom qui restera attachée un grand nombre d institutions de bienfaisance, répandues dans différentes villes de Belgique et issues des communautés qu'il fonda à Gand. H est béni par tous les malheureux auxquels son œuvre fournit des consolations et dont elle aide à adoucir les misères. Il ne fut point de ceux qui font de la charité une science ; mais il la pratiquait par sentiment et par besoin du cœur. Pertransivit benefaciendOy comme s'exprime Tauteur de l'intéressante Biographie de M. le chanoine Triest y à laquelle nous avons emprunté tous les détails qui constituent cette notice.
Albert Van Limburg.
On voulut alors lui conférer le titre de maître es arts, mais
Van Belfliont
TILDEiS' .^ . [■- '•
après un mûr examen de lui-même, il trouva qu'il n'avait dans son esprit que des mots, et quen réalité, il ne savait rien : il refusa donc le titre, ne voulant pas, dit-il lui-même, qu'on le conférât à celui qui n était pas même disciple. H consentit néanmoins, sur les instances de ses professeurs, Thomas Fyenus, Gérard Villers et Jean Sturmius, à donner à luniversité des leçons publiques de chirurgie. Mais bientôt trouvant qu'H enseignait ce qu'il ne savait point, et que, d ailleurs, ses professeurs ne lui apprenaient rien de plus que ce qu'il avait lu dans les écrits des anciens, il cessa son cours, et se retira des écoles pour se livrer à la recherche de la science et de la vérité.
On lui offrit à cette même époque un riche canonicat, à la condition de se consacrer à Félude de la théologie; il refusa, encore incertain de la direction qu il devait suivre et de la vocation qu'il devait préférer. Il s'attacha ensuite aux jésuites, qui venaient d'ouvrir à Louvain des cours publics de philosophie. Au nombre de ces cours, il y en eut un que Van Helmont suivit plus particulièrement, celui du fameux Martin Del Rio, sur la magie ; mais, au bout d'un certain temps, il s'en dégoûta, après s'être aperçu que pour toute moisson il n'avait recueilli que de la paille vide, et des misérables rapsodies dénuées de sens commun.
Tout indique qu'il serait entré à cette époque dans l'ordre de Saint-François d'Assises, s'il n'en eût été empêché par la faiblesse de sa constitution.
Il fallait pourtant à cette imagination ardente une occupation sérieuse, qui le ramenât aux choses positives de la vie. Il se livra donc à l'étude des mœurs et des lois ; mais son esprit irré-
solii la lui fit abandonner de nouveau au bout de très-peu de temps, pour celle, plus utile à ses yeux, des sciences naturelles et mathématiques et spécialement de la botanique.
Il en vint tout naturellement ainsi à prendre goût pour la médecine.
Ce qu'il mit d ardeur et de persévérance à approfondir cette science, est à peine croyable. Lui-même nous dit qu'il apprit par cœur tous les aphorismes d'Hippocrate, qu'il parcourut deux fois Galien, puis tout Avicenne, et près de six cents auteurs grecs, arabes, ou modernes, annotant avec soin tout ce qui lui paraissait digne de remarque.
Tout le fruit qu il retira de cet immense travail fut de reconnaître qu il n était pas même capable de gueVir un mal de dents; que la médecine, telle qu'elle était alors enseignée dans les livres et dans les écoles, ne méritait pas le nom de science, et que la nature ne pouvait se manifester pleinement à nous, si notre esprit n'était éclairé par la volonté divine.
Il se prosterna donc devant le Créateur; il lui adressa les plus ferventes prières , et invoqua sa miséricorde en faveur de la pauvre humanité, qui gémissait sans secours sous le poids d'innombrables infirmités. Dans cet état d'exaltation mentale, il finit par se croire en rapport avec les esprits célestes, et pensa obéir à une impulsion divine, en continuant à se livrer à 1 étude de lart de guérir. Il le fil avec l'ardeur et la constance d'un inspiré, a Pendant trente années consécutives, dit-il, j ai « travaillé nuit et jour aux dépens de ma fortune et de ma « santé, à Tefiet de connaître la nature et les propriétés du ti régne végétal et du règne minéral , et d'acquérir ainsi la vraie
« science , et cela néanmoins sans cesser un seul instant de te prier, de lire, de comparer^ d'examiner mes erreurs, et « d annoter mes expériences journalières. »
En i599, après avoir été reçu docteur en médecine à Louvain ^ ainsi que l'assurent quelques biographes . ou seulement promu à la licence^ d après quelques autres, Van Helmont entreprit avec plusieurs de ses amis un voyage scientifique dans les Alpes, la Suisse et la Savoie. G était l'usage de 1 époque. Quelques-uns assurent néanmoins que Tétat déplorable de la médecine, et la façon dont elle était enseignée, lui firent concevoir pour cette science un souverain mépris, et que son dépit d'avoir choisi cette profession lui fit prendre la résolution de quitter sa patrie pour n'y plus rentrer.
Quoi qu'il en soit, il est certain qu'il était de retour en Belgique en i602. Les recherches et les opérations chimiques l'occupèrent alors activement. C'est à cette époque aussi qu'il commença à battre en brèche les préjugés et les erreurs de la médecine scolastique. Les écrits de Paracelse furent particulièrement l'objet de ses études, mais il n'en fut pas satisfait, quoiqu'ils continssent les germes d'importantes vérités. Loin de mériter le reproche que lui fait Ëloy, avec plusieurs biographes, d'avoir embrassé aveuglément les rêveries de cet alchimiste et de s'en être fait le défenseur, Van Helmont combattit, au contraire, avec force ses principales assertions ; il alla même jusqu'à censurer amèrement son caractère et sa conduite, et à lui imputer d'avoir emprunté les principales idées de sa doctrine, à un moine alchimiste, Bazile Valentin, dont Paracelse ne s'est fait aucun scrupule de s'attribuer les
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travaux. Van Helmont n'a pris à Paracelse que son archée, mais en y rattachant des idées plus claires et empreintes d une physiologie plus saine.
Cependant^ la polémique ne faisait pas négliger à notre compatriote la pratique de son art. et quoique issu d une race illustre, il ne crut pas déroger, en se vouant au soulagement de rhumanité.
Ne voulant rien devoir qu'à lui-même, il se tenait constamment en garde contre les erreurs auxquelles aurait pu le conduire Fétude des travaux de ses devanciers. A cette époque , comme tout récemment encore , on faisait un abus effrayant de la saignée ; c'était le règne de la lancette intronisé par Léonard Botal. Van Helmont s'éleva contre cette pratique dangereuse et rendit un véritable service à l'humanité, en démontrant les résultats fâcheux auxquels devaient conduire les dépiétions sanguines trop fréquentes et trop copieuses , et surtout en exposant avec lucidité comment la manifestation des crises pouvait être troublée et empêchée par un semblable abus. Il se distingua de ses prédécesseurs, par des idées beaucoup plus justes sur linflammacion, qu'il dit être produite par l'irritation et avoir pour effet d'attirer le sang ; mais cette irritation , il la désigna sous le nom d'épine. Les recherches chimiques lui firent découvrir les propriété de plusieurs agents du régne minéral, dont il enrichit la matière médicale, de même qu'il avait déjà enrichi l'arsenal chirurgical, par l'invention de quelques instruments, et notamment de sondes flexibles.
D'une activité peu commune, d'une avidité insatiable pour
la science ^ Van Helmont se plaisait à caresser cette idole et loi consacrait tous ses soins. Aussi ses travaux ne furent-ils interrompus quun instant, par un voyage quil fit dans la Grande-Bretagne. L'histoire rapporte qu'il y fut noblement accueilli, non pas tant à cause de l'illustration de sa naissance^ que de la grande réputation quH s était acquise en Europe, par ses remarquables succès dans la pratique de la médecine. Au milieu des fêtes splendidesde la cour à White-Hall, la science Foccupait encore ; indifférent aux plaisirs faciles qui naissaient en quelque sorte sous ses pas dans la tumultueuse capitale de TAngleterre, son esprit d'observation ne {abandonna pas un moment, et ce fut à Londres même qu'il sapa une ancienne croyance relativement à la formation des calculs vésicaux.
Quelques années plus tard , en i609 , il épousa une demoiselle noble et riche, Marguerite Van Ranst, fille de Charles et d'Elisabeth De Halmale, avec laquelle il se retira à Vilvorde.
D'après quelques biographes, Van Helmont ne visitait guère les malades; il ne pratiquait point la médecine par esprit de lucre : il était sédentaire; et cependant il assure lui-même, dans ses écrits , qu'il guérissait tous les ans plusieurs milliers de personnes. D'autres nous apprennent que bien qu'il passât la majeure partie de sa vie à Vilvorde, il n'en exerça pas moins l'art de guérir dans presque toutes les villes de la Belgique : mais un point sur lequel on est généralement d'accord, c'est que son amour pour 1 étude, et les investigations scientifiques auxquelles il se livrait, le rendaient insensible aux nombreuses sollicitations qui lui étaient faites par de hauts personnages, d'abandonner
sa modeste retraite pour se lancer sur un théâtre plus digne de son mérite et de son immense réputation. Il s'était particulièrement gagné 1 affection de l'électeur de Cologne, prince qui, cultivant avec succès la chimie, avait pu, mieux que tout autre, apprécier la valeur des travaux scientifiques du savant médecin brabançon. L'empereur Rodolphe II, ainsi que ses successeurs Mathias et Ferdinand II, ne se montrèrent pas moins empressés à rendre hommage à ses talents \ à diverses reprises ils l'invitèrent à se rendre à Vienne; mais Van Helmont résista à leurs prières, et préféra aux honneurs dont on voulait le combler, honneurs qui ne le tentèrent jamais, la douce jouissance du laboratoire et du cabinet.
Non content d'avoir exploré avec fruit le champ si vaste des sciences naturelles. Van Helmont voulut encore pénétrer les secrets de l'organisation intellectuelle du genre humain. Toutes ses pensées se concentrèrent alors sur letude du principe vital dont il espérait découvrir l'essence.
En 1617, Rodolphe Gœlenius et Jean Roberti venaient de mettre au jour leurs écrits sur le magnétisme. Van Helmont les lut, les étudia, et, quoique leurs auteurs eussent considéré la question sous des points de vue fort différents, l'un en physicien, l'autre en théologien, il pritJa plume pour leur prouver quils ne l'avaient pas véritablement saisie. Il s attacha surtout à réfuter le livre de Gœlenius, auquel il reprocha d'avoir confondu le magnétisme avec la sympathie. Il soutînt néanmoins avec lui la réalité des guérisons magnétiques naturelles, et le défendit même contre les attaques du jésuite Roberti, qui niait les unes et attribuait les autres à l'intervention du démon. On peut dire
avec raison que Van Helmont fut le précurseur de Mesmer, en ce sens qu'il considérait le magnétisme comme une propriété occulte, ayant de 1 analogie avec celle de Taimant. et en vertu de laquelle le monde visible est gouverné par le monde invisible.
Son opinion sur le livre de Gœlenius fut imprimée à Paris en 1621 sous le titre de : De magneticâ vulnerum haturali et légitima curatione. Cette publication se fit à Finsu de l'auteur, par les soins empressés d'un de ses ennemis, qui ayant proGté de la facilité avec laquelle Van Helmont communiquait ses productions, avait fait prendre une copie de son manuscrit sur le magnétisme.
Evidemment, cette manœuvre avait un but hostile au laborieux et infatigable savant, dont les idées pleines de hardiesse et d'élévation ne pouvaient être comprises par les esprits de son époque; aussi ne contribua-t-elie pas peu à grossir le nombre déjà si grand de ses ennemis. Mais Van Helmont trouva de justes sujets de consolation dans l'immense succès qu'eut son œuvre, et dans la profonde sensation qu'elle produisit, dès son apparition.
Cependant comme on ne pouvait lui pardonner sa supériorité en toutes choses, Tenvie continuait ses sourdes et basses intrigues; le feu couvait sous la cendre et devait éclater un jour. C'est ce qui arriva en effet, en 1650, neuf années après la publication de la première édition du livre dont nous venons de parler.
La susceptibilité de l'autorité ecclésiastique ayant alors, quoique bien tardivement, été éveillée contre cet ouvrage, la faculté de théologie de Louvain reçut la mission de l'examiner et
déclara formellement qu'il était du tout pernicieux et qu'il contenait assertions et propositions hérétiques fort pernicieuses; blasphèmes contre Dieu et les saints. En conséquence, le promoteur près l'office de la cour spirituelle de l'archevêché de Malincs requit de l'official des lettres d'ajournement contre le savant médecin. Jacques Boonen occupait à cette époque le siège archiépiscopal. Moins ombrageux et plus ami des sciences et des lettres que ce promoteur, il prit en considération que si le livre imprimé était de nature à faire du mal, ce mal avait été fait depuis très-longtemps^ et qu'il n'y avait plus à craindre qu'il en fit davantage, puisqu'on ne parvenait qu'à grand'peine à en trouver encore un rare exemplaire. De son côté, Van Helmont avait présenté, dans les derniers jours d'octobre 1630, une requête au vicariat de Saint-Rombaut, afin d'abolition s'il avait méfait, alléguant d'ailleurs, pour sa justiGcation. qu'il n'avait traité la question du magnétisme que sous une forme douteuse, et qu il n'avait pris aucune part à la publication de son livre. Par tous ces motifs, l'archevêque de Malines ordonna au procureur de suspendre jusqu'à nouvel ordre toute procédure.
Van Helmont put alors reprendre ses travaux. Pendant trois ans il coula une vie paisible : et heureux de pouvoir partager tous ses instants entre une femme qu'il aimait tendrement et les recherches scientiGques , pour lesquelles il était passionné, il ne songea pas à la possibilité que des nuées pleines d'orage vinssent encore samonceler sur sa tête. Mais la vengeance ne dort pas, elle sommeille, pour frapper au moment où on s y attend le moins. Cest ce que firent ses ennemis.
Trompés une première fois dans leur attente, ils ne trouvèrent rien de mieux, pour atteindre leur but, que de faire réimprimer le livre incriminé. Cette infâme manœuvre eut lieu au commencement de Tannée i634. L'on ne connut jamais le nom de celui qui s'en était rendu coupable:, il parait certain néanmoins que les jésuites ne lui pardonnèrent jamais d'avoir accablé de sa caustique raillerie celui des leurs qui avait soutenu, contre Gœienius ^ que les guérisons obtenues par le magnétisme étaient dues en partie à la puissante influence du démon.
Des exemplaires de la nouvelle édition furent envoyés à un grand nombre de personnes, et entre autres à l'archevêque. Monseigneur Boonen, ne pouvant plus dès lors maintenir la suspension qu'il avait ordonnée en 1630, donna, le 3 mars, et en considération de ce que le dict Hure estait devenu publicq et de quelques aultres raisonsj la permission au procureur doffice de pouvoir saisir la personne dudit Van Helmont, ses papiers et tous ses livres, et implorato brachio secularij servatis ser-vandis. Le promoteur, assisté de lamman et de deux échevins de la ville de Bruxelles, appréhenda la personne de Van Helmont et saisi tous ses livres et papiers. On lui donna d'abord pour prison le monastère des frères mineurs de Saint- François, et plus tard, sa propre maison, so%^ caution de six mille florins.
Le 4 mai suivant, sa belle-mère, dame Isabelle de Halmale, présenta au conseil de Brabant une requête, dans laquelle nonseulement elle dénonça la conduite du promoteur de la cour spirituelle, mais déclina encore la compétence des juges ecclésiastiques. Le succès n'eût probablement pas couronné cette
démarche, si une personne des plus haut placées, la reine mère Miairie de Médicis , n eût intercédé auprès de l'archevêque de Malines, en faveur du prétendu coupable.
La reine mère chargea de cette mission son abbé Fabroni : et tout porte à croire que les instances faites par ce dernier, au nom de la reine de France, contribuèrent puissamment à hâter 1 élargissement de Van Helmont.
Il était à peine rendu à la liberté, qu'une malheureuse et triste circonstance vint mettre à 1 épreuve, et son talent et son dévouement à Ihumanité. Une maladie pestilentielle exerçait ses ravages en Belgique. Oubliant tous ses malheurs, comme rinjustiçe et la méchanceté des hommes, n'obéissant qu aux généreux élans de son noble cœur. Van Helmont se dévoue, il part, il vole vers les points du pays qui souffraient le plus du fléau, non pour s'instruire, mais pour accomplir un devoir, pour prodiguer à ses compatriotes, à ses semblables. les soins et les secours dont il devait la connaissance à ses longues et ardentes études. Au milieu de cette calamité publique, il apparaît comme un ange consolateur descendu des régions célestes. Sa tâche était pénible et dangereuse, mais sublime; il sut la remplir de la manière la plus honorable, car ni la fatigue, ni les privations, ni la malpropreté, ni les dangers auxquels il exposait continuellement sa vie , ne purent ralentir son zèle.
Avant d'aller plus loin, nous devons dire ici un mot dun ouvrage qui fut publié à Liège, en i624, et qui accrut tout à la fois la réputation de l'auteur et la haine de ses ennemis. Nous voulons parler du Supplementum de Spadanis Fontes. Van Helmont s'était rendu, peu de temps auparavant, à Spa: il
allait, comme toujours, que son voyage fût au moins de quel* que utilité pour la science; aussi s'y occupa-t-il assidûment de letude des sources minérales de cette ville , sur lesquelles un autre médecin, Henri de Heers, avait déjà publié un écrit dès 1614. Van Helmont , peu satisfait de cet ouvrage , prit aussitôt la plume et écrivit son Supplementum, pour relever quelques erreurs commises par De Heers. Celui-ci, piqué dans son amour-propre d'auteur, ne ménagea pas Van Helmont, le maltraita de la manière la plus indigne, et lui répondit par la publication du Deplementum supplementi deSpadanis fontibus, sive yindiciœ pro 9uâ Spadacrene.
Van Helmont s'était de nouveau acquis quelque gloire, mais aussi un ennemi implacable de plus !
En 1642 parut son traité des fièvres. De ortu febrium, celui de tous ses ouvrages qui porta le plus rude coup à la doctrine des Galénistes, et par lequel il voulait surtout confondre l'ignorance de ses détracteurs. Ce livre eut une vogue incroyable et excita l'admiration des principaux médecins de l'Europe. C'est là qu'il dit expressément que toutes les fièvres ont leur siège dans les voies digestives, et que l'archée exerce une influence spéciale sur l'estomac. Ainsi, comme on le voit, l'idée mère du physiologisme moderne, plus amplement développée au commencement du dix-huitième siècle, par le modeste et savant Réga, se trouve tout entière dans le traité notre illustre de compatriote.
Van Helmont s'était acquis , par son savoir, par la beauté et la noblesse de son caractère, et spécialement par la récente publication de son traité des fièvres, l'estime de la plupart des
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médecins philosophes; cette estime était mêlée d'admiration et de déférence, et devait être bien douce à l'âme si vertueuse et si honnête du savant médecin brabançon. Malheureusement il ne put jouir longtemps d'un bonheur si bien mérité, car la Providence avait déjà marqué la fin très-prochaine de ses jours. Le 18 novembre 1644, il fut atteint d'une pleurésie, qu'il combattit avec du sang de bouc, sans rejeter cependant la saignée, comme on l'a généralement avancé. Van Helmont ne se faisait pas illusion sur la gravité de sa maladie ; sentant que l'heure de sa mort était proche, il appela son fils François-Mercure, et lui dit : <( Prenez tous mes ouvrages , tant ceux qui sont ébauchés que ceux qui sont finis ; joignez-les ensemble, je vous les abandonne. Faites-en tout ce que vous croirez qu il est bon d'en faire : Dieu, qui dirige tout pour une meilleure fin, ne me permet pas d'y donner mes derniers soins. »
Après avoir langui pendant sept semaines, il mourut à Vilvorde, le 30 décembre 1 644, en pleine connaissance, après avoir reçu les derniers sacrements, avec cette sérénité d'âme et cette tranquillité d'esprit qui n abandonnent jamais , au sortir de la vie, l'homme dont toute la carrière a été consacrée au bien et à la vertu. La veille de sa mort, il avait encore écrit à un de ses amis , à Paris , une lettre dans laquelle il lui annonçait qu'il n'avait plus que vingt-quatre heures à vivre.
Les diverses circonstances que nous venons de rappeler, détruisent suflBsamment l'assertion mensongère de Guy Patin, que Van Helmont serait mort dans un état de frénésie, pour n'avoir pas voulu se laisser saigner.
Van Helmont est considéré , à juste titre , comme un des
plus illustres enfants de la Belgique. La chimie lui est redevable de grands et de nombreux perfectionnements , quoiqu'il n'ait pas su se dépouiller entièrement des préjugés de lecole spagirique. Dans sa retraite à Vilvorde, il examina avec une rare intelligence et un travail des plus laborieux presque tous les corps que nous connaissons, fossiles, végétaux, animaux, en sorte qu'on peut dire qu'il se mit en état de fournir, lui seul, un nouveau cours de chimie.
Le premier il a fait connaître les propriétés des différents gaz et leur action sur l'atmosphère et sur le corps de l'homme ; le premier il a prouvé, contre Paracelse, que le tartre n'existe pas tout formé dans les aliments et les boissons, et que les calculs urinaires ne doivent pas être assimilés aux pierres du règne inorganique, puisque 1 analyse chimique les montre formées de principes tout différents. C'est à Van Helmont encore que Ton doit la découverte de Vhuile de soufre per^ campanam, du laudanum de Paracelse, de Yesprit de corne de cerf, de celui de sang humain, du sel volatil huileux, et de beaucoup d'autres préparations chimiques destinées à remplacer les remèdes galéniques.
Mais l'un des titres les plus solides de sa gloire, c est d'avoir renversé le galénisme de son temps , et de lui avoir substitué les principes plus justes et plus exacts qui ont régénéré la science médicale et lui ont donné une impulsion qui dure encore aujourd'hui.
La vie, les forces vitales, fournissent à Van Helmont toutes ses explications, ce On m'accusera, dit-il, de jeter un nuage, « en ramenant les phénomènes à la vie, aux lumières vitales.
« OU au monde invisible ; mais qu'on sache que c'est là la vraie u route^ et que les mouvements vitaux ne dépendent que de <t la vie. »
Cette vie a un instrument, c est ïarchée^ située dans Testomac, le même que Farchée de Paracelse, mais avec une forme plus substantielle, la nature de quelques auteurs anciens, ïâme de Stahl, la force vitale de Barthez et de Chaussier, et les propriétés vitales de Bichat et de son école.
A Taide de son archée , Van Helmont explique toutes les fonctions de Téconomie animale. Une expérience faite sur luimême avec de Taconit le porta à conclure que lestomac est le siège de Tentendement : le cœur celui de la volonté, et le cerveau celui de la mémoire. Ce qui semblait le confirmer dans ridée que Festomac sert réellement de résidence à son archée, ou âme sensitive, cest qu'on croyait avoir vu la vie se prolonger après la destruction totale du cerveau, tandis que les plaies de lestomac passaient pour être mortelles.
Outre Farchée principale, Van Helmont admet une archée particulière dans chaque organe, ou, en d'autres termes, il soutient que chaque organe a sa vie propre, ce que Bichat à prouvé plus tard. C'est surtout sur la digestion que l'archée, tenant le pylore sous ses ordres , exerce une influence toute spéciale, ainsi que sur le rate et le foie.
Dégagez cetie théorie des formes métaphysiques dans lesquelles elle est conçue ; arrêtez-vous à la signification réelle des choses, sans égard au langage qui les exprime, et vous avez aussitôt Faction vitale et ses importantes modifications dans les divers organes , je ne dis pas développées comme elles Font
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été plus tard, mais présentées.^ indiquées même avec une sagacité et une force de conception qui étonnent quand on se reporte à 1 état où était la science à lepoque où vivait Van Helmont.
Ces notions générales ne sont pas, comme on le croit communément, les seules vues importantes que renferment ses écrits. Nous n avons retracé que lensemble de ledifice . il faut en considérer toutes les parties pour savoir jusqu'à quel point il s est avancé dans le chemin de la vérité. La connaissance des liens sympathiques qui enchaînent nos organes et les font concourir à Taccomplissement des diverses fonctions , la supériorité d'action qu'exercent certains centres organiques, tels que l'estomac, l'utérus, etc., et les influences qui en résultent dans l'état physioloque et pathologique, ce sont là les grandes vérités que son génie a si heureusement fécondées.
Dans un temps où l'on tenait encore de tous côtés aux croyances du moyen âge, où les forces de la nature, interrogées avec crainte , semblaient toujours se présenter sous une forme mystérieuse et surnaturelle, il ne faut pas s'étonner de Fesprit mystique du célèbre médecin brabançon, de ses extases, de ses songes, qui lui révélaient la solution des plus embarrassants problèmes. Mais que les détracteurs de son mérite étudient la marche générale de la science pendant le dix-septième siècle, et ils se convaincront de la haute importance qu'offre le système de cet homme illustre et des progrès qu'il a fait faire à la médecine.
D'* LosEN DE Seltënhoff.