Mangenot (Eug.), Les ecclésiastiques delà Meurlhe,p
6. Renseignement communiqué par M. l'abbé Lesprand, auteur du Clerijé inpssin cl In lîévolulion.
parlements refusèrent de les enreg-istrer. Elles n'étaient pas fulminées en France, elles étaient donc à peine connues *. Les bénédictins ne s'en soucièrent pas. Tous ces francs-maçons vont jouer un rôle dans la Congrégation pendant la Révolution. Ils sont parmi les plus considérables de leur Corps. La qualité de Dom Debras, Dom Gallet et des prieurs donne à leurs actes une portée plus grande. Les vannistes vont se signaler par leur influence prépondérante dans la rédaction des cahiers de doléances et deux maçons, Dom Bonnaire et Dom Néophit, ne manqueront que de peu de voix le siège de députés aux Etats généraux. Ces faits sont un singulier appoint à Tassertion que les F.'. \L". prirent une part très active à la rédaction des cahiers de 89, « dont beaucoup avaient déjà été élaborés par eux depuis longtemps - ».
Enfin, si je ne puis contester que Dom Bonnaire et peut-être Dom Debras furent victimes de la Révolution, si la franc-maçonnerie fut débordée par le flot auquel elle avait ouvert les vannes et qu'elle fut ensuite impuissante à endiguer, ces faits n'enlèvent rien à sa responsabilité primordiale, et la protection mystérieuse qui couvrit Dom Poirot ^, Dom Néophit ^ et Dom Gallet prouve combien grande fut son influence et sa portée pour se faire encore sentir en pleine Terreur.
Cette brève esquisse de la crise d'idées à Saint- Vanne se complétera au fur et à mesure que se dérouleront
1. Elles sont cependant citées dans le Journal de Liixemboiu^g^ mai 1775, pp. 406-414, qui contient tout un article dénonçant la franc-maçonnerie comme une institution dangereuse. Cette époque de 1773-1774-1775 dut être marquée par un prosélytisme intense en faveur de la F.-M., surtout dans le clergé. Son action est patente à Saint- Vanne. Dom Laurent Brûlé est accuse précisément au chapitre de 1774 d'avoir tenu une loge à Morey lorsqu'il y était prieur.