Dom Brihy (r)8 ans), président général en
la franc-maçonnerie au début de 1791, alors, il est vrai, que la Congrégation était virtuellement dissoute, confirmant ainsi toutes ses idées antérieures ou pire, chercliant un préservatif contre les persécutions ou une aide chez ces dirigeants de la révolution.
Francs-maçons également: Dom Bonnaire (54 ans), prieur de Saint-Avold ; Dom Neophit, prieur de Bouzonville (44).
Les trois visiteurs, Dom Sébastien Etienne (54), Dom Martin Vautherot (50) et Dom Bernardin Pierron (46), prieurs de Moyenmoutier, Luxeuil et Saint-Arnould, semblent avoir des idées moins avancées. Le premier refusera de prêter le serment de liberté-égalité, le second sera déporté, mais Dom Ybert (45), janséniste notoire, remplace comme procureur général à Paris Dom Prêcheur, un des seuls religieux qui protestera contre les décrets ^ ; il deviendra vicaire général constitutionnel à V^erdun. Et si Dom Glavey, prieur de Saint-Mihiel, déploya plus tard le zèle le plus ardent à Belfort sous le Directoire, Dom Melin, prieur de Mouzon, se maria, Dom Breton, prieur de Pothières, se montra dans une lettre à TAssemblée nationale dans une attitude grotesque de pusillanimité. Ceci sans tenir compte des futurs constitutionnels, tel le janséniste Dom Mougenot, prieur de Rosières. Les événements préciseront mieux Tattitude du Chapitre.
A part ces nominations, les questions qui y furent agitées n'ontqu'un intérêt fort médiocre. La pension des novices est fixée à 300 livres, dont 150 payées en entrant et 150 lors de la profession. Quelques règlements suivent sur les supérieurs des maisons, des collèges, sur les bibliothèques. L'on ne devra pas ouvrir les églises avant le jour. Les complies sont fixées à 6 heures
1. L'on aura toutefois la pudeur de nommer Dom Prêcheur prieur de Saint- Pierrc-au-Mont de Chàlons. Arch. Nation. G9 34.
du soir. Le souper ou collation suivra immédiatement les complies. La retraite aura lieu à 8 heures du soir.
11 est décidé enfin que les supérieurs, en l'absence des abbés, occuperaient dorénavant la première place à droite, tant au chœur que dans tous les autres lieux d'assemblées et que les anciens présidents auraient toujours le pas sur les doyens.
Dès maintenant, la mission de Dom Bonnaire avait échoué. Ce fut sans doute au Chapitre que fut décidé^ mais non officiellement, de déléguer un religieux auprès de l'Assemblée nationale pour y veiller aux intérêts de la Congrégation. Tout le monde sentait la guerre sourde engagée contre les maisons religieuses. Dom Nicolas Casbois % ancien président général, fut chargé de cette nouvelle tentative de préservation ^. 11 devait se tenir au courant des événements auprès du Comité ecclésiastique. 11 y restera six mois. J'ignore ses démarches. Le résultat était inéluctable.
A la joyeuse exaltation du début de Tannée avaient succédé des craintes, puis des angoisses. Un hiver terrible avait suivi un été désastreux et des pluies continuelles faisaient craindre pour la récolte prochaine.
Tout à coup, sans qu'on sût pourquoi ni comment, le bruit se répand que des brigands dévastent les campagnes. Une terreur folle règne. Les rumeurs les plus diverses courent d'une réaction contre l'Assemblée nationale, contre le peuple et pour le roi. Des paysans s'arment. « Dans les provinces du Nord, de l'Ouest, du
1. Il était né à Huiron, le 10 sept. 1728, profès de Beaulieu, le 13 juin 1745, président général de 1786 à 1789, f Metz, févrie 1795. Il était l'auteur d'un Cours de mathématiques à l'usage du collège de Metz, 1772-1773, 2 vol. in-8°. Cf. Biog. Univ. de Michaud, t. VII, p. 107, Art. par Bégin. Dict. encyclopédique, t. XVII, p. 942, éd. de Genève. Journal encyclopédique, 1765-
2. Lesprand, Le clergé messin et la Jiévolution, Revue eccl. du diocèse de Metz, 1909.
Centre et du Midi, les explosions sont isolées, mais du côté de l'Est, sur une bande large de 30 à 50 lieues et depuis Textrême nord jusqu'à la Provence, la conflagration est universelle. Sous prétexte de comprimer la réaction, les paysans habilement poussés se répandendans les campagnes, 3 abbayes sont détruites, 11 châteaux ruinés, toutes les archives enfoncées *. »
Les abbayes de la Cong^régation de Saint- Vanne se trouvaient en plein dans cette bande de terrain. La grande peur ne fut pas une vaine image pour les moines. Le pillage de Saint-Urbain, la révolte de Saint- Nicolas le 11 juillet, les violences de Luxeuil et de Fontaines-lès-Luxeuille*21, qui contaminent les paysans de Morizécourt, la tentative avortée contre le Saint- Mont le 25, Flavigny le 30, permettront d'entrevoir les origines, les conséquences et le but de cette soi-disant réaction, dirigée bien au contraire contre les religieux et les nobles ^.
Dom Bridot, prieur curé de Saint-Nicolas-du-Port, avait établi au mois de février 1790, au profit des pauvres gens de la ville, un atelier où l'on filait, cardait et travaillait la laine pour en faire des bas '^. L'atelier avait prospéré et il y avait déjà plus de vingt métiers à bas, sans compter les métiers à faire des draps