‹ Les bénédictins de Saint-Vanne et la RévolutionChapitre 35 sur 124 · Bouvier, Les Vosges pendant la Révolution^ 1885, p · texte numérisé non relu

Bouvier, Les Vosges pendant la Révolution^ 1885, p

concertèrent à voix basse. Ils frappèrent de nouveau à la porte, mais moins assurés, tout en menaçant les religieux de les massacrer. Ceux-ci n'eurent garde de céder. La porte resta fermée. La bande désappointée n'osa pas passer outre et se retira pleine de rage et grommelant des injures vaines. DomNicolle, prieur, fit transporter au matin tout ce qu'il y avait de précieux dans la maison du prieuré à Remiremont^.

Un peu d'énergie avait suffi. Cependant, les religieux, pour plus de sûreté, soldèrent durant six semaines une troupe de 25 à 30 hommes '^. Ils craignaient justement de ne pas rencontrer toujours cette docilité. Le gendarme était nécessaire. C'est ainsi qu'à Flavigny, le 30 juillet, une quarantaine de gens s'attroupèrent. Ils se dirigèrent vers le palais du prieur prélat pour en enlever tous les papiers et faire carillon dans les meubles. Dom Debras les amusa prudemment en les régalant et en les faisant boire jusqu'à ce que le secours qu'il avait envoyé solliciter à Nancy fût arrivé. On saisit alors un certain nombre des mutins et on les mena en prison à Nancy ^.

Tout ne se terminait pas aussi heureusement. A Saint-Urbain, il semble bien que le pillage eut lieu en grand, mais que la maison ne souffrit pas. Les détails manquent. A Munster, Dom Aubertin, prince abbé, et ses religieux s'enfuirent à Belfort et ne revinrent qu'une fois Tordre rétabli par le lieutenant général Victinghoff. Cette soi-disant contre-révolution s'exerça partout dans le même sens.

Aussi, dès le commencement d'août, tout le monde avait pris des mesures spéciales de précaution contre des tentatives semblables que l'on croyait pouvoir se

1. Didelot, Remiremont . Les saints. Le Chapitre, Nancy. Wagner, in-S", p. 260.

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