Solus, Op. cit
seule ressource, que l'assistance, qui, sielle avait été trop largement dispensée, aurait risqué de transformer notre pays en asile ou hôpitaux d'étrangers.
Il faut toutefois faire une grande distinction parmi les étrangers et séparer ceux qui sont ressortissants de pays liés au nôtre par des conventions ou traités de travail et de prévoyance sociale, de ceux dont le pays d'origine n'est lié avec le nôtre par aucun accord.
La situation des premiers ne fait pas de difficulté : tout dépend de la Convention liant leur pays avec la France.
La situation des seconds est plus délicate et, c’est à l'égard de ceux-là que l'on s’est demandé si la réglementation française s’appliquerait. Rentrent dans cette catégorie : les Allemands, les Autrichiens, les Hongrois, les Russes, les Espagnols, aucune convention spéciale avec la France.
A vrai dire, il n’a jamais été question d’exclure totalement les ouvriers étrangers du système des Assurances sociales. Mais, exception faite des cas ou leur pays d’origine accorderait par suite de traités une réciprocité absolue à nos nationaux, on a proposé de ne les faire participer qu’à l'assurance maladie et décès.
Or, lorsque l’on envisageait de placer les travailleurs étrangers dans une situation différente des travailleurs français, il n’était pas question de réduire pour autant leurs charges et celles de leurs employeurs.
On s’est vite rendu compte que du moment que l’on faisait subir à l’ouvrier étranger la même retenue sur son salaire, qu’à l’ouvrier français, il n’était pas juste de lui refuser, en échange de ses cotisations, les prestations afférentes à ses versements.
Il était loyal de reconnaître qu’une partie importante de notre prospérité économique était due à la main-d'œuvre étrangère et il était dès lors, contraire à notre intérêt bien compris de refuser à l’ouvrier étranger les prestations que recevront les ouvriers français. L’octroi du bénéfice des Assurances sociales était un facteur d’assimilation particulièrement excellent et nous ne pouvions le négliger à un moment où nous tentions en France un grand effort de redressement démographique. Pour augmenter notre population nous avons besoin d’y incorporer le plus d’émigrés possible, à la condition qu’ils ne soient pas indésirables. Nous ne pouvions donc pas perdre l’occasion que nous avions d’attacher les étrangers à notre sol et nous devions réaliser, dans toute la mesure du possible, l'égalité des droits envers tous les travailleurs.
L’assimilation des travailleurs étrangers « base de francisation définitive que consacre la naturalisation » était souhaitable, et devait être poursuivie.
On avait cependant objecté (1) que l'égalité de traitement, si elle était admise, entrainerait un important supplément de dépenses, on avait même
évalué la charge nouvelle à 200 millions.